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24/11/2010

La dame au petit chien d'Anton TCHEKHOV -

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Théâtre de la Huchette

23, Rue de la Huchette

75005 PARIS

(M° St-Michel)

loc. 01 43 26 38 99

Pl. 26€ - étud. 15€

Adaptation : Claude MERLE

Mise en scène : Anne BOUVIER,

avec Jean-Pierre BOUVIER et Gaëlle MERLE.

 

L'histoire commence à Yalta, lieu ô combien célèbre, mais à l'époque encore simple station balnéaire, située en bordure de la mer Noire. On y vient se reposer et si un événement fortuit n'est pas au rendez-vous on peut fortement s'y ennuyer.
Dimitri est un banquier qui fuit ici sa famille et ses affaires.
Anna prétextant un problème de santé est venue pour oublier en compagnie de Boris (son petit chien) une vie monotone qui se déroule habituellement auprès d'un mari qu'elle n'aime pas. Ce qui va advenir était en quelque sorte inévitable.
L'homme qu'elle rencontre ici est un séducteur, habitué aux nombreuses aventures ...
C'est une jeune femme élégante d'une discrétion de bon aloi, qui fera preuve par la suite d'une imagination débordante et notre séducteur sera séduit.
Il va tout oublier auprès d'elle et se prendre au jeu de cette vive ironie.
Bien entendu, il n'est pas encore conscient de ce qui se passe sur le plan sentimental et seule l'absence sera révélatrice.
Or un homme d'affaires n'abandonne pas tout du jour au lendemain, pas plus qu'un homme marié ne quitte sa famille pour ce qu'il croyait n'être au départ qu'une simple aventure ... 
Claude Merle a en quelque sorte matérialisé le récit d'Anton Tchekhov, rendant les personnages plus ancrés dans la vie réelle. La mise en scène d'Anne Bouvier souligne le caractère torride des relations du couple, alliant l'esthétisme à une efficacité voulue. Nous connaissons depuis longtemps le talent de Jean-Pierre Bouvier et face à lui, Gaëlle Merle est physiquement la partenaire idéale. Peut-être lui manque t-il juste un peu de cette enivrante fantaisie slave, qui rend la fragilité attirante alors que la comédienne a tendance à cantonner son jeu dans une raideur agressive ? A cette petite réserve près, la pièce n'étant jouée qu'un soir par semaine, cela ne fait donc que commencer, le texte est savoureux, les images très belles et l'on passe un fort bon moment.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : LOT

12:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

20/11/2010

Ecrits d'amour de Claude Bourgeyx.

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MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron

75018 PARIS

(M° Abbesses)

loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ - T.R. 13€

jeudi, vendredi, samedi à 21h

dimanche à 17h.

Mise en scène et interprétation : Jean-Claude Falet

 

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Avec son chapeau et son costume strict, le personnage que nous découvrons semble déjà appartenir à une autre époque, celle d'avant les mails et autres SMS. Il écrit pour nous des lettres, missives d'amour qu'hommes et femmes incroyablement s'adresseraient encore et leur prête sa voix, que dis-je ses voix, mâles et femelles ...
Vous l'avez compris il s'amuse et nous incite à le suivre en cette rétrospective où des dames un peu mûres prétendent être encore " de vraies jeunes filles " Il est vrai que l'église et sa chorale ne sont pas loin ... le village non plus.
Tous s'écrivent donc puis se répondent bien sûr, et si les fantasmes vont bon train, les couples restent coincés dans leur petite vie que l'auteur examine d'une loupe narquoise.
Tiens, un voyage de noces en solo ? Il fallait y penser ... bizarre que la nouvelle épousée ait préféré rester avec sa meilleure amie laissant l'époux de fraîche date embarquer seul pour Venise sans l'ombre d'un remords !
- un hypocondriaque sollicite celle dont il est séparé depuis 22 ans dès qu'il souffre du moindre bobo,
- un pape invraisemblable écoute la confession d'une nymphomane dont les visions frisent le cauchemardesque mais il faut bien que les exorcistes vivent ...
- un personnage en rut brame des " métaphores navales et forestières " faisant monter la température ambiante jusqu'à exploser les thermomètres.
Et s'il est aussi difficile de terminer un spectacle qu'un roman, l'emperruqué de service nous prouvera ici le contraire.
Certes, le procédé est un peu répétitif mais les situations drolatiques nous permettent de passer un moment décalé loin de la numérisation de nos moeurs et l'on se dit alors que c'était peut-être plus marrant avant ? ...

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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10:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/11/2010

La douceur du velours de Christine Reverho.

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THEATRE des MATHURINS

36, Rue des Mathurins

75008 PARIS

(M° Havre-Caumartin)

loc. 01 42 65 90 00

Pl. de 10 à 30€

mercredi, jeudi, vendredi,

samedi à 19h.

Mise en scène : Panchika Velez

Interprétation : Sophie de la Rochefoucauld.

 

En dépit du titre caressant, le velours se révélera finalement un peu rêche !
Camille est une ex-coiffeuse (pas très douée de son propre aveu) dont la spécialité fut de teindre les vieilles dames en rose fushia.
Nous la découvrons allongée de tout son long sur un immense canapé dont l'acquisition lui a coûté un mois de salaire. C'est son île, son refuge, l'endroit privilégié où elle s'empiffre de chips tout en regardant un feuilleton idiot à la télé.
Comme elle déteste la campagne et ne voyage qu'en imagination, elle collectionne les cartes postales, envoyées à d'autres bien sûr et qu'elle récupère abondamment. On parle beaucoup dans un salon de coiffure mais Camille, a gardé pour elle ce qui lui arrivait ou du moins a essayé tant que les stigmates ne furent pas trop visibles.
Un soir, en un lieu nocturne qui se nomme Le Sirocco (tout un programme !) elle a rencontré Jacky. Elle ne dansait pas , lui non plus, en revanche il buvait et très rapidement avec lui, ce fut " l'amour qui fait boum ! "
Toute cabossée elle devint, notre Camille mais quand une femme est battue, ce n'est pas l'homme qui culpabilise. Ensuite, tout va aller de mal en pis. On aurait presque envie de lui souffler qu'au lieu de lire Anna Karénine elle aurait mieux fait de se pencher sur l'histoire de Judith et Holopherne et remplacer ces feuilletons à l'eau de rose par l'Empire des Sens (*) mais non, c'est une brave fille de celles parmi lesquelles se situent les victimes.
En tête à tête avec son canapé, Sophie de la Rochefoucauld revit l'histoire de Camille par le biais de tableaux entrecoupés de noirs ayant l'inéluctable conséquence de ralentir l'action. Seulement voilà, que faire d'autre ? ... Un monologue a des exigences incontournables surtout s'il doit se dérouler sur un canapé ! N'importe, Christine Reverho nous invite à réfléchir sur le sort de nombreuses femmes apparemment joyeuses qui cachent aussi longtemps qu'elles le peuvent leur drame intime et dont on ne peut mésestimer les risques encourus.
Sinon, et comme il faut évoquer un sujet grave avec humour, jusqu'à la conclusion, le public n'aura pas manqué de rire.

(*) la seule présence de ces oeuvres se voulant dissuasive ...

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : LOT.

15:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/11/2010

L'illusion comique de Pierre Corneille.

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Théâtre d'Ivry Antoine Vitez

1, rue Simon Dereure

94200 IVRY

(M° ligne 7 : Mairie d'Ivry - RER C : Ivry)

loc. 01 43 90 11 11

jusqu'au 1er DECEMBRE 2010

les mardi, mercredi, vendredi & samedi à 20h

jeudi à 19h & dimanche à 16h.

relâche le lundi.

 

Mise en scène : Elisabeth Chailloux

avec Raphaèle Bouchard (Isabelle) - Frédéric Cherboeuf (Clindor) - Etienne Coquereau (Géronte, le Geolier, Eraste) - Jean-Charles Delaume (Matamore) - Malik Faraoun (Alcandre) - François Lequesne (Pridamant) - Adrien Michaux (Dorante, Adraste, Rosine) - Lara Suyeux (le Page, Lyse) -

 

Nuit noire ... un esprit facétieux me souffle : " tiens, les lampes de poche existaient déjà ? " - Le la est donné, le spectacle se veut intemporel. Voyons si l'écriture de Corneille y résistera ? Matamore dont le costume est déjà plus évocateur de l'époque nous assène ses gasconnades éhontées, ce à la grande joie du public.
Il est vrai que Corneille ne s'embarrasse pas toujours de nuances même si en revanche il balance presque toujours entre deux choix à faire ...
La situation est à merveille illustrée par Clindor qui oscille entre Lyse et Isabelle.
Les péripéties vont bon train au rythme des alexandrins quelque peu martelés mais que les interprètes maîtrisent nonobstant, assez bien. Certes, il y a toujours ce fichu décalage entre comportements et moeurs de l'époque à laquelle tout cela fut écrit. Il est vrai que les talons rouges sont désormais remplacés par des talonnettes et personne ne peut y gagner en élégance or débiter en dehors d'une répétition, un monologue en maillot de corps est une démarche pour le moins ... surprenante, dirons -nous. Brassens mettant ses pas dans ceux de Tristan Bernard a fait école : " j'ai vingt six ans, mon vieux Corneille et je t'emmerde en attendant. " Elisabeth Chailloux a dû à une époque se passer le disque en boucle.
Mais fort heureusement pour elle, cette pièce reste atypique et additionne les genres. La tragédie succéde à la comédie et on découvre en toute fin que ce n'était qu'une farce.
Alors ne jouons pas trop les puristes même si j'eusse préféré que la barre se situât un peu plus haut.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : Bellamy

 

15:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent