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01/12/2016

AUDIENCE / VERNISSAGE de Vaclav Havel

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ARTISTIC THEATRE

 

45 bis, rue Richard Lenoir

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Voltaire)

 

Loc. 01 43 56 38 32

 

Pl. de 10 à 30 €

 

http://www.artistic-athevains.com/

 

Mardi, mercredi, jeudi à 19h

 

Vendredi à 20h30

 

Samedi à 18h

 

Dimanche à 15h

 

 

Mise en scène : Anne-Marie LAZARINI

 

 

avec Cédric COLAS, Stéphane FIEVET, Frédérique LAZARINI, Marc SCHAPIRA

 

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Les Athévains proposent actuellement et jusqu’au 31 décembre une création, soit deux pièces courtes écrites en 1975 par l’alors dissident Vàclav Havel, « Audience » et « Vernissage » dans une mise en scène d’Anne Marie Lazarini.

D’emblée, il y a un parti pris d’emballer le public, de le prendre en charge, de le guider, de lui indiquer la marche à suivre qui le plonge dans une atmosphère pesante. D’une certaine manière c’est déjà jouer sur du velours dans le rapport d’autorité qui est créé du sachant face à celui qui se laisse guider sans rien oser dire. C’est aussi une approche assez café-théâtre très dérangeante pour qui n’apprécie pas le genre.

C’est d’une certaine manière poser la trame des pièces à venir, car tout n’est que question d’embrigadement, de soumission à une autorité et Ferdinand Vanek le dit à un moment de son échange des plus baroques avec son employeur, un petit cadre alcoolique dans une brasserie, qu’il ne peut faire semblant et vivre suivant un mode qui ne correspond pas à sa morale.

Nous sommes face à deux univers parallèles, c’est-à-dire qui ne se recouperont jamais.

Il ne saurait être question de raconter ici ces deux courts spectacles à la suite, mais bien de s’interroger sur la profondeur de la démonstration que fait l’auteur Havel, qui peut se retrouver dans la phrase de Brassens «  Non les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux », idée à laquelle il convient d’ajouter une bonne dose de peur.

C’est la peur de l’autorité brutale du régime, communiste dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie, mais qui ressemble beaucoup à la peur qu’on pouvait avoir en Allemagne au début des années 1930, au Chili dans les années 70, dans tous ces pays qui ont depuis connu nombre de soubresauts et dont certains retombent dans ces dérives passées, ce qui atteste de la permanence du mal.

 

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( photos : Marion Duhamel )

 



Mais ces personnages que de prime abord nous pouvons percevoir comme des suppôts du régime, écrasant, dépersonnalisant, normatif, violent, ne sont pas foncièrement de mauvaises gens. A la manière du héros du film « La vie des autres », ils font partie de cette majorité suiviste et plutôt silencieuse que la crainte de l’avenir, personnel et collectif, muselle, et qui finissent par trouver une logique à leur situation. Ils s’installent alors dans une illusion de confort dont ils ne comprennent pas qu’on puisse ne pas vouloir le partager.

C’est sur cette faiblesse craintive que se fondent les gouvernants pour asseoir une autorité illégitime, et qu’ils brutalisent en toute tranquillité les citoyens pour maintenir le climat.

C’est ce que dénonce Havel dans ces textes, qu’ il faut porter sans délai à la connaissance du plus grand nombre, à commencer par les collégiens et les étudiants.

Parce qu’il faut sortir d’un mode de réflexion binaire, qui est en gros celui de notre société connectée où les QCM remplacent la réflexion et où l’informatique veut faire croire qu’elle réfléchit pour vous en proposant des choix qui ne sont que  « oui » ou « non », ces textes sont d’utilité publique et il faut remercier Les Athévains de les avoir montés.



Frédéric Arnoux ©

 

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12:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/11/2016

Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute

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THEATRE de POCHE MONTPARNASSE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

loc. 01 45 44 50 21

 

Pl. de 10 à 38€

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Tous les jours sauf dimanche & lundi à 19h

 

Matinée le dimanche à 17h30

 

 

Mise en scène : Léonie Simaga

 

avec : Nicolas Briançon et Nicolas Vaude

 

 

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Pour tout décor un mur à la blancheur de porcelaine, symbolique ô combien car tout comme elle, l'amitié est fragile … presqu'autant que l'amour.


Entre deux êtres par trop sensibles, il suffit parfois d'un mot qui a été prononcé d'une certaine façon ( voire d'un non-dit, alors que l'on attendait une réponse ) pour tout gâcher, pour tout compromettre, parfois à jamais.

Que l'espèce humaine est donc compliquée !

 

Nathalie Sarraute le confirme et comme tout écrit est par essence autobiographique, celui qui lira ou entendra ce texte ne manquera pas de se poser la question : a t'elle voulu témoigner ici d'un fait dont elle fut témoin, ou bien est-ce sa propre complexité qu'elle a voulu mettre en scène ?

Les personnages sont désignés par H1 et H2 ce qui nous ferait presque penser à des virus pour lesquels on n'a pas encore trouvé de vaccin. Alors on cherche, forcément.

H1, alias Nicolas Briançon est l'homme solide, doté d'une bonne santé mentale qui s'évertue à comprendre alors que H2,

( Nicolas Vaude ) fait figure ici de grand malade , angoissé au possible lequel pourrait bien contaminer l'autre si son vis-à-vis n'y prenait garde  ...

Il n'existe pas de contraste plus grand qu'entre ces deux là !


Deux amis d'enfance, presque deux frères qui allaient l'amble jusqu'au jour où ...

 

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( photos : Brigitte Enguerand )

 


C'est finalement une histoire banale qui peut arriver à n'importe qui. Souvent les gens disparaissent sans crier gare et on n'en entend plus jamais parler. Cela a dû vous arriver sans doute ? Seulement voilà, l'auteur décortique, examine au scalpel avec obstination et une évidente complaisance …

Nathalie Sarraute reste un auteur très clivant. On adhère ou on rejette. Il ne saurait avec elle, y avoir de moyen terme.
Visiblement les adeptes sont nombreux et je n'en prendrai pour preuve qu'une salle pleine à craquer. Il me semble qu'il en est ainsi tous les soirs  …

Alors certes, avec un tel texte, le choix des interprètes est déterminant.


Le jeu sûr, assuré de Nicolas Briançon fait merveille face aux excentricités de l'autre Nicolas ( Vaude ) que nous allons toujours voir en nous demandant " que va t-il trouver cette fois ci ? " et ce diable d'homme faisant figure d'éternel adolescent ne déçoit jamais.

Face à ces deux amis en plein conflit, une femme sera sollicitée pour donner son avis. Tâche difficile au possible, rôle éphémère dont Roxana Carrara s'acquitte avec une parfaite sobriété et une justesse de ton qui n'était pas évidente à trouver en pareille circonstance.

La mise en scène de Léonie Simaga est sobre, permettant une pleine et entière mise en valeur du texte. Impossible de rester indifférent !




Simone Alexandre

 

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17:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/11/2016

Le chant du cygne : ANTON TCHEKHOV / Robert BOUVIER Création

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Théâtre LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

(M° Châtelet)

 

loc. 01 42 36 00 50

 

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Pl. de 10 à 26€

 

Salle Vicky Messica

 

Tous les jours à 19h

(sauf dimanche et lundi)

 

 

jusqu'au : 22 DECEMBRE 2016

 

 

d'après TCHEKHOV,

 

" Le plus petit drame au monde "

 

 

mis en scène par Robert BOUVIER

 

avec : Roger JENDLY et Adrien GYGAX

 

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( photo : Fabien Queloz )

 

 

Cette expérience est sûrement arrivée à quelques uns … un comédien ivre d'alcool et de succès ( réel ou non ) s'est endormi dans sa loge et se réveille en pleine nuit dans le théâtre désert. L'homme est vieux, sans famille et depuis 57 longues années ( il est âgé de 78 ans ) le théâtre est incontestablement devenu sa maison.

Or si le lieu est durant le jour un ventre chaud, l'endroit peut devenir inquiétant une fois que tout le monde en est parti.

De nombreux fantômes y ont élu domicile ...
Pris de désarroi, Svetlovidov va - pour se rassurer - convoquer ses souvenirs. Il sera aidé en cela par l'arrivée inopinée d'un technicien qui se trouvait incroyablement là, lui aussi ( mis à la porte par sa copine ) le jeune homme a trouvé en ce lieu, le refuge idéal.
 
L'instant de surprise passé, il essaiera de convaincre le vieil homme de rentrer chez lui ce que ce dernier refuse obstinément car une complète solitude l'attend là-bas.

Les deux personnages du fait de ce qu'ils vivent ont les nerfs à vifs et l'angoisse gagnera le spectateur quand un trou de mémoire s'invitera dans le spectacle.
Le texte partira alors en vrille et un désarroi teinté d'appréhension nous gagnera tous. Redites, télescopages, le montage est habile et par les soins de Robert Bouvier la mystification se fait malicieuse …

Le partenaire de Roger Jendly en la personne d' Adrien Gygax fournit la mise en perspective de deux générations de comédiens. Le premier riche d'une longue expérience se voit confronté à la fougue du second car le technicien en question est également comédien et s'est frotté tant à Shakespeare qu'à la comédie musicale.
 
La pièce sert de prétexte à l'analyse du métier, aux difficultés rencontrées, à ce lent travail d'assimilation du texte, à l'incarnation des personnages …
La mise en scène ludique met en valeur la personnalité de chacun et Tchekhov est ici revisité avec humour et sensibilité.

L'habileté des éclairages, la beauté de cette toile peinte qui fait son apparition remplacent l'angoisse par la féérie.

Ce chant du cygne est une ode à l'immortel théâtre tout en rappelant que les personnages sont vivants " ont du sang et pas de l'eau dans les veines."

Alors m'est revenu en mémoire cet extrait de Lily Passion : " le silence des théâtres, c'est comme un lac " oui mais sur lequel passent parfois de bien beaux orages !

A voir, absolument.




Simone Alexandre

 

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10:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent