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07/10/2010

INTERVIEW d'après le film de THEO VAN GOGH et le scénario original de THEODOR HOLMAN.

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Studio des Champs Elysées

15, avenue Montaigne

75008 PARIS

(M° Alma-Marceau)

loc. 01 53 23 99 19

Pl. 34 & 29€

- de 26 ans : 10€ du mardi au jeudi.

www.comediedeschampselysees.com

Du mardi au samedi à 20h.45

Samedi & dimanche à 16h.30

Adaptation théâtrale française de PATRICK DEMERIN et HANS PETER CLOOS.

Mise en scène : HANS PETER CLOOS assisté de Clémence BENSA

avec SARA FORESTIER et PATRICK MILLE.

 

L'utilisation envahissante de la vidéo au théâtre consiste à donner à voir plutôt que donner à comprendre mais force est de reconnaître qu'ici, elle ne s'avérera pas superfétatoire. Nous découvrons un homme dehors, sous la pluie qui sonne vainement à la porte d'entrée, l'occupante des lieux n'étant pas là, en dépit du rendez-vous fixé. Tout ce qui suivra ne sera que la conséquence de cette longue attente ...
Pierre Peters est un journaliste politique jouant volontiers les correspondants de guerre et il a conscience ici, de se fourvoyer. La mission lui fut confiée en catastrophe alors qu'il se passe des choses graves en politique et le média pour lequel il travaille n'a rien trouvé de mieux que lui confier cette interview ridicule !
Katya est une incroyable vedette du petit écran, sorte de femme-objet ne pouvant qu'avoir un pois chiche en guise de cerveau. Pour cette raison, il n'a rien préparé. A quoi bon ? La rencontre va s'avérer immédiatement houleuse, friser le clash puis comme la créature usera de ses arguments habituels, l'homme aura beaucoup de peine à lui résister mais en vaillant baroudeur, il s'y emploiera de toutes ses forces.
Plus qu'une interview, un semblant de conversation va peu à peu se mettre en place, espacé par quelques appels téléphoniques recueillis sur un portable à la délirante sonnerie et alcool aidant, les langues vont de part et d'autre se délier.
Sara Forestier compose jusqu'à l'outrance son personnage de bimbo aussi stupide qu'aguicheuse.
De son côté, Patrick Mille ne peut que rouler des mécaniques en ce rôle de journaliste un peu largué mais pas seulement car il le fera avec suffisamment d'intelligence pour donner l'illusion qu'il maîtrise la situation. 
Il faut beaucoup de talent pour se caricaturer soi-même quand on sait pertinemment que le spectateur le moins naïf aura toujours tendance à confondre rôles et interprètes.
Il n'est pas habituel de tirer une pièce d'un film, c'est donc en quelque sorte une gageure que Hans Peter Cloos mène ici de main de maître. Par un habile crescendo, le spectateur se posera des questions jusqu'à la fin, laquelle nous prendra de court et que nous saluerons avec un unanime sentiment amusé.
Les comédiens quant à eux ont d'évidence, donné le meilleur d'eux-mêmes.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photo : Pascalit.

09:38 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/10/2010

Au revoir PAYS de Thiane Khamvongsa.

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MANUFACTURE des ABBESSES

7, rue Véron

75018 PARIS

(M° Abbesses ou Blanche)

loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€, T.R. 13€

du jeudi au samedi à 21h.

& à 17h. le dimanche.

www.betesurlalune.fr

Texte et mise en scène : Thiane Khamvongsa


avec Jean Laurent Bourel ou Mathias Mégard (le père) - Thiane Khamvongsa (la mère) - Fred Aklan (le fils aîné) - Na Bi Shin (la fille aînée) - Martin Nikonoff (le fils cadet) - Sébastien de Monbrison ou Hugo Richet (L'oppresseur) - Charlotte Brédy (l'Administration française) - Sophie O'Byrne (Les Exploitants de la misère humaine) -

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La France a de tout temps, constitué un miroir aux alouettes pour les autres pays.
Il est indéniable que de toutes les communautés présentes, les immigrés venus d'Asie, ne bénéficient pas de toute la compréhension qu'ils méritent en un pays où du fait d'un taux de chômage important,  le sens de l'hospitalité fait assez souvent défaut. Pourtant,
on reconnaît bien volontiers que les asiatiques " ne font pas de vagues " tant leur discrétion est réelle, ce qui n'annule pas pour autant les difficultés qu'ils rencontrent dans la vie de tous les jours.

Mais revenons à l'historique puisque c'est la trame de la pièce. Une famille laotienne jusqu'alors aisée, va être l'objet des attaques du nouveau gouvernement communiste. Nous sommes par conséquent au Laos en 1975. La guerre a perduré dans le pays durant un quart de siècle et de nombreuses familles se voient contraintes de quitter le pays en dépit de tous les risques que la démarche comporte si par malheur ils se faisaient prendre ... La femme est enceinte et le régime en place l'a déjà privée de ses deux fils, l'un s'est exilé en catastrophe et le cadet s'étant porté volontaire pour épargner sa soeur fut endoctriné et changea cruellement de camp. Avant de venir en Occident, le père a dû subir un stage de rééducation et il a fallu toute la ruse féminine de son épouse pour qu'il s'en sorte.
Après un long périple, une fois arrivés en France d'autres difficultés les attendent.
Une langue inconnue, des conditions de vie peu confortables, indifférence, incompréhension pouvant aller jusqu'à la raillerie seront leur lot et il faudra hélas, faire avec. Le père est contraint d'exercer un travail dévalorisant afin que sa famille survive ce que le fils aîné, enfin retrouvé ne parvient pas à accepter; la fille quant à elle poursuit ses études et aimerait bien faire comme ses petits camarades au grand dam des valeurs traditionnelles de la mère qui elle, vit recluse à domicile. Choc des civilisations. Cette pièce déclenche une évidente empathie chez le spectateur lequel se dit alors être passé sans nul doute à côté d'un humanisme qu'il était censé manifester. Or une phrase résume bien la situation " les blancs vivent dans un monde accéléré. " Au point de ne pas voir ce qui se passe à côté d'eux ...
La dernière scène nous fera penser à un remake de " Devine qui vient dîner ? " et après toutes ces difficultés rencontrées, va symboliser l'espoir.
Ce texte porteur d'émotions nous donne à réfléchir et il serait souhaitable qu'il soit vu par le plus grand nombre d'entre nous.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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13:57 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/10/2010

Derniers remords avant l'oubli de Jean-Luc Lagarce.

THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard

75005 PARIS

(M° Place Monge)

loc. 01 43 31 11 99

Pl. 24€ T.R. 16€

Du mercredi au samedi à 21h.

Dimanche à 17h.

(Relâche le 7 novembre)

 

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Mise en scène : Julie Deliquet

avec Serge Blavan (Pierre) - Julie André (Hélène) - Agnès Ramy (Anne) - Gwendal Anglade (Paul) - Olivier Faliez (Antoine) - Julie Jacovella (Lise) -

 

Une maison à la campagne dans laquelle deux couples accompagnés d'une adolescente se rendent au bout de quelques années. Il s'agit d'une demeure acquise en indivision, démarche scabreuse par excellence, choisie parfois entre amis, dans des circonstances précises ...
Il est rare que la formule perdure et là, quinze ans se sont écoulés.
C'est Hélène qui mène la danse, brutalement sans l'ombre d'une diplomatie.
Anne la nouvelle femme de Paul, intervient parfois avec une ironie joyeuse.
En fait personne n'est à l'aise dans cette sorte de Cerisaie à l'envers.
Des couples ont existé puis se sont défaits et seul le passé les lie encore, griefs formulés ou non inclus.
Avant d'épouser Antoine, Hélène a vécu dans cette maison entre Paul et Pierre et ce dernier est resté sur place. Maintenant les autres et surtout Hélène voudraient l'en déloger, la demeure constituant un capital qui dort et qu'ils ont plus ou moins spontanément décidé de réveiller.
Un mot, prononcé maladroitement et repris avec insistance par cette dernière aura le don de rendre l'atmosphère explosive. Il sous-entend une foule de non-dits visiblement porteurs de toute la genèse de l'histoire. Pierre, l'intellectuel du groupe frémit sous l'insulte.
C'est un solitaire qui enseigne la littérature et résume son activité non sans une certaine amertume par un : " c'est parler dans le vide aux terrifiants héritiers des autres. "  discrète allusion à la situation présente alors que Lise l'adolescente qui a suivi ses parents n'est visiblement pas concernée par ce qui se passe !
Antoine en bon voyageur de commerce, essaie vainement de faire diversion au moyen des histoires qu'il raconte, complètement dépourvues d'intérêt mais qui n'en constituent pas moins, le centre de sa vie.
C'est à une prise d'assaut à laquelle nous allons assister. Qui, au final, en sortira vainqueur ? ...
La règle des trois unités (lieu, temps, action) est ici rigoureusement respectée et tout repose sur les dialogues. Le décor est inexistant, pour seuls accessoires, un lit en fer situé côté cour et la table censée accueillir ces soudains invités du dimanche, se constituera de deux tréteaux et d'une porte qui en catastrophe, feront l'affaire. On apprend que la toiture demande une réfection mais ce sont surtout les relations qui se sont délabrées. Une musique de scène, disons plutôt un fond sonore quelque peu agressif viendra par intermittence, coller à l'action de façon pléonastique. Je vous laisse bien entendu découvrir comment tout cela finira.
La pièce qui vient juste de démarrer est programmée en ce lieu jusqu'au 20 novembre. J'ai envie de décerner une mention spéciale à Agnès Ramy dont les interventions détendent l'atmosphère, ce dont s'acquitte également Olivier Faliez mais leurs rôles il est vrai, furent écrits dans cette perspective ce qui n'enlève rien à leur mérite. En dehors de toute notion de style, ce serait presque du Balzac revu et corrigé par ...

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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photos : Mathilde Morières

13:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent