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07/09/2010

Ce qui arrive et ce qu'on attend de Jean-Marie Besset.

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Vingtième THEATRE

7, rue des Plâtrières

75020 PARIS

Loc. 01 43 66 01 13

Pl. de 12 à 24€

Mer, Jeu, ven, sam. 19h.30

Dimanche à 15h.

jusqu'au 31 octobre 2010 -

Mise en scène : Arnaud Denis.

avec : Virginie Pradal, Arnaud Denis, Blanche Leleu, Adrien Melin, Jonathan Max-Bernard, Niels Adjiman, Jean-Pierre Leroux.

L'expression " tirer des plans sur la comète " trouve ici la plus belle illustration qui se puisse concevoir car peut-il exister un projet plus fou que celui qui consisterait à lancer un concours en vue de la construction d'un monument sur la lune ?
Là, pardonnez l'expression mais Jean-Marie Besset n'y est pas allé " avec le dos de la cuillère " ! C'est énorme et même Ionesco (à ma connaissance) n'y a jamais pensé. Bienvenue en Absurdie où très sérieusement, et avec une impatience teintée d'angoisse, deux hommes attendent dans le couloir du ministère chargé du financement de ce projet pharaonique. Et l'attente de se prolonger, vécue de même sorte mais exprimée différemment par chacun d'eux.

Tout le monde sait que lorsque l'ambition porte les individus, tous les coups sont permis, que depuis la nuit des temps, le sexe a souvent fait office d'accélérateur. Nous allons donc assister à un épisode très hot dans et sur le bureau même de Madame la Ministre en exercice ... Jolie scène de pattes en l'air dans toute l'acception du terme à laquelle Virginie Pradal et Jean-Pierre Leroux se livrent pour le plus grand plaisir des spectateurs !

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Des retrouvailles plus discrètes auront lieu fortuitement et de façon différée entre le  plus jeune architecte et un membre du jury. Nous ne tarderons pas à deviner le drame qui s'est joué quelques années au préalable ...
 
Changement de décor, nous sommes désormais dans l'appartement tout à la fois luxueux et moderne de Niels Abbot chez qui vit Jason Feyder (Jonathan Max-Bernard) cet homme au visage fermé mais dont la voix pèse lourd pour l'obtention du brevet.
Un autre jeu de séduction ne tardera pas à avoir lieu entre la femme du second postulant ( Philippe Derrien interprété avec subtilité par Adrien Melin ) et Niels, jeune homme au charme quasi irrésistible auquel Arnaud Denis prête son élégance.
Qu'est-ce qui fait courir le monde ? ... le fric et le ... c'est bien connu (cherchez la rime) il arrivera donc ce qui devait arriver. A vous de découvrir la suite en prenant le chemin qui mène au Vingtième Théâtre.

Les comédiens sont irréprochables et la pièce est peinte aux couleurs de la vie, teintée d'un humour parfois grinçant mais destiné à rehausser la grisaille de destins que l'on avait rêvés éclaboussés de soleil. Parodiant Lorenzo l'un des deux pourrait presque alors s'écrier : " Te voilà, toi, face livide ? " quand il aura gagné.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : Lot.

12:59 Publié dans THEATRE | Lien permanent

06/09/2010

Le journal de l'homme en gris de Pierre Astrié.

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LES DECHARGEURS

3, rue des Déchargeurs

75001 PARIS

(M° Châtelet)

Loc. 08 92 70 12 28

Pl. de 10 à 16€

Salle La Bohème,

mercredi & jeudi à 21h.30


jusqu'au 16 décembre 2010.


Mise en scène : Carole Anderson

avec François Macherey, Coralie Nicot et Claire Antoine.


Un auteur et trois voix. La formule en soi est classique, celui qui écrit ayant toujours tendance à se dédoubler, à se projeter dans des personnages extraits de son imagination afin de se démultiplier si possible, à l'infini ...
Sur scène, la démarche est plus rare surtout en notre époque où le monologue est omniprésent jusqu'au dégoût. Ici le personnage bien loin de se raconter va ponctuellement en confier la mission à d'autres, ces autres qui ne sont que l'émanation de lui-même, bien entendu. Ecriture schizophrénique, présences fantomatiques ... Du reste, celui qui nous parle est-il plus réel que les deux autres ?  Ce journal est d'évidence tout ce qui nous reste de lui après que la gomme du Destin l'ait effacé laissant une traînée grise sur la feuille laquelle nous livre cependant ses écrits de feu. La sophistication de la mise en scène, loin d'être superflue est là pour brouiller les pistes car on n'avoue jamais tout lorsque l'on écrit. Cela est impossible alors on choisit de confier les aveux à d'autres ... 
Un écrivain n'a pas de sexe déterminé car il les a tous. Comment le spectateur pourrait il de ce fait, s'étonner d'une apparence physique issue d'une construction triangulaire ? C'est alors que le puzzle se met en place, que notre esprit un temps abusé par nos yeux s'accroche au texte, emmagasine les informations, rassemble en quelque sorte ce qui lui fut donné en un désordre aussi généreux qu'anarchique. Nous sommes devenus le psy' probable que le personnage central consulte régulièrement. Ce spectacle atypique nous arrache des rires issus le plus souvent de la surprise créée par une situation donnée. C'est l'histoire d'une possession, laquelle lie celui ou celle qui dit et ceux qui écoutent.
Coralie Nicot nous gratifie d'un jeu très physique mis en valeur par une plastique irréprochable.
Claire Antoine, apporte la fraîcheur de ses 17 ans lesquels la préservent de l'obscénité de certains mots qu'elle livre avec innocence puisqu'ayant encore le don de changer la boue en or ...
L'une et l'autre sont les deux ailes de l'ange déchu qui se nomme : Homme et que François Macherey incarne virilement avec toute la puissance de son expression.
Quelques interventions musclées au piano viennent parfaire cette soirée déroutante et enrichissante à la fois.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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photos : Marie Gombeaud-Antoine.

12:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/09/2010

Strictement amical de Sylvie Blotnikas.

THEATRE DE POCHE

75 Bd du Montparnasse

75006 PARIS

(M° Montparnasse)

Loc. 01 45 48 92 97

Pl. 36,28 et 22 €

(Opération jeunes (mar, mer, jeu. 10€)

Représentations du mardi au samedi à 21h.

matinées samedi à 18h & dimanche à 15h. à partir d'octobre.


Mise en scène : Julien Rochefort

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avec Sylvie Blotnikas (Sophie) - Guilaine Londez (Julia) - Julien Rochefort (Gilles) - Frédéric Rose (Gaspard)


L'amitié - entre un homme et une femme, sans que le désir ait une petite chance de s'immiscer entre eux,  est-ce possible ? Est-ce seulement envisageable, et pour combien de temps ?
Disons le tout net, la majorité des êtres humains est sceptique ou alors si cela est. c'est qu'il y a ... comme un léger problème ! Car enfin,  est-il possible à deux adultes en toute possession de leurs moyens physiques et psychiques de partager indéfiniment le même toit en vivant comme frère et soeur ? Personne n'y croit - pas même Sophie et Gilles puisqu'ils acceptent de passer aux yeux de tous pour mari et femme.  Complexité de l'âme humaine !
En début de pièce, avant d'en savoir plus, on commence par croire en un arrangement, on irait même jusqu'à se référer à Choderlos de Laclos et puis non, il n'en est rien. Alors quoi ? ...
Certains fantômes se veulent omniprésents, certains échecs réclament une revanche dont l'intéressé n'est pas toujours conscient.
L'auteur, Sylvie Blotnikas interprétant le personnage de cette veuve qui a remplacé l'amour par l'amitié, évoque cette situation en ayant recours à des accents qui pourraient laisser supposer un large vécu. Ne soyons pas indiscrets d'autant qu'en règle générale, les auteurs sont de fins observateurs ... N'importe, elle va très loin dans son analyse et ce, sans oublier qui que ce soit. Pas de parents pauvres dans sa pièce, tous les portraits sont parfaitement brossés et chaque comédien se coule adroitement dans le moule respectif. 
L'humour est au rendez-vous et le spectateur n'a pas à rougir comme trop souvent de la qualité du rire qui s'impose à lui.
Cette pièce se déguste donc de bout en bout et continue à nous accompagner de façon prégnante durant les heures qui suivent ...
Julien Rochefort qui a également signé la mise en scène, utilise presque sans y toucher,  une immense palette de nuances.
Sylvie Blotnikas, répétons le, est désarmante de vérité.
Guilaine Londez apporte cette part de fantaisie légèrement " border line " dont Gilles a tant besoin pour se sentir vivre. 
Quant à Frédéric Rose ce dernier nous campe un Gaspard solide, très sain, trop sans doute pour stationner longtemps dans cette histoire pour le moins compliquée mais destinée à intriguer puis réjouir ceux qui sont situés de l'autre côté de la rampe.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : LOT.

 

16:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent