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02/05/2011

The Island de Athol Fugard, John Kani et Winston Ntshona

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LAVOIR MODERNE PARISIEN

35, rue Léon 75018 PARIS

(M° Château Rouge)

Loc. 01 42 52 09 14

Pl. 15€ - T.R. 10€

du mardi au samedi à 21h.

jusqu'au 7 mai 2011

Traduction et adaptation : Marie-Hélène Estienne.

avec Habib Dembélé et Hassane Kassi Kouyaté

Mise en scène : Hassane Kassi Kouyaté.

 

Préserver sa liberté, son indépendance d'esprit quand tout vous opprime, faits et gens. Rechercher, retrouver ce qui permet l'envol quand on est enchaîné. C'est ce que vivent ces deux hommes. L'espace scénique est recouvert de sable afin d'évoquer cette île, prison de jour à ciel ouvert. Lors des courtes pauses, (le spectacle commence par l'une d'elles) un chant s'élève nostalgique, implorant ... " no more, my lord ! " suivront les gestes du travail, répétitifs et pénibles sous un soleil de plomb.
Le soir venu, quand exténués ils retourneront dans leur cellule, les membres rompus, alors les langues se délieront. La fuite en avant dans l'imaginaire pourra commencer, les complices s'affronter, car il faut que virilité s'exprime ! Les hommes peuvent ainsi retrouver la dignité que d'aucuns leur refusent. La liberté confisquée. Voilà 3 ans que ces deux là partagent un sort identique, qu'ils luttent pour ne pas se soumettre à l'asservissement qui leur est imposé. Ils joueront donc les coqs de combat avec des griffes émoussées juste pour garder la forme et puis il y a ce projet de pièce dont la représentation approche, cet oubli de soi nécessaire pour que le miracle puisse avoir lieu. L'un est grand et fort, l'autre plus petit et malin ils vont donc s'affronter avec les moyens que la nature a mis à disposition de chacun mais après des refus, des remises en question, ils accepteront de regarder ensemble dans la même direction afin que le projet puisse prendre forme et l'espoir renaître de façon éphémère certes mais le temps d'une grande bouffée d'oxygène. Les deux comédiens s'impliquent complètement et pour tout dire sont formidables. Sans l'ombre d'une hésitation, allez y !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

10:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent

27/04/2011

Les lois de la gravité de Jean Teulé

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LA MANUFACTURE des ABBESSES

7, rue Véron - 75018 PARIS

(M° Abbesses ou Blanche)

loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ - T.R. 13€

les vendredi & samedi à 21h

dimanche à 17h

d'après le roman de Jean Teulé,

Adaptation : Marc Brunet

Mise en scène : Elizabeth Sender

avec Marc Brunet, Christian Neupont, Hélène Vauquois.

 

Le commissaire est bon enfant, disait-on à une époque. Ici, cet officier de police est carrément surréaliste ! Vous connaissez beaucoup de policiers qui refusent d'incarcérer quelqu'un venu se livrer ? C'est pourtant ce à quoi nous allons assister. Duel entre le devoir et les états d'âme ...
Une femme arrive un soir dans ce commissariat pour s'accuser du meurtre de son mari commis dix ans au préalable et vient se constituter prisonnière quelques heures avant la prescription légale. Comment vivre en paix avec le sentiment de remords ? Toute la question est là. D'autant que depuis quelques temps ses garnements de rejetons qu'elle n'a voulu que protéger, tapissent l'appartement de photos du père malencontreusement passé de vie à trépas via la fenêtre. La situation est devenue insupportable et la coupable est là pour payer. Or le commissaire ne l'entend pas de cette oreille et va tout faire pour l'en dissuader. Histoire de gagner du temps, il va entretenir la tchatche, se saouler de mots et pas seulement car il a en réserve une potion magique explosive ... A mesure que la femme veut s'expliquer c'est l'inverse qui se produit et il finira par tout raconter de lui en une confession nocturne pour le moins insolite.
Il y a chez Marc Brunet, dans ses gestes, dans sa voix quelque chose qui rappelle Philippe Noiret, ce côté tout à la fois bonhomme et dévastateur ...
Pour lui donner la réplique, Hélène Vauquois a choisi la mesure et la détermination. Peut-être l'aurait-on souhaitée un peu plus égarée au début car une telle entrée en scène ne peut se faire qu'en état de crise mais la comédienne se révèle remarquable par la suite.
Christian Neupont est ce fonctionnaire de service à la veille de prendre sa retraite et vient faire diversion de façon appuyée.
C'est à un excellent moment de théâtre que vous êtes conviés car l'adaptation de Marc Brunet est remarquable or il n'est généralement pas aisé d'interpréter de façon aussi optimale, un texte qui à la base, n'était pas destiné à la scène.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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16:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/04/2011

La banalité du mal de Christine Brückner, traduction Patricia Thibault.

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75016 PARIS

M° Abbesses ou Blanche

Loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ - T.R. 13€

du mardi au jeudi à 21h

jusqu'au : 19 MAI 2011

Mise en scène de Jean-Paul Sermadiras

avec Patricia Thibault

 

La pièce commence sur une chanson appartenant au répertoire de Zarah Léander. C'était mettre d'emblée la barre très haut. Sans avoir exactement la tessiture de la célèbre suédoise, Patricia Thibault possède un bel organe vocal dont elle se sert admirablement tant pour ce chant a capella (ce qui n'est pas une mince difficulté) que pour couvrir son jeu scénique. La comédienne prête son indéniable présence au personnage d'Eva Braun, source de tant d'interrogations ...
Car enfin, qui était réellement cette femme que la plupart des historiens ont jugée insignifiante, une sorte de midinette qui s'était bêtement entichée d'Hitler ?Un jour une diseuse de bonne aventure lui aurait prédit un destin exceptionnel et elle y a cru dur comme fer, les circonstances ont fait le reste.

Un personnage de tragédie ne s'accomplit qu'au moment de l'issue fatale et incontournable et c'est exactement ce qui va se passer ici. Cette femme angoissée, bien que gavée de tranquillisants, ayant déjà deux tentatives de suicide à son acquis, se raconte en s'adressant à ce lieutenant symbolisé par un spectateur placé au premier rang. Le personnage d'Eva est tout à la fois futile, naïf à la limite de la sottise, arriviste et étrangement obsessionnel. Sans Hitler, elle n'existe pas, n'aurait sans doute jamais existé. Il symbolisera donc son Destin jusqu'à l'ultime seconde. Impossible de lui reprocher son aveuglement puisqu'il fut partagé par beaucoup d'autres ... tout un peuple en fait ! Il est évident qu'il se dégageait de cet homme un magnétisme diabolique. Pourtant il n'était pas tendre avec elle, allant même en privé jusqu'à la traiter de " petite idiote " Celui qui se considérait comme un surhomme avait sans nul doute à l'esprit cette phrase de Nietzsche : " Si tu vas à la femme, n'oublie pas le fouet " Inutile en ce qui concerne Eva Braun car elle était par avance domptée et puis cet homme n'a t-il pas fait trembler le monde ? Elle ne pouvait donc que suivre la pente sur laquelle le sort l'avait placée.La comédienne-traductrice offre une dimension inusitée au personnage en l'éclairant d'un jour nouveau mais sans pour autant prendre parti en un sens ou un autre.Elle EST tout simplement.La mise en scène que l'on doit à Jean-Paul Sermadiras se révèle tout à la fois sobre et significative. A voir, absolument. 


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:57 Publié dans THEATRE | Lien permanent