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20/04/2009

Le regard des autres de Christopher Shinn

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MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS

(M° Blanche ou Abbesses)

Loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ - TR : 13€

lundi, mardi, mercredi à 21h.

prolongations jusqu'au 12 mai 2009

Adaptation : Sophie Vonlanthen

Mise en scène : Gilbert Désveaux

avec : Yann Reuzeau (Stephen) - Leïla Moguez (Petra) - Julien Large (Mark) - Walter Hotton (L'Homme) et Geoffroy Rondeau (Tan).

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Après John Patrick Shanley (Femmes de Manhattan) Sophie Vonlanthen s'attaque cette fois à une pièce écrite par un jeune auteur américain : Christopher Shinn dont elle signe l'adaptation.
Nous sommes à New-York dans un appartement que partagent trois jeunes artistes. De toute évidence, l'approche de Noël crée une certaine nervosité.
En fin d'année on a toujours tendance à établir un bilan tout en étant vaguement angoissé par le nouvel an qui arrive ... De surcroît, des retrouvailles vont avoir lieu en un restaurant qualifié de " post-moderne " et les interrogations iront bon train.
Marc revient après une période d'absence, accroché à sa bible comme à une bouée de sauvetage. Le benedicite prononcé en ce lieu branché, s'avére d'une rare cocasserie mais pris de court, personne n'ose rien dire ...
A chacun ses préoccupations, pour l'un c'est l'accueil réservé à une pièce nouvellement écrite, pour l'autre (Pétra) c'est son obsession des hydrates de carbone qu'elle bannit résolument de sa nourriture  ... Il ne manquait plus que l'arrivée d'un loubard dragueur et visiblement shooté pour que l'ambiance monte d'un cran.
Un homme marié " plein aux as " s'offre des observations en boîte ... avec la conviction qu'il peut tout se payer.
L'auteur nous convie à assister à ce reportage sociétal.
Chacun essaie de vivre tout en se protégeant de l'autre ce qui donne un chassé-croisé tout à fait dans l'air du temps ...
Le décor se résume à des blocs de pseudo-pierres blanches qui délimiteront les lieux de l'action.
Au risque de rendre les autres jaloux mais il n'y a pas lieu, puisque chacun s'acquitte parfaitement de son rôle, j'aimerais tout de même décerner une mention spéciale à Geoffroy Rondeau pour sa fantaisie dans le rôle de Tan.
La pièce fut jouée pour la première fois au Royal Court de Londres et était jusqu'alors inédite en France. A voir ne serait-ce que pour avoir une petite idée du mode d'expression en vigueur outre-Manche et même outre-Atlantique.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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10:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/04/2009

L' écornifleur de Jules Renard

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Théâtre La Bruyère

5, rue La Bruyère 75009 Paris

M° St-Georges.

Loc. 01 48 74 76 99

Pl. 37/27/20€

du mardi au samedi à 21h.

matinée le samedi à 16h.30

 

adaptation : Renée Delmas et Marion Bierry,

Mise en scène : Marion Bierry

avec : Sarah HAXAIRE, Julien Rochefort, Hugo SEKSIG et Lola ZIDI.

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Présenté il y a quelques années au Poche Montparnasse, cet Ecornifleur revoit le jour après quelques modifications mises au point par mère et fille, entendez Renée Delmas et Marion Bierry, cette dernière signant également la mise en scène.

L'action se situe en 1900, époque à laquelle les femmes arboraient des faux-culs et les hommes des faux-cols.

A ce détail près, les jeunes poètes, talentueux ou non ont depuis toujours été attirés par les couples bourgeois auprès desquels ils tentent éternellement de résoudre l'angoisse du lendemain.
Quelle imprudence commettent donc les maris en introduisant ainsi le loup dans la bergerie ? A moins que ce soit volontaire ? Or se méfie t-on d'un roux ? ...
Car bien entendu, Henri (Hugo Seksig) ne tardera pas à faire la cour à l'épouse troublée dont le mari pêche certes, par manque de fantaisie bien qu'il soit sans nul doute plus subtil qu'il ne le paraît ? Il est évident que Julien Rochefort s'évertue pour nous à peaufiner ce contre-emploi.
Face à lui, ce nouveau Rastignac tout en feignant d'écrire, va aller à la conquête des bords de mer puisqu'on l'y a convié mais son action ne se limitera pas là.
Bien entendu, après quelque résistance, l'épouse succombera aux assauts du jeune homme puis sera évincée par plus jeune qu'elle, ce qui permettra à Sarah Haxaire de nous fournir un aperçu de ses possibilités, allant de la scrupuleuse femme réservée à l'amoureuse fougueuse sans oublier la hargne que ressent toute femme victime d'une manipulation et perdante de surcroît. Lola Zidi est charmante dans le rôle de Marguerite, seconde victime du prédateur. C'est du reste elle que nous plaignons le plus, la jeunesse du personnage nous faisant dire que l'expérience est plus cruelle pour elle que pour tout autre.

Jules Renard épingle ses personnages avec la précision féroce que nous lui connaissons et si la fin n'est pas très morale, elle a le mérite d'être aussi vraie que la réalité. Les costumes que l'on doit également à Marion Bierry sont superbes et le spectateur savoure ce cynisme ordinaire avec délectation.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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16:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/04/2009

La jeune fille à son MIROIR de Alan Rossett

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STUDIO 77

77, rue de Montreuil

75011 PARIS

(M° Nation)

Loc. 09 52 44 06 57

Pl. 15€ - TR : 8€

Jeudi et Vendredi à 20h.45

Dimanche à 15h.

Jusqu'au : 17 mai 2009.

Comédie écrite et réalisée par Alan Rossett

avec Bérangère DAUTUN et Amélie ABRIEU

 

Miroir, compagnon fidèle de toute femme, successivement flatteur, ironique ou cruel, témoin de tout une vie. Olivia se regarde à cinquante ans d'intervalle, dialogue avec elle-même, se souvient ... Quel chemin parcouru dont elle va offrir la narration à ces téléspectateurs attirés par ce que l'on nomme la réalité !
Plus raisonnable que Faust, Olivia se contente d'évoquer celle qu'elle fut jadis. Certains êtres s'abîment au fil des ans, d'autres se construisent. Son peintre d'époux avait fait d'elle un portrait dans lequel elle ne se reconnaissait pas. Pourtant n'avait-elle pas souhaité devenir le centre radieux de cette vie qu'elle partageait avec lui ?
Un artiste a besoin de liberté d'esprit pour créer, elle devint alors tout naturellement son agent, organisant les expositions, dialoguant avec les acheteurs ... Muse protectrice en quelque sorte, épouse compréhensive pour cet homme qui avait privilégié comme expression, le portrait de femme, toutes les femmes sans exception.
Pour cela, sans doute, l'homme décida un jour de partir, sans un mot d'explication et elle continua à espérer vaguement son retour tandis qu'une petite part d'elle même appréciait, forcément la liberté retrouvée. N'ayant pas de réels soucis matériels, la vie poursuivit son cours jusqu'à ce que le passé boucle sa trajectoire.
Avec cette présence scénique et cette diction parfaite qu'on lui connaît, Bérangère Dautun incarne ce personnage de femme paradoxalement solide et fragile.
Amélie Abrieu est son ébauche à quelques décennies d'intervalle. L'une et l'autre racontent, se croisent, se rencontrent.
Une scène très belle nous les présente face à face, yeux dans les yeux, sourire aux lèvres, paume ouverte en un geste pacifiquement significatif.
L'auteur a traité ce sujet avec une intuition et une sensibilité quasi féminines.
Peut-être pour nous aider à pardonner l'attitude du disparu ?
Un moment de théâtre très émouvant à découvrir toutes affaires cessantes.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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16:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/04/2009

Le vieux qui lisait des romans d'amour d'après le roman de Luis Sepulveda

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Théâtre LE LUCERNAIRE

53, rue N.Dame des Champs

75006 PARIS

(M° Vavin, N.Dame des Champs, St-Placide)

Réserv. 01 45 44 57 34

Pl. 30/20/15/10€

Samedi : TU : 30€

Du mardi au samedi à 20h.

(relâche : dimanche et lundi)

jusqu'au : 13 juin 2009.

Adaptation et mise en scène : Patrick Chevalier

avec Patrick Chevalier (le dentiste) Paco Portero (le vieux)

photos : Raoul Gilibert.

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Un vieil homme vit dans une cabane qu'il a sans doute construit lui-même de ses mains, située quelque part dans la forêt amazonienne, à proximité du fleuve duquel débarque ponctuellement son ami le chirurgien dentiste qui ne manque pas chaque fois de lui rendre visite. Une fois de plus, ce dernier arrive avec une provision de livres que notre presque Robinson dévorera avec un enthousiasme quasi enfantin.
Cette fois, un drame s'est déroulé puisqu'une pirogue a ramené le corps lacéré d'un homme blond. Le maire de ce petit village a aussitôt accusé les indiens Shuars alors que tout laisse supposer qu'il s'agit d'un fauve. En effet, une femelle jaguar a échappé de justesse au massacre de son mâle et de ses petits, ce qui indigne notre homme mais lui fait mesurer le risque encouru par les inévitables conséquences.
Comment concilier l'amour de la nature, le respect des animaux et l'imminence du danger ? Or, Antonio José est le seul qui puisse régler ce problème ...
Patrick Chevalier qui a signé l'adaptation de ce roman de Luis Sepulveda ainsi que la mise en scène a choisi de rester en retrait face à ce personnage de vieil ermite dont il est le confident discret. C'est en quelque sorte la force tranquille face à la fragilité chancelante du vieux. Pourtant, la décision appartient à ce dernier et à lui seul. La bande son a presque plus d'impact que le décor forcément minimaliste et ce texte tombe à point nommé pour nous rappeler que l'homme fait partie intégrante de cet équilibre écologique trop souvent oublié.
On sort de là avec une furieuse envie de lire le roman afin de prolonger cet instant ayant en mémoire les images fournies par les interprètes.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Tags : amazonie, nature, ecologie