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25/05/2012

Les larmes amères de Petra von Kant de Rainer Werner Fassbinder

PVK-1.jpgATHENEE - LOUIS JOUVET

4, Square de l'Opéra

75009 PARIS


(M° Opéra ou Havre-Caumartin)


loc. 01 53 05 19 19


www.athenee-theatre.com


A 19h. le mardi,

A 20h. du mercredi au samedi,

A 16h. le dimanche.


jusqu'au : 9 JUIN 2012

 

Mise en scène : Philippe Calvario


avec Maruschka Detmers (Petra von Kant) - Joséphine Fresson (Sidonie von Grassenabb, amie de Petra) - Julie  Harnois (Karine Thimm, amour de Petra) - Odile Mallet (Valérie von Kant, mère de Petra) - Carole Massana (Marlène, factotum de Petra) - Alix Riemer (Gabrielle von Kant, fille de Petra) 


 

Dire que la perception que nous pouvons avoir d'un texte quarante ans plus tard est complètement différente de celle de la création aurait valeur de lieu commun.

Contrairement à ce que j'ai lu sous la plume de quelqu'un qui du reste n'a pas eu la conscience professionnelle de rester jusqu'au bout ... Philippe Calvario n'a pas trahi Fassbinder car si ce dernier avait vécu plus longtemps, lui qui témoigna d'une certaine marginalité à son époque, il y a fort à parier qu'il aurait allégrement suivi les évolutions en cours ...

Comment s'étonner que l'on découvre en début de pièce un bel éphébe dans le lit de Pétra ? La bisexualité existe et celle de Fassbinder était notoire alors conclure que le personnage principal (Pétra) est censée n'aimer que les femmes est aussi inepte que réducteur. Et puis il y avait ce faisant un double clin d'oeil à " Querelle " et aux mannequins sexy de Jean-Paul Gaultier, qui donc pourrait s'en plaindre ? 

Le sur-jeu aussi voulu que cocasse de Carole Massana fait bien entendu penser à une certaine comédienne que Pédro Almodovar distribue très souvent. (Vous découvrirez aisément à qui je fais allusion.) C'est drôle tout simplement et ne réduit en rien le caractère dramatique de la situation. 

La puissance d'expression de Maruschka Detmers, sa beauté sculpturale font merveille dans ce rôle au point de nous faire presque oublier Margit Carstensen au jeu plus feutré (comparativement). On ne peut juger d'une situation passionnelle confortablement installé dans un fauteuil que si l'on est soi-même capable de tels élans. Donner l'impression que l'on est ivre est un exercice difficultueux (ô combien !) et la comédienne nous offre ici toute la palette de ses possibilités.

Vous avouerai-je que le personnage de Karine et son côté godiche intéressée m'a toujours mise mal à l'aise ? Ici, nous découvrons une vraie contestataire et c'est tant mieux pour le rôle. 

Bref, vous l'avez compris, j'ai littéralement adoré cette version de la pièce qui va déclencher des passions contradictoires ce qui finalement est le meilleur hommage que nous pouvions rendre à son auteur !

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

PVK-couleurs.jpg

crédit photos © COULONJOU-GENTIL

16:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/05/2012

Rostam et Sohrâb (Création)

THEATRE 13 / SEINE

30, Rue du Chevaleret

75013 PARIS


(M° Bibliothèque F.Mitterrand)


Loc. 01 45 86 55 83


info@compagniedulierre.com

www.compagniedulierre.com


A 19h.30 : mardi, jeudi, samedi,

A 20h.30 : mercredi, vendredi,

A 15h.30 : dimanche.


Pl. 24€ - T.R. 16€


 

Mise en scène et écriture : Farid Paya


D'après l'épopée " Le Livre des Rois " de Ferdowsi

Texte paru aux Editions de L'Harmattan.


Musique Bill Mahder


jusqu'au 6 JUIN 2012



avec David Weiss (Rostam) - Vincent Bernard (Sohrâb) - Cédric Burgle (Houmân) - Marion Denys (Tahmineh, Gord Afarid) - Guillaume Caubel (Le narrateur, Jendeh-Razm, Kajdahom) - Xavier-Valéry Gauthier (Le Roi de Samangân, Kâvous) - Thibault Pinson (Le berger, Hadjir, Goudarz) - Jean Matthieu Hulin ( Afrâsiyâb, Guiv) -

Rostam-duo.jpg

 

L'espace scénique est nu ou presque. Trois marches sur lesquelles un personnage est installé en position d'attente, c'est le narrateur. Il reviendra conclure à la fin quand le destin aura accompli son oeuvre. Derrière lui, accroché au mur une immense étoffe aux chaudes couleurs.

 

Grâce à Farid Paya, Le livre des Rois va s'ouvrir pour nous. 

Deux personnages mythiques vont s'affronter sans se reconnaître, le père Rostam et le fils Sohrâb. 

 

Le premier est un illustre guerrier à la force invincible. 

Sohrâb fut conçu par lui il n'y a de cela que cinq années mais ( c'est là que le merveilleux fait son apparition ) sa stature est déjà celle d'un jeune adulte ayant la vaillance d'un lion. 

Ce sont donc en référence à la tradition antique, des demi-dieux. Rien ne leur est impossible ! 

 

Tahmineh a désiré ce fils et en a elle même choisi le père auquel elle reste fidèle en dépit de l'éloignement car ces êtres souvent furieux ont l'esprit noble. Ils sont imprégnés de la valeur de leurs ancêtres et fiers de leur ressembler. 

 

Sohrâb partait en guerre avec l'intention d'offrir un empire à son père quand il l'aurait retrouvé mais c'est la mort qui sera au rendez-vous, donnée de la main même de celui qu'il voulait combler car les dieux en ont décidé ainsi. 

 

La Compagnie du Lierre encore nomade hélas, que nous retrouvons ici avec bonheur est constituée d'artistes complets maîtrisant en plus du jeu bien sûr, le chant scénique ainsi que les arts martiaux et pratiquent résolument l'incarnation des personnages.

 

Une fois de plus, ils nous conduisent en un autre univers par le biais d'un théâtre épique à l'indéniable efficacité qui nous transporte autant qu'elle les transcende.

 

Et puisque une nouvelle équipe vient d'être nommée au Ministère de la Culture, souhaitons qu'elle ne soit pas aussi sourde que la précédente et leur accorde un écrin digne d'eux. Tous nos voeux les accompagnent.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

combat.jpg


20:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/05/2012

Amphitryon 38 de Jean Giraudoux

Amphitryon-h.jpgTHEATRE du NORD-OUEST

13, rue du faubourg Montmartre

75009 PARIS


(M° Grands Boulervards)


Loc. 01 47 70 32 75


www.theatredunordouest.com

 

Mise en scène de Nathalie Hamel, assistée de Laurent Brusset.


Décor et costumes : Nathalie Hamel


avec : Laurent Brusset (Amphitryon/Jupiter) - Anne Brégégère (Alcmène) - Alexandre Varnière (Mercure/Sosie) - Esther Ségal (Léda) - Christelle Grzes (Eclissé) - Béatrice Mandelbrot (Le Trompette) - Eric Veiga (Le Guerrier)



 

Hommes ! ... grands tueurs de dieux que, finalement ils réduisirent à un seul - pour mieux l'épingler - mais c'est une autre histoire … Revenons à Jupiter qui, comme chacun sait, inventa l'ascenseur pour son usage personnel et qu'il utilisa fréquemment.

 

Alcmène est une bonne épouse, replète et sans grande imagination. 

Son Amphitryon lui suffit, ce qui bien entendu irrite fort le roi des dieux qui se prend pour Don Juan. 

 

Le rusé Mercure jouera avec son maître les transformistes afin qu'Hercule puisse avoir une chance de naître ... Cette histoire nous est narrée ici pour la 38ème fois et la liste n'est pas exhaustive. 

 

Gageons que le parisien de 1929 qui connaissait encore son Molière sur le bout des doigts dut s'écrier avec jubilation, le soir de la première,

 

-  " comme avec irrévérence parle des dieux ce maraud ! "

 

Et oui, la mythologie une fois de plus, renaissait de ses cendres …

 

Or, tout comme Zeus adorait descendre parmi nous, auteurs et interprètes aiment réduire les personnages à leurs propres dimensions. C'est ainsi que Jupiter-Amphitryon affiche ici la rusticité d'un membre de l' U.C.H.V. (côté camions) tandis que sa jeune épouse (charmante au demeurant) semble tout droit sortie de Desperate Housewives (culture télévisuelle, quand tu nous tiens !)

 

Ce Sosie-Mercure est moins facétieux que son ancêtre moliéresque et c'est peut-être dommage ? … Une mention spéciale pour la comédienne qui joue Léda, dont la beauté et l'élégance faisaient regretter que ce lourdaud de Jupiter ne lui prêtât pas plus d'attention. 

 

Cette pièce est jouée dans la salle Economidès (la bien nommée) dont l'austérité est ici compensée par un ajout de voiles ensoleillés qui tranchent agréablement sur la noirceur du lieu. Idée que l'on doit à Nathalie Hamel qu'il faut saluer au passage. 

 

Le texte est savoureux, répliques et réflexions portant sur le mariage font glousser d'aise plus d'un spectateur. Bref et en dépit d'une distribution parfois approximative, on passe là, un excellent moment en se disant que finalement, Giraudoux n'a pas vieilli autant que l'on pouvait le craindre.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

Amphi-38.jpg


14:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent