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12/04/2010

Mignon, Mignonne, allons voir si la chose ... de Robert Poudérou.

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg. Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

loc. 01 47 70 32 75

Pl. 20 & 13€

pour plus d'informations,

consulter La Gazette du Nord-Ouest sur,

www.TheatreDuNordOuest.com

Mise en scène : Vincent Messager et Robert Poudérou

avec : Xavier Devichi (Aurélien) - Vincent Messager (Olivier)

Gaëlle Redon (Olivia) - Valérie Trémolière (Aurélia)

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Peut-on parler de chassé-croisé amoureux ? ... L'histoire est à la fois plus subtile et plus compliquée que cela. Aurélien et Aurélia deux trentenaires - célibataires l'un et l'autre - ont décidé de s'offrir une soirée exceptionnelle et ... unique !
De prime abord cette résolution prise d'un commun accord peut sembler plus amusante que hardie en une époque où la libération sexuelle est un fait acquis.
Seulement voilà, Aurélia va éprouver des sentiments pour Aurélien alors que ce dernier a depuis longtemps placé ses voeux ailleurs ...
L'ami qui l'héberge est absent et ce couple d'un soir termine le repas en essayant de faire un peu plus connaissance mais préserve ostensiblement le " vous " censé maintenir entre les êtres une certaine distance.
Cela pourrait paraître complètement suranné si nous ne savions que la relation se veut par avance définie. Quelques appels téléphoniques vont interrompre le dialogue tout en permettant au spectateur de mieux cerner la situation avant que ce qui devait arriver ait lieu, bien entendu.
Car Aurélia collabore avec une amie qui a ouvert une agence de son invention. L'objectif ressemble à une gageure puisqu'il s'agit de ramener ne serait-ce que le temps d'une soirée, un homme égaré en direction des ses semblables à cet état que le commun des mortels désigne par " normalité. "
Or comme chacun sait,  " le coeur a ses raisons que la raison ... " et caetera.
Aurélia quittera Aurélien à regret après une nuit exceptionnelle. (Il aurait certes pu en être autrement mais l'auteur est avant tout un optimiste.)
Retour d'Olivier, maître des lieux et nonobstant, amoureux transi d'Aurélien.
Le digne pendant existe dans le clan d'en face puisque Olivia ne voit pas d'un très bon oeil cette aventure dont elle fut pourtant l'instigatrice.
Ne comptez pas sur moi pour vous raconter la suite et du reste, de son côté, très habilement l'auteur a opté pour une fin ouverte.
La mise en scène de Vincent Messager est intelligente et les comédiens se glissent dans la peau de leur personnage avec subtilité. Le public savoure le texte et ses réactions en témoignent. A consommer comme une friandise.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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14:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent

31/03/2010

Prague sous la pluie qui passe et qui sourit de Jean Bois.

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Théâtre du Marais

37, rue Volta

75003 PARIS

(M° Arts et Métiers)

Loc. 01 45 35 75 87

Pl. 20/18 et 12€

les jeudi, vendredi et samedi à 21h.

Prolongation jusqu'au 5 juin (pour cause de succès)

Texte et mise en scène de l'auteur.

avec Jean Bois et Dominique Constantin.

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Avant que la pièce commence,  au vu des accessoires présents sur le plateau, on identifie le lieu où va se dérouler l'action.

Un paravent, une chaise, un miroir ... Nous sommes dans une loge d'artiste. L'impression se confirme avec les bruits off du spectacle qui se termine, là, derrière et celui qui se produisait paraît, épuisé mais encore fringuant, la perruque omniprésente et le poil trop noir ...
Cette ancienne gloire de la chanson accueille une visiteuse qui n'a rien d'une groupie. Coiffure à la Beauvoir, renard argenté sur les épaules et verdict sans appel.

Impossible du reste d'affronter cette situation sans le secours de la dérision alors Jean Bois combat ici le drame à grand renfort de caricature ... voilà pour le premier tableau car ce spectacle est composé de volets successifs où le désopilant le dispute à la truculence, où la charge sert à masquer les blessures du temps.


Quel marin n'a rêvé de capturer la petite sirène ? ...
Quelle radeuse n'a imaginé retrouver son ancienne fraîcheur fût-ce aux yeux d'un aveugle ? La tendresse se cache derrière la farce. L'observation se veut féroce mais ne peut éviter l'empathie.
Ces deux là, complices à la ville et à la scène nous donnent l'impression d'avoir ensemble réinventé les jeux de l'enfance.

La fantaisie de l'un met en valeur l'autorité de l'autre qui fuse brusquement au moment où l'on s'y attend le moins. Car de l'autorité, Dominique Constantin en a - à revendre même - une autorité du tonnerre de dieu qui nous cloue à la chaise ou plutôt à la banquette du théâtre quand elle décide d'en faire usage. Cette succession de scènes adopte le rythme d'une revue et les costumes ne peuvent que suivre à un rythme enlevé.

Le message est un peu noir mais très brillant comme tout ce qu'écrit cet auteur et puisque les comédiens s'amusent comme des fous, nous aurions mauvaise grâce de ne pas leur emboîter le pas d'autant que chaque fois, nous sommes tellement heureux de retrouver ce couple quasi mythique !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/03/2010

Médée d'Euripide, traduction Jean Gillibert

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THEATRE DU LIERRE

22, rue du Chevaleret

75013 PARIS

(M° Bibliothèque François Mitterand)

Loc. 01 45 86 55 83

www.letheatredulierre.com

Pl. 20/15/12/10€

mercredi et samedi à 20h.30

jeudi et vendredi à 19h.30

dimanche à 15h.

jusqu'au 2 MAI 2010

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CREATION.

Mise en scène : Farid Paya

Musique : Bill Mahder

avec Anne de Broca, David Weiss,  Antonia Bosco, Patrice Gallet, Xavier-Valéry Gauthier, Anne-Laure Poulain.


Médée est peut-être en dépit de sa férocité, le personnage tragique le plus proche de nous. Combien de faits divers ont relaté l'histoire de ces femmes qui pour une raison donnée, chômage ou abandon, mettaient fin à la vie de leurs propres enfants ? Ce mythe éternel fut bien souvent réactivé et nous touche d'autant plus. Ici, bien sûr, le sordide n'a pas lieu d'être puisque les personnages mythiques sont par essence des rois ou des demi-dieux.
Farid Paya a choisi un décor très sobre qui deviendra grandiose lorsque Médée fera son apparition en majesté, sa vengeance accomplie.
Anne de Broca illustre ici la farouche fragilité du personnage car bien que criminelle, Médée est une femme avant tout. Une femme amoureuse qui a tout quitté pour suivre l'homme qu'elle aimait et aime toujours, lequel non seulement vient de la trahir mais affiche sa trahison.
Comme chaque fois, les costumes sont superbes, les déplacements quasi-chorégraphiques et toute la partie chantée rigoureusement mise au point ajoute une dimension supplémentaire à ce qu'il nous est donné d'entendre.
Antonia Bosco n'a pas éprouvé le besoin de vieillir son apparence pour interpréter le rôle de la nourrice ce qui aux yeux de quelques puristes pourrait nuire à la crédibilité de son personnage mais on oublie bien vite ce petit inconvénient face à la splendeur de sa voix et plus particulièrement des graves qu'elle utilise. Anne-Laure Poulain est également remarquable dans le rôle du Coryphée ...
Ayant une vision sans nul doute panthéiste de la tragédie antique, j'avoue avoir la nostalgie du port des cothurnes au moins pour quelques personnages dont la situation est dominante par rapport aux autres. C'est peut-être la seule objection que je ferai vis-à-vis d'un spectacle d'une qualité dont peu de lieux peuvent s'enorgueillir.


A ce sujet, il serait non seulement déplorable que ce théâtre disparaisse sans être immédiatement remplacé mais cette carence des autorités administratives jetterait irrémédiablement l'opprobre sur la politique culturelle menée depuis quelques temps par nos élus.

Aussi, longue vie à la Compagnie du Lierre !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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16:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent