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18/05/2011

Scènes de chasse en Bavière de Martin Sperr

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du fbg. Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

loc. 01 47 70 32 75

Pl. 23€ - T.R. 13€

www.TheatreDuNordOuest.com

 

Mise en scène : Nicole GROS

avec : Marie-Véronique RABAN, Isabelle DESALOS, Muriel ADAM, Jeanne CARRE, Stéphanie TRUONG, Laétitia BERTHEUIL, Jeff ESPERANSA, Ludovic COQUIN, Julien LIFSZYC ou Guy BOURGEOIS, Frédéric MOREL, Jean MARZOUK, Jack GALLON, Franck DELAGE, Gérard CHEYLUS.

 

Martin Sperr situe ce fascisme ordinaire en milieu rural au lendemain de la dernière guerre mais ne nous leurrons pas, il existe encore actuellement.
Certains faits divers se déroulant en banlieue n'ont rien à lui envier.
Bien sûr, ce n'est pas par hasard si les personnages vivent dans ce petit village de Bavière où l'ordre est personnifié par le bourgmestre et le curé. Ici, tout le monde se connaît, s'épie - comme il se doit - et les commérages vont bon train mais n'en est il pas toujours de même dans nos petits villages français ? ... Ces êtres vivent en autarcie et malheur à celui ou celle qui diffère des autres ! Une veuve ne saurait héberger deux hommes sous son toit... Une mère ne peut que condamner l'homosexualité de son fils ... et une fille peu farouche est forcément ce que Daudet nommait dans son Arlésienne " une roulure ! " Peu importe la somme de sentiments complexes que chacun peut secrètement nourrir puisqu'il faut se conformer à un modèle préétabli et dans le cas contraire, la curée n'est pas loin. Certes, l'absence de culture est un terreau sur lequel poussent les réactions extrêmes mais nous savons combien il serait utopique de cantonner ces inconvénients à une seule strate de la société. La différence inquiète et déchenche chez la plupart d'entre nous un phénomène de rejet.
Cette pièce est âpre, son climat violent. Nicole Gros a mis au point une mise en scène parfaitement efficace, utilisant adroitement toutes les possibilités fournies par l'espace scènique. Les interprètes investissent  leurs personnages, et nous pourrions presque oublier que nous sommes au théâtre, tant ce à quoi nous assistons est réel et le résultat optimal. 

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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19:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent

17/05/2011

Le Combat de Jean-Luc Jeener

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

loc. 01 47 70 32 75

www.TheatreDuNordOuest.com

Mise en scène : Jean-Luc Jeener

avec : Benoît DUGAS et Florence TOSI

 

Etrange " annonce faite à Marie " l'ange étant un officier SS annonciateur de mort et prêtre de surcroît. Par une sorte de raffinement sadique, cette femme est enchaînée dans sa cellule, entravée tel Prométhée sur son rocher. Elle prie pour surmonter l'épreuve quand arrive cet uniforme ennemi qui déclare être là pour l'aider ... Réaction de rejet immédiat. Comment accepter de s'en remettre à l'un de ceux qui symbolisent l'horreur, cause de tous les maux et en particulier de sa présence en ce lieu ? Car, indignée par ce qu'elle a vu à Oradour-sur-Glane la pieuse Marie s'est transformée en justicière et a tué, portée par un esprit de vengeance. Et c'est l'un des monstres d'en face qui prétend venir lui apporter la paix précisément au moment où elle croyait l'avoir seule trouvée en s'adressant directement à Dieu. En plus du fait historique, cette pièce aborde le thème de la responsabilité individuelle, de la conscience mise à mal par les évènements. Un crime isolé peut-il être plus grave qu'un crime collectif ?  Un soldat ne ferait que son devoir en obéissant aveuglement aux ordres donnés, ce qui le disculperait d'une quelconque responsabilité alors qu'une femme meurtrie, indignée, n'aurait pas le droit de venger ceux qui ont été massacrés ? Cette pièce interpelle par conséquent tous les croyants mais également les pacifistes sans exclure les anticléricaux eux-mêmes en une superbe illustration du célèbre, " hors l'église, point de salut " -
Car chacun bien entendu, en tirera les conclusions qui conviennent à sa propre Vérité cette dernière étant multiple comme chacun sait.
Les convictions de l'auteur sont connues de tous mais il convient de rendre hommage à l'homme qui jamais n'impose son point de vue analysant scrupuleusement celui des autres sans condamner qui que ce soit.
Voici donc une pièce qui conjugue tolérance et intelligence portée par deux comédiens qui s'impliquent complètement dans leur rôle respectif et pour laquelle aucun spectateur ne peut rester indifférent quelque soient ses choix, laïques ou religieux.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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14:26 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/05/2011

La porte de Antoine Séguin

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THEATRE LA BRUYERE

5, rue La Bruyère

75009 PARIS

(M° St-Georges)

loc. 01 48 74 76 99

Pl. 34€ T.R. 26€

du mardi au samedi à 21h.

(d'après l'oeuvre posthume de Klaus Von Krups)

Mise en scène de l'auteur (Antoine Séguin)

avec Sophie Gourdin, Elrik Thomas, Antoine Séguin.

 

La porte ... je ne vais certes pas la leur claquer au nez, d'autant que si le texte (disons le tout net) n'est pas extraordinaire, en revanche, les comédiens eux, sont excellents.
En ces temps moroses, il arrive que l'on ait envie d'aller au théâtre uniquement pour s'y dérouiller les zygomatiques et là, croyez moi, ces derniers pourront librement s'exercer.
C'est disons, ce que l'on nommait jadis " une charge " bien que je craigne que ce terme soit tombé en désuétude; bref, on y va et on y va à fond !
Au programme, casque à pointe et grosse Bertha.
Le spectateur ne risquera certes pas la migraine existentielle mais ses neurones pétaraderont comme au 14 juillet car les situations s'enchaînent à un rythme infernal.
C'est donc à une farce énoooorme que vous êtes conviés d'assister et si le rire est le propre de l'homme ... vous ne vous serez pas déplacés pour rien. Certes, Klaus Van Krups n'est pas Thomas Bernhard mais reconnaissez que ce que nous perdons en profondeur est récupéré en joyeuseté !
Par conséquent, spectateurs moroses, vous savez désormais où trouver l'antidote.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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photos : LOT.

14:48 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/05/2011

La fiancée aux yeux bandés de Hélène CIXOUS

ESPACE PIERRE CARDIN

1, avenue Gabriel

75008 PARIS

Entrée libre sur réservation

Mercredi 27 avril & jeudi 28 avril 2011 à 20h.30

(M° Concorde)

Mise en scène : Daniel Mesguich.

avec Moustapha Benalbout, Pauline Bolcatto, Hélène Bréssiant, Julien Campani, Louise Codelfy, Johann Cuny, Ina Dobreva, Marion Durand, Sterenn Guirriec, Lazare Herson-Macarel, Karim Khali, Clara Noël, Loïc Renard, Jenna Thiam, Pierre Yvon, Damien Zanoly.

 

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N'oublions pas que l'Amour est aveugle, comme chacun sait. Il ne voit pas avec les yeux mais avec le coeur lequel ne sait que battre ou s'arrêter.
Hélène Cixous revisite de façon tout à la fois analytique et ludique, le mythe d'Hamlet. Il y avait de quoi faire, allez-vous dire car ce n'est certes pas par hasard si tous les comédiens rêvent de s'attaquer au rôle, lequel dans sa forme classique, a (pardonnez l'expression) la réputation d'être hautement casse-gueule ! Ici, la dérision sauve de tout avec du théâtre dans le théâtre car Shakespeare himself, montera sur scène acceptant ceci, refusant cela, tout à la fois auteur de pièce et réalisateur de film. Puisque " tout est faux, tout est feint " et l'amour peut par conséquent s'offrir le luxe d'être plus fort que la folie.
Place donc aux divagations en ce Danemark, prétexte aux tempêtes, où le vent plus fort que tout, peut faire oublier les blessures, où tout peut arriver, surtout l'inespéré ... Porté par maintes fulgurances, le mythe s'envole, divague, emprunte des chemins de traverse.
Car qui pourrait dire le tourment d'un mort parti avant l'heure ? ...
Amelait, ce héros non sevré, amoureux de sa mère et en mal d'identification à son géniteur trop tôt disparu, " virgule errante au dessus d'une phrase effacée " condamné à symboliser éternellement le théâtre élisabéthain prend ici son envol, zigzagant par le biais de la mise en scène de Daniel Mesguich dont le rythme trépidant fait s'envoler le verbe.
Dans leur rôle respectif d'Amelait père et fils, Julien Campani et Johann Cuny parviennent à se ressembler de façon hallucinante.
Pierre Yvon dans le rôle de Mme Olsen, mère de Réguine est drôlissime tandis que Moustafa Benalbout dans celui de La taupe est absolument hilarant, le tout sur fond de tragi-comédie surprenante.
Il n'y avait hélas que deux représentations programmées mais souhaitons que cette expérience soit bientôt renouvelée.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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10:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent