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19/10/2011

Instants critiques, un spectacle de François Morel

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THEATRE 71

3, Place du 11 Novembre

92240 MALAKOFF

(M° ligne 13 : Plateau de Vanves-Malakoff)

Loc. 01 55 48 91 00

Pl. 24€ - T.R. 17€

A 20h.30 : mardi, vendr.sam.

A 19h.30, mercr. jeudi

A 16h le dimanche.

jusqu'au : 23 Octobre 2011

 

d'après les échanges entre Georges Charensol et Jean-Louis Bory à l'émission radiophonique " Le Masque et La Plume " sur France-Inter.

Mise en scène : François Morel,

Adaptation : François Morel et Olivier Broche

Collaboration artistique de Christine Patry

avec Olivier Broche, Olivier Saladin, Lucrèce Sassella.

 

Sous ce titre subtil se cache un moment de pur bonheur intellectuel, de charme, de drôlerie, de douceur et d’amitiés respectueuses et chantantes.

 François Morel et Olivier Broche, à partir de certaines des interventions de Georges Charensol et Jean-Louis Bory à l’émission « Le masque et la plume », née si ma mémoire est bonne en 1955 ont bâti un spectacle fait de reprises scénographiées des critiques de films réalisées par ces deux personnages.

 Ce sont en effet des personnages et pour ceux d’entre nous qui ont en mémoire les grandes heures de cette émission, qui dure toujours, sous la baguette mollassonne de Jérôme Garcin et avec des critiques qui se veulent acerbes et qui ne sont le plus souvent que d’approximatifs spectateurs – je ne parle ici que des émissions consacrées au cinéma-, ces Instants critiques sont pleins de la nostalgie de ces années là, qui étaient celles de notre jeunesse.

 Jean Louis Bory, merveilleux pédagogue, critique prolixe au vocabulaire immense et plus qu’imagé parfois, aux analyses d’une parfaite mauvaise foi, pleines d’humour et de recherche est interprété par Olivier Broche, qui finit par ressembler physiquement à son personnage, lui restituant sa fougue, sa vivacité, son côté canaille et peu dupe de lui et des autres, sa sincérité, sa bonté, son intelligence

 C’est Olivier Saladin qui campe un Charensol humain, blague à froid qui prend le rôle du ronchon, comme Charensol l’avait pris pour être sur les ondes le contrepoint de Bory, et la théâtralisation de leurs rapports et de leurs interventions a donné au « Masque et la plume » ses lettres de noblesse, sur lesquelles cette émission survit,  quelque peu abusivement.

 François Morel assure également une mise en scène assez surprenante parfois, faite de beaucoup de trouvailles mélodiques notamment grâce à la participation de Lucrèce Sassela, élément féminin nécessaire à la respiration de ces moments de joutes verbales durant lesquelles le travail de Godard, Bergman, Oury Pasolini, Oshima et d’autres encore est fouillé, analysé, présenté, magnifié parfois avec toute la subjectivité de celui qui parle, filtré au travers de ses propres ressentis, de ses prismes et de ses espoirs.

 C’est un très beau et émouvant spectacle, qui nous donne de retrouver deux grandes voix de la radio.

 Confidentiellement, le 12 juin 1979 au matin, apprenant le suicide de Jean Louis Bory, j’ai refermé les cours que je révisais et suis resté hébété toute la journée.

Cet homme me manque depuis, comme il manque au paysage intellectuel français dit « de gauche ».

La pièce se joue jusqu’au 23 octobre au Théâtre 71 à Malakoff, souhaitons qu’elle voyage partout. Elle permet de battre en brèche l’idée suivant laquelle le critique est l’inverse d’un créateur, mais il faut convenir que c’est très rare…

 

Frédéric Arnoux ©

 

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photo : Manuelle Toussaint.

 

 

17:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/10/2011

Les Reines de Normand Chaurette

bobo-tetette.jpgTHEATRE DOUZE

6, avenue Maurice Ravel

75012 PARIS

(M° Porte de Vincennes)

Loc. 01 44 75 60 31

pl. 13 € T.R. 10€

jusqu'au 16 Octobre 2011

 

Mise en scène : Aude Ollier

avec : la même dans le rôle de : Anne Warwick - Eve Herszfeld (duchesse d' York) - Caroline Valentin (Anne Dexter) - Sophie Cartier Dodds (Elizabeth) - Franka Hoareau (La Reine Marguerite) - Solzic Fonjallaz (Isabelle Warwick) 

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Aïe ! aïe ! aïe ! ... (logiquement, il ne devrait pas y en avoir trois mais six ... autant que de personnages.) Pourtant l'idée de départ était bonne, partir du célèbre Richard III de Shakespeare afin de donner la parole aux femmes, ces éternelles victimes .. Enfin, pas toujours car il en est d'ambitieuses que la proximité du Pouvoir  inspire. Nous avons certes oublié les fastes d'antan mais de là à attifer ces " Reines " de la sorte ... il y avait peut-être un moyen terme, plus esthétique que celui qui fut choisi ? Le lieu où l'action se déroule fait plus penser à un grenier qu'à un palais et la présence de valises nous conforte dans cette impression. Comme si les reines étaient censées porter elles-mêmes leurs bagages, pousser elles-mêmes un landeau. Pour un peu, j'ai envie de conclure que l'auteur a plus souvent lu Jean-Louis Bourdon que le grand Will mais il est vrai que la responsabilité en incombe à la pseudo mise-en-scène à laquelle nous assistons. Ces dames sont des harpies qui s'invectivent à qui mieux-mieux et dont le discours ne laisse rien présager de bon quant à la suite ... Ce sont les Atrides à la mode élisabéthaine, revues et corrigées par une époque en manque de repéres. Hélas, six fois hélas ! ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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15:44 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/10/2011

Chroniques d'une haine ordinaire

 

visuel-Desproges.jpg

 

 

 

La Pépinière-Opéra

7, rue Louis le Grand

75002 PARIS

(M° Opéra)

loc. 01 42 61 44 16

www.theatrelapepinere.com

Du mardi au samedi à 21h

matinée, samedi à 16h.

 

Textes de Pierre Desproges

Mise en scène de Michel Didym

avec : Christine Murillo et Dominique Valadié.

 

Ressusciter Pierre Desproges sans son auteur, on eut pu croire à une gageure et pourtant ce duo féminin y parvient avec maestria.  Il faut préciser que pour ce faire, Michel Didym n'a pas choisi n'importe qui ! L'expérience scénique de Christine Murillo, son talent et son immense aptitude à manier le verbe font ici merveille. Pour lui donner la réplique Dominique Valadié intervient de façon contrastée et force est de reconnaître qu'elles se mettent l'une-l'autre parfaitement en valeur ...

" On peut rire de tout mais pas avec tout le monde "

affirmait cet expert du rebrousse-poil. Or précisément, Desproges et c'était là le miracle, pouvait tout dire, tout jeter à la figure de n'importe qui parce que lui et lui seul, pouvait se le permettre. Quelques rares individus ont ce droit de parole inconcevable pour la plupart d'entre nous. Utilisé à ce stade, c'était un véritable don. Dénoncer l'incroyable bêtise d'une situation était son combustible et il en faisait un feu de joie. Jouer avec les assonances relevait du numéro de jonglerie experte, l'homme était subversif et à la défaveur des événements actuels, son dynamitage verbal nous manque au plus haut point. Alors quel plaisir de retrouver ses mots dans la bouche de ces deux comédiennes qui nous en font cadeau de façon tout à la fois percutante et jubilatoire. Desproges disait,

" L'intelligence, c'est comme les parachutes, quand on n'en a pas, on s'écrase "

Par conséquent, rassurez-vous, tous ceux qui passeront par La Pépinière-Opéra seront sauvés ! ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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photo : Mirco Magliocca

11:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent