Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/04/2011

Les épouvantails de Laurent Leclerc

desprez-barouf.jpg

LES DECHARGEURS

3, rue des Déchargeurs

75001 PARIS

M° Châtelet-Les Halles

loc. 08 92 70 12 28

www.barouf-theatre.com

A 20h. du mardi au samedi

jusqu'au 21 MAI 2011

Texte publié aux Editions Les Marchands de fables.

Mise en scène : Laurent Leclerc

avec Margaux Delafon et Laurent Leclerc.

 

Les épouvantails jadis, se trouvaient dans les champs; maintenant on en trouve dans les rues, vêtus de bric et de broc et s'ils n'ont pas les bras en croix, ils ont très souvent la main tendue.
Personne ne mérite un sort pareil !

Le passant, gêné évite leur regard même quand la compassion l'amène à s'arrêter; les autres poursuivent leur chemin, feignant de ne rien voir ...
Curieuse époque où " les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres " phrase rebattue à l'extrême mais qui ne déclenche rien.
Ici, Jeanne et Lucien furent victimes d'une restructuration, terme barbare censé recouvrir une abomination. Les multinationales jonglent avec les dollars ou l'euro tout en jetant les gens à la rue. Le hasard va réunir ces deux là au coin d'un trottoir.
Des deux, la femme est la plus combative, normal, question d'habitude. Lui, semble avoir finalement accepté son sort avec une sérénité quasi bouddhique.

On a envie de dire,
- " que reste t-il des années trente ? "

A force de se retourner dans leur tombe, ceux qui se sont battus ne savent plus où se situe l'endroit de l'envers. Pourtant, des lingots, ces deux là en ont vu défiler sous leurs yeux tout à la fois éblouis et résignés. Alors après avoir touché le fond du fond, ils auront une idée.
Laquelle ? ... Je vous laisse la découvrir en vous rendant aux Déchargeurs assister à ce spectacle tout à fait particulier, déroutant même qui avait encore besoin de trouver son rythme le soir où je l'ai vu mais qui le trouvera très vite, n'en doutons pas car les deux comédiens (Margaux Delafon et Laurent Leclerc) sont talentueux et le prouvent chaque soir en bousculant de toute leur énergie, les consciences endormies.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

epouvant-2.jpg


10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/04/2011

Les bonnes de Jean Genet

visuel-bonnes.jpg

L' ETOILE du NORD

16, rue Georgette Agutte

75018 PARIS

(M° Guy Môquet)

Loc. 01 42 26 47 47

Pl. 14€ - T.R. 10€

jusqu'au 16 avril 2011

mardi, mercredi, vendredi à 20h.30

jeudi à 19h.30 - samedi, 16 & 19h.30

Mise en scène : Guillaume Claysse

avec Aurélia Arto, Flore Lefebvre des Noêttes, Anne Le Guernec

 

Les Bonnes sont sans nul doute la pièce de Jean Genet la plus fréquemment mise en scène. Tout d'abord, ne nous leurrons pas, à cause du nombre restreint de personnages mais également parce qu'elle permet beaucoup de lectures envisageables.  C'est un conte et comme tous les contes, l'imaginaire prend ici une  place importante, ouvrant la porte à de multiples possibilités. 
Sartre pensait que dans l'esprit de Genet ces femmes n'étaient en réalité que des travestis destinés à donner le change à un public bourgeois ...
Pure extrapolation intellectuelle, sans doute car un sordide fait divers a pu aussi bien alimenter l'imagination de l'auteur.
Claire et Solange, Solange et Claire, duo infernal de deux femmes de chambre, de deux soeurs qui jouent à être Madame en l'absence de cette dernière. 
Unité de temps, d'espace, de lieu et désordre dévastateur ...
Le rôle de ces deux là est de ranger, de tout nettoyer, elles feront donc l'inverse.
A la fin de la pièce le sol sera jonché de détritus mais en réalité leur cerveau respectif est une immense poubelle, où s'entasse pêle-mêle, tout et n'importe quoi en une désespérante anarchie. Jean Genet qui avait des idées tellement précises concernant la représentation de ses pièces fut amené à ajouter un codicille intitulé " Comment jouer Les Bonnes " directives dont aucun metteur-en-scène ou presque ne tient compte, (bien sûr) car désormais le verbe n'est là que pour alimenter le mouvement, comme chacun sait.
Une immense statue, très laide sorte de magot féminin occupe l'espace scénique.
Que vient faire ce micro superfétatoire sinon ajouter une touche de mauvais goût à cet écran qui se veut explicatif jusqu'au pléonasme ? Les Bonnes sont un peu rustiques, Madame un peu vulgaire ... sans doute est-ce l'époque qui veut cela ?
L'art théâtral est un ascenseur qui au fil des années monte et descend or, force est de constater que nous stagnons très souvent au niveau du sous-sol ... Je me hâte de préciser que j'ai vu tellement de relectures de cette pièce qu'il me plaît de ne me souvenir  que des plus sublimées, de celles qui privilégiaient la beauté esthétique car après tout, on va au théâtre pour améliorer sa vision de la vie, non ? Or dans l'Antiquité, un crime était un sacrifice offert aux dieux et non un fait divers crapoteux. Autres temps, autres perceptions, bien que les moeurs - elles - au fil des siècles,changent peu. Comme il en faut pour tous les goûts, je ne saurais vous dissuader d'y aller mais en ce qui me concerne, me serais volontiers passée de cette vision que je vais me hâter d'oublier, espérons-le.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

lesbonnes.jpg


12:32 Publié dans THEATRE | Lien permanent

21/03/2011

Pour l'amour de Gérard Philipe de Pierre Notte

Amour-GP-h.jpg

 

THEATRE LA BRUYERE

5, rue La Bruyère

75009 PARIS

(M° St-Georges)

loc. 01 48 74 76 99

Pl. de 23 à 40€

du mardi au samedi à 21h.
matinée samedi à 15h.30

Texte, mise en scène, scénographie et musiques de Pierre NOTTE.

avec Bernard ALANE, Romain APELBAUM, Sophie ARTUR, Emma de CAUNES, RAPHAEL.

Amour-GP-2.jpg

25 novembre 1959 : mort de Gérard Philipe, le pays est sous le choc, le prince du théâtre vient de tirer sa révérence au faîte de sa gloire alors qu'il n'avait que 37 ans.  Jeune premier rôle pour l'éternité !  Tous les amoureux du théâtre et du cinéma sont en deuil.
A l'époque, on n'avait pas encore la manie des enquêtes et autres sondages, sinon on saurait exactement aujourd'hui combien il y eut de garçons baptisés Gérard en cette fin d'année. Comme le patronyme de la famille que nous découvrons est déjà GERARD, le prénom sera forcément Philippe. Même à l'envers, avec un " p " en plus et quelques doigts en moins, ça marque !

Le père voulait que l'enfant se nomme Charles (à cause du général bien sûr) mais la mère farouche admiratrice de Castro a menacé alors d'utiliser les aiguilles à tricoter et pas pour la layette !
Porté par un humour décalé et volontiers dévastateur, Pierre Notte nous gratifie mine de rien, d'une petite révision d'Histoire. 1981, arrivée de Mitterrand (des fois qu'on l'aurait oublié) Or, ce qui nous préoccupe plus que tout, c'est le destin de ce garçon qui bénéficie d'un grand nom bien qu'inversé et qui présente une anomalie physique dont il saura triompher. La pièce est drôle, enlevée, les éclairages superbes, cabaret et cirque ne sont pas loin (il y a même un ours) bref, un vrai moment de théâtre dont on ressort tout revigoré.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

pour-lamour-3.jpg

photos : Ifou pour lepolemedia

23:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent