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10/09/2018

Le Roi Arthur de Jean-Philippe Bêche

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Théâtre de l'Epée de Bois

 

Cartoucherie de Vincennes

 

Route du Champ de Manoeuvre

 

75012 PARIS

 

 

(M° Château de Vincennes)

 

LOC. 01 48 08 39 74

 

https://www.epeedebois.com/

 

PROLONGATION jusqu'au : 14 OCTOBRE 2018

 

Jeudi et vendredi à 20h30

Samedi à 16h & 20h30

Dimanche à 16h

 

Ecriture et mise en scène : Jean-Philippe BECHE

 

avec : Antoine BOBBERA, Lucas GONZALEZ,

Jean-Philippe BECHE, Jérôme KEEN, Erwan ZAMOR,

Marianne GIRAUD-MARTINEZ, Marie-Hélène VIAU,

Morgane CABOT, Franck MONSIGNY, Fabian WOLFROM

 

et Aidje TAFIAL aux percussions.

 

 

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Le projet était ambitieux - faire revivre un Moyen Age mû par ce flamboyant code de l'honneur guerrier, essence même de la mythologie celtique - avoir l'idée de ressusciter cette atmosphère à l'époque du Brexit relevait de la gageure pure et simple ! ...

Tel Alexandre, Arthur cherche à réunir les peuples sous une même couronne.


La légende dorée des Dieux et des Héros antiques trouve en quelque sorte son prolongement autour de cette Table Ronde à laquelle les plus braves d'entre les braves siègent pour bâtir un nouveau monde à grand renfort d'exploits.

En parallèle à l'idéal guerrier, s'adjoint l'amour courtois que tout homme de noble extraction doit à sa dame.

Chrétien de Troyes au service de la fille d'Eléonore d'Aquitaine, la comtesse Marie de Champagne sera précisément le créateur du roman courtois sur la demande expresse de celle-ci.

" Dès que Madame de Champagne
" Veut que je fasse ce roman
" L'entreprendrai incontinent."

Au préalable, la Chanson de Geste célébrait Dieu et l'Empereur ( Chanson de Roland ) tandis que cette fois, l'Amour sans égal est inclus à l'action.

Ainsi Lancelot dit le Chevalier à la Charrette a volé au secours de la reine, n'hésitant pas ( ou fort peu ) à se hisser sur cet infamant véhicule tandis que Gauvin a suivi, certes mais à cheval ; Lancelot symbolisant l'entière soumission à l'élue de son coeur, ce qu'il prouvera à moult reprises.

Certes quelques difficultés naîtront ensuite, Guenièvre étant l'épouse d'Arthur …

Le Moyen-Age est l'époque des Croisades, ne l'oublions pas, Perceval quant à lui se lancera dans la quête du St-Graal.

Nous allons donc assister aux péripéties vécues par tous ces preux avec au centre de l'action le fabuleux Enchanteur,

( Merlin bien sûr ) qui ici prend la place que tenait le coryphée dans les tragédies antiques mais pas seulement car il peut aussi être ou avoir été le Deus ex machina à l'origine des drames, voire des tragédies.

L'action ultra rapide est menée de main de maître, les combats ( superbes ) parfaitement réglés. Sur le plan de la précision du jeu, j'aimerais décerner une double " mention spéciale " à Marie-Hélène Viau qui est la fée Morgane ainsi qu'à Fabian Wolfrom lequel s'acquitte avec brio d'un rôle pour le moins ingrat puisqu'il s'agit du personnage de Mordred, fils et assassin d'Arthur.

Les percussions d'Aidje Tafial illustrent le climat guerrier.

Jean Philippe Bêche auteur, comédien et metteur en scène s'est inspiré de Chrétien de Troyes mais a étendu son étude approfondie de l'époque en se référant aux écrits de Jean Markale sans oublier le magnifique livre de Barjavel intitulé l'Enchanteur qui sortit à peu près dans le même temps que le film de John Boorman : Excalibur.

Retrouver cette atmosphère à la scène en exaltera plus d'un !
Aussi, ne manquez pas ce rendez-vous.




Simone Alexandre

 

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15:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/09/2018

La ménagerie de verre de Tennessee Williams

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THEATRE DE POCHE

MONTPARNASSE

 

75 boulevard du Montparnasse

 

 

75006 PARIS

 

(M° Montparnasse)

 

LOC. 01 45 44 50 21

 

Pl. de 10 à 35€

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

du mardi au samedi à 21h

 

dimanche à 17h30

 

 

Traduction : Isabelle FAMCHON

 

Mise en scène : Charlotte RONDELEZ

 

 avec : Cristiana REALI, Ophélia KOLB, Charles TEMPLON et Félix BEAUPERIN

 

 

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Cette pièce constitua le premier grand succès de Tennessee Williams dès sa sortie, en 1944, d'autres non moins prestigieuses allaient suivre mais sans doute est-ce la plus autobiographique de toutes.

Tom ( Charles Templon ) se souvient … non sans remords, lui qui va suivre l'exemple du père alors qu'il restait seul responsable de ces deux femmes, lesquelles symbolisaient l'impasse dans laquelle il se trouvait.

L'action relativement mince se déroule en un huis-clos familial les études de caractères en constituant tout l'intérêt. Nous sommes à Saint-Louis dans le Missouri durant les années 30.
 
Trois membres d'une même famille vivent ensemble,

- la mère : Amanda ( superbe Cristiana Réali ! ) tout à la fois nostalgique mais débordant d'énergie,

- la fille : Laura ( Ophélia Kol ) laquelle souffre d'une légère infirmité dont l'importance est plus morale que physique.
Cette jeune fille complexée au possible a pour seul intérêt ces petits animaux en verre soufflé qu'elle collectionne amoureusement.

- enfin, le fils devenu bien malgré lui, soutien de famille après le départ du père.

 

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Un quatrième personnage venu de l'extérieur fera son apparition, il s'agit de Jim, ancien camarade de lycée de Tom et de Laura lequel va - un temps - tomber dans le piège qu'Amanda avait ourdi, elle que les événements dépassent constamment, le trio familial ayant une commune caractéristique, celle de se sentir frustré par la réalité.

Tom qui a dû accepter un travail purement alimentaire écrit des textes poétiques depuis toujours ce qui lui valut le surnom de Shakespeare du temps où lui et Jim étaient au lycée. La nécessité plus que le hasard a voulu qu'ils travaillent ensemble dans cet entrepôt en espérant des jours meilleurs …

Quand Jim comprendra dans quel traquenard il vient de tomber, il ne pensera plus qu'à fuir ce que fera Tom peu de temps après comme si l'aspiration masculine était le départ vers d'autres horizons tandis que les femmes, elles - ne peuvent que subir et assumer en restant sur place.

Si les études de caractères sont puissantes il y a malgré tout beaucoup de non-dits.  Tom passe t'il réellement ses soirées au cinéma où il prétend aller chaque soir pour rentrer au petit matin ? Il semble que sa mère ait des doutes …

En fait, chaque personnage vit sa solitude en restant secret vis-à-vis des autres.

Laura quant à elle, passe ses journées à traîner çà et là puisqu'après un incident elle n'ose plus se présenter au cours de dactylographie. Amanda est la seule à s'exprimer en déversant des flots de paroles de façon répétitive.

 

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( photos : Pascal GELY )



Tennessee Williams nous laisse imaginer ce qui adviendra une fois que les deux femmes se retrouveront définitivement seules.

La mise en scène de Charlotte Rondelez est vive, le décor que l'on doit à Jean-Michel Adam est agréable à voir et nous ne saurions lui faire reproche de s'être éloigné des didascalies.

La musique intervient à point nommé tandis que des surtitres surgissent pour apporter une touche d'humour aux moments les plus dramatiques.

Grâce à eux tous, la pièce n'a pas pris une ride et nous passons là un excellent moment.




Simone Alexandre

 

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14:56 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/09/2018

Tendresse à quai de Henri Courseaux

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STUDIO HEBERTOT

 

78 bis, boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

 

(M° Villiers / Rome)

 

LOC. 01 42 93 13 04

 

Pl. de 10 à 28€

 

https://www.studiohebertot.com/

 

du mercredi au samedi à 21h

 

le dimanche à 14h30

 

jusqu'au : 18 NOVEMBRE 2018

 

Mise en scène : Stéphane COTTIN

 

avec Henri COURSEAUX & Marie FREMONT

 

 

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Par quels inextricables méandres l'écriture passe t'elle non pas parfois mais le plus souvent ? …

Un vieil homme, qui a su préserver une incroyable jeunesse ( on le découvrira plus tard ) attend son train dans la salle d'attente d'une gare, tout en scrutant l'attitude d'une trentenaire qui elle aussi attend à quelques pas de lui.

 

Comme le hasard fait parfois bien les choses, ils voyageront peut-être de concert ? ... ( se met à espérer notre homme.) Pour l'heure, il l'a détaille, tente de la définir, imagine ce que peut être la vie de la dame en question tout en se gardant scrupuleusement de l'aborder.
 
L'objet de cette brève rencontre prendra le train qui précède celui que notre homme attend non sans avoir rejoint au préalable un beau slave ( ses hautes pommettes en témoignent ) " aux grands yeux sémaphoriques, bleus ! "

La déception à défaut du dépit amoureux trouve parfois refuge dans le lyrisme : on se console comme on peut.  

L'histoire de cette " vision fugitive " aurait bien pu s'arrêter là et la pièce ne pas s'écrire ce qui eut été dommage.

Aussi découvrons la jeune personne en question.

Elle se découvrira d'elle même puisque nous ne tarderons pas à la retrouver en petite tenue résumant incroyablement ce qui vient de se passer et bien décidée à retrouver l'homme qu'elle semblait ne pas avoir remarqué.

Précisons au passage que jadis on se confessait à un curé, maintenant on s'adresse à facebook avec toutes les conséquences qui en découlent.
 
Madeleine c'est du moins ainsi que l'a baptisée notre ex-prix Goncourt … Je dis " ex " car depuis, il n'a plus écrit faisant ainsi d'un seul ouvrage l'apogée et le point final de son oeuvre. Force est de constater que Léon Brémont est désormais un auteur en panne d'imagination ce, depuis au moins dix ans.

Des idées certes, il en a et pas seulement sur les quais de gare mais hélas, il ne termine plus ses livres qui restent à l'état de tentatives d'écriture …

Madeleine ( de son vrai nom Colette Clairon) va donc un jour débarquer chez notre auteur " sans tambour ni trompette " au grand étonnement du monsieur en question.
Comment est-ce possible ? Là, il serait carrément criminel de vous le préciser.

Tendresse à quai 2 ©Léonard.jpgSachez seulement que cette pièce est riche en rebondissements tous plus inattendus les uns que les autres, que l'humour, la poésie et l'onirisme se sont alliés pour satisfaire notre curiosité puisque très habilement Henri Courseaux nous amène à nous poser des questions du début jusqu'à la fin - surprenante certes, mais explicable ( après coup ) - ô combien !

L'auteur réel et son personnage est un interprète à l'indéniable présence scénique ( ça nous le savions déjà ) incroyablement primesautier, bref à l'inépuisable fantaisie en face duquel Marie Frémont fait preuve d'une belle énergie.

Il existe peu de représentations qui captent à ce point l'attention du public et avec une efficacité telle que c'est un régal pour nos neurones émoustillés ...




Simone Alexandre

 

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15:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent