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22/04/2010

NEGATIONNISME, 1 : La Loi, 2 : La Grâce, de Jean Luc Jeener assisté de Fabienne Rantsordas.

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg. Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

loc. 01 47 70 32 75

Pl. 20 & 13€

pour connaître les jours et heures des représentations, consulter


www.TheatreDuNordOuest.com

Cycle de 36 pièces, jusqu'au 20 Juin 2010

DES PRISONS ET DES HOMMES

avec Alexandre Berdat (Albert Cohen) - Emmanuel Desgrées du Loû (Jeff) - Paule D'Heria (Madeleine Gaillard) - Benoît Dugas (Jean Perez) Laurence Hétier (Fanny Vierne) - Fethi Maayoufi (Mohamed) - Ali Marhyar (Sam) -


Un homme - seul - la tête couverte d'un bonnet rayé, installé derrière une table, écrit. Sonnerie du téléphone - rapide entretien - deux autres ne vont pas tarder à  le rejoindre et en amener un troisième ... prisonnier. Ce dernier ne comprend pas ce qu'il fait là, ce qu'on lui veut. L'explication va suivre ...
Mohamed, le chef a fait enlever ce médecin dans un but précis.
Un prisonnier juif est là, à côté, qui attend et dont on va se servir pour obtenir une rançon; pour cela, il convient de s'attaquer à son intégrité physique et le faire savoir, bien sûr, preuve à l'appui. Le but est double : en plus de la rançon, obtenir la suppression de la loi Gayssot cause aux yeux de l'activiste, d'un tas de réactions en chaîne ...  Notre terroriste a mûrement réfléchi, longuement préparé l'opération mais toutefois et de façon assez incroyable, sa haine des juifs ne va pas jusqu'à faire disparaître chez lui, tout sentiment humain. Du reste, l'argent obtenu sera redistribué immédiatement et ostensiblement bien sûr afin que cela serve la cause qui est la sienne. Pour cela, il faut d'abord convaincre le médecin et ce n'est pas une mince affaire.
Un long développement de La théorie va être exposé ...
Selon lui, Auchwitz est un mensonge, les fours crématoires ont existé, certes mais ce n'était qu'une mesure d'hygiène destinée à enrayer les redoutables épidémies de  typhus. Les chambres à gaz - elles - sont (toujours selon lui) une invention servant à justifier dans un deuxième temps, l'invasion des territoires palestiniens et la loi Gayssot fut précisément mise en place pour éviter toute contestation possible.

Comme vous pouvez l'imaginer, le climat est tendu, hyper tendu même, voire explosif et il s'agit de se battre, captifs et kidnappeurs, pied à pied, argument contre argument. 
Une députée ne tardera pas à les rejoindre, contrainte et forcée. C'est par elle que le message doit passer.

Fin de la première partie.



II - Changement radical d'atmosphère et de rythme, notre terroriste s'est fait prendre mais est calme, déterminé. Médecin, députée et une ancienne déportée - non juive - le détail est d'importance, viennent lui rendre visite en prison. Leur but ? ... tenter de le raisonner avant que le procès ait lieu. Mission impossible. L'homme est en guerre et pour lui, c'est une guerre sainte. Il s'est construit dans ce seul but.

Jean Luc Jeener a réussi à mettre les mots exacts dans la bouche de chacun et ce, sans l'ombre d'un parti-pris. Fethi Maayoufi est absolument remarquable dans le rôle de Mohamed ce, à tel point qu'il donne l'impression d'imposer son rythme à la pièce. Ses interlocuteurs, Laurence Hétier et Benoît Dugas symbolisent l'un et l'autre en dépit des circonstances, et malgré leur commune angoisse, cette force tranquille, conséquence de la conviction d'être en règle avec sa conscience. De la compassion, ils ont eu le temps d'en avoir pour cet homme persuadé d'être un simple résistant qui accomplit ce qu'il croit être un devoir tout en respectant Allah.

Comme l'auteur est un chrétien convaincu, il soufflera à ses personnages compassion et oubli des fautes alors que seul le temps et l'improbable sagesse des hommes peut parvenir à ce résultat.
Le sujet est - ô combien ! - d'actualité et il était important qu'un auteur ait le courage de s'y atteler en cette époque où chaque jour un peu plus, la pensée unique et le " politiquement correct " aseptisent les propos.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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12:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent

20/04/2010

Le libre-penseur d'August Strindberg

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du faubourg Montmartre

75009 PARIS

Loc. 01 47 70 32 75

Tarif : 20 & 13€


dans le cadre du cycle,

DES PRISONS ET DES HOMMES

www.TheatreDuNordOuest.com

Mise en scène : Cyril le Grix

avec Alexandre Mousset : Karl Larsson (le libre penseur) - Franz Debrébant : Gustav, le pasteur - Christine Melcer : Madame Larsson - Alexia Papineschi : Agda - Djahiz Gil : Otto Larsson - Antoinette Guedy : Kersti - Philippe Fossé : Monsieur Larsson - Pierre Sourdive : le père Anders.

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Il s'agit ici de la première pièce écrite par Strindberg lequel s'est de façon évidente tout au long de sa vie, investi totalement dans son oeuvre, ce qui ne le mettait pas à l'abri d'un certain manichéisme. 
Sur le plan spirituel, l'auteur se posa en permanence des questions, penchant successivement d'un côté ou de l'autre et presque toujours de façon paroxystique avec pour seule constante sa répugnance du matérialisme.
Grand admirateur de Kierkegaard et de Nietzsche, son approche de la religion se révéla tumultueuse.
Ici, un jeune homme, Karl revient chez les siens poussé on le devine par le désir de revoir celle qu'il aime à savoir Agda dont le frère en tant que responsable de la paroisse ne va pas tarder à s'opposer à lui.
Qu'y a t-il de pire en effet, aux yeux d'un croyant pur et dur que celui qui pense différemment ? Or il est évident que Karl n'est absolument pas athée mais selon lui, seul existe le Créateur et tout le reste n'est que littérature ...
Strindberg nous décrit avec précision la façon de vivre et de penser de cette société de province vivant en vase clos, uniquement préoccupée de l'image qu'elle donne d'elle même.
Ce n'est certes pas la meilleure pièce que l'auteur suédois ait écrite mais on y trouve déjà ce qui deviendra sa caractéristique principale, à savoir la vigueur et le relief des dialogues ... Ici, les hommes ont indéniablement la dominante.  Revanche sera prise plus tard grâce à des personnages tels que Mademoiselle Julie ou la redoutable Alice de La Danse de Mort mais ces femmes n'ont pas encore surgi sous sa plume ... N'importe, le caractère percutant des répliques, la profondeur des réflexions laisse déjà présager le génie incontestable de ce tourmenté perpétuel. 
Cyril le Grix et ses interprètes, portés par la force des mots, nous convient à participer à cette belle et sombre aventure.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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16:11 Publié dans THEATRE | Lien permanent

15/04/2010

DIEU de Woody Allen

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS

(M° Abbesse ou Blanche)

Loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ & 13€

Tous les jours à 19h.

(sauf dimanche et lundi)

Relâche le 26 mai 2010

Traduction : Michel Lebrun

Mise en scène : Nicolas Morvan.

avec : Jacques Bernet, Antoine Brin, Diane Delmont, Yvan Lambert, Leïla Moguez, Sylvain Quimene, Grégory Sauvion, Jacques Trin.

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Rien de pire qu'un auteur, un metteur en scène ou un critique se prenant au sérieux. Ici pas de danger. Woddy Allen s'amuse, traducteur et metteur-en-scène en font autant sans oublier les comédiens, bien entendu.
C'est donc à une (trop courte) soirée festive que nous sommes conviés puisque la tragédie ici devient farce en parodiant allègrement les personnages antiques.
Empruntons la machine à remonter le temps et arrêtons nous en 500 avant J.C.  pour y découvrir un auteur (Hépatitis) cherchant désespérément à trouver une fin de pièce dont il veut confier le soin à un interprète au chômage qui répond au doux nom de Diabétès, ce dans l'espoir de décrocher le premier prix à ce festival d'Art dramatique d'Athènes et avoir ainsi une chance de passer à la postérité !
Evidence suprême, si les romains sont fous, les grecs sont malades et comme ceux qui dansent ne le sont jamais :  place au sirtaki ! Afin d'éloigner les mauvais coups du sort, trois personnages masqués vont danser les bras en croix, car ils sont aussi un peu devins à leurs heures ...
Auteur et interprète assis en fond de scène philosophent de concert confrontés à cette évidence : " tout a un début, un milieu et une fin ... sauf un cercle ! " ce qui ne constitue pas réellement un obstacle puisque les théâtres antiques étaient volontiers circulaires. Alors forcément en cet espace clos, tout va partir dans tous les sens. Les spectateurs (certains du moins) monteront sur scène. C'est ainsi que Hépatitis fera les yeux doux à une jeune kamikaze prénommée Doris, petite juive blonde de la Courneuve ... tandis que le comédien initialement choisi excédé d'être mis au rancart lancera un S.O.S. téléphonique à Woody Allen himself dont la conclusion sera " désolé, Dieu est mort, démerdez vous. " Confusion totale, nos héros n'étant peut-être pas ce qu'on nous enseigne depuis toujours mais " humains, trop humains " ces derniers vont afficher les défauts de tout un chacun, à commencer par l'orgueil et l'envie. Qualités bien théâtrales diront les mauvaises langues. Ils ne seront pas moins de huit pour participer à cette mini pièce qu'ils traverseront tels les éclairs de Zeus avec pour objectif : faire des étincelles !  On rit beaucoup et de façon spontanée; qu'ajouter de plus sinon qu'en ces temps moroses, cela fait un immense bien.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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14:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent