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11/02/2013

Une sorte d'Alaska de Harold Pinter

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AKTEON Théâtre

11, rue du Général Blaise

75011 PARIS


(M° St-Ambroise)


Loc. 01 43 38 74 62


www.akteon.fr

 

vendredi et samedi à 21h.30


du 8 février au 6 avril 2013


 

Mise en scène : Ulysse di Gregorio


avec Dorothée Deblaton - Grégoire Pallardy - Marinelly Vaslon



 

C'était décidément un joyeux drille, ce Pinter ! 

A t-on pensé à établir des statistiques pour savoir combien de spectateurs se sont suicidés au sortir de ses pièces ? ... Là, je plaisante (à peine) car coincés entre Pinter au théâtre et Bergman au cinéma l'époque n'était pas particulièrement à l'optimisme alors que nous n'avions pas encore les problèmes dont nous bénéficions actuellement. Peut-être est-ce la raison pour laquelle nous pouvions nous offrir le luxe de quelques "prises de tête" ?

N'importe, il fallait beaucoup de talent pour jouer ce personnage de femme sortant brusquement du coma après 16 longues années.

Le spectateur qui bénéficie d'un esprit quelque peu critique s'étonnera de constater que ce long sommeil n'a pas laissé de séquelles apparentes. Pour tout dire, Pinter nous refait le coup de la Belle au Bois Dormant en moins joyeux, bien sûr. Très paradoxalement, le médecin qui l'a ramenée en notre monde est mille fois plus comateux qu'elle. Nous croirons en découvrir la raison un peu plus tard ...

Pièce à deux, puis trois personnages dont le rôle principal est confié à Dorothée Deblaton dont il faut saluer la prestation. Difficile de s'immerger en un tel rôle ne serait-ce que deux soirs par semaine. 

Heureusement pour elle, il existe encore des inconditionnels de cet auteur. Vous l'avez compris, je n'en suis pas. Pourquoi y suis-je allée alors ? Cela m'aura au moins permis de découvrir cette jeune comédienne car elle justifierait  à elle seule le déplacement mais je me garderai bien d'oublier ses partenaires (Grégoire Pallardy et Marinelly Vaslon)  qui jouent chacun une partition peu facile et qui méritent bien eux aussi, les applaudissements dont le public n'a pas été avare à la fin et auxquels je me suis associée sans l'ombre d'une hésitation.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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(photos : Cie Boos' Kapok)


 

14:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/02/2013

Nuit d'été de David Greig et Gordon Mcintyre

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS


((M° Abbesses ou Blanche)


Loc. 01 42 33 42 03


www.manufacturedesabbesses.com

 

jeudi, vendredi, samedi à 21h,

dimanche à 17 h.

 

Traduction : Dominique HOLLIER


Mise en scène : Nicolas MORVAN


avec Patricia THIBAULT et Renaud CASTEL

 

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Un grand lit en milieu de scène et deux oreillers, il n'en fallait pas plus pour que le décor soit planté. Un peu plus tard, les spectateurs découvriront, côté cour, une table de café où aura lieu la rencontre : Bob-Hélèna et côté jardin, se situera l'endroit où vit cette dernière mais en attendant, musique ! (de petits intermèdes ponctueront l'action de temps à autre) ... et puisqu'ils sont musiciens tous deux, chacun s'emploiera à gratter son instrument à cordes.

Petite chanson introductive ... 

Généralement, ce sont les garçons qui abordent les filles dans un lieu public mais cette fois, ce sera l'inverse. 

Héléna lasse d'attendre quelqu'un qui ne viendra pas, décide de le remplacer par ce petit malfrat qui lui, attend les clés d'une voiture volée ... Faut-il préciser qu'elle est avocate ? Simple coïncidence car avant tout, c'est un homme et une femme lesquels ne vont pas tarder à se connaître dans le sens biblique du terme. 

Hilarante, la scène du lit ! C'est même l'un des meilleurs moments du spectacle et le public de s'esclaffer. Le parler est direct et on n'y va pas par quatre chemins. Surtout Héléna, dont le langage n'est pas particulièrement châtié. Il est vrai que c'est une femme libérée et qu'elle entend le prouver. En réalité, Bob est beaucoup plus tourmenté qu'elle, un tantinet anxieux et assez timide aussi.

Je ne vais certes pas vous raconter toutes les nombreuses péripéties engendrées par cette rencontre et si vous voulez connaître la suite … vous savez ce qui vous reste à faire. 

Maintenant, que vous dire des comédiens ? J'ai eu l'impression que Renaud Castel avait appris le métier d'acteur sur le tas. Il lui arrive parfois d'avaler le texte à toute allure alors qu'à d'autres moments il est d'une parfaite justesse.

Quant à Patricia Thibault, (légère et court vêtue) avec elle " ça déménage ! " aidée en cela par une façon bien à elle de camper ses longues jambes sur scène mais comme elle est loin de jouer comme un pied, nous n'en dirons pas plus et puis on se souvient de son interprétation d'Eva Braun en ce même théâtre, ce qui rend la comédienne d'autant plus intéressante à nos yeux. L'écriture est moderne, les situations résolument d'actualité et si nous sommes loin de la construction théâtrale à laquelle nous étions jusqu'alors accoutumés, le fait n'est pas exceptionnel en ce lieu qui vise souvent un mode d'expression à tendance anglo-saxonne, auquel le public adhère de plus en plus.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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avec : 

20:45 Publié dans SPECTACLE MUSICAL, THEATRE | Lien permanent

07/02/2013

Moi, Caravage de Cesare Capitani


Théâtre Le Lucernaire

53 rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS


(M° Vavin - N.D. des Champs)


Tél. 01 45 44 57 34


Pl. 30€ - T.R. 25€ - 15€ - 10 €


 

du mardi au samedi à 20h.

le dimanche à 15h.

 

Mise en scène : Stanislas Grassian

Direction d'acteurs : Nita Klein

avec : Cesare Capitani et Laetitia Favart


 

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Ressusciter Le Caravage, le pari était ambitieux et pourtant Cesare Capitani y est parvenu au delà de l'envisageable. Regard de braise, visage tourmenté, habité tour à tour par l'exaltation ou la sensualité, le comédien incarne pour nous le génial inventeur du clair-obscur, lequel révolutionna tellement l'art pictural que l'on a nommé les diverses approches qui lui ont succédé : caravagisme. L'aventurier, le rebelle a donc fait école, lui qui voulait échapper à toutes.

Doublement impliqué dans ce spectacle dont il est l'adaptateur du livre de Dominique Fernandez " La Course à l'abîme " mais également l'interprète, le comédien évoque pour nous l'existence tumultueuse de ce génie de l'Art pictural italien.

Nous allons apprendre à quel point sa vie et son oeuvre furent imbriquées se nourrissant l'une-l'autre.

Pourtant il n'était pas facile de se vouloir libre comme il s'évertua à l'être, durant cette époque. Appréciant autant les hommes que les femmes Michelangelo risquait à tout moment de finir sur le bûcher puisque les méthodes inquisitoriales sévissaient sans relâche.  Son talent incontestable lui valut fort heureusement quelques protections mais il semble qu'un malin démon l'incitait à toujours rechercher le danger. Emprisonné, condamné à mort il ne trouva la survie que dans la fuite ...

Les circonstances réelles de sa fin demeurent mystérieuses mais il nous a laissé une oeuvre impressionnante dont nos musées peuvent s'enorgueillir.

Le comédien partage l'espace scénique avec les multiples interventions de Laétitia Favart, laquelle chante a capella tout en se glissant dans la peau de certains personnages qui ont traversé la vie du peintre. Un moment exceptionnel de théâtre que l'on savoure pleinement et dont on redemanderait encore et encore.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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(Photos : B. Cruveiller)


14:56 Publié dans THEATRE | Lien permanent