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02/03/2011

Audiard par Audiard

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LUCERNAIRE

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS

(M° N.D. des Champs)

loc. 01 45 44 57 34

www.lucernaire.fr

A 20h. du mardi au samedi

Dimanche à 15h.

jusqu'au 25 Mars 2011

Montage et lecture, Jean-Pierre KALFON

d'après le livre édité par René Chateau
dans sa collection " La mémoire du cinéma français "

 

On parlait jadis des titis parisiens, ces mômes plus ou moins prolongés qui cultivaient la gouaille comme une fleur rare et avaient toujours sous la casquette une réplique prête à fuser au moindre incident.  Michel Audiard était de ceux là.
A l'époque, vous ne risquiez pas le tribunal pour un mot de travers prononcé lors d'un brouillard éthylique. Les lobbies n'avaient pas encore eu le temps d'imposer leur loi. Audiard, c'était dans toute sa splendeur ce que l'on nommait l'esprit parigot. On s'épuiserait en vain à le dénicher maintenant, le politiquement correct ayant stérilisé le langage.
En s'inspirant du pavé édité par René Chateau, Jean-Pierre Kalfon nous gratifie de sa présence, seul en scène afin de mieux nous parler de celui qu'il a choisi d'évoquer.
C'était effectivement un hommage à rendre au dialoguiste sans lequel le cinéma français n'aurait pas été ce qu'il fut, n'en déplaise à La Nouvelle Vague et à l'indigence qui a suivi.
Combien de fois, le regret s'est imposé à nous au sortir d'un film insipide à l'issue duquel la phrase " hélas, Audiard est bien mort " nous venait à l'esprit.
Avec lui, le verbe était vivant, percutant, ironique tout ce qui nous fait défaut actuellement. Certes, l'homme n'eut pas que des amis mais il était impossible de rester indifférent. On l'adorait ou on le détestait, il n'y avait pas de moyen terme. C'est même ainsi que l'on reconnaît les personnalités réelles et non celles fabriquées par une notoriété issue de campagnes publicitaires qui rapportent. (comme les clébards, pour rester dans l'esprit du texte)
Et puisque Michel Audiard n'a pas eu le temps d'adapter " Voyage au bout de la nuit " de Louis-Ferdinand Céline, puis-je ici, exprimer un souhait ? Il m'a semblé que Jean-Pierre Kalfon serait l'interprète idéal pour évoquer celui dont la parole est actuellement confisquée par un confrère de talent certes mais dont la préciosité correspond peu à celui dont elle est issue.
Allons, bon, voilà que je m'égare ... la parole est à Audiard et rien qu'à lui, véhiculée  par un fervent admirateur qui en retour bénéficie de notre complète adhésion. Merci, à Jean-Pierre Kalfon de réveiller ainsi nos esprits endormis.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos LOT


10:26 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/03/2011

Parce que je la vole bien de Laurent Ruquier.

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THEATRE SAINT-GEORGES

51, rue St-Georges

75009 PARIS

(M° St-Georges)

loc. 01 48 78 63 47

Pl. de 19 à 54€

- 26 ans : 10€ les mar, mer, jeudi.

du mardi au samedi à 20h.45

Matinée le dimanche à 15h.

 

Mise en scène, Jean-Luc MOREAU

avec Catherine ARDITI, Ariel WIZMAN, ARMELLE, Rémy ROUBAKHA, Olivier PAJOT, Bertrand DEGREMONT.

Le sujet était en or, ce qui paraît logique en fonction des personnages et de la situation évoqués.
Décor de nouveau riche, tape à l'oeil au possible avec pour que l'on comprenne bien, une baignoire située en fond de scène, remplie de billets de banque, clin d'oeil à Oncle Picsou, preuve que l'auteur connaît ses classiques.

La pièce se veut une parodie appuyée de l'affaire Bettancourt mais nous n'apprendrons rien que nous ne sachions déjà.
Catherine Arditi est une cougar aussi prolongée que milliardaire, du moins l'était-elle avant de rencontrer ce gigolo auprès duquel son capital a perdu quelques zéros en route et la comédienne est parfaite, mais il lui faudra attendre encore un bon quart de siècle pour se rapprocher physiquement de l'original ...
Le théâtre de Ruquier est constitué de répliques qui se veulent drôles et y parviennent parfois, lesquelles fusent avec la rapidité d'une mitraillette. Conséquence, dans le nombre les moins bonnes sont oubliées au profit des suivantes. Après tout, c'est une technique comme une autre et qui, apparemment a fait ses preuves.
Ariel Wizman a tout du marlou désinvolte et cynique tandis qu'Armelle joue la fille par qui le scandale est arrivé grâce à la complicité de Georges le majordome interprété de façon remarquable par Rémy Roubakha. L'héritière légale qui se croit lésée caquettera comme une poule à qui on a volé tous ses oeufs.
La pièce n'est pas méchante et il semble que Laurent Ruquier ait voulu épargner la vieille dame car de même que les sourds entendent quand ils le veulent bien, celle ci jouera avec malice à avoir des pertes de mémoire au bon moment.
Beaucoup d'huile fut donc versée dans les rouages de cette comédie grinçante afin qu'elle tourne de façon optimale. Cela dit en tant qu'auteur dramatique, notre amuseur a autant de chance de passer à la postérité que moi d'être béatifiée ! Mais qu'importe, le public s'éclate comme on dit et puisqu'il est venu pour ça, que demander de plus ?

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : LOT.

 

15:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent

21/02/2011

Au moment de la nuit d'après Crébillon fils et Jules Renard

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Studio des Champs Elysées

15, avenue Montaigne

75008 PARIS

(M° Alma-Marceau)

Loc. 01 53 23 99 19

www.comediedeschampselysees.com

Pl. 34€

- 26ans : 10€ mardi, mercredi, jeudi.

 

D'après " La nuit et le moment " de Crébillon fils

& " Le pain de Ménage " de Jules Renard.

Adaptation et mise en scène : Nicolas Briançon

avec Anne Charrier et Nicolas Briançon.

 

Crébillon fils ou le libertinage élégant, Jules Renard ou la lucidité des sentiments. Deux siècles les séparent mais hommes et femmes sont restés les mêmes, seul le mode d'expression a changé, quant à la forme, pas quant au fond.
Résumons les par Elle et Lui et ce, bien que présents et absents soient désignés par un chapelet de prénoms désormais incroyables : Célimène, Clitandre, Eraste, Araminte, Cidalise, autant de personnages emperruqués, au verbe aussi coloré que poudré, résolument d'une autre époque.
Ah ! l'acharnement de certains hommes quand ils cherchent à obtenir ce qu'ils veulent et leur muflerie dès qu'ils ont obtenu ce qu'ils désiraient.
Or Clitandre est un séducteur professionnel dont la technique de conquête est rodée depuis longtemps.
Elle se résume en un seul mot : insistance car il sait qu'à la longue il n'est de place forte qui se rende.
La dame aura bien du mal à lui échapper ...

Anne Charrier est fort belle et fort élégante mais je l'ai trouvée nettement plus à l'aise en compagnie de Jules Renard, (pardon,de Pierre,alias Nicolas Briançon) puisque l'un et l'autre incarnent les personnages des deux pièces.
Cette fois ce ne sont plus des célibataires actifs mais deux personnes mariées à deux absents dont il sera beaucoup question. La nuit est comme chacun sait propice aux confidences et pourquoi pas aux rapprochements que le jour favorise un peu moins.Quoique ...
Elle (qui en réalité se nomme Marthe) est mariée au même homme depuis 12 ans, s'ennuie sans toujours se l'avouer et recueille les hommages verbaux de cet ami de la famille, prêt à ouvrir une parenthèse extra-conjugale mais aussi (elle ne tardera pas à le découvrir) à la refermer avant que naissent les complications.
Dans l'un et l'autre cas, les manoeuvres de séduction ont plus d'importance que la conquête ou du moins sa réalisation. Pardon pour cette comparaison scabreuse mais la situation fait penser à ces gants en peausserie fine que l'on convoite longuement avant de les acquérir, pour ne plus leur prêter le moindre regard dès le lendemain.
D'évidence, les deux comédiens prennent le plus grand plaisir à dire ces textes et nous à les voir et entendre.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : Lot

14:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent