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06/09/2017

Les deux frères et les lions de Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre

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THEATRE DE POCHE

 

MONTPARNASSE

 

 

75 bld du Montparnasse

 

 

75006 PARIS

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

loc. 01 45 44 50 21

 

Pl. de 10 à 38€

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

du mardi au samedi à 19h

 

dimanche à 17h30

 

Pièce écrite par Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre

 

Mise en scène par : Vincent Debost et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre

 

avec : Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre

 

et Lisa Pajon ou Romain Berger

 

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Un peu surpris, nous faisons connaissance avec les jumeaux avant que la pièce commence et leur accueil s'avère aussi chaleureux que gentiment foutraque …

La matinée du dimanche tombe à point nommé puisque c'est l'heure du thé : " lalala, lalala "  … fredonnent ces deux énergumènes !

Nos deux incroyables milliardaires ( nous ne tarderons pas à l'apprendre ) sont vêtus de survêtements évoquant les antiques bleus de chauffe mais dégustent leur thé dans la porcelaine la plus fine sur fond de tapisserie de Bayeux.

Afin de confirmer leur accord parfait, il n'est pas rare qu'ils s'adressent à nous en choeur, prononçant ainsi les mêmes mots en même temps. C'est ainsi qu'ils vont nous narrer leur incroyable ascension en une ode au capitalisme libertaire débouchant sur la construction d'un véritable empire financier.

Car ces deux disciples de Friedrich Hayek - qu'ils ne manqueront pas de citer - en partant de rien, ont gravi tous les échelons de la société libérale, éliminant un à un les obstacles qui se présentaient à eux.

" Vouloir c'est pouvoir " semble être la devise de ces deux hommes que rien n'arrête. Bien que méprisant secrètement ces deux parvenus, la reine ira jusqu'à les anoblir rendant ainsi hommage à leurs actions charitables. (sic)

En effet, ces deux citoyens britanniques qui possèdent de nombreux hôtels, compagnie de navigation, des chaînes de distribution sans oublier le Daily Telegraph plus, un château néogothique furent proches - bien entendu - de " la dame de fer " et rien ni personne ne semble leur résister !

 

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L'âge venu, nos deux septuagénaires pères chacun de deux filles voudront légitimement tester en faveur de celles-ci et découvriront alors que l'île qui leur appartient dépend toujours d'un incroyable droit coutumier normand perdurant depuis le 16ème siècle imposant la règle de primogéniture mâle !

Je vous laisse découvrir la suite …

Cette histoire incroyable - mais vraie - a fait l'objet d'un reportage dont le quotidien Libération nous a fait part le 28 avril 2008 et cette pièce fut écrite à l'instigation de Mona Guichard, directrice de la scène nationale de Cherbourg, les faits étant confirmés par Sophie Poirey, maître de conférences en droit normand à l'Université de Caen.

L'auteur et interprète : Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre flanqué de Lisa Pajon dont le physique volontairement androgyne lui permet d'incarner le personnage de l'autre frère apportent l'un et l'autre leur fantaisie à cette critique en creux du monde hautement désintéressé, dans lequel la société actuelle baigne …

Le rôle de ce frère jumeau est confié en alternance à Romain Berger.

Sachez que cette pièce présentée comme un conte - qui n'en est pas un - vaut indubitablement le détour ; vous savez donc ce qui vous reste à faire.




Simone Alexandre

 

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10:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/09/2017

Le dernier jour d'un condamné d'après Victor Hugo

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STUDIO HEBERTOT

 

78bis, boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

(M° Villiers / Rome)

 

Loc. 01 42 93 13 04

 

 

https://www.studiohebertot.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

du mardi au samedi à 19h

 

Dimanche à 17h

 

Adaptation : David LESNE

 

Mise en scène : François BOURCIER

 

Interprétation : William MESGUICH

 

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Ce texte par la réflexion qu'il engendre se situe parmi les plus importants de la littérature française. La peine de mort est hélas loin d'être abolie sur toute la planète et en dépit de nombreuses pétitions et demandes de révision de la loi, trop nombreux restent les occupants du couloir de la mort en certains Etats ...

Victor Hugo en humaniste qui se respecte était conscient du problème et mit toute son énergie à écrire ce texte.

Nous ne connaîtrons jamais les circonstances exactes qui ont amené cet homme à se retrouver enfermé en cet espace volontairement aseptisé dans lequel surgira brusquement de façon symbolique, ce linge sanguinolent.

La sentence est tombée aussi brusquement que tombera le couperet un peu plus tard.


Condamnation à mort, la phrase tourne en rond dans la tête du condamné, cette tête jeune, pleine de vie et d'espoir qui n'a plus que quelques heures à rester rivée à ce corps vigoureux dont chaque fibre demande à continuer à vivre.

Annule t-on un crime en décidant d'en commettre un autre ?

 

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( photos : Chantal DEPAGNE )



La première victime ne savait pas qu'elle allait mourir alors que la seconde mesure à la fois toute l'étendue rétroactive de son acte mais aussi l'horreur de ce qui va arriver. C'est purement et simplement inhumain. Le fameux " Tu ne tueras point " est ici-bas violé en permanence : individuellement, par des guerres … c'est cela que l'on nomme dérisoirement, l'humanité !

William Mesguich comédien bien plus qu'expérimenté apporte au personnage la fougue de la jeunesse qu'il représente avec cette blonde chevelure d'ange déchu, ce regard clair et intense qui est le sien.

Le texte dont l'adaptation scénique est signée : David Lesné a bénéficié de la mise en scène de François Bourcier.

La réalisation est tout à la fois sobre et puissante.
Enfin, un bref hommage est rendu à Robert Badinter grâce à qui la peine de mort est abolie en France, n'en déplaise à certains.

C'est donc également un acte militant que vous accomplirez en allant applaudir le comédien qui par son incontestable talent mérite chaque soir votre présence.




Simone Alexandre

 

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11:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent

31/08/2017

Pour l'amour de Simone ( textes Simone de Beauvoir et ses amants )

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.Dame des Champs)

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 18h30

 

matinée le dimanche à 15h

 

 

Mise en scène et scénographie : Anne-Marie PHILIPE

 

avec : Camille LOCKHART, Aurélie NOBLESSE, Anne-Marie PHILIPE et Alexandre LAVAL

 

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Ici, pas de femme au turban mais trois comédiennes pour - sinon incarner - du moins représenter trois Simone de Beauvoir à des périodes différentes de sa vie ce, par le biais de correspondances échangées avec ses divers amants.

Par souci du contraste sans doute ( ? ) la conceptrice du spectacle ( Anne-Marie Philipe ) a chargé un seul et même comédien de faire revivre les trois personnages masculins sélectionnés, à savoir : Jacques Laurent Bost, Nelson Algren et bien entendu Jean-Paul Sartre. Pour ce faire, Alexandre Laval limitera ses transformations au port d'une veste à carreaux, à l'utilisation d'une pipe ou à la présence de lunettes.

Quand tout commence, nous sommes en 1938 et celle que Sartre allait surnommer " Le Castor " a 30 ans.

C'est Anne-Marie Philipe qui d'emblée joue les choeurs antiques pour bien situer l'action. Par la suite, les échanges avec Jean-Paul Sartre lui reviendront.

Afin d'illustrer ces amours contingentes ( sic ) - parallèles dirons-nous - ne voyez là aucun jugement de ma part, chacun étant libre de vivre comme il l'entend - Camille Lockhart sera la Simone de Jacques Laurent Bost, cet élève de Sartre qui ne ménage pas son maître n'hésitant pas à le traiter de " médiocre " allant même jusqu'à le qualifier de " non valeur. "

Simone étant censée tout rapporter au pape de l'existentialisme, quelle fut alors la réaction de ce dernier ?  Mystère !

Aurélie Noblesse a hérité du privilège d'être la Simone de Nelson Algren - la plus passionnée des trois - mais sans doute que l'objet de son intérêt possédait un charme que les autres n'avaient pas ( au même degré, du moins ).

Seront également évoquées quelques expériences saphiques qu'Anne-Marie Philipe signalera rapidement à diverses reprises ...

 

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De son côté et de façon assez inexplicable vu le physique de l'homme en question, Sartre multipliait nous dit-on, les aventures … sans doute que le renom du personnage y était pour beaucoup ? Dorine aurait dit de lui : - " oui, c'est un beau museau ! "  mais il est vrai qu'en règle générale les femmes sont plus sensibles à ce qui ne se voit pas.

La mise en scène est assez statique puisque les interprètes resteront assis les trois quart du temps pour évoquer ces lettres et gageons que les plus intéressés parmi les spectateurs seront les fans de dame Beauvoir qui à leurs yeux, symbolise toujours la femme libérée alors qu'il faut bien reconnaître que sa renommée n'est pas étrangère à sa cohabitation avec Sartre.

A voir, si le thème vous intéresse.

 

Nous restons ici dans le domaine privé alors que l'époque traversée n'avait rien d'anodin ( front populaire, guerre, occupation et bouillonnante après-guerre ) or nous nous limitons aux confidences d'alcôve, ce qui est peut-être dommage ?

Cette remarque n'engage que moi, bien entendu puisque visiblement le public n'est venu que pour cela et sa satisfaction en témoigne.

 


Simone Alexandre

 

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10:12 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/08/2017

LIBERTE ! (Avec un point d'exclamation) de Gauthier FOURCADE

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

 

7, rue Véron - 75018 PARIS -

 

(M° Abbesses)

 

Loc. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

 

Du 25 AOUT au 5 NOVEMBRE 2017

 

 

Du jeudi au samedi à 21h

 

Dimanche à 17h

 

De et par : Gauthier FOURCADE

 

Mise en scène : William MESGUICH

 

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LIBERTE !

ce, vers quoi nous courrons tous - sans trop y croire - éternelle utopie !

" Ma Liberté ! " … chantait Moustaki - Sarah dormait dans un cercueil, Gauthier surgit de son coffre. " le matin, je me lève en chantant " disait Guy Béart …

Choisir : éternel dilemme : rouge ou bleu ?

 

Si l'on se réfère à l'Histoire ( avec un grand H ) les rouges étaient révolutionnaires et les bleus républicains or n'oublions pas que tous les chemins mènent à Rome " l'unique objet de mon ressentiment " dirait Camille.

Car " choisir, c'est s'amputer d'une partie des possibles " alibi pratique à ceux qui refusent de s'engager en une voie plutôt qu'une autre, l'idéal étant le train à cause des rails. Vous me suivez ? … ça vaudrait mieux parce que doubler dans ces conditions risque de s'avérer difficile au risque d'un déraillement or ce spectacle est une démonstration qui se veut logique bien qu'un peu folle-dingue ...

 

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Ah ! les mots … oui, parce qu'il n'y a pas que l'algèbre dans la vie même si les graphiques triangulaires aident à expliquer une relation à trois. A, B, C … n'oublions pas qu'il existe d'autres lettres dans l'alphabet et qu'une extension est toujours possible. Or notre comédien-auteur est un grand " détourneur " de mots auxquels il donne une direction inattendue mais toujours humoristique.

Si vous ne connaissez pas le moyen d'aller tout droit en tournant constamment à droite, demandez le lui, il vous expliquera.

Autre exemple : le peuple veut du pain ? Il faut donc le mener à la baguette ! C'est du reste ce qui lui arrive le plus souvent mais n'oublions pas que c'est lui qui a choisi le menu même si ce dernier se transforme chaque fois en soupe à la grimace.

 

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( photos : Pierre François )



Le pompeux Hugo qui ne négligeait pas toujours les acrobaties verbales quand elles pouvaient suppléer une rime qui s'obstinait à lui échapper ( souvenez vous de son célèbre : " Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth " ) n'hésita donc pas à inventer une cité pour clore la question, ce en dépit de la sentence " le calembour est la fiente de l'esprit qui vole " - car il faut effectivement avoir beaucoup d'esprit pour que l'envol puisse avoir lieu.

De l'esprit, Gauthier Fourcade n'en manque pas. Ce pierrot aussi lunaire qu'échevelé est tout à la fois, poète, philosophe et bien sûr, humoriste et nous découvrons tout cela, grâce à la complicité de William Mesguich qui a réalisé la mise en scène, la prestation se déroulant à cent à l'heure.

Allez-y en toute confiance, vous constaterez vite que vous venez de dénicher la meilleure façon d'aborder votre programmation théâtrale de rentrée.




Simone Alexandre

 

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10:57 Publié dans THEATRE | Lien permanent