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26/12/2016

Qui es-tu Fritz Haber ? de Claude Cohen

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STUDIO HEBERTOT

 

78bis, boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

 

(M° Villiers)

 

 

loc. 01 42 93 13 04

 

 

du mardi au samedi à 19h

 

le dimanche à 15h.

 

Pl. de 10 à 25€

 

http://www.studiohebertot.com/

 

 

jusqu'au : 8 JANVIER 2017

 

 

Mise en scène : Xavier LEMAIRE

 

avec Isabelle ANDREANI et Xavier LEMAIRE

 

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Venu de la coulisse - côté cour - s'élève un brouhaha de fin de banquet, d'invités que l'on raccompagne ...

Sur scène, une table est richement dressée, témoignant du festin qui vient d'avoir lieu.

Un couple se présente à nous de façon très contrastée.

Lui est visiblement ravi de la soirée tandis que son épouse est bien plus que maussade. La colère rentrée qu'elle a entretenue durant les heures précédentes ne va pas tarder à s'exprimer maintenant qu'ils sont seuls à nouveau.

Tandis que Fritz fait part de sa satisfaction et que Clara débarrasse la table, le conflit va littéralement exploser illustrant la différence de perception du bien et du mal qui existe entre militaires et civils. Incompréhension réciproque.

Les reproches fusent de part et d'autre. Le couple a un fils âgé de 15 ans et le père en désormais bon militaire ne nourrit pas les mêmes principes d'éducation que son épouse.

- " Tu effaceras son visage à force de l'embrasser ! "

lui reproche t-il.

Cet universitaire est dans un pays en guerre devenu soldat. Jadis, ces deux chercheurs travaillaient ensemble.

Ensemble ils ont réussi à mettre au point la synthèse de l'ammoniac prometteuse de progrès en agriculture.

Or comme presque toujours, la découverte fut dévoyée, détournée à des fins nocives.

Fritz qui contrairement à Clara semble avoir renié son origine juive croit se comporter en bon allemand qui veut que le pays auquel il s'est voué soit vainqueur ce, par tous les moyens à commencer par celui-là : l'utilisation de gaz toxiques.

En récompense de son action, il a été nommé capitaine.

- " Va pleurer dans une synagogue ! "

conseille t-il à son épouse.

 

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( photos LOT )



L'éternel conflit entre science et religion est ici exposé.

L'époux est persuadé que sans Dieu, la Science n'a pas de bornes et Clara lui répliquera que " science sans conscience est la ruine de l'âme "  Le ton monte entre eux deux et au comble de la colère, Fritz en viendra à chasser celle qui jadis l'assistait, participait à ses travaux en admirant l'homme que désormais elle ne reconnaît plus depuis qu'il est devenu esclave de son ego.

Le couple fait penser à celui formé par Albert et Mileva Einstein car la similitude de situation est grande.

Le thème est âpre et les deux comédiens excellent en s'opposant l'un à l'autre. N'ayez surtout pas peur du sujet évoqué car nous assistons là à un moment de théâtre privilégié tant sur le plan du texte que sur celui de l'interprétation.




Simone Alexandre

 

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11:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

21/12/2016

La cruche de Georges Courteline

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame-des-Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 19h

 

le dimanche à 15h

 

Mise en scène : Henri de Vasselot

 

avec : Antonine Bacquet ou Agathe Trebucq - Maria Mirante ou Florence Alayrac - Martin Jeudy ou Marc Valéro - Alexander Swan - Marc Sollogoub ou Henri de Vasselot

 

 

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Un spectacle qui commence par un air de « Ciboulette » du délicat et délicieux Reynaldo Hahn ne peut être que riche de promesses.

Elles sont tenues par les jolies voix de la troupe de « L’envolée lyrique » qui a le bon goût d’intercaler dans le texte somme toute assez court de Courteline des airs piochés de ci de là dans divers répertoires, avec justesse et opportunité.

« La Cruche » pièce rapide écrite en 1909 et, fait notable en raison de sa rareté chez Courteline, en collaboration avec Pierre Wolff, auteur à succès de son vivant mais tombé dans un oubli paisible, met en scène quatre personnages : le couple formé par le sieur Lauriane et Margot (dite la Cruche), le peintre Duvernié, célibataire et séducteur amant de la très mariée et volage Camille, dont Laurianne aimerait recueillir les faveurs, quand Duvernié rêve de Margot. La boucle est ainsi bouclée, la pièce peut être dite.

Naturellement s’ensuivent des situations légères et cocasses, où le quiproquo n’a qu’une place très légère, et c’est heureux, car ce principe a cela de pénible que poussé à l’extrême, il perd de son sel. Rien de cela ici où tout va très vite, les idées, les mots et l’action.

Laurianne est une sorte de sale type qui a davantage d’ambition que de moyens et moins de tête que d’impulsion. Pour tout dire, il est assez peu sympathique, ce qui, en creux, confère à la personne de la douce Margot, ancien trottin comme elle le rappelle ce qui fait comprendre combien elle est d’origine modeste d’autant plus de douceur. Disons que Laurianne est un macho au petit pied et Margot une femme soumise, et au-delà.

L’analyse qu’elle donnera d’elle-même n’est pas sans émouvoir, car on imagine sans peine l’inconfort permanent de sa position : ouvrière jetée dans la bourgeoisie et chez des artistes, elle peine à trouver une place et ne dispose pas des arguments pour lutter, ni peut être même survivre dans un monde certes feutré, mais néanmoins d’une absolue violence. A la manière du lierre, elle vit où elle s’attache et, suivant un vieux diction, aime qui feint l’aimer.

Camille est en revanche une femme de tête, bourgeoise installée disposant d’un large vocabulaire, comme de la grammaire des émotions pour exprimer ce qu’elle ressent, plaisir gêne ou attentes. Elle est une image de la femme forte, mais in fine néanmoins vaincue par les hommes, ce qui chez l’auteur et suivant l’époque, ne saurait surprendre.

Quant à Duvernié, il vit sa vie d’artiste, inconséquent et léger, papillonnant,  certainement plus épris de lui-même que de tout autre.

 

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( photos : Cédric Barbereau )

 



Néanmoins, nous sommes chez Courteline, et chacun a sa part de dinguerie qui vient amodier le sérieux de tout cela. On peut se poser la question de savoir si l’innocence, présentée comme de la bêtise est exempte de clairvoyance, ou si le confort abêtit, ou rend méchant, et que faut-il penser de la franchise, des honneurs, de l’amour ? Faut-il même en penser quelque chose ?

Dans un décor plutôt stylisé, dans des costumes chics et plaisants, Henri de Vasselot réussit sa mise en scène sans répit, vivante, gaie.


La troupe de « L’envolée lyrique » donne avec générosité un spectacle épatant, drôle sans être superficiel, sérieux mais avec humour, élégant,  et son talent généreux emporte une salle ravie de pouvoir assister à une représentation de franche et salvatrice joie de vivre.

C’est au Lucernaire, toujours à l’affût de jolies productions, jusqu’au 22 janvier prochain. Il convient de s’y précipiter.



Frédéric Arnoux ©

 

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11:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/12/2016

Fille du Paradis d'après Putain de Nelly Arcan

Texte publié par les Editions du Seuil et les Editions Points

 

Adaptation et mise en scène : Ahmed MADANI

 

 

Interprétation : Véronique SACRI

 

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" Fille du Paradis " … ( ô ironie  ! ... )

Adaptation du célèbre (sic) roman de Nelly Arcan intitulé élégamment " Putain. "
Ce n'est pas tout à fait par hasard si Ahmed Madani s'est penché sur cet écrit qui peut en choquer certains. 

Loin de moi l'intention de dénoncer mais quel père ( musulman ou non ) voudrait que sa fille en arrive là ?
 
Sans justifier le port du voile islamique on peut le comprendre face à de tels exemples. Il faut alors prendre la démarche comme une résistance et non une provocation.

Mai 68 fut la meilleure et la pire des choses …
Avant, en Occident, on surveillait étroitement les adolescentes écartant de leur route tout risque de déviance ; ensuite ce ne fut plus possible, l'émancipation étant passée par là, avec ses avantages et ses inconvénients.
 
Après l'explosion émancipatrice, le libéralisme - terme pudique, " politiquement correct " pour désigner le capitalisme - avait une revanche à prendre. Etudier ( surtout au Canada, l'action se situant à Montréal et on se souvient des manifestations dénonçant l'excessif coût des études là-bas ) n'est finalement réservé qu'à une élite. Si les parents n'ont pas les moyens, on laisse tomber et à défaut de diplômes, impossible de trouver un emploi intéressant. C'est sans issue. Alors certaines se donnent les moyens  plus ou moins acceptables de continuer en dépit de tout.

Ce spectacle est par excellence clivant et au final assez sexiste puisque les hommes se mettront immanquablement à fantasmer tandis que la plupart des femmes risquent d'être submergées par le dégoût.
 
Il a fallu beaucoup de courage à Véronique Sacri pour prendre ce texte à bras-le-corps et force est de constater que ses efforts auront été récompensés si j'en juge par les réactions du public. Quelques minutes avant que la représentation commence, une spectatrice enthousiaste déclarait être là pour la troisième fois ! ...

Pour ma part je formulerai un seul regret, puisque Cynthia est une escort-girl canadienne entendre l'accent québécois aurait sans doute apporté une touche ludique à des situations " hard " au possible et ce faisant aurait permis sinon d'éraser la crudité du propos mais de fournir un supplément d'humour " en ce monde de brutes."

Délibérément, auteur, adaptateur et interprète ont fait le choix inverse, celui de la clarté absolue et assument parfaitement la mission qu'ils se sont fixée.




Simone Alexandre

 

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15:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent