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10/03/2010

reprise de la pièce de Kazem Shahryari ...

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ART STUDIO THEATRE

120 bis, rue Haxo

75019 PARIS

M° St-Fargeau ou Télégraphe.

Loc. 01 42 45 73 25

Pl. 12 & 9€

les jeudi, vendredi et samedi à 20h.30

jusqu'au 3 avril 2010.


Après un mois passé au Lucernaire (voir chronique du : 31 janvier 2010 en empruntant le moteur de recherches situé à gauche de l'écran, il suffit pour cela de taper le titre de la pièce : L' AUTOMNE PRECOCE) les comédiens ont retrouvé ce lieu qu'ils connaissent bien puisque c'est en quelque sorte le leur et le résultat se traduit par une fluidité qui ira n'en doutons pas en grandissant au fil des représentations.

Lors de la première j'avais trouvé Lélé Matelo époustoufflant dans le rôle d'Africa " L'homme noir suspendu " tellement son jeu est particulier mais je voudrais cette fois ajouter une mention spéciale pour Elisabeth Commelin qui joue ici deux personnages, Kobi (la mère) et Madame Vesta, alias Jeannine (la gardienne) la première tout en douceur et la seconde dont l'autorité fait merveille. Bel exemple de contre-emploi réussi sans oublier Geneviève Esménard dans le rôle de Mali (la tante) belle autorité là aussi ainsi que Gilles Ikrelef qui est Bo, le père tour-à-tour drôle et attendrissant.

Que les autres ne se croient pas oubliés car chacun investit son personnage avec justesse ce qui est une façon détournée de rendre hommage à la direction d'acteurs ...

Une pièce à voir et revoir avec un plaisir constant.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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13:54 Publié dans THEATRE | Lien permanent

LOS DEMONIOS de Valérie Boronad

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Vingtième Théâtre

7, rue des Plâtrières

75020 PARIS

(M° Ménilmontant)

Loc. 01 43 66 01 13

Pl. 24, 19 & 12€

Du mercredi au samedi à 19h.

Dimanche à 15h.

Jusqu'au : 25 avril 2010


Texte et dramaturgie : Valérie Boronad

Mise en scène : Philippe Boronad.

avec : Philippe Boronad, Moana Ferré et Luis Jaime-Cortez.


Même en pensant les connaître, chacun de nous va - à un moment donné de son existence - partir à la recherche de ses origines. Chaque écrivain fait cela, chaque exilé est hanté par cela,Tango alias Samuel plus que tous. Sa mère vient de mourir après avoir vainement attendu le retour de celui qui a disparu, tombé d'un avion sans doute quelque part en Argentine; les militaires avaient coutume de survoler l'océan afin d'y précipiter le passager politique. Beaucoup de destins s'achevèrent de la sorte après la prison et la torture. Luis, le père a sans nul doute fini ses jours ainsi. Mais faute de preuves, Samuel ne peut qu'imaginer ce qui s'est passé. Devenu définitivement orphelin, il va retourner dans l'hôtel de son enfance et là, convoquer les fantômes de son existence afin de coucher leur histoire sur le papier.
Symboliquement l'espace scénique est composé de deux écrans comme les deux pages d'un livre ouvert ou d'un cahier sur lequel tout va s'écrire à mesure ...
L'écriture est belle, poétique, et le comédien Philippe Boronad l'accompagne de tout son corps en une presque chorégraphie, pliant sa voix et son jeu (ce qui peut créer une impression d'inégalité) à tous les registres nécessaires afin de nous faire voir ce que Tango a vécu ou imaginé.
Augusto Angel Zapatas interprété avec maestria par Luis Jaime-Cortez est celui qui accueille le petit garçon qui a grandi et une fois arrivé à l'âge adulte, veut comprendre ce qui s'est passé afin d'exhumer ce que d'autres ont voulu enfouir.

Augusto évoque lui aussi un être disparu (sa femme) à laquelle il s'adresse en quasi permanence ...
Samuel s'est fixé la tâche de témoigner à la face du monde de façon non oculaire bien sûr, mais affective et pour se retrouver aussi tout simplement.
Ce n'est donc pas un livre politique qu'il a entrepris d'écrire mais l'histoire d'une famille broyée par l'engrenage d'une époque.
Moana Ferré est Ana la mère mais également Camilia puisque le fils désigne la ressemblance cause de son attirance sans doute ? La comédienne est belle a une indéniable présence scénique et apporte la part de tendresse indispensable à cette histoire que les militaires ont rendue effroyable.
La musique de scène signée Philippe Laccarrière  habille le spectacle en nous permettant d'adhérer complètement au texte tandis que les effets visuels font le reste. Vous l'avez compris, la mise en scène est belle, le propos intéressant, que demander de plus ?


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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12:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/02/2010

Puissants & Miséreux de Yann Reuzeau.

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MANUFACTURE des ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS.

(M° Abbesses)

Loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ - TR : 13€

en février : vendredi, samedi, dimanche à 21h.

en mars & avril : vendredi & samedi à 21h.

dimanche à 19h. (relâche 19, 20, 21 mars)

jusqu'au : 25 avril 2010.

Assistante à la mise en scène : Sandra Poirier

avec : Jean-Luc Debattice, Marine Martin-Ehlinger, David Nathanson, Morgan Perez, Damien Ricour, Romain Sandere, Sophie Vonlanthen.


Un abri, quelque part, sous le périphérique ... quelques toux pour le moins avinées montent de la pénombre. Deux hommes partagent ce territoire depuis assez longtemps et une femme est venue accidentellement se joindre à eux, ce que Bariton réprouve avec véhémence.  La rue, il connaît puisqu'il y fut condamné il y a de cela 30 ans; pour un homme c'est déjà galère, alors pour une femme ! ...
En fait, c'est Hector qui a ramené la fille et s'est quelque peu saoulé hier en sa compagnie. Elle se nomme Mélanie est à la dérive et même l'existence de ses enfants ne peut parvenir à lui donner le courage qui lui fait défaut pour remonter la pente sur laquelle elle dégringole. Trop fragile, trop seule surtout.
Dylan va à son tour faire son apparition, brouillon comme d'habitude mais plus acharné que les autres à s'en sortir. Cà, c'est le monde d'en bas. Celui que ceux d'en haut ne rencontreront jamais sinon au détour d'un fait divers lu dans la presse.
Le seul lien entre ces deux univers se créera au pied de la scène, à la fin de la première partie du diptyque, quand face au public, Jean-Luc Debattice quittera la défroque du clochard pour endosser l'habit de magnat de l'industrie. La métamorphose aura alors lieu en direct, sous nos yeux.
Nous quittons la meute pour aborder l'univers des requins.
Daniel est ce PDG qui a un temps levé le pied, suite à un accident de santé et sa fille Carole s'est empressée de prendre l'affaire en mains. Bien entendu, elle a des idées nouvelles, veut les imposer et le maître des lieux de retour ne voit pas cela d'un très bon oeil. Alain le fils et le frère a décidé d'abandonner le monde des affaires pour celui de la politique. Et puis il y a Eric, cet ancien trader pièce rapportée certes mais qui s'est investi et pense avoir son mot à dire ...
Les deux extrêmes de la société actuelle sont dépeints ici, crûment avec un indéniable jusqu'au-boutisme qui ne fait hélas que traduire la réalité.
Les comédiens semblent s'être investis, corps et âme et ce qu'ils disent sonne terriblement juste. La présence et l'envergure surtout de Jean-Luc Debattice, sa puissance d'expression sans égale est porteuse bien évidemment. Et s'ils sont tous visiblement au meilleur de leur forme, je voudrais souligner l'intéressante composition réalisée par Sophie Vonlanthen. C'est à la fois subtil, intelligent et elle rend naturel quelque chose de très compliqué à faire par une élocution tout spécialement mise au point. (du travail d'orfèvre en quelque sorte mais d'où l'émotion se dégage.) 

Une pièce dont le thème ne nous quitte pas en sortant mais reste bien au contraire présente à l'esprit quand on l'a vue.

A voir et revoir même !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent