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25/05/2010

Dis-leur que la vérité est belle de Jacques Hadjaje.

LUCERNAIRE

Centre National d'Art et d'Essai

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS

loc. 01 45 44 57 34

du 19 MAI au 3 JUILLET 2010

du mardi au samedi à 21h.30

matinée le dimanche à 15h.

relâches exceptionnelles les 4, 20 & 27 juin.

Ecrit et mis en scène par Jacques HADJAJE

Texte publié aux Editions Alna

 

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avec Isabelle Brochard, Sébastien Desjours, Anne Didon, Anne Dolan, Guillaume Lebon, Delphine Lequenne, Laurent Morteau.

Cette pièce tombe à point nommé alors que les remous créés par un certain film présenté à Cannes, cherchent incroyablement à diviser l'opinion. Ici, pas de polémique possible, mais simplement la vie d'une famille et l'immense tendresse que tous ces gens déracinés déclenchent pour peu que l'on apprenne à les connaître ...
Car que demandaient ils tous, sinon vivre tranquillement en famille, dans un pays qu'ils aimaient avec le soleil, la mer, l'illusion d'un paradis qu'un sort malin leur a fait perdre. Avec un titre optimiste jusqu'à la dénégation de la réalité, Jacques Hadjaje nous présente ses personnages attachants au possible avec la ferme intention de nous démontrer qu'en dépit de certaines preuves, la terre n'est pas peuplée de salopards ... Pourtant, le sort ne les a pas ménagés mais la joie de vivre demeure. Découvrons donc ces Chouraqui, juifs pieds-noirs qui ont dû comme beaucoup quitter l'Algérie en catastrophe afin de rester en vie, tout simplement. Ne vous méprenez pas, cette pièce n'a pas été écrite dans un esprit " mur des lamentations " bien au contraire et si nostalgie il y a parfois, celle ci est teintée de tendresse car pour la tribu " l'amour est obligatoire " alors on ne va pas se pourrir la vie et celle des spectateurs du même coup par l'énoncé de rancoeurs ...
Albert, joué par Guillaume Lebon (le bien nommé) est resté un grand enfant et attendra que sa mère disparaisse pour aborder l'âge adulte face à sa fille qui elle, a les pieds sur terre ! L'homme ne supporte la réalité que grâce à ses dessins de même que son père avait recours à Charly Parker dans le même but. Ce sont de grands rêveurs ... Les femmes en revanche sont plus lucides, plus actives aussi car il n'y a que les hommes pour penser que le mariage ressemble à " une chaise longue face à la mer." Olga avait des rêves de star et s'est retrouvée un beau jour mariée à un boucher. Un brave homme du reste qui ne fera pas même d'histoires quand elle s'offrira une petite escapade ... Nous découvrons tout cela sous forme de flash-back qui ici, fait exceptionnel ne réussissent pas à freiner l'action, c'est vous dire si la mise en scène est habile ! Pour décor, une sorte d'estrade inclinée et des pans de rideaux légers comme la brise au milieu desquels les personnages se faufilent, apparaissant pour animer une tranche de vie écoulée certes mais que l'on devine à jamais éternelle. Pourtant ils ont tous connu un temps l'horreur puis l'humiliation  mais la délicatesse leur interdit de trop en parler car l'important ne se situait pas là mais plutôt sur cette obligation d'amour qu'il fallait à tout prix préserver. On se sent meilleur quand on rencontre des êtres comme ceux là. Il faut ajouter que les comédiens sont parfaits dans leur rôle respectif et qu'on les quitte à regret tant on se sentait bien avec eux.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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13:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/05/2010

Premier avertissement de August Strindberg.

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THEATRE de NESLE

8 rue de Nesle

75006 PARIS

(M° Odéon)

loc. 01 46 34 61 04

Pl. 20€ - T.R. 15€

les vendredi & samedi à 19h.30

jusqu'au : 26 juin 2010.

Mise en scène : Charlotte-Rita Pichon

avec Eliza Calmat (Rose) - Erik Chantry Herkenrath (Axel, le mari) - Séverine Bozkart (Olga, la femme) - Martine Delor (la baronne)


Quand on sait que toutes les oeuvres de Strindbergh sont des confidences, que l'écriture sert à se justifier ( à défaut de  pratiquer l'auto-dérision ) il n'est pas étonnant que l'on s'amuse à découvrir (entre autres) ce personnage de baronne puisque lui-même épousa (un temps), Siri von Essen, baronne Wrangel alors femme d'un officier de carrière tandis qu'ici, l'origine du conflit est concrétisée par cet envoi de fleurs émanant d'un capitaine qui courtise la maîtresse de céans. 
Car le mari, Axel en parfait nietzschéen souffre de la passion aliénante qu'il voue à son épouse, Olga. Comme il est absent à tout ce qui ne constitue pas cette obsession, le personnage attire bien entendu les femmes, à commencer précisément par cette baronne que le veuvage semble avoir rendue folle mais également aux yeux de cette gamine de 15 ans, Rose qui dirige en direction du maître des lieux, ses premiers émois.
Contrairement à Ibsen, Strindbergh malmenait volontiers la gent féminine et le reproche lui en fut assez souvent adressé.
C'est ici à la crise du vieillissement d'un couple que nous sommes confrontés.
Le mari s'absente souvent dans le vain espoir de se libérer et l'épouse tente de jouer de tous ses atouts afin de le récupérer puis de le conserver sans oublier d'utiliser comme arme l'excitation de sa jalousie, bien entendu.
Charlotte-Rita Pichon a choisi délibérément comme moteur à l'action, l'attirance physique ce qui justifie le chassé-croisé reliant les personnages entre eux n'hésitant pas à créer une atmosphère à la Bergman ...
Si l'on se bornait au physique, on oublierait presque la complexité nerveuse de l'auteur face à la solidité quasi terrienne de Erik Chantry Herkenrath.
Séverine Bozkart use et abuse de son charme pour retenir celui qui lui échappe (du moins le croit-elle).
Eliza Calmat est déjà plus dans le registre de Mademoiselle Julie que dans celui nettement plus ingénu de Rose mais en dépit de ce décalage, la comédienne fait preuve de belles qualités d'interprétation.
Quant à Martine Delor, cette dernière campe avec brio ce personnage hyper scabreux de femme dont les désirs inassouvis ont fait vaciller la raison.
Le lieu exigu prive certes, le metteur en scène des possibilités dont nous la savons capable. N'importe, nous pouvons difficilement rester indifférents à ce qui nous est donné de voir et entendre; souhaitons par conséquent longue vie à cette pièce qui reste peu connue du grand public.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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16:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/05/2010

Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès

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Théâtre de la Tempête

Cartoucherie de Vincennes

Route du Champ-de-Manoeuvre

75012 PARIS

M° Château de Vincennes

+ navette de la Cartoucherie.

loc. 01 43 28 36 36

mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h.30

jeudi à 19h.30 & dimanche à 16 heures.

jusqu'au : 6 juin 2010.


texte paru aux Editions de Minuit

dramaturgie : Benoîte Bureau

mise en scène : Pauline Bureau

avec Yann Burlot, Mikaël Chirinian, Nicolas Chupin, Sonia Floire, Régis Laroche, Marie-Christine Letort, Géraldine Martineau, Lionel Nakache, Marie Nicolle, Aurore Paris, Jean-Claude Sachot, Catherine Vinatier, Alexandre Zeff.


La première image offerte est surprenante, mettant le spectateur en condition de réceptivité maximale.
Deux gardiens philosophent à leur manière tandis que Roberto Zucco s'évade sous leur nez. A partir de ce moment précis, nous comprenons que le serial-killer vient de prendre son envol.
Tel un moderne Oedipe, le jeune homme a déjà tué son père et se rend d'urgence au domicile familial afin d'y récupérer son treillis. (entendez sa tenue de combat) Plus rien ne l'arrêtera pas même son ancienne tendresse pour sa mère ...
L'implacable destin mettra ensuite cette gamine sur son chemin, qu'il violera bien entendu car Roberto Zucco abîme tout ce qu'il touche et ce, sans état d'âme.
Une première famille détruite, nous allons découvrir la seconde, au grand complet.
Une soeur protectrice dont les sentiments frisent l'inceste, un frère qui, bien qu'il adore celle qu'il considère comme une gamine, n'hésitera pas à la vendre et enfin la mère qui cache les bouteilles du père lequel enrage à les chercher ...
Il ne reste plus à la très jeune femme qu'à plonger dans les nuits du Petit Chicago car ici, l'amour n'est pas rédempteur, bien au contraire puisqu'il favorise la descente aux enfers. Durant ce temps, Roberto poursuit sa cavale avec prise d'otages et nouvel assassinat.  Celle qui l'aime le trahira bien entendu car c'était écrit, les dieux modernes n'étant pas plus cléments que les anciens.
La mise en scène de Pauline Bureau illustre parfaitement la dimension cinématographique de l'oeuvre. Grâce à elle et au texte bien entendu, nous passons d'une scène à l'autre, d'un lieu à l'autre avec un rythme soutenu.
Certes, la direction d'acteurs n'a peut-être pas encore acquis toute l'exigence souhaitable et si les cris sont parfois trop nombreux, en revanche, nous n'oublierons pas certaines images ici créées.
Jean Claude Sachot est parfait comme d'habitude et Marie-Christine Letort nous offre une composition de personnage très amusante.
Sans oublier, bien sûr, Alexandre Zeff qui prête ses traits et sa présence active au personnage-titre.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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(photos : Antonia Bozzi)

 

 

15:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent