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14/09/2010

Le dindon de Georges Feydeau.

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THEATRE de la TEMPETE

Cartoucherie de Vincennes

Route du Champ de Manoeuvre

75012 PARIS

M° Château de Vincennes + navette gratuite.

Loc. 01 43 28 36 36

Pl. 18€, T.R. 14 & 10€

mercredi, tarif unique : 10€

mardi, mercredi, vendredi et samedi à 20h.30

jeudi : 19h.30 - dimanche à 16h.

jusqu'au : 24 OCTOBRE 2010 -

 

mise en scène : Philippe Adrien

avec : Vladimir Ant (Jean, gérant, commissaire) - Caroline Arrouas (Maggy Soldignac) - Pierre-Alain Chapuis (Vatelin) - Eddie Chignara (Pontagnac) - Bernadette Le Saché (Mme Pinchard) - Pierre Lefebvre (Victor) - Guillaume Marquet (Rédillon) - Luce Mouchel (Clotilde Pontagnac, Clara) - Patrick Paroux (Pinchard, Gérome) - Alix Poisson (Lucienne Vatelin) - Juliette Poissonnier (Armandine) - Joe Sheridan (Soldignac) -

 

Heureuse époque où les hommes trouvaient encore le temps de suivre les femmes dans la rue ! Maintenant seuls les chômeurs peuvent s'offrir ce luxe (unique) qui du fait de leur état ne sera pas suivi d'effets.
Chez Feydeau les époux sont bien souvent des obsédés sexuels qui ne pensent qu'à l'aventure tout en voulant préserver leur petit confort bourgeois ce qui bien sûr est quelque peu incompatible, d'où les nombreux avatars, quiproquos et rebondissements de l'action.
Philippe Adrien a délibérément choisi la carte de l'outrance mais de façon hyper brillante et tous ses interprètes lui ont d'enthousiasme emboîté le pas ce qui fait que la cavalcade n'est pas légère mais efficace. A peine remis d'un fou-rire collectif, le spectateur est emporté par une nouvelle vague dont il ressort pantelant pour mieux se noyer dans la suivante.
Je ne vous ferai certes pas l'injure de vous raconter l'histoire connue de presque tous et qui du reste est tellement compliquée qu'il vaut mieux la vivre en direct. Cette pièce étant régulièrement reprise, maints metteurs en scène l'ont exploitée avec plus ou moins de folie. Ici, nous frisons l'overdose ! Ce vaudeville d'un autre temps restitué en ce 21ème siècle, fait figure d' énorme farce, gaillarde à souhait,  truffée de situations burlesques, véhiculée par des corps aux gestes outranciers allant parfois jusqu'à l'athlétique mais dont l'élégance reste indéniable.
Si l'on se plaint trop souvent de la morosité des scènes actuelles, une cure euphorisante vous est ici proposée. Durée : 2h.15 sans entracte bien entendu.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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photos : Antonia Bozzi.

10:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/09/2010

La peste d'Albert Camus.

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THEATRE de la HUCHETTE

23, rue de la Huchette

75005 PARIS

M° St-Michel ou Cluny-la-Sorbonne

loc. 01 43 26 38 99

Pl. 26€ - étud. 15€

- 26 ans (mardi, mercr. & jeudi : 10€)


du mardi au vendredi à 21h.

matinée le samedi à 15h.30

Mise en espace et interprétation : Loïc PICHON.

 

A la base, un texte fait pour être lu et non pour être dit. Or on ne décide pas de porter un texte à la scène sans avoir de particulières affinités avec son auteur, d'autant que le terme " adaptation " ne saurait ici s'appliquer tant Loïc Pichon fut fidèle au célèbre roman.
Disons qu'il nous a réservé les extraits qui rencontraient le plus d'échos en lui ?

A l'époque de la parution du livre, en 1947,  son décryptage fut sans doute différent de celui que nous sommes amenés à effectuer en 2010. Quoique  ...


Si vous avez décidé de sortir pour vous distraire, mieux vaudrait bêtement vous engouffrer dans un café-théâtre mais si réfléchir au sens des mots et des situations ne vous rebute pas trop, vous écouterez alors sans difficulté ce monologue d'une heure trente.

L'homme est donc seul en scène et n'a pour créer les images que le support de son interprétation. J'avoue avoir eu très peur au début et puis à mesure que le comédien avançait dans le texte, son aisance allait croissant et à la fin, je puis vous assurer que les applaudissements furent nourris même si durant la représentation un ou deux bâillements furtifs se firent entendre.  Quelques couche-tôt égarés, sans doute ?
Certes, le théâtre sans dialogues n'est pas du théâtre.  Disons alors que le conteur fut à la hauteur de la tâche, ni excessif ni ennuyeux. et il ne suffit que d'apprécier Camus pour avoir envie de l'entendre.
Deux phrases ont plus particulièrement attiré mon attention,

" Il fallait tout croire pour ne pas être réduit à tout nier " - ou encore - " les religieux n'ont pas d'amis, ils ont tout placé en Dieu. "

Pure coïncidence ? ... Signalons dans la foulée que le comédien est Frère Jean-Pierre dans le film de Xavier Beauvois " Des Hommes et des Dieux " lequel comme chacun sait vient de sortir sur nos écrans, évoquant le drame, que dis-je ? la tragédie qui a frappé les moines de Tibhirine. Face à Lambert Wilson et Michael Lonsdale, Loïc Pichon fait preuve d'une belle autorité.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : LOT

15:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/09/2010

UBU ROI d'après Alfred Jarry.

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Vingtième THEATRE

7, rue des Plâtrières

75020 PARIS

(M° Ménimontant)

Loc.01 43 66 01 13

Pl. 24, 19 & 12€

Du mercredi au samedi à 21h.30

Dimanche à 17h.

Jusqu'au : 31 Octobre 2010 -

 

Mise en scène de Franck Berthier

avec Jean-Philippe Ecoffey (Père Ubu) - Marie-Christine Letort (mère Ubu) - Teresa Ovidio (la Reine Rosemonde & Sorcière de Macbeth) - Patrick Palmero (Roi Venceslas & sorcière de Macbeth) - Jean-Pierre Poisson (Capitaine Bordure & Bougrelas) -

 

Décor et costumes blancs à l'inverse des âmes ...
Ubu en caleçon long et chemise débraillée se lance dans une danse effrénée.
A l'étage au dessus, son épouse se lime les ongles tout en s'exprimant avec un accent quasi teuton. Dans ses moments de loisirs (or, n'en doutons pas, elle en a beaucoup) la blonde dame Ubu semble avoir lu Shakespeare puisqu'elle s'identifie à lady Macbeth avec toutes les conséquences qui en découlent ...
Au lieu de perdre son temps à jouer du mollet, son gros époux ferait mieux d'assassiner le roi afin de prendre sa place : ainsi pourrait-elle devenir reine de Pologne !

Pour cela il ne suffit que de convoquer quelques sbires et il sera possible de recourir au capitaine Bordure puisqu'il exècre le monarque en place.
Or une convocation arrive du palais et père Ubu s'y rend - convaincu de devoir y laisser sa tête - alors que c'est un comté qui l'attend. Loin d'être reconnaissant, il fera quand même assassiner Venceslas lequel laisse derrière lui une épouse (mais pas pour longtemps) et un jeune héritier, Bougrelas, âgé de 14 ans.
Arrêtons là la narration puisque c'est le moment précis où tout commence, un nouveau tyran est monté sur le trône et la noblesse ne va pas tarder à comprendre ce que cela signifie.
Remords ou perversion suprême ? ... A moins que ce ne soit vulgaire cupidité, dame Ubu-Macbeth va désormais souhaiter la chute de son royal époux.
Le clou du spectacle sera cette revue en plumes et paillettes au cours de laquelle une Zizi Jeanmaire rajeunie et ressemblant à s'y méprendre à Victoria Abril, tiendra le rôle décisif de l'une des célèbres sorcières shakespeariennes. (en plus sexy) -
N'oublions pas pour autant que " la Roche Tarpéienne est proche du Capitole " et qu'une embarcation peut évoquer le naufrage du Titanic ...
La fin est abrupte et tout se termine sur une lapalissade que je vous laisse découvrir mais qui fait immanquablement dire aux spectateurs qui resteraient bien plus longtemps,
- " Merdre alors ! c'est déjà fini ? " tant ce Jarry repeint en blanc est devenu actuel.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : Greg Zibell

16:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent