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15/05/2008

Homo-Sexualité de Jean-Luc Jeener

Théâtre du Nord-Ouest

13, rue du Faubourg Montmartre

75009 Paris

Métro : Grands Boulevards

Loc. 01 47 70 32 75 

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Mise en scène : Aurore LY

lumières : Benoît Dugas 

avec Raphaël Cohen, (Pierre) - Renaud Marx, (Julien) - Jean-Claude Sachet (Paul, l'archevêque)  

Prochaines représentations,

MAI : dimanche 18 (17h) - jeudi 22 (19h). - jeudi 29 (19h) 

JUIN : dimanche 1er (17h) - mercredi 4 (20h.45) - samedi 7 (14h.30) - mercredi 11 : 20h.45 - dimanche 15 (14h.30) 

 

Condamnés au célibat, pourquoi les prêtres seraient ils les seuls à échapper à l'homosexualité ? Après tout, ce sont des êtres humains, faits de chair et de sang comme les autres - absolument ! Puisqu'on leur interdit le commerce des femmes, il était prévisible que certains d'entre eux choisissent leurs semblables.
Julien et Pierre vivent ensemble depuis quelques temps sans faire de vagues.
Le premier est journaliste et le second ( comme vous l'avez compris ) est un jeune prêtre soumis au contrôle de sa hiérarchie.
Un jour, bêtement, en faisant son marché (comme il est dit dans le texte : " ces gens là mangent aussi " ! ) Pierre va croiser son archevêque lequel va s'inviter à une petite visite qui ne peut être fortuite ...
Angoisse du couple. Eh, oui ! on ne badine pas avec l'amour à l'ombre de la croix.
Redoutable personnage que cet ecclésiastique venu remettre à jour les devoirs impérieux de ce jeune prêtre pourtant si efficace.
Jean-Claude Sachot fournit au personnage de l'évêque une puissance quasi jupitérienne. Il tonne, conspue, morigène après avoir joué la carte de la franchise.
Autant Pierre (Raphaël Cohen) est éperdu dans sa sincérité doublement amoureuse qui fait cohabiter Dieu et cet autre, bien réel qui vit à ses côtés, autant Julien tout aussi sincère résume à lui seul le libre penseur qui a mûrement réfléchi au problème ...
Jean-Luc Jeener nous propose ici une pièce remarquablement aboutie où chaque argument est solidement évoqué. La règle des trois unités étant ici respectée, Aurore Ly en sa qualité de metteur-en-scène a investi les comédiens d'un comportement absolument logique (sinon naturel vu les circonstances ...) en ce lieu familier où seul le visiteur adopte le comportement d'un lion en cage.
Julien nous gratifie d'un court intermède musical agréable au possible et l'on comprend que son compagnon ait succombé au charme de cet autre tout à la fois semblable et complémentaire.
Quant à l'issue finale, très habilement, l'auteur nous laisse deviner ce qui adviendra ensuite. Le sujet en regard de cette institution qui se nomme l' Eglise était scabreux mais Jean-Luc Jeener l'aborde avec lucidité et intelligence. Voilà un homme croyant notoire qui n'est pas sectaire ... respect !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:26 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/05/2008

Pantagleize de Michel de Ghelderode

THEATRE ANTOINE VITEZ

1, rue Simon Dereure

94200 IVRY-sur-SEINE

(Métro : Mairie d' Ivry)

Loc. 01 43 90 11 11

www.theatre-quartiers-ivry.com

Pl. 19€ - TR 12/9€ 

mardi, mercredi, vendredi & samedi à 20h.

jeudi à 19h. & dimanche à 16h.

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Mise en scène : Philippe Awat.

avec Sandrine Bounhoure, Anne Buffet, Jean-Marc Charrier, Gora Diakhaté, Jean-Charles Delaume, Florent Guyot, Bruno Paviot, Magali Pouget, Lionel Robert. 

 

Nuit de pleine lune. Nous assistons d'emblée à une exécution qui paraîtrait burlesque si elle n'était forcément dramatique. Métaphysiquement, la lune se mue en pendule, affichant 6 heures, l'heure des braves mais aussi celle des anti-héros, celle des galériens de la vie. Pourtant celui-là n'a rien d'un " damné de la terre " puisqu'il fait profession de philosophe et a même un domestique noir à son service. Seulement voilà, notre homme a 40 ans, l'âge de tous les bilans et se trouve en proie à un problème existentiel.
Qu'a t-il fait exactement jusque-là ? La réponse est presque toujours douloureuse et il se demande tout simplement s'il n'est pas en train de basculer dans la catégorie des ratés. O misère ! Mais non, Pantagleize puisque tel est son nom reste un impénitent optimiste aussi tout naturellement, la phrase qui va lui venir à l'esprit est " Quelle belle journée aujourd'hui, n'est-ce-pas ? " D'ailleurs ce jour n'est pas un jour comme les autres puisqu'il correspond à celui d'une éclipse solaire. Le destin est par conséquent au rendez-vous. Les esprits sont surchauffés du reste et une révolution se profile à l'horizon.
La trajectoire de ce nouveau Candide va croiser la route d'une passionnaria dont il tombera immédiatement amoureux, bien sûr, et là, les péripéties vont s'enchaîner à une allure folle.
Michel de Ghelderode flirte avec le conte philosophique et avec le burlesque tout à la fois. Au rythme effréné de l'action, répondent les transformations habiles du décor. Les comédiens affichent une cohésion de troupe, chacun jouant excellemment sa partition. Gora Diakhaté dans le rôle de Bam-Boulah est d'une drôlerie à toute épreuve, Bruno Paviot (Pantagleize) se révèle attachant au possible et Magali Pouget excelle dans ses compositions de chef de bureau militaire puis d'avocate. La pièce se lit à différents niveaux, ce qui permettra à tous de se déclarer satisfaits.
Un excellent moment de théâtre à ne pas manquer.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:37 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Les ZOLA de Joelle Fossier

THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg. Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

Tél. 01 47 70 32 75 (de 13 à 19h)

Places : 20 & 13€

Représentations exceptionnelles,

8 & 9 mai à 20h.45 / 17 & 23 mai à 17h. / 8 juin à 14h.30 & 19h. /10 juin : 20h.45 / 12 juin : 16h.30 / 14 juin à 14h.30 

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Texte et mise en scène : JOELLE FOSSIER

avec : Céline MONSARRAT et Michel PAPINESCHI. 

 

Le couple rentre d'une sortie nocturne. Ils sont gais l'un et l'autre. Zola est tout à l'enthousiasme de son " J'accuse " et Alexandrine son épouse soutient sans réserves sa lutte.
Cette soirée n' a encore rien d'exceptionnel. Ils savent qu'ils peuvent compter l'un sur l'autre et une tendre complicité les unit plus sûrement que les liens du mariage.  On peut presque dire qu'ils ont le sentiment d' être seuls face à tous et que cette constatation leur plaît bien.
Que fait un couple quand il est seul ? ... Il parle des autres, bien entendu et ces deux là n'échappent pas à la règle. Une partie de dominos sera prétexte à une brève querelle mais n'est-ce pas ce qui pimente la vie en commun ? Bientôt, tout rentrera dans l'ordre, Emile écrira et Alexandrine reprendra son travail de couture. Le dieu des ménages s'assoupit en toute quiétude jusqu'à l'ouverture d'une lettre. A partir de ce moment là, tout va basculer.Il serait criminel de vous raconter la suite. Michel Papineschi est un Zola crédible au possible et son jeu d'une justesse à toute épreuve. Céline Monsarrat est attachante et se garde bien de sombrer dans le mélo qu'une telle situation aurait pu déclencher. Bref, ils sont parfaits l'un et l'autre. La mise en scène justement dosée nous fait pénétrer chez ce couple dont nous partageons un temps, l'existence et jamais Zola ne nous a paru aussi proche. Puisque 2008 correspond au centenaire du transfert des cendres du grand homme au Panthéon, aller voir cette pièce est le plus grand hommage que nous pouvons lui rendre.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

15:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/05/2008

ANIMA KWAHULE du 5 avril au 31 mai 2008

LAVOIR MODERNE PARISIEN

35, rue Léon 75018 PARIS

Tél. 01 42 52 09 14 

Métro : Marcadet-Poissonniers

du 29 avril au 2 mai 2008  à 21h.

Le Masque Boîteux ou Histoires de Soldats de Koffi Kwahulé

Conception, mise en scène : Adama Diop

Film d'animation : Rachid Bouchareb

avec Pierre-François Garel, Jonathan Manzambi, Gina Ndjemba, Aymeric Rouillard, Elmano Sancho, Maud Wyler, Adama Diop.

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photo : Kandida Muhuri

 
Décidément, ce " Français, vous avez la mémoire courte " trouve souvent matière à  illustration. C' est ainsi que lorsque l'on parle en France de l' Empire, on pense immédiatement à Napoléon alors que l'empire colonial français a fait plus que jouer les prolongations.
Nous sommes en 1939, au Sénégal et le film d'animation de Rachid Bouchareb évoquera pour nous cette époque avec un talent qui fait mouche !
Sur le plateau, deux civilisations apparemment aux antipodes l'une de l'autre nous sont montrées. Carabines contre sagaies, uniformes contre corps presque nus.
C'est l'enrôlement sans conditions. L'arrachement manu militari à la mère patrie pour aller en défendre une autre, celle du colonisateur.
Heureusement, l' homme africain conserve un fatalisme et un humour qui vont lui permettre de traverser bon gré mal gré, cette épreuve pourtant cruelle. Il suffit d'un numéro de music-hall pour que la bonne humeur revienne et cette Poupinette est irrésistible !
La parodie de Joséphine Baker s'avère d'une drôlerie qu'un autre spectacle actuellement à l'affiche pourrait lui envier.
Mais n'oublions pas que la guerre fait avant tout des victimes et l'un de nos engagés de force va se retrouver à l' hôpital où peu à peu, il soupirera pour les beaux yeux d'une infirmière ... blanche mais quelle importance ?
Alors, il va la charger d'envoyer une lettre aux siens en enjolivant un peu les faits. On a sa fierté, que diable ! Parlons en précisément de celui-là car notre auteur ne répugne pas à revisiter Faust, ce qui va lui permettre de tourner en dérision l'armée, et tous les honneurs civils et militaires.
Tiens, le général a l'accent algérien. Coïncidence ?
Vous l'avez compris par le biais de cette pièce Koffi Kwahulé nous offre une satire flamboyante de ce que furent et sont peut-être encore les rapports entre Afrique et Occident.
On rit beaucoup car le message est d'une savoureuse et lucide ironie.
Quel dommage que ces Histoires de soldats n'aient pas été programmées plus longtemps. Espérons que nous aurons le loisir de les r
evoir.

Simone Alexandre (www.theatrauteurs.com)

                                                                                                                          -  A suivre ... 

 

BIG SHOOT de Koffi Kwahulé (Editions Théâtrales) 

du 6 au 9 mai 2008 à 21h. 

Théâtre/Marionnettes

Mise en scène de Lélio Plotton

avec : Adrien Béal et Solène Briquet.

 

Théâtre et vidéo. C'est à la mode depuis quelques temps mais le plus souvent l'utilisation de l'une cherche à masquer les manques de l'autre sans tout à fait y parvenir. Un homme ici s'attaque à ce qui deviendra son double, petite marionnette  en papier mâché qu'il manipule, insulte, malmène. On se surprend brusquement à regretter que le comédien ne soit pas ventriloque et puis un personnage féminin vient prendre le relais en un nouveau dédoublement.
Le public assez jeune a l'air d'apprécier comme s'il était initié à certains codes, reléguant les autres au rôle inattendu de " has been." Les critères d'appréciation changent très vite au théâtre et l'assiduité n'y fait rien, la révolution y étant permanente.
Par conséquent, allez sur place forger votre propre opinion mais faites vite car le spectacle ne dure que quelques jours. 

S.A (Theatrauteurs) 

 

19:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent