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15/03/2018

Qui êtes-vous Elsa Triolet ? de Dominique Wallard

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THEATRE de NESLE

 

8, rue Nesle

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Odéon)

 

Loc. 01 46 34 61 04

 

Pl. 20€ - T.R. 13€

 

http://www.theatredenesle.com/

 

chaque vendredi à 19h

 

du 2 Mars au 13 AVRIL 2018

 

puis,

 

du 31 MARS au 21 AVRIL,

 

chaque samedi à 16h

 

Durée : 1h15

 

Mise en scène : Julie Berducq-Bousquet

 

avec Brigitte Damiens & Julie Berducq-Bousquet

 

Frédéric Borsarello au violoncelle

 

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 S’il est une interview, comme on dit en bon français, qu’il importe d’entendre, et de voir, c’est bien celle que Dominique Wallard a écrite, dans son spectacle intitulé « Qui êtes-vous Elsa triolet ? »

Dans une mise en scène impeccable, pas simple en raison même du dialogue et de l’échange questions / réponses que constitue cette entrevue, Julie Berduq-Busquet , qui joue, en compagnie de Brigitte Damiens, formidable Elsa, nous propose de découvrir ou se remémorer la vie de celle qui reste la muse la plus célèbre du XXème. siècle.
 
Abélard avait Héloïse, Dante avait Béatrice, Aragon eut Elsa. C’est ainsi, de ces couples qu’on ne peut désapparier et qui marquent durablement l’histoire littéraire.


Toutefois Elsa affirme sa différence : elle est également écrivain et même un auteur connu et reconnu, prix Goncourt à la Libération, et les polémiques ne manquèrent pas alors pour minimiser l’œuvre prétendant que c’est l’écrivain communiste qui était salué, et même la communiste tout court, au sortir de la guerre.

Passons sur l’évocation de la lente montée en puissance de l’auteur, son travail solitaire et longtemps peu ou pas reconnu, moyen de subsistance avant d’être raison de vivre, et regardons la femme de plus près.

 

Elle se définit souvent comme russe, juive, écrivain et communiste. Dans un pays, le nôtre, où le cumul est une notion toujours un peu inquiétante, parce qu’on ne sait jamais par quel bout la prendre, la dame ne rassure pas beaucoup ...

 

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Issue d’une famille plutôt intellectuelle, sœur d’une femme inspiratrice d’auteurs célèbres et de révolutionnaires, elle part pour se trouver elle-même, et elle y parvient, à force d’indépendance d’esprit, de mœurs, de combats personnels et de la mise en valeur permanente de son égalité face aux autres, quels qu’ils soient.

 

D’une manière différente de sa consoeur et contemporaine Beauvoir, on peut dire d’Elsa Triolet qu’elle est une féministe, de celles qui recourent aux armes de leur intelligence, de leur culture et de leur féminité pour damer le pion aux hommes.

Il est parfois curieux de constater combien la route d’Elsa a croisé de chemins différents et de personnages célèbres à des titres divers, tous ou presque artistes, et le quasi « name droping » auquel il nous est donné d’entendre laisse assez rêveur… Mais ici tout est vrai et aucun effet n’est recherché, et c’est ce qui rend cette vie d’autant plus impressionnante.

Il n’a manqué aucune critique machiste à l’encontre de cette femme de tête, et de coeur volage, pour tenter de diminuer son travail en le plaçant souvent en perspective avec celui d’Aragon, jaloux parfois des succès de cette brillante compagne.
Pourtant comment mieux connaître un auteur qu’en lisant son œuvre, et ce spectacle brillant ponctué, peut-être un peu trop parfois des accords  moelleux du violoncelle de Frédéric Borsarello.

 

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( photos : Françoise ALMERAS )



Une note de rappel sur l’élégance proverbiale d’Elsa, au moment où le plus chic et raffiné des couturiers de ces années vient de mourir, Hubert de Givenchy, pour signaler combien l’apparente légèreté dans laquelle certains ont voulu la cantonner représente une masse de travail importante. La futilité, c’est beaucoup de travail, à commencer par un immense effort d’indifférence à la critique, et elle permet de suivre sa voie en laissant les dupes sur le côté.

C’est ce que semble avoir réussi cette femme si particulière, attachante, agaçante, généreuse et calculatrice néanmoins, et toutes ces qualités rendues par cet intelligent et émouvant spectacle font que, au sortir, on regrette que les librairies soient fermées.




Frédéric Arnoux ©

 

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10:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/03/2018

OEDIPE PARICIDE de MARCOS MALAVIA

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THEATRE de l'EPEE de BOIS

 

Cartoucherie de Vincennes

 

Route du Champs de Manoeuvre

 

 

75012 PARIS

 

(M° Château de Vincennes puis autobus 112)

 

Loc. 01 48 08 39 74

 

Pl. 20€ - T.R. 12 & 10€

 

http://www.epeedebois.com/

 

du mardi au vendredi à 20h30

 

samedi à 16h & 20h30

 

jusqu'au 24 MARS 2018

 

Durée du spectacle : 1H30

 

 

Texte et mise en scène : Marcos MALAVIA

 

 

avec : Claude MERLIN, Alexandre SALBERG,

Marcos MALAVIA, Muriel ROLAND, Eléonore GRESSET

 

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Nous savons désormais que tout a déjà existé, tout était écrit avant Freud, il ne suffisait que de décrypter. On nous raconte que les deux premiers humains furent Adam et Eve mais alors l'inceste obligatoire de leurs enfants remonte à la nuit des temps ! Ensuite, le cercle familial s'est élargi, c'est tout - jusqu'à se disperser.

Pour exister certains affirment qu'il faut tuer le père. C'est ce que fit le malheureux Oedipe sans le savoir. Il devint donc l'instrument de son propre malheur alors que celui-ci était prévu, programmé et donc connu des dieux et autres pythies …

Folie de la nature humaine, corruption du pouvoir, Oedipe passera par tous les stades évolutifs avant d'atteindre

" l'irrévocable Hadès." Etait-il vraiment coupable ? Personnellement j'en doute puisque les dieux avaient voulu qu'il en soit ainsi afin que les hommes apprennent et tirent des conclusions de leur propre expérience.

Marcos Malavia revisite les deux tragédies de Sophocle : Oedipe Roi et Oedipe à Colone puis se conformant aux trois stades de l'énigme du Sphinx évoque les trois périodes de la vie : jeunesse, maturité, vieillesse.

Les trois Oedipe se retrouvent sur la tombe de Laïos où la conscience est invoquée. Sinistre trinité pour un seul et même être.L'homme devient le taureau sacrifié dont les banderilles lui crèveront les yeux. Au mythe grec se superpose la culture hispanique. Quelle corrida que la vie !

L'espace scénique se présente de façon bi-frontale et un écran sur le côté apportera un supplément illustratif en noir et blanc. L'océan sur lequel vogue un mythique navire fera place aux foules fanatisées.

 

( " reductio ad hitlerum " diront certains … )

 

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Le jeune et fougueux Oedipe ( Alexandre Salberg ) rebaptisé : Oedipe-Candide ( clin d'oeil à Voltaire ? ) aura l'allure d'un punk claudiquant qui fait irrémédiablement penser à Richard III … Le comédien fait preuve d'un impressionnant engagement physique.

Oedipe adulte autrement dit : Oedipe-Roi ( Marcos Malavia ) a toutes les caractéristiques du monarque qui vire au despote tout en se prenant pour un bienfaiteur alors qu'il symbolise la cause de tous les maux dont le peuple est accablé.

Oedipe-Aveugle ou plus précisément le vieil Oedipe est interprété avec sobriété par Claude Merlin.

Tous les trois illustrent de façon parfaite les phases évolutives que connaîtra le mythique personnage : tour à tour roi plein de sollicitude, et l'inquiétude aidant, ( voulant se rassurer ) monarque présomptueux, arrogant, violent, incrédule puis désespéré quand la Vérité s'imposera à lui, enfin submergé par l'horreur de la situation, humilié, humble et honteux.

 

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 Muriel Roland est La Mère-Epouse autrement dit Jocaste laquelle fait preuve d'une intensité tragique mais drôle aussi parfois et chante à la perfection ; elle sera également Ismène et une Ombre.

Eléonore Gresset est Antigone et cette Ombre-Ange : originale transposition du personnage austère de Tirésias que l'on n'eût jamais imaginé de façon aussi ludique et attrayante.

Car en cette indéniable tragédie la farce existentielle n'est jamais absente, c'est même ce qui fait le charme de cette création hors du temps.

N'ayons pas peur des mots : j'ai adoré !




Simone Alexandre

 

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16:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

12/03/2018

Pour trois soeurs (d'après Tchekhov) conception : Agnès Bourgeois

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Théâtre de Belle Ville

 

94, rue du Fbg du Temple

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Belleville)

 

 

LOC. 01 48 06 72 34

 

 

Pl. 25€ - T.R. 15€

 

- de 26 ans et abonnés : 10€

 

http://www.theatredebelleville.com/

 

Conception et mise en scène : Agnès BOURGEOIS

 

avec Valérie BLANCHON, Agnès BOURGEOIS et Muranyi KOVACS

 

 

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( Photo : David SCHAFFER )

 

 

Côté jardin, un canapé, en milieu de scène - proche du public - une table basse et côté cour une sorte de catafalque blanc sur lequel repose un corps d'homme tout de noir vêtu. C'est le père des trois soeurs qui est mort ; figuration sinon intelligente du moins passive ( et pour cause ! )

Zoom sur image : les 3 Soeurs isolées vues, examinées par un microscope telles des souris de laboratoire. Tchekhov n'a rien à y gagner et Agnès Bourgeois beaucoup, le texte initial devenant thérapie.

Assez incroyablement parfois, deux spectacles en un même lieu relèvent du même ordre d'esprit. Ainsi RAPTURE de Noémie Ksicova plongeait ses racines dans un texte de Marguerite Duras, cette fois une démarche similaire trouve sa justification en la pièce du célèbre auteur russe avec cependant quelques personnages en moins …

Chacun sait qu'Anton Tchekhov était médecin, le voilà devenu psy' malgré lui. Réalité et fiction se télescopent en fusionnant car un triste événement est survenu dans la vie privée de l'adaptatrice qui trouve ici son exutoire.

" Je suis la dernière de trois soeurs. J'ai cinq ans de moins que la première et trois ans de moins que la deuxième " expliquera l'adaptatrice, metteur (e) en scène.

Par le biais de son histoire personnelle nous allons retrouver : Irina, Macha et Olga, leur complicité, leur spleen, ( comment dit-on en russe ? ) leurs fous rires aussi et quelques cris en prime car on crie beaucoup au théâtre depuis quelque temps …

( encore une mode qui passera comme les vidéos qui commencent à ne plus être systématiques )

Or si l'on se console de la mort d'un père, la disparition volontaire d'une soeur est plus difficile à assumer. La vie ne serait-elle qu'une perruque arrachée brusquement quand sonne l'heure de la vérité ?

Le rythme du début de pièce est emprunté au cinéma muet sans doute afin de créer une impression de décalage.

Les spectateurs qui ont coutume de se déplacer chaque fois qu'une pièce de Tchekhov est à l'affiche se disent - englués dans la compassion - qu'il ne serait pas en la circonstance politiquement correct d'insister sur l'absence des autres personnages.

Aussi vais-je exceptionnellement citer ici un autre média,

" Agnès Bourgeois fait entendre différemment le texte de Tchekhov, le laissant nous happer dans un univers exclusivement féminin où amour, tendresse, dépit et jalousie se mêlent adroitement " et c'est signé : Médiapart.

Cette pièce se joue jusqu'au 18 mars, les : mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 19h15, la dernière le dimanche suivant à 15h.



Simone Alexandre

 

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10:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent