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26/11/2010

Tout doit disparaître de Laurent Leclerc

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LES DECHARGEURS

3, rue des Déchargeurs

75001 PARIS

(M° Châtelet)

loc. 08 92 70 12 28

Pl. 22€ - T.R. 10 à 18€

du mardi au samedi à 20h.

 

Mise en scène,

Margaux Delafaon & Laurent Leclerc

avec Margaux Delafon.

 

Un étrange personnage fait son apparition : masqué, ganté, chapeauté et basketisé. La dame - car c'est une ancêtre - trottine allègrement, s'exprime d'une voix cassée tout en faisant preuve d'une énergie surprenante pour ses 93 ans.
Margaux Delafon est seule en scène mais nous fera voir tous les personnages exprimés. Elle saute de l'un à l'autre et pour ce faire, en l'espace d'une seconde change de maintien et de voix.
Mais voici les héritiers qui arrivent voulant absolument que leur mère quitte les lieux où vraiment, elle ne peut plus rester ! La dame s'insurge, elle est très bien ici et compte y demeurer jusqu'à l'échéance suprême. Seulement voilà, nos sociétés actuelles s'organisent autrement. On a construit pour les vieux, d'immenses poubelles aseptisées et Daphné si l'envie d'écrire devient sienne risque bien de signer ... du Mouroir. Après l'avoir piégée, la descendance retourne sans remords à la vraie vie.

Notre nonagénaire n'a plus qu'à composer avec ses compagnons d'infortune qui sans doute vont avoir quelques surprises ...
On rit beaucoup mais jaune évidemment car c'est un miroir que ce spectacle nous tend. Oh certes ! nous avons des excuses ... appartements de plus en plus exigus, vie trépidante qui ne nous laisse plus le temps nécessaire pour nous occuper de quelqu'un d'autre que nous. Il fallait utiliser le ton de la farce pour véhiculer le message. L'auteur, Laurent Leclerc maîtrise l'art de parler des choses graves non pas légèrement mais avec cet humour qui fait tout passer.
La comédienne s'implique corps et âme dans cette composition qu'elle mène de bout en bout avec un soin du détail et le public ne décroche pas une seconde. C'était une gageure mais le pari est réussi, ô combien !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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10:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/11/2010

La dame au petit chien d'Anton TCHEKHOV -

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Théâtre de la Huchette

23, Rue de la Huchette

75005 PARIS

(M° St-Michel)

loc. 01 43 26 38 99

Pl. 26€ - étud. 15€

Adaptation : Claude MERLE

Mise en scène : Anne BOUVIER,

avec Jean-Pierre BOUVIER et Gaëlle MERLE.

 

L'histoire commence à Yalta, lieu ô combien célèbre, mais à l'époque encore simple station balnéaire, située en bordure de la mer Noire. On y vient se reposer et si un événement fortuit n'est pas au rendez-vous on peut fortement s'y ennuyer.
Dimitri est un banquier qui fuit ici sa famille et ses affaires.
Anna prétextant un problème de santé est venue pour oublier en compagnie de Boris (son petit chien) une vie monotone qui se déroule habituellement auprès d'un mari qu'elle n'aime pas. Ce qui va advenir était en quelque sorte inévitable.
L'homme qu'elle rencontre ici est un séducteur, habitué aux nombreuses aventures ...
C'est une jeune femme élégante d'une discrétion de bon aloi, qui fera preuve par la suite d'une imagination débordante et notre séducteur sera séduit.
Il va tout oublier auprès d'elle et se prendre au jeu de cette vive ironie.
Bien entendu, il n'est pas encore conscient de ce qui se passe sur le plan sentimental et seule l'absence sera révélatrice.
Or un homme d'affaires n'abandonne pas tout du jour au lendemain, pas plus qu'un homme marié ne quitte sa famille pour ce qu'il croyait n'être au départ qu'une simple aventure ... 
Claude Merle a en quelque sorte matérialisé le récit d'Anton Tchekhov, rendant les personnages plus ancrés dans la vie réelle. La mise en scène d'Anne Bouvier souligne le caractère torride des relations du couple, alliant l'esthétisme à une efficacité voulue. Nous connaissons depuis longtemps le talent de Jean-Pierre Bouvier et face à lui, Gaëlle Merle est physiquement la partenaire idéale. Peut-être lui manque t-il juste un peu de cette enivrante fantaisie slave, qui rend la fragilité attirante alors que la comédienne a tendance à cantonner son jeu dans une raideur agressive ? A cette petite réserve près, la pièce n'étant jouée qu'un soir par semaine, cela ne fait donc que commencer, le texte est savoureux, les images très belles et l'on passe un fort bon moment.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : LOT

12:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

20/11/2010

Ecrits d'amour de Claude Bourgeyx.

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MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron

75018 PARIS

(M° Abbesses)

loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ - T.R. 13€

jeudi, vendredi, samedi à 21h

dimanche à 17h.

Mise en scène et interprétation : Jean-Claude Falet

 

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Avec son chapeau et son costume strict, le personnage que nous découvrons semble déjà appartenir à une autre époque, celle d'avant les mails et autres SMS. Il écrit pour nous des lettres, missives d'amour qu'hommes et femmes incroyablement s'adresseraient encore et leur prête sa voix, que dis-je ses voix, mâles et femelles ...
Vous l'avez compris il s'amuse et nous incite à le suivre en cette rétrospective où des dames un peu mûres prétendent être encore " de vraies jeunes filles " Il est vrai que l'église et sa chorale ne sont pas loin ... le village non plus.
Tous s'écrivent donc puis se répondent bien sûr, et si les fantasmes vont bon train, les couples restent coincés dans leur petite vie que l'auteur examine d'une loupe narquoise.
Tiens, un voyage de noces en solo ? Il fallait y penser ... bizarre que la nouvelle épousée ait préféré rester avec sa meilleure amie laissant l'époux de fraîche date embarquer seul pour Venise sans l'ombre d'un remords !
- un hypocondriaque sollicite celle dont il est séparé depuis 22 ans dès qu'il souffre du moindre bobo,
- un pape invraisemblable écoute la confession d'une nymphomane dont les visions frisent le cauchemardesque mais il faut bien que les exorcistes vivent ...
- un personnage en rut brame des " métaphores navales et forestières " faisant monter la température ambiante jusqu'à exploser les thermomètres.
Et s'il est aussi difficile de terminer un spectacle qu'un roman, l'emperruqué de service nous prouvera ici le contraire.
Certes, le procédé est un peu répétitif mais les situations drolatiques nous permettent de passer un moment décalé loin de la numérisation de nos moeurs et l'on se dit alors que c'était peut-être plus marrant avant ? ...

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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10:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent