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20/09/2010

Nono de Sacha Guitry.

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THEATRE de la MADELEINE

19, rue de Surène

75008 PARIS

(M° Madeleine)

loc. 01 42 65 07 09

Pl. de 15 à 42€

10€  pour - de 26 ans du mardi au jeudi.

www.theatremadeleine.com

Du mardi au samedi à 21h.

matinée le dimanche à 15h

Comédie mise en scène par Michel Fau

avec Julie Depardieu (dans le rôle titre) - Michel Fau étant Robert, Xavier Gallais : Jacques - Brigitte Catillon, Madame Weiss - Sissi Duparc : Marie - Roland Menou & Davy Vetter, les majordomes.

 

Décor à l'ancienne, peint en trompe l'oeil. N'oublions pas qu'il s'agit ici de la première pièce en 3 actes que le jeune Guitry (il n'avait alors que 20 ans) a écrite en 1905. Nous sommes dans un luxueux salon particulier où deux personnages à l'extrême élégance se font une scène. Visiblement, l'homme a rendez-vous avec quelqu'un d'autre et la femme que Barbey d'Aurevilly aurait désignée comme " une vieille maîtresse " s'incruste.
Il s'ensuivra de savoureuses répliques teintées de cruauté, conséquence d'une liaison usée jusqu'à la trame. La dame à peine sortie, une autre plus jeune arrive drapée dans une robe aussi scintillante qu'une nuit de Noël.
Il s'agit d'Antoinette Berger, petite amie du meilleur ami de l'homme présent, dite Nono diminutif à valeur de surnom porté par une femme dont la principale activité est de dire oui. La jeune personne se déplace en sautillant telle une geisha mais à un rythme nettement plus occidental  ...
L'homme est un dandy décadent à la coiffure asymétrique ce qui l'oblige à repousser constamment une mèche d'un geste peu viril.
N'importe, Nono lui plaît laquelle habituée à ces sortes d'hommages s'en rendra compte tout de suite. Elle est venue en éclaireur - en quelque sorte - et Jacques son amant, ne tardera pas à rejoindre le couple en manifestant la passion dont il brûle sous l'oeil teinté de convoitise de la dernière victime en date.
Ce qui devait arriver arrivera mais ne comptez pas sur moi pour vous en narrer le détail puisque ce faisant, je vous priverais d'un bien grand plaisir.
Car le jeune Guitry était déjà en possession de tout son talent et les répliques font mouche à tout coup.
Les admirateurs de Julie Depardieu la retrouveront avec plaisir, mais une mention spéciale mérite selon moi d'être décernée à Brigitte Catillon qui est une Madame Weiss alliant élégance indéniable (nonobstant ses incroyables chapeaux) à une sobre et réelle autorité de comédienne au charme indiscutable.
D'évidence, Xavier Gallais s'amuse beaucoup en s'adonnant à des acrobaties physiques et vocales pour le moins étonnantes ...
Bref, une soirée agréable vous attend si vous décidez de prendre le chemin qui mène au Théâtre de la Madeleine, le grand Guitry nous rappelant que l'esprit français - hélas tombé en désuétude - eut grâce à lui, son heure de gloire.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com 

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Photo Crédit/Hartmann.


 

12:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Dernière station avant le désert de Lanie Robertson.

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PETIT ST-MARTIN

17, rue René Boulanger

75010 PARIS

(M° Strasbourg St-Denis)

loc. 01 42 02 32 82

Pl. 30€ - T.R. 17€

Du mardi au samedi à 20h.30

matinée le samedi à 17h.

Jusqu'au : 20 NOVEMBRE 2010 -

 

Adaptation : Gilles SEGAL

Mise en scène : Georges WERLER

avec : Vincent GRASS (Pete) - Emeric MARCHAND (Clancy) - Florence MULLER (Sally) - Frédéric PELLEGEAY (Major) - Benjamin PENAMARIA (Sergent Kelly) -

 

La première pensée venant à l'esprit du spectateur est que l'espace scénique est  remarquablement utilisé. Chaque élément scénographique (nous le constaterons par la suite) a une fonction précise, ce qui semble logique mais n'est pas toujours le cas. Tout a pour mission de s'inscrire dans la réalité - autrement dit - dans l'action.
Pete, ce vieux mari roublard et quelque peu vicieux est derrière le comptoir et par conséquent, à la caisse ...
Clancy, l'amoureux éperdu, traumatisé par tout ce qu'il a vécu, feint d'être occupé à résoudre des mots croisés alors qu'il ne perd pas une miette de ce qui est dit.
Et puis entre ces deux là, virevoltante, il y a Sally, le piège sexuel par excellence, tout à la fois victime et manipulatrice, celle par qui tout peut arriver ...
Visiblement, elle ne tient pas en place attendant impatiemment un coup de fil qu'elle désignera comme un projet de showbiz mais dit-elle la vérité ?
D'évidence, Sally symbolise le problème qui existe entre ces deux hommes.
Pete est brutal avec elle ce qui met Clancy hors de lui mais ce dernier a peur, une peur panique qui lui colle à la peau tandis que cette femme le rend complètement fou, l'excitant et l'incitant à éliminer l'autre ... On pense immanquablement au film de Bob Rafelson," Le facteur sonne toujours deux fois " alors que peu à peu, quand on commence à comprendre ... c'est le " Birdy " d'Alan Parker qui nous revient en mémoire.
Le théâtre américain fut rapidement influencé par la réalité cinématographique et désormais plus personne ne s'étonne de ce manque d'étanchéité qui fit jadis, hurler les anciens.
L'écriture est âpre et le thème bien que dérangeant ne surprendra personne car nous savons tous qu'il a pu être et demeure d'actualité avec cette part inavouée car inavouable que taisent les médias.
Peu après la création de la pièce, l'auteur fut l'objet de menaces de mort et  dut quitter le Texas, accusé de cracher sur l'Amérique en insultant l'armée.  
Ici, la mise en scène et il faut plus particulièrement saluer la direction d'acteurs que l'on doit à Georges Werler, tire le meilleur parti du texte, mettant chaque interprète en valeur, de façon optimale.
L'action se décompose en deux temps, il y a d'abord ce qu'il nous est donné de voir et puis brusquement tout bascule en direction de ce que nous n'avions pas prévu, (c'est donc fichtrement habile) et très paradoxalement, par le biais de l'explication, l'intérêt s'en trouve décuplé.
Cette pièce est donc à voir pas seulement pour entretenir un sentiment pacifiste mais aussi pour se confronter crûment à la réalité des choses que d'aucuns voudraient croire exagérée alors qu'il n'en est rien.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : LOT

09:57 Publié dans THEATRE | Lien permanent

17/09/2010

Les amis du placard de Gabor Rassov.

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LA PEPINIERE THEATRE

7, rue Louis le Grand

75002 PARIS

(M° Opéra)

Loc. 01 42 61 44 16

Pl. de 29 à 39€

11€ pour les moins de 26 ans.

www.theatrelapepiniere.com

Du mardi au samedi à 21h.

matinée le samedi à 16h.

 

Mise en scène : Pierre Pradinas

avec, Didier Bénureau, Romane Bohringer, Aliénor Marcadé-Séchan, Matthieu Rozé.

 

On aime ou on déteste Gabor Rassov, il n'y a pas de perception intermédiaire ...
L'homme n'a aucun tabou et sans doute que le conseil de Debureau à son fils, " ne sois jamais vulgaire " est tout juste susceptible de déclencher un sourire ironique chez lui. En effet, si la vulgarité fait partie intégrante de notre monde comment épargnerait elle le théâtre contemporain sauf à nier la réalité ?
Ceux qui ont assisté au démarrage de la société de consommation (il en existe encore) se demandent parfois si ce fléau cessera un jour d'être en extension.
Nous en voyons poindre, çà et là, les prémisses encore plus inquiétantes que les habitudes prises depuis des décennies.
Un couple aisé mais très limité intellectuellement, au bout de vingt ans de mariage s'ennuie à mourir. Que faire ? Qu'inventer pour contrer la morosité des jours ?
Le spectacle télévisuel est soporifique, l'euphorie sexuelle n'est plus qu'un lointain souvenir et les divorces coûtent décidément trop cher ...
Un nouveau " produit " vient d'être mis sur le marché permettant de s'offrir moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, un couple d' esclaves à domicile. L'idée n'est certes pas nouvelle, des générations de domestiques purent en témoigner mais ici l'utilisation diffère quelque peu. Comme on ne nomme plus depuis longtemps un chat un chat, ces victimes hélas consentantes seront désignées par le terme d'amis.
L'ombre d'Albee et son " Qui a peur de Virginia Woolf ? " nous traverse l'esprit avant de s'enfuir, consternée. George & Martha avaient la tête bien pleine alors que ces d"eux là comptent sur les autres pour emplir le mini tonneau des Danaïdes qu'ils ont en lieu et place de cerveau.
Madame a pris des cours de conversation mais peine à meubler les pointillés et Monsieur l'invective car c'est de loin, l'occupation qu'il préfère.
Les deux pauvres cobayes condamnés à vivre dans un placard plutôt que dormir sous les ponts vont tester le potentiel sadomaso de ces deux monstres de banlieue. Texte et situations " ne font pas dans la dentelle " et sous les rires cela grince bien. La rondeur de Didier Bénureau et la raideur de Romane Bohringer illustrent parfaitement ce couple certes, caricatural mais dont les accents ne sont pas aussi surréalistes qu'on pourrait le supposer.
Quant aux locataires du placard, Aliénor Marcadé-Séchan et Matthieu Rozé, ces derniers déclenchent par le biais d'un incroyable phénomène d'identification, la sympathie des spectateurs, ce qui nous fait dire que le pari tenu est finalement gagnant. Les propos dérangeants ont souvent le don d'amuser le public, en voici la preuve. La mise en scène de Pierre Pradinas colle tellement à l'action que l'on finit par l'oublier à l'instar d'une musique de film réussie.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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photos : Claire Besse.

 

 

 

11:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent