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30/04/2012

La guerre n'a pas un visage de femme d'après le récit de Svetlana Alexievitch


laguerrebleue.jpgTHEATRE GUICHET MONTPARNASSE

15, rue du Maine

75014 PARIS


(M° Montparnasse, Edgar Quinet, Gaité)


Réservations : 01 43 27 88 61


Chaque mercredi & vendredi à 19 h.



jusqu'au : 15 Juin 2012


Texte librement adapté, mis en scène et interprété par Cécile CANAL



Aide à la direction d'acteur, Patrick FORIAN


" La guerre n'a pas un visage de femme "

Edition originale, Presse de la Renaissance 2004, J'ai lu : 2005


 

Au début, une voix off commente en russe.

Ceux qui ne comprennent pas ( j'imagine que nous sommes nombreux ) se laissent porter par la musicalité de la langue. C'était l'époque des engagés volontaires. Certains étaient encore des enfants et trichaient sur leur âge afin d'être acceptés. Il est vrai que les circonstances faisaient que leurs interlocuteurs n'étaient pas trop regardants. il y eut des femmes ou plutôt des adolescentes dans le nombre. " A la guerre comme à la guerre " a t-on coutume de dire ... 

La comédienne est seule en scène, et n'a pour l'accompagner que ces voix off ou ces bruitages venant ponctuer son récit fait de témoignages car elle sera une enfant jetée dans la tempête, déguisée en homme par commodité, sans nul souci d'élégance bien sûr et apprendra la vie en contemplant la mort. 

A 16 ans, son personnage connaîtra la peur, la faim et le froid dans ce combat que les russes envahis menèrent contre ceux que l'on désignait en Europe sous le terme de boches. Nos grands-parents n'ont jamais employé une autre expression pour parler des allemands puisque certains ont traversé deux guerres avec cet ennemi en face. Les conflits n'étaient pas encore complètement mécanisés et la présence des chevaux quand on les connaissaient était rassurante mais parfois, il fallait en sacrifier un tout simplement pour manger. 

Au dessus, les avions et une défense antiaérienne devait alors fatalement s'organiser. Notre héroïne en fit partie. 

Cécile Canal nous décrit la Volga rouge de sang, et tout ce que l'on nomme " les horreurs de la guerre " (ce n'est pas un vain mot) 

A 500 mètres de là, les tranchées ennemies. Seule femme parmi les hommes entassés dans un gourbi de 6m2, on imagine ce que fut son existence ...

Les évocations sont ponctuées par des noirs lui permettant de modifier imperceptiblement son aspect physique mais de façon suffisamment convaincante.

Le rythme ne faiblit jamais. Certes, les personnages de vieilles femmes sont un peu caricaturaux mais nous savons que la réalité est parfois plus terrible que le théâtre et puis il y a cette démarche claudicante mais on ne sort pas intact d'une guerre et celle là fut terrible !  Nous, spectateurs ressortons du Guichet avec à l'esprit un " plus jamais ça " mais avec d'autant plus de conviction que ce serait mille fois plus terrible maintenant et on se dit que décidément, les pacifistes n'ont pas assez de pouvoir en ce monde. Donc, à voir, absolument ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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10:22 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/04/2012

Y'en a que ça emmerde qu'il y a des gens de Courbevoie ... ?

Célin1.jpgThéâtre Aire Falguière

55, rue de la Procession

75015 PARIS


(M° Volontaires ou Pasteur)


Loc. 01 56 58 02 32

Pl. 20€ - T.R. 10 à 15€


les mardi, vendredi à 21h.

dimanche à 15h.30


D'après les derniers romans et entretiens de Louis-Ferinand Céline


avec : Stanislas de la Tousche

Mise en scène : Géraud Bénech.

 

Bruits nocturnes de la forêt africaine que le Dr Destouches connaissait bien puisqu'il y séjourna à diverses reprises ... Grâce à Stanislas de la Touche (une seule mais il l'a peaufine ...) Céline est ressuscité. Le clochard sublime comme il me plaît à le surnommer est là, sous nos yeux avec ses envolées revendicatrices, ses dénonciations lyriques, aussi partisanes que dévastatrices. 

Cet anar' impénitent au comportement compulsif mais au génie indéniable refait son apparition par le biais d'une incarnation hallucinante. D'évidence, le comédien est hanté par le personnage qu'il investit corps et âme. Même apparence physique, même voix, même rythme saccadé, tantôt à peine audible et parfois tonitruant. " Je ne mens jamais, je ne triche jamais " disait-il. 

C'était hélas vrai puisque celui qui disait toujours ce qu'il pensait au mépris des conséquences était bien trop entier pour avoir toujours raison. 

Les excès, certes - ne lui faisaient pas peur, bien au contraire, il en tirait un plaisir jubilatoire et depuis Voltaire aucun écrivain n'avait à ce point aimé déranger le lecteur. Cela ne lui suffisait pas car Céline inventa littéralement un style : il faisait entrer le langage parlé en écriture mais avec une recherche qui excluait tout plagiat car Louis- Ferdinand Céline est et restera inimitable. 

Ses détracteurs s'en réjouiront bien sûr mais son oeuvre perdurera, inclassable, à jamais. Vite ! allez assister à ce moment phénoménal, du reste le soir où j'y étais la salle était pleine à craquer, preuve que le bouche à oreille n'est pas une vaine formule.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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16:17 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/04/2012

L'affaire Dussaert, de et par Jacques Mougenot

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THEATRE RANELAGH

5, rue des Vignes

75016 PARIS


(M° La Muette ou Passy)


Loc. O1 42 88 64 44


Tarifs de 10 à 25€

Du mercredi au samedi à 21h.

Dimanche à 17h.

Relâches les 9 et 24 mai

jusqu'au : 2 JUIN 2012

 

Seul en scène, Jacques Mougenot se présente à nous comme un conférencier.

Le décor se résumera à quelques projections d'oeuvres dont il veut nous parler.

Nous découvrirons de prime abord un Radeau de la Méduse pour le moins dépouillé car chaque fois, le peintre dont il est question entend nous délivrer un message dont la direction va vers une forme d'épure qui fera de lui le chef de file incontestable et unique, du mouvement vacuiste. 

Mais qui était donc Dussaert ? Le spectateur tout penaud fouille désespérément dans sa mémoire tout en regrettant vivement d'avoir éteint son smartphone qui lui permettrait d'interroger (en douce) Wikipédia.

Comment avons nous fait pour passer à côté d'une oeuvre aussi subversive ? 

Le conférencier nous consolera en précisant que la Guerre du Golfe occupait alors tous les esprits. N'importe, un tel génie ne saurait passer inaperçu !  Du reste, un ministre de la Culture ne s'y trompera pas, dommage que nous ne puissions mettre un nom sur sa perspicacité ... 

Notre curiosité sera tenue en haleine jusqu'à la fin et nous apprécierons tout au long du spectacle l'humour pince-sans-rire du narrateur. C'est habile, d'une réelle subtilité et pour une fois que l'on prend plaisir à être ignorants on trouve que décidément, cela a passé trop vite ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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- photos : arj -

15:32 Publié dans THEATRE | Lien permanent