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14/02/2012

MEDEA de Pascal Quignard

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Théâtre PARIS-VILLETTE

211, Av. Jean Jaurès

Parc de la Villette

75019 - PARIS


(M° Porte de Pantin)

loc. 01 40 03 72 23


Du 7 au 19 FEVRIER 2012


mardi, vendredi à 21h

mercredi, samedi, 19h.30

dimanche à 16h.



Interprétation et chorégraphie : Carlotta Ikeda

Texte et lecture : Pascal Quignard

Musique, composition et interprétation : Alain Mahé


(6 EUROS LA PLACE AVEC LE CARNET PARIS-VILLETTE)

 

Médée, (MEDEA) cette ombre errante, petite fille du Soleil, condamnée à hanter la mémoire du monde nous est ici restituée sous les traits de Carlotta Ikeda, silhouette tout à la fois fragile et puissante dont les lents déplacements créent l'intensité.

 

Ce personnage mythique maintes fois revisité ne se justifie que par la sourde passion, celle qui lia un jour cette femme à Jason dont la traitrise fut cause du drame.

" Les nourrissons tuent les vivants sur leur passage " et Médée est un être qui n'accepte pas, qui n'accepte rien, en dehors de ce sentiment qui la transcendait, était devenu son absolue raison de vivre. Elle détruira donc les preuves d'un amour qui n'existe plus.

 

Comme le Butô fait corps avec les éléments, les pierres entrechoquées martèleront le cours du Destin tandis que le bruit d'eau symbolisera le temps qui passe éternellement.

Cette lenteur des gestes, ce dos vouté sous le poids de la faute, ces bras élevés en direction du Ciel, implorant les dieux de comprendre, toute l'intensité de la tragédie est ici restituée sans le recours des mots. 

 

Certes, Pascal Quignard a résumé l'action et la signification qu'elle comporte en un prologue destiné a présenter et résumer ce long langage muet qui ensuite ne sera véhiculé que par les gestes à une psalmodie près.

 

La rencontre entre l'oeuvre, l'interprète et le public est intense et cette forme d'expression illustre parfaitement le caractère sacré d'un théâtre qui fait de ses personnages des demi-dieux.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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Photos : LOT

16:43 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/02/2012

Frédérique, hôtesse de caisse de Claude Theil

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GUICHET MONTPARNASSE

15, rue du Maine

75014 PARIS

(M° Montparnasse-Bienvenue)


loc. 01 43 27 88 61

pl. 18€ - T.R. 13€


Mercredi et Vendredi à 19h,


jusqu'au : 13 AVRIL 2012

 

Mise en scène : Karim Hammiche

avec Véronique Hulin


 

Même si nous allons plusieurs fois par semaine dans la supérette de notre quartier, prêtons nous suffisamment attention aux hôtesses de caisse ? 

La plupart d'entre nous ont leur vendeuse attitrée car ce sont des femmes les trois quarts du temps mais à part " bonjour, merci et au revoir " la conversation s'arrête là. Et pourtant ... il y a bien derrière ces visages et ces voix des êtres faits de chair et de sang, avec des sentiments comme tout un chacun. 

Si par hasard nous les croisons dans la rue, éprouverons nous le besoin de leur faire savoir que nous les avons reconnues en les gratifiant d'un petit sourire complice, voire de quelques mots ? Je ne le parierais pas. 

Frédérique est l'une d'elles; trentenaire enjouée en dépit de ses problèmes et de la place toute relative que la société a bien voulu lui accorder.

A la question que certains ont l'habitude de poser, " qu'est-ce que vous faites dans la vie ? " Répondre : " je suis caissière dans un super-marché " n'est certes pas très valorisant. Et pourtant comme disait ma grand-mère," il n'y a pas de sots métiers, seulement de sottes gens. "  

Or à force d'être en contact (même rapide) avec les autres, un sens de l'observation se forge peu à peu. Gageons que nos psychologues qui monnaient leurs services aussi chèrement n'ont pas cette expérience ! 

Pour évoquer l'existence de " ces petits, ces obscurs, ces sans-grades " Claude Theil n'a  pas le verbe subversif d'un Dario Fo et pourtant tout est dit en filigrane ... Frédérique n'est pas une révoltée, encore moins une syndicaliste, son moteur c'est l'espoir et elle entretient son optimisme par le biais de films qu'elle parvient à voir grâce ou à cause de ses horaires fractionnés.

La comédienne nous fait participer à cela simplement, sans esbroufe d'un ton tout naturel et gageons que ceux qui sont venus la voir et l'entendre ne regarderont plus celle qui les approvisionne discrètement de la même façon.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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15:46 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/02/2012

Nuremberg, la fin de Goering (Une pièce de Arnaud Denis)

Goering-R.Jackson.jpgVingtième THEATRE

7, rue des Platrières

75020 PARIS

(M° Ménilmontant)


Loc. 01 48 65 97 90

Pl. 24€, 19€, 12€


Du 25 Janvier au 10 Mars 2012


Pièce écrite et mise en scène par Arnaud Denis

avec Götz Burger (Hermann Goering) - Jean-Pierre Leroux (Robert Jackson) - Raphaëlle Cambray (Marie-Claude Vaillant-Couturier) - Jonathan Max-Bernard (Lieutenant Jack Wheelis) & David Zéboulon ou Arnaud Denis en alternance (Capitaine Gustave Gilbert)

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Evidemment, ils étaient un peu plus nombreux à Nuremberg, pour participer à ce procès que d'aucuns depuis, ont qualifié de " mascarade." Il faut dire que les pays concernés n'avaient pas très bonne conscience pour avoir laissé faire les choses à Auschwitz car lorsque les américains se sont enfin décidés à intervenir, il y avait un bon moment qu'ils étaient au courant de ce qui se passait là-bas. Seulement dans l'intervalle, le commerce des armes faisait florès ! La bataille de Stalingrad aidera  la balance à pencher dans la bonne direction ... Nous savons tout cela par coeur, films et documentaires s'étant chargés de faire notre éducation ad nauseam. Arnaud Denis a sans doute comme beaucoup éprouvé le besoin impérieux d'effectuer ce devoir de mémoire dont il faut bien le dire, on nous rebat les oreilles depuis quelques temps déjà ... En ce cas, pourquoi être allée voir la pièce allez-vous dire ? Tout simplement parce que je trouve ce jeune metteur en scène et ici auteur talentueux. Quant à la phrase de fin " la civilisation ne résisterait pas à la répétition " c'est faire peu de cas du Rwanda par exemple ou des charniers que l'on a découvert en Serbie ! Depuis Tamerlan et même avant, les pires atrocités ont émaillé l'histoire des civilisations tout au long des siècles. 

Vous l'avez compris, c'est à une rude tâche à laquelle cette poignée de comédiens s'est attaquée avec conviction et l'auteur maîtrise parfaitement le sujet.

La prestation de Götz Burger est remarquable et son interprétation du personnage de Goering ne laissera aucun spectateur indifférent. La complicité que le monstre entretient avec le lieutenant Wheelis est saisissante de véracité. Arnaud Denis tout en étant fidèle à ce qui s'est passé a évité le piège du manichéisme. Hitler lui même pouvait avoir un moment de tendresse pour un enfant (blond de préférence) ou un chien car les êtres humains sont complexes. Alors et même si vous vous déclarez saturés par les nombreuses évocations de cette période de l' Histoire, allez-y car tout cela est traité avec intelligence et subtilité.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

 

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Photos LOT

16:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent