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03/05/2011

La fiancée aux yeux bandés de Hélène CIXOUS

ESPACE PIERRE CARDIN

1, avenue Gabriel

75008 PARIS

Entrée libre sur réservation

Mercredi 27 avril & jeudi 28 avril 2011 à 20h.30

(M° Concorde)

Mise en scène : Daniel Mesguich.

avec Moustapha Benalbout, Pauline Bolcatto, Hélène Bréssiant, Julien Campani, Louise Codelfy, Johann Cuny, Ina Dobreva, Marion Durand, Sterenn Guirriec, Lazare Herson-Macarel, Karim Khali, Clara Noël, Loïc Renard, Jenna Thiam, Pierre Yvon, Damien Zanoly.

 

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N'oublions pas que l'Amour est aveugle, comme chacun sait. Il ne voit pas avec les yeux mais avec le coeur lequel ne sait que battre ou s'arrêter.
Hélène Cixous revisite de façon tout à la fois analytique et ludique, le mythe d'Hamlet. Il y avait de quoi faire, allez-vous dire car ce n'est certes pas par hasard si tous les comédiens rêvent de s'attaquer au rôle, lequel dans sa forme classique, a (pardonnez l'expression) la réputation d'être hautement casse-gueule ! Ici, la dérision sauve de tout avec du théâtre dans le théâtre car Shakespeare himself, montera sur scène acceptant ceci, refusant cela, tout à la fois auteur de pièce et réalisateur de film. Puisque " tout est faux, tout est feint " et l'amour peut par conséquent s'offrir le luxe d'être plus fort que la folie.
Place donc aux divagations en ce Danemark, prétexte aux tempêtes, où le vent plus fort que tout, peut faire oublier les blessures, où tout peut arriver, surtout l'inespéré ... Porté par maintes fulgurances, le mythe s'envole, divague, emprunte des chemins de traverse.
Car qui pourrait dire le tourment d'un mort parti avant l'heure ? ...
Amelait, ce héros non sevré, amoureux de sa mère et en mal d'identification à son géniteur trop tôt disparu, " virgule errante au dessus d'une phrase effacée " condamné à symboliser éternellement le théâtre élisabéthain prend ici son envol, zigzagant par le biais de la mise en scène de Daniel Mesguich dont le rythme trépidant fait s'envoler le verbe.
Dans leur rôle respectif d'Amelait père et fils, Julien Campani et Johann Cuny parviennent à se ressembler de façon hallucinante.
Pierre Yvon dans le rôle de Mme Olsen, mère de Réguine est drôlissime tandis que Moustafa Benalbout dans celui de La taupe est absolument hilarant, le tout sur fond de tragi-comédie surprenante.
Il n'y avait hélas que deux représentations programmées mais souhaitons que cette expérience soit bientôt renouvelée.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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10:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/05/2011

The Island de Athol Fugard, John Kani et Winston Ntshona

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LAVOIR MODERNE PARISIEN

35, rue Léon 75018 PARIS

(M° Château Rouge)

Loc. 01 42 52 09 14

Pl. 15€ - T.R. 10€

du mardi au samedi à 21h.

jusqu'au 7 mai 2011

Traduction et adaptation : Marie-Hélène Estienne.

avec Habib Dembélé et Hassane Kassi Kouyaté

Mise en scène : Hassane Kassi Kouyaté.

 

Préserver sa liberté, son indépendance d'esprit quand tout vous opprime, faits et gens. Rechercher, retrouver ce qui permet l'envol quand on est enchaîné. C'est ce que vivent ces deux hommes. L'espace scénique est recouvert de sable afin d'évoquer cette île, prison de jour à ciel ouvert. Lors des courtes pauses, (le spectacle commence par l'une d'elles) un chant s'élève nostalgique, implorant ... " no more, my lord ! " suivront les gestes du travail, répétitifs et pénibles sous un soleil de plomb.
Le soir venu, quand exténués ils retourneront dans leur cellule, les membres rompus, alors les langues se délieront. La fuite en avant dans l'imaginaire pourra commencer, les complices s'affronter, car il faut que virilité s'exprime ! Les hommes peuvent ainsi retrouver la dignité que d'aucuns leur refusent. La liberté confisquée. Voilà 3 ans que ces deux là partagent un sort identique, qu'ils luttent pour ne pas se soumettre à l'asservissement qui leur est imposé. Ils joueront donc les coqs de combat avec des griffes émoussées juste pour garder la forme et puis il y a ce projet de pièce dont la représentation approche, cet oubli de soi nécessaire pour que le miracle puisse avoir lieu. L'un est grand et fort, l'autre plus petit et malin ils vont donc s'affronter avec les moyens que la nature a mis à disposition de chacun mais après des refus, des remises en question, ils accepteront de regarder ensemble dans la même direction afin que le projet puisse prendre forme et l'espoir renaître de façon éphémère certes mais le temps d'une grande bouffée d'oxygène. Les deux comédiens s'impliquent complètement et pour tout dire sont formidables. Sans l'ombre d'une hésitation, allez y !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

10:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent

27/04/2011

Les lois de la gravité de Jean Teulé

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LA MANUFACTURE des ABBESSES

7, rue Véron - 75018 PARIS

(M° Abbesses ou Blanche)

loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ - T.R. 13€

les vendredi & samedi à 21h

dimanche à 17h

d'après le roman de Jean Teulé,

Adaptation : Marc Brunet

Mise en scène : Elizabeth Sender

avec Marc Brunet, Christian Neupont, Hélène Vauquois.

 

Le commissaire est bon enfant, disait-on à une époque. Ici, cet officier de police est carrément surréaliste ! Vous connaissez beaucoup de policiers qui refusent d'incarcérer quelqu'un venu se livrer ? C'est pourtant ce à quoi nous allons assister. Duel entre le devoir et les états d'âme ...
Une femme arrive un soir dans ce commissariat pour s'accuser du meurtre de son mari commis dix ans au préalable et vient se constituter prisonnière quelques heures avant la prescription légale. Comment vivre en paix avec le sentiment de remords ? Toute la question est là. D'autant que depuis quelques temps ses garnements de rejetons qu'elle n'a voulu que protéger, tapissent l'appartement de photos du père malencontreusement passé de vie à trépas via la fenêtre. La situation est devenue insupportable et la coupable est là pour payer. Or le commissaire ne l'entend pas de cette oreille et va tout faire pour l'en dissuader. Histoire de gagner du temps, il va entretenir la tchatche, se saouler de mots et pas seulement car il a en réserve une potion magique explosive ... A mesure que la femme veut s'expliquer c'est l'inverse qui se produit et il finira par tout raconter de lui en une confession nocturne pour le moins insolite.
Il y a chez Marc Brunet, dans ses gestes, dans sa voix quelque chose qui rappelle Philippe Noiret, ce côté tout à la fois bonhomme et dévastateur ...
Pour lui donner la réplique, Hélène Vauquois a choisi la mesure et la détermination. Peut-être l'aurait-on souhaitée un peu plus égarée au début car une telle entrée en scène ne peut se faire qu'en état de crise mais la comédienne se révèle remarquable par la suite.
Christian Neupont est ce fonctionnaire de service à la veille de prendre sa retraite et vient faire diversion de façon appuyée.
C'est à un excellent moment de théâtre que vous êtes conviés car l'adaptation de Marc Brunet est remarquable or il n'est généralement pas aisé d'interpréter de façon aussi optimale, un texte qui à la base, n'était pas destiné à la scène.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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16:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent