Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/03/2011

Le coeur des enfants léopards - Création 2011. Congo (Brazzaville) -

enfant-leop..jpg

LE TARMAC de la Villette

Parc de La Villette
211 av. Jean Jaurès

75019 PARIS

(M° Pte de Pantin)

loc. 01 40 03 93 95

Pl. 16€ - T.R. 12€

A 20h du mardi au vendredi,

à 16h. le samedi -

jusqu'au : 19 MARS 2011

d'après le roman de Wilfried N'SONDE (Actes-Sud, Collection Afriques, 2007)

adaptation Dieudonné NIANGOUNA et Criss NIANGOUNA

mise en scène : Dieudonné NIANGOUNA

interprétation : Criss NIANGOUNA.

 

Le spectacle commence de façon atypique (à découvrir) - puis le comédien arrive, sa cage miniature sous le bras comme pour nous signifier que tout être différent porte en permanence sa prison avec lui.
La meilleure défense étant l'attaque, il va interpeller quelques spectateurs,
- " T'es français ? ... de quelle France ? " ... la salle rit alors d'un petit rire tout à la fois gêné et libérateur car nous ne sommes pas à un paradoxe près.
Enfant, ce français d'origine africaine amusait la boulangère qui trouvait ce petit, mignon avec ses cheveux tout frisés. Elle ne l'a identifié dans le rejet qu'un peu plus tard. Brusquement, ce grand homme à la peau sombre a représenté pour elle le danger. Elle ne le reconnaissait plus. Lui se sentait noir dehors mais blanc dedans, en complet décrochage et pour tout dire, incompris !
Un soir d'ivresse parce que celle qu'il aimait l'a quitté, il se retrouvera en garde à vue, harcelé de questions, rudoyé par ces porteurs d'uniforme à l'esprit formaté.
Alors les images vont surgir, il va nous raconter en la revivant sa vie actuelle depuis qu'il n'entend plus l'invisible comme ses ancêtres au coeur léopard ...
Le jeu du comédien est très physique. Pour parler vulgairement, il mouille la chemise au physique comme au figuré. Cette histoire individuelle est - nous ne le savons que trop - celle de nombreux déracinés. Ajoutez à cela une rupture amoureuse, la perte d'un ami, toutes les conditions sont alors requises pour que l'explosion ait lieu. (dans sa tête, dans sa vie qui n'abrite plus que frustration et rage.) Ce monologue tiré du roman de Wilfried N'Sondé devrait en amener plus d'un à réfléchir sur le sort de ceux que nous croisons chaque jour sans chercher à les connaître, nos frères en humanité que le sort a jeté en un monde déshumanisé.

La pièce se joue au Tarmac jusqu'au 19 mars 2011 puis les 31 mars, 1er et 2 avril 2011 à l'Espace 1789 (Saint-Ouen).

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com 

coeur-leopard.jpg

Photo : Eric Legrand

11:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/03/2011

Le truc de Vanessa Mikowski et Natacha Achor

THEATRE du MARAIS

37, rue Volta

75003 PARIS

(M° Arts et Métiers)

loc. 01 45 44 88 42

Pl. 18€ - T.R. 12€

Jeudi, vendredi, samedi à 21h.15

jusqu'au : 22 avril 2011

Mise en scène : Vanessa Mikowski
assistée de Joanna Espinosa

avec Aurélia Crebessegues (Amanda)

et Emilie Glémet (Victoire)

 

le-truc.jpg

 

Rythme de boîte à musique. Une fille est assise par terre, bras enserrant ses genoux, un réveil posé devant elle, à ses pieds. Tricherie avec l'heure ...
Arrivée intempestive d'une voisine (du moins se présente t-elle ainsi) venue emprunter un tire-bouchon.
Victoire -  c'est le nom de l'occupante des lieux - n'a pas envie de répondre et " la fourmi n'est pas prêteuse " mais finalement, cédera à la sollicitation.
Deux ans qu'elle se terre là, deux ans qu'elle imagine ce qu'elle pourrait faire de ses soirées et ... ne sort pas. Alors quelqu'un qui s'incruste et vient mettre la pagaille, c'est toujours bon à prendre !  Ces deux là se ressemblent comme le jour et la nuit. La nouvelle arrivée raconte une histoire à dormir debout avec de toute évidence, la ferme intention de faire sa pelote ici : un peu à la façon d'un chat qui se faufile dans une maison qui n'est pas la sienne mais va le devenir.
Qui est-elle ? D'où vient-elle ? Mystère. Elle prétendra habiter l'immeuble et fuir un dénommé Francky mais c'est visiblement faux. Juste un prétexte destiné à se procurer un endroit pour la nuit, un lit où dormir et pourquoi pas, quelques billets à dénicher au fond de l'une de ces multiples boîtes qui se trouvent sur l'étagère ... Ange ou démon ? Va savoir ! Cette pièce écrite par deux filles, jouée par deux filles contient on le devine, une part autobiographique mais également aussi un tas de non-dits. Bref, le résultat est un peu brouillon. Moins sulfureuse que Les Bonnes de Jean Genet, la filiation en est cependant revendiquée.
Le caractère de Victoire est brossé avec soin mais celui de la pseudo Amanda, reste flou en dépit d'une extraversion affichée. Quand la pièce se termine, la spectatrice que je suis cherche toujours " le truc. " ... Il faut juste espérer que certains plus finauds que moi l'auront trouvé.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com 

 

letruc-2.jpg

 

 

22:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Frères du bled de Christophe Botti

aff.freres-bled.jpg

VINGTIEME THEATRE

7, rue des Plâtrières

75020 PARIS

(M° Ménilmontant)

loc. 01 43 66 01 13

Pl. 24€ - séniors : 19€
Etud. 12€

Du mercredi au samedi à 21h.30

Dimanche à 17h.30

jusqu'au : 24 avril 2011


Mise en scène : Thierry HARCOURT

avec : Gabrielle LAZURE, Manuel BLANC,

Robin CAUSSE, Déborah GRALL, Issame CHAYLE.

 

freresdubled.jpg

 

L' Algérie, cette plaie ouverte dans la mémoire des hommes ...
La métropole avait tellement bonne conscience qu'elle refusait de prononcer le mot : guerre, lui substituant celui d'événements. 
Les opinions furent à l'époque divisées que l'on ait ou non des liens là-bas.
Au sein d'une même famille certains se déclaraient en faveur de l'Algérie française tandis que d'autres dénonçaient (enfin) la colonisation.
De plus impliqués, constataient douloureusement la dualité de leurs attaches ... Thierry Harcourt qui signe tout à la fois la mise en scène et la scénographie a fait choix de sobriété. En place, quelques caisses comme si tous venaient récemment de s'installer ou bien se trouvaient en partance ... Nous ne tarderons pas à comprendre pourquoi en découvrant tout d'abord les jumeaux, Jasmine et François, choix hybride de prénoms, lourd de signification.
La jeune fille est nerveuse, combative et le jeune homme un tantinet amer.
Très rapidement nous comprendrons qu'il est jaloux de l'autre frère absent avec lequel sa jumelle partage des secrets auxquels il n'a pas accès.
C'est le jour des morts et un grand portrait du père disparu figure en bonne place, quasi omniprésent. La mère va les rejoindre, personnage raide et froid puis celui qui manquait à l'appel arrive enfin : Djalil qui pour la circonstance, a revêtu l'uniforme du défunt ... Il n'est pas arrivé les mains vides car il rapporte de l'autre côté de la Méditerranée, un document destiné à révéler tous les non-dits qui vont grâce à lui se libérer. En un cercle magique tracé sur le sol, le passé va resurgir, livrer ses secrets. Les comédiens interpréteront tour à tour et de façon plus ou moins évidente, tous ces absents afin de leur donner vie jusqu'à ce que la vérité soit faite. L'auteur nous gratifiera d'une petite facétie de dernière minute mais je vous laisse (entre autres) découvrir cette ironie du sort.
Quant au jeu, le trio de jeunes comédiens Robin Causse, Déborah Grall et Issame Chayle m'a semblé faire preuve d'une implication plus grande que leurs aînés. En effet, si Manuel Blanc est égal à lui-même, Gabrielle Lazure fait ici figure de silhouette statique et son personnage manque quelque peu de consistance.  D'évidence, ce rôle n'était pas fait pour elle ou peut-être est elle plus à l'aise face aux caméras que sur un plateau de théâtre ?
Le texte en revanche est à découvrir.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

freresdubled-2.jpg

(photos : Bruno Perroud)

19:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent