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02/05/2013

De si tendres liens, de Loleh Bellon

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THEATRE DARIUS MILHAUD

80, allée Darius Milhaud

75019 PARIS


(M° Porte de Pantin)


Loc. 01 42 01 92 26


8 Représentations, les dimanches à 15h.


du 21 avril au 9 juin 2013


Mise en scène : Benjamin Castaneda


avec Françoise Levesque (Charlotte)


et Véronique Martin (Jeanne)


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Enfin !  une mère juive qui n'est pas caricaturale …

(théâtre et films en regorgent déjà)


Pièce intimiste par excellence qui relate les échanges entre une mère et sa fille quand le père n'est plus là.

Charlotte, la mère est interprétée intensément par Françoise Levesque tout en sensibilité, faisant preuve d'une incontestable présence.

C'est la mère idéale, belle et tendre que l'on devine blessée mais dont la pudique retenue suffit à tout justifier.

Pourtant, Jeanne sa fille (Véronique Martin) ne lui ménage pas les reproches parfois, à peine tempérés par ce petit sourire mutin. Sa mère encore jeune ne sortait-elle pas le soir, la laissant en tête à tête avec son doudou ? 

La topographie des lieux sert merveilleusement la pièce, devenant complice de ce qui nous est donné à voir, grâce à cette sorte d'espace en décrochage, (côté cour) qui deviendra la chambre dans laquelle mère et fille se succéderont. 

Les recommandations de l'une deviendront alors celles de l'autre, au fil des époques. La tendresse circule se justifiant dans les deux sens. 

Benjamin Castaneda (en fils aimant sans doute) a choisi avec soin les extraits sonores qui frisent l'anthologie en ce domaine précis.  La mise en scène est fluide et les deux interprètes parfaitement à l'aise dans leur rôle respectif. 

Un moment de tendresse à partager que certains ont connu et d'autres pas mais dans tous les cas, la satisfaction du spectateur de façon indéniable est au rendez-vous.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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07:34 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Un rapport sur la banalité de l'amour de Mario Diament

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THEATRE de la HUCHETTE

23, rue de la Huchette

75005 PARIS


(M° St-Michel)


Loc. 01 43 26 38 99


www.theatre-huchette.com


Pl. 25€ - T.R. 16 & 10€



du lundi au samedi à : 21h.

samedi également à 16h.30


 

Adaptation et mise en scène,  André Nerman


avec Maïa Guéritte (Hannah Arendt)


et André Nerman (Martin Heidegger)

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En fait, cette liaison, véritable passion amoureuse, fut tout sauf banale. Il ne suffirait pour s'en convaincre que de lire l'ouvrage que Laure Adler écrivit en mettant ses pas dans ceux d'Hannah Arendt.

Pourtant, quoi de plus banal effectivement, qu'une élève puisse tomber amoureuse de son Maître ? D'autant que lors de la première rencontre, celui-ci n'avait que 35 ans et Hanna 19. Ensuite, il deviendra de plus en plus difficile de dire lequel des deux eut plus d'influence sur l'autre ? ...

Car si Heidegger enseignait Aristote et Platon tout en se déclarant disciple d'Husserl et de Jaspers, Hannah avait quant à elle, réussi l'exploit d'assimiler la philosophie classique en l'étudiant seule, puis s'était inscrite un an plus tôt à l'Université de Marbourg où l'analyse de Kant était la spécificité. Cette élève n'était donc pas ordinaire et ne pouvait qu'attirer l'attention de cet homme brillant, doublé d'un impénitent séducteur.

André Nerman a conçu le spectacle en une succession de rencontres réalisées en des lieux différents, en des villes diverses car Heidegger mettait un soin quasi paranoïaque à garder cette liaison secrète, ayant de fort bonnes raisons pour cela. Cet homme très en vue était marié, père de famille et nourrissait les plus hautes ambitions, la montée du national socialisme fera le reste ...

Comme chacun sait, Hanna Arendt était juive et prendra rapidement la décision de rompre quand elle constatera que celui qu'elle aime adhère au nazisme mais une attirance comme celle-là ne saurait s'éteindre complètement et elle reviendra à lui sans cesse et réciproquement. 

Martin maîtrisait parfaitement le double langage mais ne pouvait abuser  l'esprit de cette jeune femme dont la pensée se voulait constamment aiguisée.

La présence d'un écran en fond de scène justifiera l'intervention ponctuelle d'un groupe d'universitaires commentant la démarche de ces deux personnages hors du commun.

Entre chaque tableau, dans la pénombre, sur fond musical, l'espace scénique sera aménagé en direct afin d'héberger la rencontre suivante. Vu la configuration des lieux, il n'y avait hélas pas d'autre possibilité mais fort heureusement, chaque fois l'action reprend vite ses droits.

Paul Nerman est un Heidegger plus beau que l'original, plus grand et d'une élégante sveltesse - pas ce " petit homme brun " que certains connaissent grâce aux documents photographiques - mais qui pourrait s'en plaindre ? 

A Maïa Guéritte incombe la lourde tâche d'être Hannah en moins sauvageonne et beaucoup plus lisse, pour incarner cette intellectuelle angoissée, passionnée de paroles et d'arguments. Cela dit, en dépit ou à cause de ce décalage idéaliste, on passe ici un excellent moment et si l'envie de nous plonger dans les écrits des deux nous taraude singulièrement en sortant, n'est-ce pas là une preuve de réussite ? 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( Photos : LOT )


06:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/04/2013

En Réunion de Andrew Payne

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PETIT MONTPARNASSE

31, rue de la Gaité

75014 PARIS


(M° Gaité ou Edgar Quinet)


Réserv. 01 43 22 77 74


www.petitmontparnasse.com


Pl. 32€ - T.R. 18€


A 21h. du mardi au samedi

matiée dimanche à 16h.


 

Adaptation : Robert Plagnol


Mise en scène : Patrice Kerbrat


avec Patrice Kerbrat, Robert Plagnol, Anne Bouvier et Swann Arlaud

 

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Un bureau, (salle de réunion) fonctionnel comme il se doit, spacieux et confortable, destiné à mettre le visiteur à l'aise ... (autant que faire se peut)

Arrivée de Stratton, (Robert Plagnol) physique avantageux mais parole hésitante à la limite du bégaiement. (son personnage, bien sûr !) Ne supporte absolument pas l'odeur de tabac froid et utilise une bombe désodorisante à tout bout de champ. A d'importants problèmes familiaux qu'il essaie vainement d'endiguer par téléphone. 

Pour tout arranger, son stylo-plume a disparu auquel il semble tenir comme tous ceux d'entre nous qui utilisent encore cet accessoire désormais passé de mode.

Survient un second personnage, (Cole, alias Swann Arlaud) jeune très, très cool, totalement anachronique en ce lieu.

Sac à dos, casque sur les oreilles, absence de cravate bien sûr, le type même de celui dont on tolère le look car il a parfois des idées géniales ... 

Panique à bord : l'interlocuteur avec lequel un contrat important devait être signé, s'est vu expulsé manu militari suite à un imprévisible " pétage de plomb " où il s'est exposé dans le plus simple appareil. " Jack (Arlésienne de service) à poil en salle de réunion " le scoop est accueilli différemment par ses deux potentiels interlocuteurs désormais en carafe mais leur étonnement est identique.

Arrive enfin le troisième personnage de l'équipe en place, Frank, (Patrice Kerbrat) le doyen et en quelque sorte le boss, courroie de transmission avec le 10ème étage (entendez la direction) ce dernier semble avoir pour qualité principale et sans doute unique, le fait de savoir déléguer ses pouvoirs.

Réunion de crise. Finalement le rendez-vous ne sera pas annulé puisqu'une remplaçante (Karine David, rôle joué par Anne Bouvier)  doit se présenter en lieu et place de Jack, lequel se trouve pour un temps indéterminé en hôpital psychiatrique. Une femme ! ces trois requins sont plus ou moins persuadés qu'ils n'en feront qu'une bouchée ... C'est vite dit. Je vous laisse découvrir la suite riche en péripéties et ce, jusqu'à la fin. Un excellent moment de théâtre et des interprètes qui assurent - tous, sans exception - de façon optimale. Bravo ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( Photos LOT )


14:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent