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17/01/2013

Le nazi et le barbier d'après Edgar Hilsenrath

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MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron

75018 PARIS


M° Abbesses ou Pigalle


loc. O1 42 33 42 03


www.manufacturedesabbesses.com


Pl. 24€ - T.R. 13€


(salle accessible aux fauteuils roulants)

 

A 21h, les dimanche, lundi, mardi et mercredi.

 

Adaptation et jeu : David Nathanson


Mise en scène : Tatiana Werner


 

Une légende voudrait que la grand-mère d'Hitler ait été engrossée par son employeur juif - marié - lequel n'a bien entendu pas reconnu l'enfant, ce qui expliquerait la haine du descendant et surtout le fait qu'il ait fait raser la maison ancestrale. En tout état de cause, le dictateur n'avait rien d'un " aryen pur souche " exactement comme ce Max Schultz, personnage central du roman écrit par Edgar Hilsenrath qui s'en est peut-être inspiré ? …

Ici, Max ignore qui fut son père et il a le choix entre cinq, son opulente mère ayant été très fréquentée …  le sixième de surcroît, le martyrise.

Or comme chacun sait, les victimes deviennent souvent des bourreaux.

Le futur nazi passera son enfance en compagnie d'Itzig Finkelstein dont il empruntera plus tard l'identité après l'avoir massacré lui et toute sa famille …

Charmant personnage allez-vous dire ! C'est en réalité un peu plus compliqué que cela et David Nathanson est absolument époustouflant : seul en scène mais actif en permanence tant physiquement que mentalement, il fait vivre sous nos yeux les participants de l'histoire et nous allons le suivre tout au long des différentes phases de cette existence tourmentée, racontée par lui, mimée avec une implication totale.

Sa voix utilise toutes les inflexions destinées à nous faire croire au personnage évoqué sur l'instant, qu'il s'agisse d'un homme, d'une femme, d'une victime ou d'un bourreau.

En prenant le chemin qui mène à ce théâtre, je me suis dit, - " zut ! encore un monologue ... " et pour faire diversion m'étais mis en tête que j'allais enfin savoir pour quelle raison, le sinistre personnage (toujours le même) arborait cette frange encombrante ainsi que ce bout de moustache ridicule. Là, je n'ai pas eu la réponse mais en revanche, le jeu du comédien m'a comblée, preuve que certaines greffes peuvent réussir …

Si vous voulez saisir la signification de cette dernière phrase, allez-voir la pièce et vous comprendrez d'autant que je pourrais presque parier qu'après avoir assisté à la représentation, vous aurez tout comme moi, très envie de lire le texte. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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14:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/01/2013

D.A.F. marquis de SADE de Pierre-Alain LELEU

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CINE 13 THEATRE

1, avenue Junot

75018 PARIS


(M° Lamarck / Abbesses)

 

www.cine13-theatre.com


Loc. 01 42 54 15 12


Pl. 26€ - T.R. 18 & 13€

 

Du mercredi au samedi à 21h.30

matinée le dimanche à 17h.30


 

Texte de Pierre-Alain Leleu


Mise en scène : Nicolas Briançon


avec Dany Verissimo, Pierre-Alain Leleu, Michel Dussarat, Jacques Brunet.



 

" Moi seul (e) en être cause et mourir de plaisir " …

 

Sade paya ses obsessions sexuelles d'incarcérations successives, lesquelles mises bout-à-bout ont presque couvert 3 décennies, pour terminer ses jours à Charenton, chez les fous !  C'était payer très cher une liberté d'expression qui vue ainsi,  s'apparentait à un esclavage … 

Pierre-Alain Leleu a isolé ici la période allant du fort de Vincennes à la sinistre Bastille. Le trop célèbre prisonnier s'y plaint bien entendu qu'on l'ait privé de ses livres et comme il ne peut écrire, ne lui restent que les fantasmes.

Une femme très belle et très soumise (au moins physiquement) occupera donc son esprit. Dany Verissimo-Petit prête à ce rêve, ses formes voluptueuses. 

Certains s'étonneront peut-être, qu'un geôlier (Lassinote)  puisse oser bastonner un prisonnier - qui n'en est pas moins marquis - à une époque où l'édifice symbolisant la justice royale était encore debout ? J'avoue ne pas avoir eu le temps de vérifier si l'anecdote est réelle mais Jacques Brunet illustre parfaitement par ce geste le mépris et l'indignation que cet homme éprouvait vis-à-vis du célèbre condamné. 

Cela dit, Sade n'avait rien inventé, il eut maint prédécesseur (se souvenir de Gilles de Rais pour ne nommer que lui) or, il fut l'un des rares auteurs à oser l'écrire.  L'époque était licencieuse mais on peut cependant lui préférer Crébillon (fils) qui lui, sublimait l'érotisme et non la pornographie.

N'importe, la distribution est parfaite et l'auteur de ce texte pour le moins imagé se révèle tout à fait crédible quand il se glisse dans la peau de Donatien-Alphonse-François pour les intimes et il y en eut beaucoup ... 

La mise en scène de Nicolas Briançon se révèle puissante, s'incluant parfaitement dans le sobre décor conçu par Bastien Forestier. A voir que l'on aime Sade ou non.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( photos : LOT )


11:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/01/2013

Le bal d'après Irène Némirovsky

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THEATRE de la HUCHETTE

23, Rue de la Huchette

75005 PARIS


(M° St-Michel)


Loc. 01 43 26 38 99


www.theatre-huchette.com


Pl. 25€ - Etud. 16 € -26 ans : 10€ - collectivités : 20€


jusqu'au : 18 février 2013


chaque lundi à 19h.

 

Adaptation et mise en scène : Virginie LEMOINE

(assistée de Marie Chevalot)


 

avec Lucie BARRET, Brigitte FAURE, Serge NOEL, Françoise MIQUELIS et Michel TAVERNIER


 

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Il ne faut certes pas comparer l'incomparable mais cette adaptation d'une nouvelle d'Irène Némirovsky m'a fait penser au théâtre de Bernstein qui lui aussi était d'une cruelle lucidité. Pour cela, ce dernier fut peu apprécié à son époque et gageons que si quelqu'un écrivait - au jour d'aujourd'hui - avec l'acuité sans concession aucune qui caractérise le Bal, (entre autres ...) les ligues qui se réfèrent à la loi Gayssot auraient vite fait de taxer leur auteur d'antisémitisme notoire. Seulement voilà, Irène Némirovsky était juive et paya cette appartenance de sa vie. Le talentueux écrivain qu'elle était a prouvé tout au long de son oeuvre son indépendance d'esprit. Elle décrivait le monde (le sien) tel qu'elle le voyait, sans tricher avec la réalité. De même que David Golder illustrait le milieu de la banque et de la Bourse, tout comme Zola le fit avec L'Argent, Le Bal met en évidence les défauts par lesquels se caractérisent ces nouveaux riches, dont l'étalage de ce qu'ils possèdent, leur tient lieu de lettres de noblesse. Du moins le croient-ils.

Rien de plus acéré qu'un regard d'enfant, surtout si on ne fait pas attention à lui. Ajoutez à cela la sensibilité d'une adolescente et vous aurez un aperçu de ce qui peut gronder dans cette jeune tête.

14 ans, mal aimée par sa mère, ignorée ou presque par son père l'un et l'autre complètement obsédés par leur brusque ascension financière.

Condition sociale oblige, la jeune Antoinette doit apprendre le piano en compagnie d'une vieille fille acariâtre qui n'en doutons pas se venge sur elle de la haine envieuse qu'elle ressent pour ces Kampf, vivant ostensiblement et depuis peu, dans l'opulence. Comme vous pouvez le constater, ça grince bien mais tout en faisant des étincelles et l'écriture brillante d'Irène Némirovsky rigoureusement respectée par Virginie Lemoine qui en a écrit l'adaptation en compagnie de Marie Chevalot, fait ici merveille ! Les comédiens s'investissent avec vigueur sur ce petit espace scénique et on ne peut qu'admirer leur performance. Allez y nombreux car, texte, mise en scène et interprétation le méritent bien.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : Irène Jonas )


11:46 Publié dans THEATRE | Lien permanent