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22/12/2017

ACTRICE de Pascal RAMBERT

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LES BOUFFES DU NORD

 

37bis, boulevard de la Chapelle

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° La Chapelle)

 

 

LOC. 01 46 07 34 50

 

 

Du mardi au samedi à 20h30

Le dimanche à 16h

 

http://www.bouffesdunord.com/

 

Texte, mise en scène et scénographie,

 

Pascal RAMBERT

 

CREATION

 

avec,

Marina HANDS : Eugénia, actrice, 

Audrey BONNET : Ksenia, sa soeur, 

Ruth NUESCH : Galina, mère d'Eugenia et de Ksenia, 

Emmanuel CUCHET : Eugeni, père d'Eugenia & Ksenia, 

Jakob OHRMAN : Pavel mari d'Eugenia, 

Elmer BACH : Igor mari de Ksenia, 

Yuming HEY : Ivan infirmier, 

Luc BATAINI : Alexander acteur, 

Jean GUIZERIX : Sergeuï, acteur, 

Rasmus SLATIS : Stanislav, prêtre, 

Sifan SHAO : Artem, acteur, 

Laétitia SOME : Svetlana, actrice, 

Hayat AMIRI : Roman, acteur, 

Lyna KHOUDRI : Yulia, fille de Eugenia

 

et en alternance : Anas ABIDAR, Nathan AZNAR et Samuel KIRCHER (Dimitri, fils d'Eugénia et Pavel)

 

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L'espace scénique semi-circulaire est littéralement couvert de fleurs …

On se croirait dans un cimetière un jour de Toussaint puis on constate la présence de ce lit planté au milieu des bouquets dans lequel se trouve cette femme émergeant à peine de l'envahissante floraison.

Son père et sa mère, deux vieillards sont assis à proximité du lit en question maudissant le sort qui veut que leur fille meure avant eux.

C'est un peu plus tard que la référence de " La Dame aux Camélias " traversera notre esprit mais Eugénia ne tousse pas, elle se meurt tout simplement et pour nous son agonie va durer 2 heures qui ne seront nullement ennuyeuses, rassurez-vous, mais surréalistes, absolument incroyables !

C'est que nous raisonnons en européens de l'Ouest alors que plus à l'Est tout se ressent, se vit et se déroule de façon différente.

Comment imaginer ici un tel défilé en un tel moment ?

Les proches répondraient : " non, désolés mais elle n'est pas visible car trop fatiguée " ou alors les visiteurs entreraient un à un, sur la pointe des pieds en se faisant le plus discret possible.

Là, c'est l'inverse, ils vont crier, se lancer des invectives, pire en venir aux mains ! ...

 

Manifestation de l'âme slave sans doute ?

 

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Avant tout, Pascal Rambert déclare vouloir écrire pour les acteurs, à la limite, l'histoire n'est qu'un support - entendez un prétexte destiné à leur permettre de s'exprimer.

Ses distributions ? … un véritable melting-pot incluant aux côtés de slaves, des latins et des asiatiques. On peine parfois à bien capter le texte parmi les différents accents ce qui aiguise d'autant plus l'attention du public qui ne veut rien perdre de ce qui est dit.

Il semble que le metteur en scène - mais peut-être est-ce une illusion ? - ait voulu laisser la bride sur le cou de chacun d'eux, qu'aucune outrance ne peut dissuader de poursuivre en cette excessive lancée. C'est complètement foutraque car rien ne peut arrêter le flot quand les vannes sont ouvertes.

On entre en cette chambre mortuaire comme en un hall de gare, chacun bousculant l'autre mais de façon paradoxale sans détruire l'admiration sans bornes et en dépit des apparences, le respect que chacun éprouve pour cette grande artiste sur le point de disparaître.

 

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( photos : Jean-Louis FERNANDEZ )

 



La pudeur veut que les larmes restent à l'intérieur alors on s'agite pour faire diversion, pour donner le change … 

Eugenia quant à elle, se battra jusqu'au dernier moment, tel un soldat au front et la Mort sera personnifiée par cet infirmier implacable, tout de blanc vêtu à l'instar de la neige qui ne tardera pas à recouvrir le corps quand tout sera fini.

Au préalable une représentation privée sera donnée par tous ces comédiens-visiteurs en un hommage improvisé, à la limite du grotesque afin de dire adieu avant que le couperet tombe.


Sciemment je ne vous en dirai pas plus afin de ne pas compromettre les multiples découvertes qui vous attendent.

Vous avez jusqu'au 30 décembre pour aller les applaudir.




Simone Alexandre

 

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16:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/12/2017

In love with PersoN

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GUICHET MONTPARNASSE

 

15, Rue du Maine

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

LOC. 01 43 27 88 61

 

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

2 spectacles le même soir : 30€

 

http://www.guichetmontparnasse.com/

 

Chaque vendredi & samedi à 20h30

 

le dimanche à 16h30

 

 

jusqu'au : 30 DECEMBRE 2017

 

 

Texte, mise en scène et interprétation,

 

Julien ROMANO

 

 

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Bruit de vagues : lancinant flux et reflux …

Un vieil homme cramponné à sa canne s'interroge,

- " Est-ce que j'existe vraiment ? "

Calderon lui aurait objecté que " la vie n'est qu'un songe " et un cauchemar aussi, parfois ...

Julien Romano compose ce personnage post-hivernal, cassé en deux, un bras replié dans le dos, évoquant une branche morte, à la limite du caricatural mais rassurez-vous, l'instant de gêne passé, la démarche se justifiera pleinement.

Il existe toujours un moment dans la vie où les événements ( ou non-événements ) nous contraignent à faire le point. La constatation s'impose alors d'elle-même :
" l'amour rend vulnérable. "  ( remember …)

 

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Brusquement sous nos yeux, le vieillard se transforme en jeune homme lequel va éperdument s'élancer en une danse aérienne, tel un oiseau ivre. Ne dit-on pas que l'amour donne des ailes ? Mais ô paradoxe, il sait aussi retenir prisonnier.

Les souvenirs s'invitent. C'était un vendredi 13 " tout bon ou tout mauvais " disent les superstitieux. Une femme au téléphone pleurait. Est-ce ainsi que tout a commencé ? Zweig écrivit " la Pitié dangereuse " et n'oublions pas qu'en chaque homme sommeille un chevalier blanc qui ne demande qu'à s'exprimer en pareille circonstance.

Ensuite, il fera tout pour se surpasser aux yeux de celle dont il est brusquement tombé amoureux. Voilà bien de quoi faire sourire les cyniques et pourtant ! ...

Une question s'est de tout temps posée : pourquoi est-on conscient de ce qui arrive ( l'amour avec un grand A ) au moment précis où l'on commence à souffrir ? …
L'amour ne devrait-il pas aller de pair avec la joie et le bonheur, cet état étant un cadeau des dieux ?

 

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Force est de reconnaître qu'il en va rarement ainsi ou de façon provisoire mais quand on y réfléchit, c'est juste un problème d'équivalence, l'Autre - autrement dit, l'être aimé - n'aime pas de même sorte, avec le même potentiel d'intensité et lorsque par hasard, cela arrive, c'est rarement en même temps.

Deux ego sont face à face et ne tardent pas à s'opposer

" question d'âme et d'éducation " précise notre auteur-interprète qui veut rester indulgent. C'est en réalité bien plus complexe que cela.

Non sans humour le même précise " on tombe amoureux comme on tombe d'un escalier " ce qui sous-entend qu'on a loupé une marche. C'est que totalement investi dans l'ascension, il semble bien que l'on ait voulu monter trop haut et trop vite. Alors on se ramasse et - qui sait ? - peut-être a t'on été victime d'un croc-en-jambe ? Allez savoir  ! …

Après la déconvenue, viennent les insomnies. Notre palpitante victime passe ses nuits à penser - à ressasser plutôt. C'est ainsi que l'on se consume de l'intérieur en faisant le vide autour de soi. Ne voulant pas s'avouer vaincu, l'amoureux désemparé s'accrochera à des faux-semblants qu'il transformera en réalité ( du moins le croit-il ) tant en pareille circonstance, l'auto-persuasion est grande …

 

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C'est que, au lieu de l'accepter tel qu'il est, la perfide créature a décrété que c'était à lui de changer et même dans l'intervalle, de débarrasser purement et simplement le plancher. Damned !

Devient-on " le dernier des abrutis quand on est amoureux " ?
Pourtant un très vieil adage propose depuis toujours la solution,

" Suivez, on vous fuira,
" Fuyez, on vous suivra "

Mais l'amour est sourd et aveugle, c'est bien connu !

Plus d'un spectateur se reconnaîtra tout au long de ce monologue que Julien Romano nous livre ici, sans l'ombre d'une réserve en s'y impliquant totalement ( corps et âme ) et quand le vieillard du début refait son apparition ce sont les accents de Musset qui nous reviennent en mémoire :

… "  quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. "
 
" On ne badine pas avec l'amour ", bien sûr.

Il vous reste jusqu'au 30 décembre pour aller voir et entendre Julien Romano au Guichet Montparnasse et il est impossible que vous ne soyez pas émus.




Simone Alexandre

 

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10:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/12/2017

Probablement les Bahamas de Martin Crimp

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ARTISTIC THEATRE

 

45bis, rue Richard Lenoir

 

75011 PARIS

 

 

(M° Voltaire)

 

LOC. 01 43 56 38 32

 

Pl. de 15 à 30€

-26 ans : 10€

 

http://www.artistic-athevains.com/

 

Mardi à 20h

Mercredi et jeudi à 19h

Vendredi à 20h30

Samedi à 18h et 21h

Dimanche à 16h

sauf le 31 décembre à 19h

 

 

Traduction : Danielle Merahi

© L'ARCHE Editeur

 

Mise en scène : Anne-Marie Lazarini

assistée de Cyril Givort

 

avec : Jacques Bondoux,

 

Heidi-Eva Clavier,

 

et Catherine Salviat,

Sociétaire honoraire de la Comédie-Française

 

 

Création Les Athévains  ( durée : 1h10 )

 

 

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" Play House " - Version Senior -


Côté cour, un personnage assis, dos au public, fume en attendant que l'action commence. Comme celui-ci restera muet durant toute la pièce, Anne-Marie Lazarini aurait tout aussi pu choisir quelqu'un parmi les spectateurs pour tenir ce rôle.

Nous sommes à l'intérieur d'une maison à l'agencement confortable et banal ; un espace cuisine, un salon et tout au fond, les chambres …
Une jeune fille au pair, hollandaise : Marijka  ( Heidi-Eva Clavier) remplit pour le moins négligemment le rôle de domestique qui lui est dévolu chez ce couple de retraités.

Milly, ( Catherine Salviat ) épouse de Franck

( Jacques Bondoux ) n'est pas spécialement tendre avec elle lui reprochant de passer plus de temps au téléphone que penchée sur l'aspirateur sans parler de ce short ! … est-ce une façon de s'habiller ? Franck n'y voit pas d'inconvénient mais sans doute vaut-il mieux qu'il se taise !

Pour l'heure il s'agit de converser avec le visiteur qui fera figure de patient, Milly pratiquant couramment l'art du monologue, ayant un avis tranché sur tout et une version des faits qui diffère souvent de celle de son époux.

Ce dernier est le digne représentant de ces conjoints qui ne sont plus que des témoins distanciés ayant depuis longtemps abdiqué toutes prérogatives. Il risque encore quelques timides contestations mais ne tardera pas à se réfugier dans une surdité protectrice, n'en doutons pas.

 

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( photos : Marion Duhamel )

 



Pour l'heure il est question d'anecdotes familiales, tout ce qui est arrivé aux autres … cambriolage, viol raciste, bien que Franck précise qu'il ne s'agissait en fait que d'un simple vol à l'arraché mais comme d'habitude Milly aura le dernier mot.


Car dehors est le danger ! ...

Un vague projet de piscine est alors évoqué alors qu'ils ne savent nager ni l'un ni l'autre mais regarder l'eau est plaisant quand on n'a rien d'autre à faire d'autant que cela constitue un signe extérieur sinon de richesse du moins d'aisance déclarée.

Chez Martin Crimp les dialogues grincent avec subtilité. N'oublions pas que l'auteur est britannique.

Tout comme le visiteur - muet - nous nous lèverons ( non sans avoir applaudi au préalable ) et regagnerons la sortie, la tête pleine de réflexions concernant ces retraités qui savent ne plus appartenir au monde qui continue à évoluer sans eux.




Simone Alexandre

 

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14:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent