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10/04/2012

L'affaire Dussaert, de et par Jacques Mougenot

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THEATRE RANELAGH

5, rue des Vignes

75016 PARIS


(M° La Muette ou Passy)


Loc. O1 42 88 64 44


Tarifs de 10 à 25€

Du mercredi au samedi à 21h.

Dimanche à 17h.

Relâches les 9 et 24 mai

jusqu'au : 2 JUIN 2012

 

Seul en scène, Jacques Mougenot se présente à nous comme un conférencier.

Le décor se résumera à quelques projections d'oeuvres dont il veut nous parler.

Nous découvrirons de prime abord un Radeau de la Méduse pour le moins dépouillé car chaque fois, le peintre dont il est question entend nous délivrer un message dont la direction va vers une forme d'épure qui fera de lui le chef de file incontestable et unique, du mouvement vacuiste. 

Mais qui était donc Dussaert ? Le spectateur tout penaud fouille désespérément dans sa mémoire tout en regrettant vivement d'avoir éteint son smartphone qui lui permettrait d'interroger (en douce) Wikipédia.

Comment avons nous fait pour passer à côté d'une oeuvre aussi subversive ? 

Le conférencier nous consolera en précisant que la Guerre du Golfe occupait alors tous les esprits. N'importe, un tel génie ne saurait passer inaperçu !  Du reste, un ministre de la Culture ne s'y trompera pas, dommage que nous ne puissions mettre un nom sur sa perspicacité ... 

Notre curiosité sera tenue en haleine jusqu'à la fin et nous apprécierons tout au long du spectacle l'humour pince-sans-rire du narrateur. C'est habile, d'une réelle subtilité et pour une fois que l'on prend plaisir à être ignorants on trouve que décidément, cela a passé trop vite ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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- photos : arj -

15:32 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/03/2012

Nord-Est de Torsten Buchsteiner

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LUCERNAIRE

53, rue N.Dame des Champs

75006 PARIS


(M° Vavin ou N.D.des Champs)


loc. 01 45 44 57 34

www.lucernaire.fr

Pl. 10 à 30 €


du mardi au samedi à 21h.30

 

jusqu'au 22 avril 2012

 

Traduction: Pascal Paul-Harang

(l'Arche, Editeur)


Mise en scène : Andréas Westphalen


avec Julie Dumas, Leila Guérémy et Béatrice Michel


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Le terrorisme est hélas, un thème d'actualité ! 

Or la caractéristique de cette action est que ceux qui s'y livrent nomment cela résistance. Nous le savions depuis toujours et ici, plus particulièrement depuis les années quarante. Là, il s'agit du problème tchéchène ... nous avons tous en mémoire les faits qui se déroulèrent à Moscou, fin octobre 2002 et la sanglante répression qui s'ensuivit. 

Trois femmes vont tour à tour se raconter, relater ce qui s'est passé, expliquer les raisons de leur présence en ce lieu. Afin de s'opposer au terrorisme d'Etat dont la Tchéchénie a été victime de la part des russes, un commando féminin a pris pour nom " les veuves noires " dénomination explicite, ô combien ! 

L'objectif ? ... Investir un théâtre, prendre les spectateurs en otages, la revendication étant que cesse cette guerre qui les opprime.

Le climat est âpre, bien entendu, les personnages déterminés. 

Nous allons alors découvrir Zura (Leila Guérémy) la plus impliquée de toutes, celle que rien n'arrêtera en fonction de ce qu'elle a vécu déjà et du lourd tribut qu'elle a payé. 

Tamara (Julie Dumas) infirmière lettone, qui ne ménagera pas sa peine pour venir en aide à ces spectateurs pris en otage, privés de tout, de nourriture, de boisson et d'hygiène puisque la fosse d'orchestre va peu à peu se transformer au fil des heures et même des jours en fosse d'aisance. Mais il s'agit de tenir bon ! 

Et puis Olga (Béatrice Michel) cette mère de famille qui a économisé l'argent pour venir avec son époux et sa fille, afin d'assister à une représentation qui s'annonçait joyeuse, une comédie musicale et son habituelle happy end.

Or l'effroyable réalité va s'imposer à chacune et tous les autres que nous ne verrons jamais mais qui seront évoqués.

L'auteur (Torsten Buchsteiner dont c'est la cinquième pièce) a privilégié le mode du récit sous forme de trois monologues. Il est vrai que mettre en scène ce qui s'est passé en réalité eut relevé de la mission impossible !  Aucun manichéisme ne se manifestera, chaque personnage s'exprimant librement et résumant la situation par le biais de son vécu.

Seule petite critique, le désir de réalisme, l'absence de théâtralité ne doivent pas pour autant exclure une diction parfaite ce qui n'est pas toujours le cas. Je ne citerai personne, l'amélioration étant toujours possible.

Enfin, si le thème peut paraître rébarbatif à certains, sachez que ceux qui choisiront de venir pourraient difficilement le regretter puisqu' ils repartiront avec la tête pleine de réflexions et le théâtre (selon moi) doit servir à cela également, pas seulement à une distraction légère ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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15:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/03/2012

Faire danser les alligators sur la flûte de Pan - d'Emile Brami -

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Théâtre de l'Epée de Bois

Route du Champ de Manoeuvre

(Cartoucherie de Vincennes)

75012 PARIS


(M° Château de Vincennes puis navette gratuite)


Loc. 01 48 08 39 74


du mardi au samedi à 21h.

Dimanche à 16h.


jusqu'au : 15 AVRIL 2012


d'après la correspondance de Louis-Ferdinand-Céline

avec l'autorisation des Editions Gallimard.


Mise en scène : Ivan Morane


avec Denis Lavant.


 

Je vais vous faire un aveu : depuis longtemps, je souhaitais voir Denis Lavant s'emparer du personnage de Louis-Ferdinand Céline. J'ai même dû l'écrire quelque part ... et bien, les dieux m'ont entendue et exaucée car il est là, ressuscité en quelque sorte, cet incroyable Dr Destouches et l'incarnation est hallucinante ! 

Pour la circonstance, Denis l'échevelé est même allé jusqu'à se raser le crâne. 

Je n'avais encore jamais vu Céline sans cheveux mais cela lui est sans doute arrivé. Moins fréquentes sont les visites chez le coiffeur et plus la coupe est courte, c'est bien connu or l'homme ne devait pas fréquenter souvent cette corporation lui qui à la fin de sa vie, retenait ses pantalons par une ficelle nouée autour de la taille. Cet anti-dandy avait bien mieux à faire ! 

Capharnaüm des lieux d'écriture ... les feuillets de son manuscrit sont suspendus à une corde à linge, à la façon de ces photos que l'on développaient soi-même à l'époque. Symbole de l'écriture prise sur le vif !  Et pourtant, l'auteur se décrira comme un galérien capable de rédiger 80.000 pages pour n'en conserver que 500. Sans nul doute, c'est cela le secret du mot qui fait mouche, de la pointe acérée qui se fiche en plein coeur de la cible. Oh ! certes, le verbe est outrancier car l'ennemi déclaré est cette vieille littérature bourgeoise qui cisèle des phrases déjà mortes avant d'être lues, sort réservé à l'académisme. Céline lui, impose le langage parlé mais avec quelle force et quel rythme ! 

" De la musique avant toute chose " disait Verlaine et c'est bien la seule leçon que notre impénitent anar' ait accepté de retenir. Tous ses confrères contemporains basculeront sous la guillotine de son jugement tandis que le couperet s'active, tel un hachoir.

" Quelle vanité, quelle stupidité ignoble ... écrire ! " s'exclamera t-il, lui qui prétend ne s'être livré à cette activité que dans la perspective de l'argent que sa notoriété lui procurerait. 

Le jeu de Denis Lavant va l'amble avec le texte. Nous sommes scotchés au moindre de ses gestes, à la plus subtile intonation, persuadés que nous assistons là, à un grand moment comme il en est peu. 

Un immense bravo et ... merci ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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22:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent