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03/06/2015

Antigone de Jean Cocteau

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ESPACE MARAIS

 

22, rue Beautreillis

 

75004 PARIS

 

(M° St-Paul)

 

tél. 01 48 04 91 55

 

http://www.theatreespacemarais.com/

 

Pl. 23,50 à 39,50

 

 

Mardi à 14h,

Jeudi à 13h.30

 

Mise en scène : Joseph MORANA

 

pr la Compagnie Sissia Buggy

 

 

 

Antigone, fille adultérine d'Oedipe et de Jocaste a vu ses deux frères s'entretuer. Créon son oncle a décrété que Polynice serait privé de sépulture le livrant ainsi aux chiens voraces et aux vautours. Seul Etéocle auquel il succède à la tête de Thèbes bénéficiera de funérailles …

 

Bravant l'interdiction, Antigone va enterrer de ses propres mains le corps de ce malheureux frère mort. 

 

Pour cela, Créon la condamnera à être enfermée en un cachot jusqu'à ce que mort s'ensuive et elle mettra fin à ses jours par pendaison comme fit sa mère en apprenant l'inceste qu'elle avait commis. Le fiancé d'Antigone Hémon (fils de Créon) se poignardera pour la rejoindre en des noces posthumes.

 

Joseph Morana a choisi l'absence de tout décor ce dont on ne saurait lui faire reproche mais par son choix de costumes et de support musical a extrait la pièce de son initial contexte historique.

 

Aux accents d'un tango argentin on pense bien évidemment à celles que certains surnomment irrévérencieusement, " les folles de la place de mai " ces mères, femmes, soeurs ou filles réclamant inlassablement les corps des disparus victimes de la dictature.

 

La tragédie est décrétée par les dieux, le drame par les hommes ; en actualisant le propos le mode d'expression change.

 

 

Antigone n'est plus la sainte dont parlait Cocteau mais devient une passionnaria en pleine action revendicatrice.

Seul le Choeur conservera l'ampleur de l'expression tragique. Curieux Créon que ce Créon là, immense silhouette un peu voutée aux longs cheveux gris et raides et au visage buriné de gitan dont on peine parfois à suivre le propos.

 

Les personnages s'entrecroisent, bougent beaucoup au mépris des indications figurant à l'introduction du texte que j'ai relu et qui stipulait,

 

 

" L'extrême vitesse de l'action n'empêche pas les acteurs d'articuler beaucoup et de remuer peu. "  

 

Ici, ce serait plutôt l'inverse en dehors des cris proférés de façon ponctuelle et des cavalcades. C'est un peu inégal mais pas inintéressant.

 

Il eut juste fallu aux scolaires venus voir le spectacle hier après-midi, un zeste de culture hellénique pour comprendre ce qui se déroulait sous leurs yeux et là, à en juger par leur apathie, je ne parierais pas que ce fut le cas. 

 

Dommage car en dépit des quelques réserves évoquées, la pièce reste à voir. Prochaine représentation demain jeudi à 13h.30

 

 

Simone Alexandre

 

 

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14:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent