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22/02/2010

GOUTTES DANS L'OCEAN de R.W.FASSBINDER

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THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard

75005 PARIS

(M° Place Monge)

Loc. 01 43 31 11 99

Pl. 22€ - TR. 15€

du mercredi au vendredi à 20h.30

samedi à 21h. dimanche à 15h.

Jusqu'au : 6 Mars 2010.


Texte français de Jean-François Poirier

Mise en scène : Matthieu Cruciani

avec Yann Métivier, Julien Geskoff, Laetitia Le Mesle, Emilie Beauvais ou Christel Zubillaga.


Certains connaissent peut-être le film de François Ozon,

" Gouttes d'eau sur pierres brûlantes "  ? ...

Pour ma part, j'ai voulu le visionner à nouveau après avoir assisté à la représentation théâtrale et il me semble évident que cette dernière a mille fois plus d'impact sur le spectateur.

C'est plus dérangeant aussi ... preuve que c'est réussi.

Quelque soit l'admiration que l'on puisse nourrir pour ce génie qu'était R.W. Fassbinder, beaucoup seront tentés d'assimiler Léopold à l'auteur et sans doute auront-ils (partiellement) raison. Mais que le Ciel nous préserve de rencontrer un jour semblable manipulateur !

Un jeune homme (Franz) ayant croisé son chemin, sera irrémédiablement attiré par lui et tombera dans le piège, comme tous ceux qui l'ont précédé et même ceux qui suivront quelque puisse être la conséquence des événements.


La mise en scène de Mathieu Cruciani ajoute un indéniable impact à l'action qui se déroule sous nos yeux tandis que le vécu des personnages nous tétanise.


Certains êtres ne se sentent vivre que dans le conflit, c'est bien connu créant des situations paroxystiques afin d'alimenter leur névrose. En même temps, on est tenté d'expliquer cela comme une tentative désespérée de compensation.
En effet, cet homme dont l'activité semble être celle d'un voyageur de commerce, convaincu du dérisoire de son existence a besoin de se sentir vivre intensément dès qu'il a quelque temps libre devant lui. Il fera alors feu de tout bois.
Bisexualité doublée de schizophrénie vont transformer ceux et celles qui l'approchent en victimes de ce féroce rituel.


Chaque comédien ou comédienne incarne son personnage de façon quasi parfaite et pour une fois, l'utilisation de la vidéo ne saurait être confondue avec un alibi au manque d'imagination comme c'est trop souvent le cas. Pas ici, bien au contraire !

A voir par conséquent et plutôt deux fois qu'une car Fassbinder avait indéniablement le don de nous rendre un peu plus intelligent chaque fois qu'il nous interpellait.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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16:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/02/2010

La botte secrète de Dom Juan. pièce de Grégory Bron.

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THEATRE RANELAGH

5, Rue des Vignes

75016 PARIS

loc. 01 42 88 64 44

www.theatre-ranelagh.com

les mercredi, jeudi, vendredi,

samedi à 19h.

dimanche à 15h.

jusqu'au : 28 mars 2010.

par la Cie AFAG Théâtre.

avec Jean-Baptiste Guintrand, Grégory Bron, Benjamin Dubayle, Claudia Fleissig, Vincent Dubos, Virginie Rodriguez, Charlotte Rondelez, Simon-Pierre Boireau.


" capédédiou, ma caillou ! " ...

Tous les amoureux de Féval et Dumas vont adorer ce texte écrit en alexandrins, " si vous plèt " comme on dit dans le Sud-Ouest
car encore plus que Dom Juan,  il y a du D'Artagnan dans cette pièce là ...


Certes, Léonard avec sa face embroussaillée ressemble quelque peu à un homme des bois, on l'imagine troussant allègrement les soubrettes mais quand sa main rencontre une épée, c'est le noble chevalier qui apparaît,  grand coeur, et bras vaillant !

Le mollet est vif, le geste précis et puis ... il y a la fameuse botte secrète que nous, public attentif, attendons impatiemment.
En dépit des sbires et des reîtres, et même d'un Tancrède de Mondragon qui n'est pas à une traîtrise près ... nous suivons haletants les péripéties et les plus jeunes ne sont pas les derniers à s'esclaffer de joie. Leurs rires spontanés font plaisir à entendre. Passés de mode, les vers à 12 pieds ? Allons donc ! en voici la preuve, et il n'est pas exclu qu'un spectateur peu rompu à cette discipline, porté par l'enthousiasme ne s'y mette aussi. Les dames sont belles et courtisées, très sportives également. Bref, c'est à une parenthèse épique que vous êtes invités en ce siècle où le panache semblait pourtant oublié.

Que nenni ! puisque nous répondons " présent " Les duels sont remarquablement mis au point, l'interprétation dans son ensemble d'une belle qualité. Ah ! cela fait du bien ...

Tenez, pour peu, si leur engagement à tous n'était aussi physique, on crierait volontiers " bis. "

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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17:17 Publié dans THEATRE | Lien permanent

ALEXANDRA DAVID-NEEL, mon Tibet de Michel LENGLINEY.

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PETIT MONTPARNASSE

31, rue de la Gaité

75014 PARIS

(M° Gaité ou Edgar Quinet)

loc. 01 43 22 77 74

Pl. de 18 à 34€

du mardi au samedi à 21h.

Matinée le dimanche à 15h.

Mise en scène : Didier LONG

avec Hélène VINCENT et Emilie DEQUENNE.


Beau duo de choc !

Alexandra David Néel était indéniablement une femme de tête. Tout son parcours en témoigne. Par contre, si l'on en croit Michel Lengliney ce fut également à la fin de sa vie ( et sans nul doute avant ) une femme dont l'autoritarisme frisait le despotisme.
Car Louise, Eugénie, Marie David épouse Néel vécut durant les 101 années qui constituèrent son existence comme un homme, en décidant de tout. 
Par conséquent, se frotter à ce personnage relevait de l'exploit sportif.
Marie-Madeleine Peyronnet nommée ici, " Tortue "  partagea les dix dernières années de la vie de cette femme exceptionnelle et ce ne fut pas on l'imagine, de tout repos.
En revanche pour une jeune femme avide d'apprendre, il ne pouvait exister un être au monde qui soit plus apte à combler ses voeux. Engagée comme secrétaire, en 1959 elle demeurera auprès de ce bourreau admirable, jusqu'à la fin.
Elle restera dévouée au delà de la mort à celle qui prônait l'ivresse de n'obéir qu'à soi-même tout en se comportant en autocrate.
Hélène Vincent incarne cet être hors normes, aux dimensions mythiques avec une fougue absolument sidérante. Face à elle, Emilie Dequenne résiste, tout comme son personnage, cramponné à sa détermination d'être utile, sans pour autant abdiquer son autonomie morale.
Ce climat de tension pourrait sembler insupportable sans l'humour qui émaille le texte de bout en bout. La mise en scène de Didier Long rend le propos encore plus percutant et nous vivons les péripéties évoquées avec une fascination tout aussi admirative que celle à qui les récits s'adressent.
On assiste ici à un grand moment de théâtre servi par deux excellentes comédiennes. A voir ou revoir, bien évidemment.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photos : Lot)

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15:59 Publié dans THEATRE | Lien permanent