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19/03/2012

Faire danser les alligators sur la flûte de Pan - d'Emile Brami -

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Théâtre de l'Epée de Bois

Route du Champ de Manoeuvre

(Cartoucherie de Vincennes)

75012 PARIS


(M° Château de Vincennes puis navette gratuite)


Loc. 01 48 08 39 74


du mardi au samedi à 21h.

Dimanche à 16h.


jusqu'au : 15 AVRIL 2012


d'après la correspondance de Louis-Ferdinand-Céline

avec l'autorisation des Editions Gallimard.


Mise en scène : Ivan Morane


avec Denis Lavant.


 

Je vais vous faire un aveu : depuis longtemps, je souhaitais voir Denis Lavant s'emparer du personnage de Louis-Ferdinand Céline. J'ai même dû l'écrire quelque part ... et bien, les dieux m'ont entendue et exaucée car il est là, ressuscité en quelque sorte, cet incroyable Dr Destouches et l'incarnation est hallucinante ! 

Pour la circonstance, Denis l'échevelé est même allé jusqu'à se raser le crâne. 

Je n'avais encore jamais vu Céline sans cheveux mais cela lui est sans doute arrivé. Moins fréquentes sont les visites chez le coiffeur et plus la coupe est courte, c'est bien connu or l'homme ne devait pas fréquenter souvent cette corporation lui qui à la fin de sa vie, retenait ses pantalons par une ficelle nouée autour de la taille. Cet anti-dandy avait bien mieux à faire ! 

Capharnaüm des lieux d'écriture ... les feuillets de son manuscrit sont suspendus à une corde à linge, à la façon de ces photos que l'on développaient soi-même à l'époque. Symbole de l'écriture prise sur le vif !  Et pourtant, l'auteur se décrira comme un galérien capable de rédiger 80.000 pages pour n'en conserver que 500. Sans nul doute, c'est cela le secret du mot qui fait mouche, de la pointe acérée qui se fiche en plein coeur de la cible. Oh ! certes, le verbe est outrancier car l'ennemi déclaré est cette vieille littérature bourgeoise qui cisèle des phrases déjà mortes avant d'être lues, sort réservé à l'académisme. Céline lui, impose le langage parlé mais avec quelle force et quel rythme ! 

" De la musique avant toute chose " disait Verlaine et c'est bien la seule leçon que notre impénitent anar' ait accepté de retenir. Tous ses confrères contemporains basculeront sous la guillotine de son jugement tandis que le couperet s'active, tel un hachoir.

" Quelle vanité, quelle stupidité ignoble ... écrire ! " s'exclamera t-il, lui qui prétend ne s'être livré à cette activité que dans la perspective de l'argent que sa notoriété lui procurerait. 

Le jeu de Denis Lavant va l'amble avec le texte. Nous sommes scotchés au moindre de ses gestes, à la plus subtile intonation, persuadés que nous assistons là, à un grand moment comme il en est peu. 

Un immense bravo et ... merci ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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22:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/03/2012

Peggy Guggenheim, femme face à son miroir de Lanie Robertson.

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PETIT MONTPARNASSE


31, rue de la Gaité

75O14 PARIS

(M° Gaité ou Edgar Quinet)


loc. 01 41 22 77 74


Pl. 30€ & 18€

Moins de 26 ans : 10€


du mardi au samedi à 19h. 

dimanche à 15h.


 

Adaptation : Michael STAMPE


Mise en scène et scénographie : Christophe LIDON


avec : Stéphanie BATAILLE;

 

On aime ou pas le personnage de Peggy Guggenheim mais si une chose est certaine, c'est que la comédienne est formidable ! Pas un seul temps mort durant ce monologue qu'elle investit au moyen d'une présence indéniable. 

Destin d'une héritière dont le père a disparu lors du naufrage du Titanic et qui a utilisé sa fortune à faire connaître des artistes dont - peut-être, sans elle - personne ne parlerait encore. Certes, ses goûts peuvent ne pas être partagés par tous, éternelle querelle entre les Classiques et les Modernes et Peggy n'était délibérément attirée que par ces derniers. 

En dépit du mauvais goût exposé par la présence de ces robes toutes signées certes mais au clinquant dérisoire, il faut reconnaître que les noms évoqués symbolisent tous l'expression d'un vingt et unième siècle triomphant. 

Où commence l'Art et où finit le commerce,(?) il est certes permis de se poser la question mais c'est tout de même grâce à elle que le grand Musée de la Cité des Doges fut créé. Cette collectionneuse impénitente fut à sa façon une résistante puisqu'elle permit que bon nombre d'oeuvres qualifiées par Hitler d'art décadent puisse échapper à la destruction pure et simple. Ensuite, et  au delà des noms désormais célèbres ce n'est plus qu'une question de choix personnel.

Grâce à cette femme (on peut s'en féliciter ou le déplorer) l'Art pictural moderne a pris une nouvelle direction. Cubisme, Surréalisme, Dadaïsme, Art Abstrait tous ces modes d'expression méprisés par certains lui doivent beaucoup.

Sa vie privée fit scandale car elle ne faisait jamais rien à moitié et puisqu'elle défrayait la chronique prononcer son nom avait  pour conséquence de poser un projecteur sur tous ceux auxquels elle s'intéressait. Humour et culture se conjuguent ici allègrement, deux raisons d'aller voir ce spectacle.


Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : LOT )

15:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/03/2012

Vol au dessus d'un nid de coucou

THEATRE 13 / Jardin

103A boulevard Auguste Blanqui

75013 PARIS


(M° Glacière)


Loc. 01 45 88 62 22


Pl. 24€ - T.R. 16€

le 13 de chaque mois, tarif unique : 13€


mardi, jeudi et samedi à 19h.30

mercredi, vendredi à 20h.30

dimanche à 15h.30


jusqu'au : 15 Avril 2012

 

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Electrochoc d'humanité de Dale Wasserman

d'après le roman de Ken Kesey




Mise en scène : Stéphane Daurat.



avec Patrick d'Assumçao, Olivier Baucheron, Stéphane Daurat, Olivier Deville, Pierre Giraud ou Hervé Jouval, Catherine Hauseux, Sandra Honoré ou Gwenaël Ravaux, Thierry Jahn ou Jérôme Ragon, Audrey Langle, Richard Leroussel et Arnaud Perrel.


 

Le projet était ambitieux car si la pièce est relativement peu connue, en revanche le film de Milos Forman (après le livre), a marqué les esprits et quatre décennies ou presque ne sont pas parvenues à effacer son impact.

En outre la distribution est nombreuse ce qui constituait une difficulté supplémentaire. Il fallait donc tout l'enthousiasme d'une jeune compagnie pour se lancer dans une telle aventure ! 

Bien sûr, le message se décrypte à plusieurs niveaux car rien ne ressemble plus à la société que ces lieux où l'on enferme les gens qu'il s'agisse de prison ou d'asile psychiatrique. Nous verrons comment un homme seul (Mc Murphy) peut alors déstabiliser l'administration.

C'est le chef indien qui ici joue le fil conducteur en de ponctuels monologues en s'adressant à son père tandis que tout le monde le croit sourd et muet. Nous découvrirons ainsi les moeurs de l'établissement qui loin de libérer ceux qui sont considérés comme des malades, les aliène un peu plus tout en permettant à ceux qui sont à l'extérieur d'être rassurés.

Comme le thème pourrait paraître à certains angoissant, le metteur en scène Stéphane Daurat a souligné certains aspects ludiques de la situation et c'est peut-être là que nous rechignons à le suivre, notamment quant aux conséquences de la distribution quotidienne de médicaments dont les effets semblent ici assez légers voire inexistants. Les conséquences de ces camisoles chimiques ne sont plus un secret pour personne et ont tendance à laisser des traces bien plus lourdes qu'ici.

Mais nous sommes au théâtre bien sûr et le message qui doit passer tout en dénonçant les excès du pouvoir reste malgré tout l'espérance.

N'importe, en sortant j'ai eu comme le regret de ne pas avoir été dérangée plus que cela. Que voulez-vous, les spectateurs sont masochistes parfois, ce qui me permet de rassurer ceux que le thème aurait peut-être tenus éloignés d'autant que le résultat général est plus qu'honorable ! 


Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : BM Palazon )

 

 

14:46 Publié dans THEATRE | Lien permanent