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16/02/2011

la méthode grönholm de Jordi Galceran

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Théâtre TRISTAN BERNARD

64, rue du Rocher

75008 PARIS

(M° Villiers)

Loc. 01 45 22 08 40

Pl. 20 à 36€

le mercredi, 15 à 30€

Etud. & - 26 ans : 10€ sauf le samedi à 21h.

Du mardi au samedi à 21h.

Représentation supplt. le samedi à 18h.

Mise en scène et adaptation : Thierry LAVAT

avec Lionel ABELANSKI, Yannis BARABAN,
Marie PITON, Philippe VIEUX.

 

Voici une pièce destinée à faire rire mais qui en réalité, grince bien, afin d'illustrer un univers dans lequel bon gré, mal gré, certains voguent évitant plus ou moins adroitement les écueils qui jalonnent leur itinéraire.
Le recrutement en entreprise, voilà un thème sur lequel il y a beaucoup à dire, avec ses méthodes de management contestables au possible.
Jordi Garceran a choisi d'en rire pour ne pas en pleurer." L'homme est un loup pour l'homme," nous le savions déjà mais certaines situations exacerbent ses bas instincts, permettant que le meilleur, (en réalité le pire) gagne.
Sous nos yeux va donc se dérouler ce qui constitue un 4ème entretien d'embauche, conformément à la méthode Grönholm. Difficile de mettre quelqu'un sur le gril de façon plus sadique ! 
En règle générale on est seul face à une sorte d'examinateur ayant le pouvoir de trancher, ici par un surcroit de perversion, les candidats sont au nombre de quatre et en rapport les uns avec les autres ...
Marc (Lionel Abelanski) est le plus armé semble t-il, pour affronter cette suite d'épreuves. Volontiers cynique, disons qu'il est résolu à ne faire aucun cadeau aux autres et à s'imposer par tous les moyens.
Charles (Yannis Baraban) se révélera humain (trop humain) et d'une étrange fragilité ...
Une seule femme est présente face aux trois autres, Julie (Marie Piton) consciente qu'il lui faudra plus prouver pour être retenue.
Et enfin Pierre, (Philippe Vieux) qui déclenche les éclats de rire de la salle mais inquiète également car il restera très longtemps difficile à situer ...
Une tranche de vie, bien saignante dans un univers impitoyable. Rien ne leur sera épargné, ni ridicule ni humiliations et ils devront surmonter tout cela.
Finalement le monde des affaires n'a rien inventé car les sociétés primitives avaient elles aussi, leurs épreuves initiatiques.
Pièce de boulevard diront certains, mais pas seulement puisqu'il s'agit d'une satire féroce de la société que nous avons peu à peu contribué à construire et si le constat est triste, en revanche, les comédiens eux sont irrésistibles.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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photo : BM Palazon

 

 

11:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/02/2011

Hitch d'Alain Riou et Stéphane Boulan

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LUCERNAIRE

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS

(M° Vavin ou N.D.des Champs)

Loc. 01 45 44 57 34

www.lucernaire.fr

du mardi au samedi à 21h.30

Matinée dimanche à 15h.

Mise en scène de Sébastien Grall

avec Joe Sheridan, Mathieu Bisson et Patty Hannock

 

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Mais au fait, comment est mort Hitchcock ? ...
Plus d'un spectateur risque de se poser la question ab abrupto, en découvrant le maître du suspens en certaine posture ... Car Sébastien Grall a lui aussi le don de frapper les esprits.

C'est ainsi que François Truffaut alias Mathieu Bisson se retrouvera sur le gril.
Voix off d'un enquêteur, volontiers accusateur. Que s'est-il donc passé ? ...
Nous allons faire la connaissance d'Alma épouse du grand réalisateur laquelle fut également son assistante, monteuse et scripte et qui on le comprendra rapidement a toujours son mot à dire. Hitchcock, la soixantaine bedonnante est au faîte de sa carrière sinon de sa gloire et le jeune Truffaut lui voue une admiration sans bornes. Les américains eux, sont tout aussi aveugles envers Hitch qu'envers Orson Welles ...
L'action se déroule à Hollywood dans le cadre des studios Universal et le jeune français admire Los Angeles à travers une immense baie vitrée. Signalons au passage que le décor est non seulement réussi mais ingénieux.
Projet en cours de réalisation : écrire ce fameux livre qui deviendra la Bible de tous les passionnés de cinéma. Le personnage titre est tout à la fois, humble, facétieux et génial bien entendu. C'est l'anniversaire du couple lequel coïncide à un jour près avec celui de la mort de Marilyn. Quand Truffaut apprendra cela, il s'étonnera que Hitchcock n'ait pas eu envie de tourner avec la vedette blonde. Et le maître du genre de répondre,
" Impossible, aucun suspens avec elle : elle portait son sexe sur le visage ! "
Des répliques aussi savoureuses que celle là, la pièce en est truffée. (pardonnez ce jeu de mots du reste involontaire)

Hitchcoch sera le chat et le fin Truffaut la souris, sous le regard avisé d'Alma.
Le spectateur lui, se régale et complètement habités par leur personnage respectif, les deux comédiens ressemblent de façon troublante à leurs modèles.
Résultat, bien que l'action se situe durant les années 60, ces deux hommes ressuscités nous donnent l'illusion d'un présent qui nous piège littéralement.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : Claire Riou

11:19 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/02/2011

Un manège nommé désir d'après La Ronde d'Arthur Schnitzler.

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THEATRE ESSAION

6, rue Pierre au Lard

75004 PARIS

(M° Rambuteau ou Hôtel de Ville)

loc. 01 42 78 46 42

www.essaion.com

Pl. 20€ - T.R. 15€

les jeudi, vendredi, samedi à 21h.30

Mise en scène : Guylaine Laliberté

Avec Claude Caro et Gérard Foucher

ainsi que Michel Doumenq ou Georges Bécot.

 

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Nous connaissons tous " La Ronde " de Schnitzler, grâce au remarquable film de Max Ophuls mais également au fil de nombreuses réalisations théâtrales toutes plus inventives les unes que les autres.  Ici, en justification du titre remanié, nous découvrons un mini-manège posé sur une colonne, tandis qu'un narrateur jouera les Monsieur Loyal ou les Deus ex machina, si vous préférez.
Apparition d'une fille brune tout de rouge vêtue qui a le nom d'une constellation en forme de W ... promesse de septième ciel ? Survient  Daniel. Ce n'est plus un soldat comme dans le texte de notre auteur viennois mais un ambulancier à la coiffure en forme de véritable motif de licenciement. Avec lui, ce sera vite fait, bien fait contre un mur, ainsi épinglée, la dame lui restera attachée.
Puis nous retrouverons Daniel avec Marie, cette fois, et celle là est blonde.
Notre narrateur de service revenant de façon ponctuelle, jouera alors les devins. Suivons Marie pour l'heure avec Alfred, le jeune monsieur qui profite de son état pour exercer un droit de cuissage avant d'aller rejoindre une maîtresse plus mûre que la jeune soubrette laquelle s'est révélée fort peu farouche ...
Comme notre homme saute décidément d'un lit à l'autre, (quelle santé !) son costume sera  agrémenté d'une pochette mais la chemise restera résolument en dehors du pantalon. Quant à la coiffure, disons que c'est celle de quelqu'un qui aurait attendu le tramway dans le vent et sous la pluie. Pris par l'action sans doute, Gérard Foucher cultive le débraillé ...
Puis le conteur (Michel Doumenq ce soir là) deviendra le temps d'une scène, valet de chambre et s'activera intensément car " madame doit avoir sa chemise de nuit toute prête quand elle rentre."  
Scène conjugale entre Emma et Charles, le mari jouant les bonnets de nuit avec sa légitime afin de mieux se réserver pour Jessica, que nous ne tarderons pas à retrouver en compagnie de Victor car La ronde (pardon, le Manège) continue à tourner.
Pour une fois et c'est bien la seule, la coiffure échevelée du monsieur se justifie pleinement. Echarpe blanche et chaussures de même ton puisque nous sommes dans le clinquant avec ce drôle de zèbre !
Dans l'intervalle, le ring (pardon, le lit, va et vient, déplacé chaque fois par notre fil rouge humain de service ...)
La dame se nomme Eva et ce " jeune vieillard " d'aristocrate arbore un catogan.
Le fil conducteur d'Arthur Schnitzler est respecté certes, quoique l'ambiance sinon le style, ait plus que tendance à rappeler Crébillon fils. Les comédiens sont talentueux mais l'élégance masculine quelque peu absente. Autre temps, autres moeurs, il est vrai et puis, faire-tout-ça-tout-seul !  ... Enfin presque car pour ce qui est de Claudie Caro, le pari est réussi quant à Gérard Foucher ce dernier serait parfait s'il consentait (simple suggestion) à peaufiner son image ...

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent