Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/11/2010

Une famille ordinaire de José Pliya

Théâtre de l'Est parisien

159 avenue Gambetta

75020 PARIS

(M° Gambetta, Pelleport, St-Fargeau)

loc. 01 43 64 80 80

Pl. 23, 16 & 11€

8€ - 15 ans & Rmistes

CREATION

du 4 au 27 novembre 2010

Mise en scène : Hans Peter Cloos

avec Roland Bertin (Oskar Abraham) - Christiane Cohendy (Elga, femme d'Oskar) - Bérangère Allaux (Véra, fille de Julius & Dörra) - Laure Wolf (Dörra, femme de Julius) - Matthias Bensa (Julius, fils d'Oskar & d'Elga)

Durée du spectacle : 1h.30

fam.ordi-3.jpg

La scénographie interpelle mais ne se justifiera pas complètement. En effet, une collection de vieux postes de radio (une demi-douzaine au moins) jonche l'espace scénique. L'écran omniprésent fait d'autant plus figure de rajout, facilité à laquelle succombent trop facilement les metteurs en scène y compris les plus grands.
Véra fut le témoin juvénile de ce qui s'est passé et va par conséquent de façon ponctuelle, remplir l'office de conteur. Retour dans le temps, nous sommes à Hambourg en septembre 1939 et l'action se situe dans une famille de patriotes allemands.
Le père que - de son propre aveu - l'âge a dépassé ... brûle de servir la patrie comme on disait à l'époque. En réalité, il ne s'agissait que d'obéir aveuglement au Führer.
C'est bien entendu le fils qui va être enrôlé ce, en dépit d'un handicap physique et le vieux père ne pourra que se contenter de vivre la triste épopée par le biais de récits qu'il sollicitera en une quête maladive lui qui ne peut personnellement agir.
Il a toujours méprisé son fils qui, chômeur vit avec sa femme et sa fille sous son toit.
Elga, son épouse est avant tout une bonne cuisinière, prérogative qu'elle ne saurait abandonner à personne. Elle adore son fils mais trouve normal qu'il parte à la guerre. De part et d'autre des frontières on raisonnait ainsi en ces temps là.
Les hommes rêvaient d'héroïsme et les femmes s'ingéniaient à bien tenir la maison. L'attitude provocante de Dörra dont le mari Julius est absent,semble assez surréaliste face au vieux maître des lieux. Plus d'un spectateur avouera avoir ressenti un certain malaise mais l'auteur ne l'a t-il pas voulu ainsi ? 
Hans Peter Cloos s'amuse ici à nous égarer. Car si nous ne pouvons douter de la destination prise par les voisins, en revanche leur fille Sarah (que l'on ne verra jamais) a t'elle partagé le même sort,livrée par Elga ou bien tuée plus tard par Oskar ? Un pistolet braqué sur ce dernier ajoutera à notre confusion. En ces périodes troublées le pire est toujours envisageable et seuls ceux qui auront la curiosité de se procurer le texte y verront sans doute un peu plus clair. La distribution est d'évidence dominée par Roland Bertin et Christiane Cohendy et ce, même si l'un et l'autre n'ont pas eu le loisir de donner ici le meilleur d'eux-mêmes. La pièce reste à voir bien qu'elle ne nous apprenne rien quant à la capacité de nuisance des êtres humains plongés dans l'enfer belliciste.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 fam.ordi-2.jpg

photos : Hervé Bellamy


 

13:48 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/11/2010

Something Wilde d'après Salomé de Oscar Wilde

something-h.jpg

Théâtre Artistic Athévains

45 bis RUE Richard Lenoir

75011 PARIS

(M° Voltaire : actuellement, Faidherbe-Chaligny)

loc. 01 43 56 38 32

Pl. 30€ - T.R. 20€

séniors, étudiants (mecredi & jeudi) jeunes - 26 ans : 10€

jusqu'au 14 novembre 2010,

mardi 20h. mercredi & jeudi 19h. vendredi 20h.30

samedi 16h & 20h.30 - dimanche 16h. relâche lundi.

 

mise en scène : Anne Bisang.

avec, Georges Bigot, Juan Bilbeny, Lolita Chammah, Vanessa Larré, Julien Mages.

 

Cette Salomé (Lolita Chammah) fort peu biblique, semble destinée à illustrer le rôle de la femme fatale au travers des siècles. Imaginée par Oscar Wilde, comment s'en étonner ? ... Jean le Baptiste, (Julien Mages) alias Iokanaan, ne succombera pas à ses charmes mais n'en perdra pas moins la tête.
Le décor est circulaire esquissant symboliquement avant l'heure, le moment où le trophée sanguinolant de cette Messaline en herbe échouera dans le plat.
Le spectacle flirte en permanence avec le 7ème Art, la fille d'Hérodias ressemblant tour à tour à Louise Brooks pour ensuite arborer la blondeur d'une interprète de Fassbinder à moins qu'il ne s'agisse tout simplement de Baby-Doll.
Un projecteur sur pied ne quittera du reste pas la scène, isolant cette Salomé de cabaret dans un halo de lumière, en réplique à l'immense lune, là-haut.
Tout aussi décalés sont les autres personnages ...
Hérodias (Vanessa Larré) juchée sur des jambes immensément belles, ressemble à un grand échassier, hurle et glapit comme une hyène tout en faisant les cent pas.
L'excellent Georges Bigot compose ici un Hérode Antipas complexe, tour à tour concupiscent, veule et d'une générosité incroyable quand il s'agit de sauver cet homme dont la personnalité l'impressionne.
Nous savons qu'en dépit de ses propositions les plus folles, il n'y parviendra pas mais la justice immanente aura le dernier mot illustrée en toute fin par un bruit d'arme à feu pour le moins anachronique (autant que l'était le costume du tétrarque en question). Quant à la célèbre danse des 7 voiles, il faudra nous contenter de ce qui nous est proposé. A force de sophistication la mise en scène d'Anne Bisang a pratiquement gommé la sensualité de l'histoire. Dommage ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

something.jpg

Photos : LOT

10:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/11/2010

Le dernier venu de Roger Défossez

derniervenu-h.jpg

 

Théâtre de l'Essaïon

6, rue Pierre au lard

(angle 24 rue du Renard)

75004 PARIS

(M° Rambuteau)

loc. 01 42 78 46 42

Pl. 20 & 15€

les jeudi, vendredi et samedi à 20h.

jusqu'au : 15 janvier 2011

Relâches les 23, 24 & 25 décembre.

 

Mise en scène : Xavier Lemaire

avec Guylaine Laliberté et Bernard Carpentier.

 

C'est l'histoire d'une rencontre, celle d'un SDF et d'une petite fille.
Or comme chacun sait, les enfants n'ont pas de préjugés, c'est ce qui fait leur vulnérabilité mais également ce qui rend positivement tout possible. L'homme vient d'installer son barda au pied de l'immeuble où elle vit et se met à repriser une mitaine en sifflant " la Java bleue. " La fillette arrive en sautant à la corde et chante " Pirouette, cacahuète " entamant avec l'homme une belle cacophonie. Patricia et Ponpon viennent de se rencontrer et vont se raconter, forcément mais ce ne sera pas immédiat, disons plutôt par bribes. Peu à peu, au fil des jours, ils vont apprendre à se connaître à s'aimer aussi jusqu'à recomposer une famille quand le père de la presque adolescente sera parti. La mère ? ... C'est l'Arlésienne, on en parle presque tout le temps mais on ne la verra jamais.
Thème on ne peut plus d'actualité mis à part le fait que peu d'adultes s'arrêtent quand ils croisent la misère beaucoup préfèrent alors détourner les yeux. On se sent vite coupables quand on ne peut rien faire ou que du moins on en est persuadé.
Cette histoire racontée par Roger Défossez, mise en scène efficacement par Xavier Lemaire nous touche au plus haut point. D'autant que les deux interprètes sont parfaits dans leur rôle respectif. Bernard Carpentier campe ce personnage d'homme meurtri mais digne en dépit des circonstances, quant à Guylaine Laliberté avec ses couettes à la Sheila et sa fraîcheur bondissante, elle justifie toutes les situations y compris au moment du délirant mariage pour rire.
Allez les voir, vous passerez un très bon moment.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

derniervenu-1.jpg

Photos : LOT.

16:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent