Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/05/2008

Le plus heureux des trois de Eugène Labiche.

THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard

75005 PARIS

(M° Place Monge)

Loc. 01 43 31 11 99

Pl. 22€, TR : 15€

Du mercredi au vendredi à 20h.30

Samedi à 17h. & 21h.

Dimanche à 15h.

Du 14 mai au 28 juin 2008. 

1036328199.jpg

Mise en scène : David Friszman.

avec Aurélie Bargème, Emma Darmon, Frédéric d'Elia, Salvatore Ingoglia, Arnaud Maudeux, Delphine Rivière, Cédric Tuffier. 

Costumes, décor et lumières : Mattéo Porcus

Son et adaptations musicales : Jean-Christophe Dumoitier 

 

Nous découvrons un décor d'une kitcherie pour le moins étonnante : tentures vert turquoise et canapé saumon à la forme évocatrice ...
Si l'on ne savait déjà que Labiche est l'auteur, on pourrait supposer que l'on va découvrir l'adaptation d'un roman paru dans la collection Harlequin.
Au mur, une tête de cervidé femelle (histoire de doser l'allusion, sans doute ?) Nous constaterons plus tard que c'est la face visible d'un iceberg qui a pour nom boite-à-lettres, d'autant qu'iceberg, c'est vite dit, même si certains messages vont en refroidir certains.
Les costumes aussi sont bariolés et la soubrette Pétunia (Emma Darmon) arbore une coiffure en feu d'artifice ! Le mari, Marjavel (Salvatore Ingoglia) a décidément la tête de l'emploi et s'impatiente parce que Ernest, son meilleur ami (Frédéric d'Elia) mais surtout celui de sa femme Hermance (Aurélie Bargème) est en retard.
" Ah ! combien perfides sont les femmes " entonneront ils lors de l'un de ces intermèdes musicaux dont l'anachronisme le dispute parfois au grivois du contenu.
 En fait, Marjavel est un veuf remarié comme l'atteste le double portrait pivotant, côté cour.
Chez les bourgeois de Labiche les allées et venues sont fréquentes et les remplacements constants, sinon on s'ennuierait  et c'est ici formellement interdit !
Madame a un amant mais son mari est volage et la nouvelle domestique Lisbeth (Delphine Rivière) lui a tapé dans l'oeil, comme on dit. L'époux de cette dernière, le  roué Krampach (Arnaud Maudeux) est aux prises avec un hanneton venu se loger dans sa culotte à pont.
L'ancien amant de la première maîtresse de céans Jobelin (Cédric Tuffier) est inconsolable et pour parfaire le tout, les conducteurs de fiacre s'adonnent au chantage. Au moins un, en tous cas ! On ne le verra pas mais il sera souvent question de lui.
Sachez que Delphine Rivière est également la jeune et jolie Berthe amoureuse de l'amant de madame. Que de complications allez vous dire ? Eh ! oui, nous sommes venus pour cela, non ? Ce que beaucoup n'osent faire dans la vie est contemplé au théâtre en une salutaire compensation. Or, le climat est joyeux, les situations savoureusement scabreuses et pour assumer, ça, les comédiens assument !
Voilà par conséquent une bien belle soirée en perspective ...

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

  

10:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/05/2008

Ne disons pas au jour les secrets de la nuit

THEATRE de NESLE

8, rue de Nesle

75006 PARIS

(M° Odéon)

Loc. 01 46 34 61 04

Pl. 20€ TR : 15/12€ 

Du mercredi au samedi à 21h. (sauf le 21 juin) 

Du 14 mai au 28 juin 2008. 

826963699.jpg

Adaptation de Dominique MARNY et Jean-Paul GOUREVITCH d'après leur roman publié aux Presses de la Renaissance.

Mise en scène et décor : Jean-Pierre NORTEL

avec Marion DUBOS (Claire) et Olivier GALFIONE (Serge) 

Une maison située à proximité de la mer dont on perçoit le bruit des vagues.
Le vent souffle en tempête et précisément une radio locale recommande la prudence.  Un appel téléphonique annonce à Claire l'arrivée d' un visiteur censé lui apporter un message urgent. Elle avait pourtant prévu de rester seule mais son interlocuteur insiste. Brusque coupure d'électricité ! Apparemment aucune bougie ni allumettes, elle restera donc dans le noir et peu à peu, bercée par le vent, ne tardera pas à s'assoupir.
Coups redoublés à la porte ! Un grand gaillard fait son apparition. Comment le laisser dehors par un temps pareil et puis sa visite n'était-elle pas annoncée ?
Or il y a maldonne, ce visiteur n'étant pas celui qui était attendu et voilà qu'elle l'a accueilli avec un surcroît d'amabilité, lui offrant même à boire ! ...
Quand elle réalise la situation, vague angoisse, vite dissipée alcool aidant.
 Il n'y a plus de chauffage, ils sont coincés là, tous les deux, rien à manger et dehors, la tempête fait rage.
Nos deux interlocuteurs apprennent à se connaître, les confidences feront le reste. Le trouble peu à peu, s'installe ...
Petit jeu du chat et de la souris qui durera la nuit durant.
Seul reproche mais dois-je l'adresser aux comédiens ou à moi car je suis sans nul doute allée voir la pièce un peu trop tôt ? (la seconde représentation est généralement évitée par les professionnels).
L'éclairage ne laissait pas supposer que les personnages n'y voyaient goutte, ce qui enlevait un peu de crédibilité à la situation. La mer est brusquement devenue silencieuse, le vent ne s'est plus fait entendre rendant aléatoire la présence prolongée du visiteur en ces lieux.
Je chipote allez-vous dire ? Sans doute, mais dans un huis-clos le plus petit détail a de l'importance.
Nos deux tourtereaux d'une nuit vont additionner vin rouge et vodka et si l'on peut concevoir qu'un homme en pleine force de l'âge tienne le coup, on se serait attendu à ce que sa compagne ait en revanche une élocution quelque peu pâteuse or il n'en fut rien.
Une maladresse, il se coupe et sans chercher (n'oublions pas que nous sommes dans le noir), elle trouve aussitôt le pansement !
(Il est vrai qu'elle est fleuriste et que les roses piquent comme chacun sait alors tel le compositeur qui peuple de partitions son appartement, parsème t-elle, peut-être, le lieu de petits bouts de sparadrap ?) 
Tous ces petits détails ont la fâcheuse tendance à rendre la situation improbable. Mais ne doutons pas que le metteur en scène va " resserrer les boulons " - comme on dit - et que dans quelques jours, il n'y paraîtra plus.
Ils sont jeunes, beaux l'un et l'autre, le spectateur peut donc aisément se projeter dans cet épisode romanesque au possible, par conséquent lorsque la pièce aura trouvé son rythme de croisière, ne doutons pas que beaucoup seront ravis de partager ces instants avec eux.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

22:43 Publié dans THEATRE | Lien permanent

15/05/2008

Homo-Sexualité de Jean-Luc Jeener

Théâtre du Nord-Ouest

13, rue du Faubourg Montmartre

75009 Paris

Métro : Grands Boulevards

Loc. 01 47 70 32 75 

1246197705.jpg

Mise en scène : Aurore LY

lumières : Benoît Dugas 

avec Raphaël Cohen, (Pierre) - Renaud Marx, (Julien) - Jean-Claude Sachet (Paul, l'archevêque)  

Prochaines représentations,

MAI : dimanche 18 (17h) - jeudi 22 (19h). - jeudi 29 (19h) 

JUIN : dimanche 1er (17h) - mercredi 4 (20h.45) - samedi 7 (14h.30) - mercredi 11 : 20h.45 - dimanche 15 (14h.30) 

 

Condamnés au célibat, pourquoi les prêtres seraient ils les seuls à échapper à l'homosexualité ? Après tout, ce sont des êtres humains, faits de chair et de sang comme les autres - absolument ! Puisqu'on leur interdit le commerce des femmes, il était prévisible que certains d'entre eux choisissent leurs semblables.
Julien et Pierre vivent ensemble depuis quelques temps sans faire de vagues.
Le premier est journaliste et le second ( comme vous l'avez compris ) est un jeune prêtre soumis au contrôle de sa hiérarchie.
Un jour, bêtement, en faisant son marché (comme il est dit dans le texte : " ces gens là mangent aussi " ! ) Pierre va croiser son archevêque lequel va s'inviter à une petite visite qui ne peut être fortuite ...
Angoisse du couple. Eh, oui ! on ne badine pas avec l'amour à l'ombre de la croix.
Redoutable personnage que cet ecclésiastique venu remettre à jour les devoirs impérieux de ce jeune prêtre pourtant si efficace.
Jean-Claude Sachot fournit au personnage de l'évêque une puissance quasi jupitérienne. Il tonne, conspue, morigène après avoir joué la carte de la franchise.
Autant Pierre (Raphaël Cohen) est éperdu dans sa sincérité doublement amoureuse qui fait cohabiter Dieu et cet autre, bien réel qui vit à ses côtés, autant Julien tout aussi sincère résume à lui seul le libre penseur qui a mûrement réfléchi au problème ...
Jean-Luc Jeener nous propose ici une pièce remarquablement aboutie où chaque argument est solidement évoqué. La règle des trois unités étant ici respectée, Aurore Ly en sa qualité de metteur-en-scène a investi les comédiens d'un comportement absolument logique (sinon naturel vu les circonstances ...) en ce lieu familier où seul le visiteur adopte le comportement d'un lion en cage.
Julien nous gratifie d'un court intermède musical agréable au possible et l'on comprend que son compagnon ait succombé au charme de cet autre tout à la fois semblable et complémentaire.
Quant à l'issue finale, très habilement, l'auteur nous laisse deviner ce qui adviendra ensuite. Le sujet en regard de cette institution qui se nomme l' Eglise était scabreux mais Jean-Luc Jeener l'aborde avec lucidité et intelligence. Voilà un homme croyant notoire qui n'est pas sectaire ... respect !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:26 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/05/2008

Pantagleize de Michel de Ghelderode

THEATRE ANTOINE VITEZ

1, rue Simon Dereure

94200 IVRY-sur-SEINE

(Métro : Mairie d' Ivry)

Loc. 01 43 90 11 11

www.theatre-quartiers-ivry.com

Pl. 19€ - TR 12/9€ 

mardi, mercredi, vendredi & samedi à 20h.

jeudi à 19h. & dimanche à 16h.

134064939.jpg

Mise en scène : Philippe Awat.

avec Sandrine Bounhoure, Anne Buffet, Jean-Marc Charrier, Gora Diakhaté, Jean-Charles Delaume, Florent Guyot, Bruno Paviot, Magali Pouget, Lionel Robert. 

 

Nuit de pleine lune. Nous assistons d'emblée à une exécution qui paraîtrait burlesque si elle n'était forcément dramatique. Métaphysiquement, la lune se mue en pendule, affichant 6 heures, l'heure des braves mais aussi celle des anti-héros, celle des galériens de la vie. Pourtant celui-là n'a rien d'un " damné de la terre " puisqu'il fait profession de philosophe et a même un domestique noir à son service. Seulement voilà, notre homme a 40 ans, l'âge de tous les bilans et se trouve en proie à un problème existentiel.
Qu'a t-il fait exactement jusque-là ? La réponse est presque toujours douloureuse et il se demande tout simplement s'il n'est pas en train de basculer dans la catégorie des ratés. O misère ! Mais non, Pantagleize puisque tel est son nom reste un impénitent optimiste aussi tout naturellement, la phrase qui va lui venir à l'esprit est " Quelle belle journée aujourd'hui, n'est-ce-pas ? " D'ailleurs ce jour n'est pas un jour comme les autres puisqu'il correspond à celui d'une éclipse solaire. Le destin est par conséquent au rendez-vous. Les esprits sont surchauffés du reste et une révolution se profile à l'horizon.
La trajectoire de ce nouveau Candide va croiser la route d'une passionnaria dont il tombera immédiatement amoureux, bien sûr, et là, les péripéties vont s'enchaîner à une allure folle.
Michel de Ghelderode flirte avec le conte philosophique et avec le burlesque tout à la fois. Au rythme effréné de l'action, répondent les transformations habiles du décor. Les comédiens affichent une cohésion de troupe, chacun jouant excellemment sa partition. Gora Diakhaté dans le rôle de Bam-Boulah est d'une drôlerie à toute épreuve, Bruno Paviot (Pantagleize) se révèle attachant au possible et Magali Pouget excelle dans ses compositions de chef de bureau militaire puis d'avocate. La pièce se lit à différents niveaux, ce qui permettra à tous de se déclarer satisfaits.
Un excellent moment de théâtre à ne pas manquer.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:37 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Les ZOLA de Joelle Fossier

THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg. Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

Tél. 01 47 70 32 75 (de 13 à 19h)

Places : 20 & 13€

Représentations exceptionnelles,

8 & 9 mai à 20h.45 / 17 & 23 mai à 17h. / 8 juin à 14h.30 & 19h. /10 juin : 20h.45 / 12 juin : 16h.30 / 14 juin à 14h.30 

2097750053.jpg

Texte et mise en scène : JOELLE FOSSIER

avec : Céline MONSARRAT et Michel PAPINESCHI. 

 

Le couple rentre d'une sortie nocturne. Ils sont gais l'un et l'autre. Zola est tout à l'enthousiasme de son " J'accuse " et Alexandrine son épouse soutient sans réserves sa lutte.
Cette soirée n' a encore rien d'exceptionnel. Ils savent qu'ils peuvent compter l'un sur l'autre et une tendre complicité les unit plus sûrement que les liens du mariage.  On peut presque dire qu'ils ont le sentiment d' être seuls face à tous et que cette constatation leur plaît bien.
Que fait un couple quand il est seul ? ... Il parle des autres, bien entendu et ces deux là n'échappent pas à la règle. Une partie de dominos sera prétexte à une brève querelle mais n'est-ce pas ce qui pimente la vie en commun ? Bientôt, tout rentrera dans l'ordre, Emile écrira et Alexandrine reprendra son travail de couture. Le dieu des ménages s'assoupit en toute quiétude jusqu'à l'ouverture d'une lettre. A partir de ce moment là, tout va basculer.Il serait criminel de vous raconter la suite. Michel Papineschi est un Zola crédible au possible et son jeu d'une justesse à toute épreuve. Céline Monsarrat est attachante et se garde bien de sombrer dans le mélo qu'une telle situation aurait pu déclencher. Bref, ils sont parfaits l'un et l'autre. La mise en scène justement dosée nous fait pénétrer chez ce couple dont nous partageons un temps, l'existence et jamais Zola ne nous a paru aussi proche. Puisque 2008 correspond au centenaire du transfert des cendres du grand homme au Panthéon, aller voir cette pièce est le plus grand hommage que nous pouvons lui rendre.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

15:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent