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11/12/2017

Sous la glace de Falk Richter

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THEATRE de l'OPPRIME

 

78, Rue du Charolais

 

75012 PARIS

 

 

(M° Gare de Lyon ou Montgallet)

 

LOC. 01 43 40 44 44

 

http://www.theatredelopprime.com/

 

Places : 16€ - T.R. 12€

Groupes : 10€

 

du mardi au samedi à 20h30

dimanche à 17h

relâche tous les lundi et le mercredi 20 décembre

Représentations supplémentaires les 7, 12 & 14 décembre à 14h30 (scolaires)

 

Mise en scène : Vincent DUSSART

 

avec Xavier CZAPIA, Patrice GALLET et Stéphane SZESTAK

 

du 8 au 22 DECEMBRE 2017

 

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Sur le plateau un homme, au départ quasiment nu, dramatiquement seul et autant dire en surnombre dans cette société déshumanisée.

Derrière lui, un énorme ours en pierre, anguleux au possible symbolisant de façon statufiée ses rêves d'enfant trahi.

Un peu plus tard par association d'idées, on pensera à l'évocation du veau d'or, cet ours n'étant peut-être que son avatar ?  " le veau d'or est toujours debout " 

et l'ours, aussi !

Dans vingt mille lieues sous les mers, Jules Verne mettait en scène le capitaine Nemo, cette fois  Falk Richter situe symboliquement Jean Personne alias Mister Nobody " Sous la glace " et ici le monstre est la société.

Pour se sentir exister, chaque fois qu'il prend l'avion ( son activité professionnelle l'y contraint assez souvent ) notre homme feint d'être en retard, histoire d'entendre son nom répété dans le haut-parleur …

Né par hasard - comme beaucoup d'entre nous - Jean a toujours été invisible aux yeux de ses parents qui prêtaient plus d'attention à la télé qu'à lui.

 

Est-ce de nouveau par hasard s'il est devenu consultant dans une société d'audit ? … là où règne la loi de la jungle … car ce qu'on lui demande c'est de prouver chaque jour qu'il est un battant, un fonceur. Sa mission ? évaluer la compétence d'autrui, éliminer ceux qui se révèlent insuffisants.

Deux collègues ont été placés à ses côtés. Pour l'épauler ou … l'inverse ?

" Parfois je suis ailleurs, sans savoir où " dira t-il.

 

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Celui qui sait bien où il est c'est ce pauvre chat qui est passé par la fenêtre pour atterrir dans la glace du canal qui a cédé sous le choc et qui emprisonne l'animal blessé jusqu'à ce que mort s'ensuive. Jean regarde la scène sans intervenir par peur d'être piégé lui aussi.

Une fois que la société aura ainsi " balancé " ses collaborateurs un à un, elle les remplacera par des robots dont la durée d'utilisation présente l'avantage d'être par avance déterminée. Que pourront espérer les malheureux humains alors ? … Il est vrai que Benoît Hamon y a pensé. D'autres espéreront en la venue d'un nouveau Messie ? … Quand on sait le sort qu'a subi le premier !

Cette fable à valeur de parabole, ce réel pamphlet capte notre attention, nous hypnotise presque, recélant le trouble attrait de l'inéluctable. A moins que nous réagissions à temps car cet électrochoc n'est pas destiné à effacer une mémorisation désagréable mais plutôt à réveiller les esprits endormis.

Les trois comédiens ( Xavier Czapia, Patrice Gallet et Stéphane Szestak ) s'impliquent de façon totale jusqu'au chorégraphique afin d'illustrer ce qui nous est donné de voir : une satire sociale criante de vérité à peine anticipative ...




Simone Alexandre

 

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10:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent

06/12/2017

COLETTE & L'AMOUR (Cabaret littéraire)

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THEATRE DE POCHE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

LOC. 01 45 44 50 21

 

 

Pl. de 10 à 35€

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

chaque JEUDI à 20h30

 

 

jusqu'au : 11 JANVIER 2018

 

 

CABARET LITTERAIRE

 

conçu et animé par Philippe TESSON

 

avec Judith MAGRE et Elisabeth QUIN

 

Jean-Baptiste DOULCET au piano

 

 

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Philippe Tesson s'est emparé de la vie et de l'oeuvre de Colette pour nous offrir ce Cabaret littéraire dans lequel il s'est taillé la part du lion.

Le soir où j'ai assisté à cette rencontre, la neige était tombée en région parisienne et le pianiste avait été empêché de venir … ce qui déclencha sans doute une certaine nervosité chez l'organisateur du spectacle qui dans la foulée nous bafouilla allègrement son texte. Mes oreilles pourtant habituées au massacre contemporain de la diction en souffrirent quelque peu.

" On ne va quand même pas faire dans le style Odéon années 30 ! "

( qu'il se rassure, la comparaison n'est pas possible.)

Etre un brillant polémiste en matière de politique n'a strictement rien à voir avec le jeu scénique fût-il improvisé mais eu égard au respect que je dois au personnage,

  

" ... laissons là ce chapitre."

A ses côtés, l'excellente Judith Magre lisait ponctuellement les extraits de texte que le concepteur avait choisi pour elle tandis que les interventions fort pertinentes d'Elisabeth Quin fournissaient la dose de fantaisie malicieuse destinée à égayer la soirée.

 

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( photos : Pascal GELY )

 



Colette et l'Amour !

 

Colette la scandaleuse, si l'on considère l'époque à laquelle cette dernière vivait. Toutefois, à y bien réfléchir, il est permis de se demander si les moeurs n'étaient pas alors plus libres que maintenant où une fausse tolérance se trouve placée sous surveillance étroite.

Jadis, les amoureux d'une plume fiévreuse s'adressaient des poulets en toute intimité tandis que nos mails actuels sont soumis aux fourches caudines de la NSA.


L'homosexualité séduisait par son caractère digressif – on dirait transgressif maintenant - et perd tout son charme après signature d'un contrat, voire l’entrée dans une institution !

Colette est elle encore lue ? ...

Il est permis d'en douter du moins en ce qui concerne la jeune génération qu'une pente journalistique guidera plutôt en direction d'une Christine Angot plus en phase avec l'époque actuelle.

Grandeur et décadence de la littérature française diront certains, non sans raison.

Alors, oui, pour le dépaysement et les réflexions qu'il engendre il convient d'aller écouter ce résumé précis de la vie de Colette quitte à ressortir du lieu en fredonnant de façon iconoclaste,

- " Sidonie a plus d'un amant " … les amoureux de la gent animale finissant toujours par se rencontrer d'une façon ou d'une autre.



Simone Alexandre

 

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10:17 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/12/2017

POPECK : Même pas mort !

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L'ARCHIPEL

 

17, boulevard de Strasbourg

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° Strasbourg St-Denis)

 

Loc. 01 73 54 79 79

 

Pl. de 24 à 29€

 

https://www.larchipel.net/

 

les Vendredi à 19h

 

& Samedi à 17h

 

de et par : POPECK

 

Durée : 1h15

 

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( photo : Pascal ITO )

 



Avant que le mot de stand up, c’est-à-dire le spectacle du comique de scène durant lequel un homme (ou une femme), seul, face au public, raconte des histoires plus ou moins vraies, ou des moments de sa vie, soit inventé, et popularisé jusqu’à la nausée, Popeck le pratiquait.


Certainement  pas  pareil à M. Jourdain qui ignorait la forme grammaticale de son expression, Popeck savait très bien ce qu’il faisait, et le faisait bien. Il est toujours aussi bon.

Petit personnage juif grincheux, un peu agressif, vaguement misogyne, jamais dupe et franchement roublard, plein d’esprit, Popeck est de nouveau sur scène et, disons-le , c’est une vraie joie de le retrouver, toujours alerte, toujours vif, pour répondre au titre de son nouveau spectacle « Même pas mort ! » qui a le double mérite d’être punchy et provocateur.

Dans la grande tradition du genre, qui ne se perd pas, parce qu’elle est globalement déjà perdue, et il suffit pour s’en convaincre d’assister à ce que certains nomment une performance et qui n’est que l’affligeant spectacle d’une médiocrité que l’inculture domine, ramenant à l’humour de la cour de récréation de l’école maternelle, Popeck dessine à petits coups de pinceau, à petites touches verbales parfois cyniques, parfois tendres un monde particulier.

Naturellement nous ne pouvons éviter un petit tour du côté du schmattès, et n’aurions-nous aucune allusion au monde de la friperie de la part de Popeck, que nous ressentirions une sorte de frustration.

L’humour très particulier de ce petit personnage éternellement vieux et vieux pour l’éternité a cela de particulier qu’il est un humour du quotidien, mais pas à la façon des chansonniers anciens ( Maurice Horgues, Jean Amadou ou Jacques Maillot, le malheureux, démodé depuis ses débuts et qui semble continuer de l’ignorer ). Il puise dans la vie courante des formules piquantes et relève les contradictions ou les jeux de mots inattendus, et nous regarde sans qu’un trait de son visage trahisse quoi que ce soit de ses émotions. Il a ce côté vaguement Buster Keaton qui lui confère une aura particulière.

 

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( photo : Rod-Morris )

 



Bien sûr il force le trait de l’humour yiddish - et Laurent Spielvogel, dans son spectacle « Les Bijoux de famille » n’est pas loin de l’égaler sur ce terrain -  mais n’est-ce pas un peu, et même surtout, pour cela que nous allons l’entendre, parce que ce sera fin, intelligent,  sans agressivité et tout en légitimité ?

Popeck nous livre là un seul en scène très émouvant, très drôle aussi, ne boudons pas ce plaisir !, où il est souvent question de son père, de la dureté des temps anciens, de la vie néanmoins si forte qui continue et qui va.


Ce n’est pas sans une certaine nostalgie qu’il convient d’aller applaudir ce charmant Monsieur un peu suranné, qui mêle des textes anciens à d’autres plus récents, qui sourit parfois emporté par l’élan et qui  prouve vraiment  qu’il n’est même pas mort.

Et c’est tant mieux.


© Frédéric Arnoux

10:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent