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23/04/2015

Les bijoux de famille de et par Laurent Spielvogel

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THEATRE LE BRADY

 

39, boulevard de Strasbourg

 

75010 PARIS

 

 

 

( M° Château d'Eau )

 

 

Loc. 01 47 70 08 86

 

 

 

 

( photos : Lucie PAGE )

 

 

http://www.lebrady.fr/

 

Pl. 22 €

 

Du mardi au jeudi à 20h

 

Durée : 1h.10

 

Mise en scène : Jérôme SANCHEZ

 

 

de et par : Laurent SPIELVOGEL

 

 

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Il ne faut pas s’arrêter au titre de ce seul en scène, « Les bijoux de famille », dont le sous-entendu grivois aisément reconnaissable n’est pas digne de ce spectacle. « Les perles de la Couronne » eussent davantage convenu, car c’est une suite vivement menée de portraits d’une famille que le petit Laurent eût voulue royale qu’il nous est donné de voir.

 

Nous naviguons dans la vie de Laurent Spielvogel, au gré de ce qu’il veut bien nous en dire, pour le suivre de l’enfance à l’âge adulte, au travers de ses rêves, mais aussi des réalités d’une vie quotidienne qu’il s’efforce de sublimer, bien entendu, non sans parfois une maladresse qu’on devine voulue, ce qui nous vaut des moments très tendres d’émotion.

 

La famille juive est toujours source de caricatures, ici très réussies, que ce soit celle de la grand’mère omniprésente, du rabbin un peu crasseux et plutôt radoteur, et quelques formules des plus amusantes, non dépourvues de cette cruauté qui fait le charme et l’intelligence de ce comique si spécifique.

 

Mais le spectacle n’est pas un spectacle comique ; c’est durant une heure vivement enlevée une série de portraits charges parfois, néanmoins jamais privés de cette petite touche d’affection à l’égard des personnages qui fait que nous suivons l’interprète pas à pas, sans jamais juger, ni nous lasser.

 

Laurent Spielvogel nous fait partager son amour des gloires anciennes, ce qui nous vaut une imitation d’Edwige Feuillère, qui avait plus d’allure que de talent, des plus réjouissantes ! C’est habile, d’autant que les situations se multiplient, qui mêlent à la satire des chansons, toutes issues du répertoire des « idoles » gaies : Marlène Dietrich, Barbara, Sylvie Vartan…, On n’est pas vainement natif des années 1950 !

 

Ce spectacle, plus fin que son titre l’annonce, très juste dans le ton, très nostalgique, très fort en caractères variés dépeints avec finesse et justesse, est plus grave qu’il y paraît. Il laisse transparaître les désillusions d’un homme de soixante ans, comédien reconnu, mais qui , débutant, a dû passer sous les fourches caudines d’un professeur d’art dramatique peu amène (et on se demande bien ce qui fonde, souvent, ces dictateurs miniature à ajouter l’incorrection à leur suffisance…), à la vie sentimentale peut être décevante, au moins pour ce qu’il nous autorise à en comprendre, ayant vécu, dans une famille rescapée de la guerre sa jeunesse homosexuelle à une époque où l’indifférence était encore un droit revendiqué.

 

 

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Toutes ces raisons, plus le talent de l’interprète, à la carrière magnifique – il est le juste continuateur de ces grands seconds rôles qui firent la gloire du cinéma français (Julien Carette , Pierre Larquey, Jean Tissier, Saturnin Fabre et le plus grand : Jules Berry) ajoutées à cette exposition sans fard de ce qu’il est finalement font que nous ne pouvons que vous inviter à aller applaudir généreusement Laurent Spielvogel, pudiquement mis en scène par Jérôme Sanchez au théâtre Le Brady.

 

 

© Frédéric Arnoux

 

 

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10:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

21/04/2015

M'sieur Rimbaud de Nina Guazzini

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A LA FOLIE THEATRE

 

6, Rue de la Folie Méricourt

 

75011 PARIS

 

 

(M° St-Ambroise)

 

 

loc. 01 43 55 14 80

 

 

http://www.folietheatre.com/

 

 

Pl. 22€ - T.R. 17€

 

A 21h30 : jeudi, vendredi, samedi

 

A 18h le dimanche

 

 

jusqu'au : 10 MAI 2015

 

 

Ecriture et mise en scène : Nina GUAZZINI

 

avec : Marion BROSSARD, Nathan METRAL, Daniel HEDERICH et Timothée BOEDA BINANT

 

 

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Décor aussi kitsch qu'hétéroclite pour illustrer les avatars de Nina en cet " Entre-deux " hanté par deux anges très spéciaux surnommés " La Fameuse " et " La Divine " ( pardon, Garbo ! ) tandis que Nina Guazzini ancre les racines de son écriture du côté de chez … Sartre et Cocteau.

 

Quand la pièce commence, un accident vient d'avoir lieu et Nina fait son apparition en jean et baskets face à ces deux personnages drapés en une recherche vestimentaire pour le moins ostentatoire. Devra t-elle être jugée par ces deux là ?   ( A la trappe, St-Pierre ! ) Une seule chose est certaine, on ne s'interrogera plus sur le sexe des anges …  

 

Notre univers occidental croit peu en la réincarnation et pourtant, s'il faut croire à tout prix, la théorie du karma peut sembler plus plausible qu'une autre puisque, parce qu’ainsi, les existences s'enchaînent au gré du mérite de chacun.

 

Arthur et Nina se sont croisés jadis - le premier en a fait un poème " Les réparties de Nina " tandis que cette dernière n'a pas suivi le poète aux semelles de vent pour rester auprès d'un vieux mari qui lui fournissait le confort indispensable. Elle en sera punie plus tard afin que la justice, immanente, puisse intervenir.

 

Ame errante à la recherche d'un amour perdu, la jeune femme entamera cette quête du Graal en se répétant,

 

 

 " Tu viendras, tu viendras, je t'aime ! 

    Ce sera beau

    Tu viendras, n'est-ce pas, et même … "

 

 

( ... si ce n'est en cette vie, ce sera pour la suivante ! )

 

Arthur va faire son apparition, personnage claudiquant mais éternellement beau, coiffure échevelée et regard clair.

 

 

 " Ta poitrine sur ma poitrine, 

    Mêlant nos voix, 

    Lents, nous gagnerions la ravine, 

    Puis les grands bois ! " 

 

 

 

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( photos : Yann Gouhier ) 

 

Les comédiens se donnent à fond - comme on dit - et parfois un peu trop si j'en juge par cette envolée torquemadesque de l'ange noir, mais bon ! qui peut le plus peut le moins et le spectacle après sa programmation en ce lieu doit poursuivre son envolée en Avignon. 

 

Que l'auteur (e) soit remerciée de ne pas avoir sacrifié à cette manie restrictive des étiquettes car la majorité d'entre nous associent obligatoirement Verlaine et Rimbaud sans se soucier d'autre chose.

 

 

Faut-il en conclure que sans avoir rencontré le pauvre Lélian, Arthur ne serait jamais devenu le poète que nous connaissons, cet être dont le génie hélas éphémère l'a pourtant rendu éternel ? Merci d'avoir aidé ceux qui n'ont pas la particulière habitude de s'interroger, leur permettant ainsi de se poser la question.

 

 

Si la vie est une illusion, Rimbaud est mort, vive Rimbaud ! 

 

 

Simone Alexandre

 

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09:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent