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15/06/2009

L'école des veuves de Jean Cocteau

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Théâtre ESSAÏON

6, rue Pierre au Lard

(angle 24 rue du Renard)

75004 PARIS

(M° Rambuteau, Hôtel de Ville)

Loc. 01 42 78 46 42

Jusqu'au 30 Juin : lundi et mardi à 20h.

A partir du 1er juillet, du mercredi au samedi à 20h.

Mise en scène et vidéos : DEJAN ILIC

avec Marie DELAROCHE, Anne CADILHAC,

et Richard MEDKOUR

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Conjuguer Cocteau à la mode fellinienne sous prétexte qu'il a tourné un Satyricon duquel est sorti ce personnage de matrone inventé par Pétrone puis repris par La Fontaine dans ses contes érotiques fait que l'on peine à discerner le ton habituel du Prince des Poètes. C'est un parti-pris de mise en scène que Dejan Ilic assume, n'en doutons pas. Cette légère pièce en un acte écrite tout spécialement pour Arletty fut représentée nous dit-on en 1936 à l'ABC et reste peu connue du grand public.
L'aventure est ici amenée par le biais d'un prologue au cours duquel Fanny Ardant et Fabrice Lucchini feront une double apparition (vocale) par le biais d'imitations assez bien rendues, il faut le reconnaître !
Décor et costumes sont amusants et aptes à servir cette farce que l'on pourrait presque attribuer à Aristophane ...
Une veuve éplorée décide d'aller rejoindre son époux dans la tombe et comme entre maîtresse et servante des liens parfois se créent, cette dernière voudra suivre l'exemple à son corps défendant, tout de même !
Un garde viril passera par là ... je vous laisse deviner la suite.
Certes, si vous allez voir cette pièce pour l'auteur, vous allez être un peu déroutés mais ceux qui se rendront à ce rendez-vous l'esprit vierge de toute idée préconçue risquent d'en tirer plaisir. Les réactions de la salle sont là pour en témoigner.
Les trois comédiens Marie Delaroche, Anne Cadilhac et Richard Medkour ne ménagent pas leurs effets et disons que dans le registre drolatique, c'est assez réussi. En revanche, les puristes seront peut-être d'un autre avis mais n'en faut-il pas pour tous les goûts ? Par conséquent, je ne saurais trop vous inciter à aller sur place forger votre propre opinion.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:34 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/06/2009

Play Strindberg de Friedrich Dürrenmatt

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L' ATALANTE

10, Place Charles Dullin

75018 PARIS

M° Anvers, Abbesses, Pigalle

Loc. 01 46 06 11 90

Jusqu'au : 20 JUIN 2009,

lundi, mercredi, jeudi, vendredi à 20h.30

samedi à 19h. - dimanche à 17h.

(relâche le mardi)


Mise en scène : Alain-Alexis BARSACQ.

avec : Agathe ALEXIS, Philippe HOTTIER, Dominique BOISSEL, Frédéric BOUBET

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(photos : Grégory Fernandes)

Ici, Friedrich Dürenmatt parodie la Danse de Mort de Strindberg, transformant la tragédie du couple en farce grotesque à la portée quasi métaphysique ...
Le destin de cet homme et de cette femme est de vivre ensemble, de se haïr mais de se supporter, pire d'être indispensables l'un à l'autre.
Pour décor, un salon aux allures de ring de boxe car c'est bien de cela dont il s'agit. Il convient que l'autre soit mis k.o !

En douze rounds, le chiffre n'est pas choisi par hasard, un treizième aurait été synonyme d'irrémédiable trahison or ces deux là dans leur détestation sont liés " à la vie, à la mort " certes pas pour le meilleur mais sans nul doute pour le pire.
Alice a abandonné sa carrière pour se marier avec cet homme, autoritaire, égocentrique et lui en fait constamment reproche. Edgar règle sa vie en parfait militaire, faisant table rase autour de lui. Les rouages grincent bien chez ces deux là, l'atmosphère est explosive et l'escalade permanente.
Le cousin d'Alice, Kurt va arriver à point nommé non pour faire diversion mais pour jouer les projecteurs braqués sur cette danse macabre.
Entre chaque coup de gong, Agathe ALEXIS et Philippe HOTTIER rivalisent de talent. Alice est drôle, féroce et lucide. Edgar est odieux et cependant on ne peut se départir d'une forme de compassion admirative pour cet être condamné qui s'écroule à intervalles réguliers pour se relever avec l'obstination de celui qui veut être vainqueur.
Le rôle de Dominique BOISSEL (Kurt) est plus ambigu; cette relation triangulaire ne pouvant lui être favorable alors même qu'il personnalisait l'espoir, voire la solution offerte ...
Frédéric BOUBET sera l'arbitre, illustrant le caractère brechtien de la mise en scène.
Une heure cinquante d'intérêt intense pour les spectateurs qui concluent en sortant qu'ils viennent indéniablement d'assister à l'un des meilleurs spectacles de la saison.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Cyrano Intime d'après Edmond Rostand

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LE GUICHET MONTPARNASSE

15, rue du Maine

75014 PARIS

Loc. 01 43 27 88 61

Pl. 18€, TR : 13€

Du mercredi au samedi à 22h.

Jusqu'au : 27 Juin 2009


Adaptation et mise en scène : Yves MORVAN.

avec Mathilde Arnaud, Julien Buda, Mathieu Gorges, Brice Hillairet, Romaric Maucoeur (en alternance : Antonio Labati) et Lula Suassuna.


Cyrano est sans contestation possible le personnage théâtral qui, avec Hamlet fait le plus rêver les comédiens car ces deux héros parlent plus que tous à l'imaginaire tant leur personnalité est porteuse d'émotions. A ce jour, on a tout dit sur l'un et l'autre et cependant on y revient sans cesse.
Certes, nous n'avons plus les moyens financiers de sa création, l'époque n'étant pas aux grandes distributions, aux somptueux décors et costumes mais le texte lui, traverse aisément le temps grâce à la richesse du verbe utilisé. Yves Morvan a su préserver celui-ci.
Pour cette adaptation, Ragueneau sera le conteur mais également le garant de la fantaisie et pour ce faire, Julien Buda va se démultiplier à l'envi.
Cyrano, ce frère cadet de Don Quichotte, cet héritier de Riquet à la Houpe et de Quasimodo, adoptera les traits modifiés de Lula Suassuna avec cependant un côté un peu sombre qui est celui (il est vrai) de l'homme convaincu du fait que sa disgrâce physique est éliminatoire aux yeux de celle qu'il aime.
Romaric Maucoeur est un Le Bret dont la puissance d'expression ferait presque craquer les coutures du personnage quant à Mathilde Arnaud, si elle n'a pas ce côté " grande dame " auquel la tradition nous avait habitués, elle interprète son rôle avec intelligence et sensibilité.
Brice Hillairet quoiqu'un peu emprunté offre sa charmante figure au personnage de Christian et s'il consentait à poser plus souvent son couvre-chef, nous en profiterions mieux.
On peine un peu à croire De Guiche amoureux de Roxane tant Mathieu Gorges joue les petits marquis d'une voix qui en dépit de la faible distance passe irrégulièrement la rampe mais portés par l'action nous oublions bien vite ce léger désagrément.
Bref, c'est à une agréable soirée à laquelle vous êtes conviés en ce petit lieu où il se passe parfois de grandes choses.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

11:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/05/2009

Les Tentations Electives de Benjamin Oppert

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du faubourg Montmartre

75009 PARIS

(Métro : Grands Boulevards)

Loc. 01 47 70 32 75

www.TheatreDuNordOuest.com

Pl. 20€ - T.R. 13€

jusqu'au 1er Septembre 2009 à 19h.

Mise en scène : Philippe BRIGAUD

avec Aurélien CHARLE, Christine MELCER, Rémy OPPERT, Michel PILORGE.

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Etre le lieu où se déroule la Cérémonie des Molières ... plus d'un directeur de théâtre a dû quelque(s) nuit(s) en rêver.

Et bien, précisément, nous y sommes.
Oh ! certes, les dorures habituelles sont quelques peu absentes de même que la foule pressante des professionnels.

Toutefois, une Ministre de la Culture en la personne de Christine Melcer finira par arriver - bien qu'un peu en retard - et celle-ci aura même la politesse de présenter quelques excuses ce qui en pareille circonstance, frise l'utopie pure et simple !
Avec brio, Michel Pilorge sera Monsieur Loyal (forcément, les Molières c'est toujours un peu le cirque) A lui, incombera la redoutable tâche de nous présenter l'heureux lauréat qui, au prix d'un effort surhumain devra tenir en ses mains la lourde statue représentant l'immortel Jean-Baptiste.
Et c'est là que le bât va blesser car Rémy Oppert qui joue Pierre Escabeau, (nom de théâtre casse-gueule au possible), va déclencher le scandale du siècle puisqu'il refusera non sans panache, ce que tous attendent sans oser l'espérer.
Démarrage de pièce sur les chapeaux de roues et brusquement, presque sans transition, nous allons nous retrouver dans le bureau de notre Ministre de la Culture, flanquée de son directeur de Cabinet (Aurélien Charle) cet alexandre politique en herbe.

A cet instant précis on commence à se demander ce que l'auteur a voulu démontrer ? ...


Car, ce vieux routier de la scène qui a blanchi sous le harnais moliéresque vient de tout envoyer promener afin de commencer à vivre une vraie vie et comme son esclandre a titillé l'opportunisme gouvernemental, une mission est sur le point de lui être confiée. Je vous laisse découvrir les ou plutôt LA condition qu'il va imposer pour donner son accord.

Nous venons de basculer de la scène théâtrale à la scène publique, les deux professions étant soeurs jumelles comme chacun sait. Très curieusement, et pour la première fois de sa vie sans doute, Pierre Escabeau va jouer les utilités ... consentantes, qui plus est !
Depuis que cette invention existe, le téléphone a toujours eu une place primordiale dans la vie d'un comédien.  Monsieur Loyal ayant depuis longtemps disparu après avoir rempli son office, les trois personnages restant vont intensément vivre la fébrilité de l'attente sous nos yeux ...
Il n'est un mystère pour personne que le souhait de tout comédien ou comédienne est de mourir sur scène et le champ politique actuel nous prouve chaque jour que l'on ne décroche pas aussi facilement dès que le virus a fait son nid chez quelqu'un.
A contrario, Benjamin Oppert semble vouloir développer ici une philosophie allant à l'encontre de tout ce qui nous est prouvé. Voeu pieux ou incitation à l'absentéisme ? ... Car enfin, après toute cette démonstration d'énergie déployée doit-on dire : " tout ça, pour ça ? " De telles implications peuvent-elles être suivies d'un décrochage aussi spectaculaire ? C'est donc à une réflexion sur le carriérisme à laquelle l'auteur nous convie.

A chacun de tirer les conclusions qui lui conviennent le mieux et en attendant, rendons hommage aux comédiens dont l'expérience fait ici merveille.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Tags : politique, carriérisme

25/05/2009

A la vie ! de Jean-Louis Milesi

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THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard

75005 PARIS

Réserv. 01 43 31 11 99

Pl. 22 & 15€

du mercredi au vendredi à 20h.30

samedi à 17h & dimanche à 15h.

jusqu'au : 27 JUIN 2009

Adaptation du scénario " A LA VIE A LA MORT "

écrit par Jean-Louis MILESI et Robert GUEDIGUIAN.

Mise en scène : Pierre-Loup RAJOT

avec : Jean-Jérôme ESPOSITO, Laurent FERNANDEZ, Lara GUIRAO, Julie LUCAZEAU, Ged MARLON, Georges NERI, Richard SAMMEl, Mireille VITI.


Nous pensons trop souvent que l'époque dans laquelle nous vivons est déshumanisée, surtout si nous habitons dans une grande ville.
En ce cas et afin de vous rassurer, allez voir cette pièce, vous y rencontrerez de vrais gens. Bien sûr, ils ne sont pas exempts de défauts mais la plupart ont un coeur " gros comme ça " et la solidarité n'est pas avec eux un vain mot.
Nous sommes dans un quartier de Marseille où un vieux cabaret joue péniblement les prolongations grâce à une strip-teaseuse (Joséfa) qui a passé l'âge de se découvrir mais fait toujours rêver les copains ... Mireille Viti est absolument magnifique dans ce rôle !
Son mari, José (Laurent Fernandez) bichonne une voiture d'un autre âge (elle aussi) qui lui coûte les yeux de la tête mais on ne se défait pas aisément de ce qu'on aime, êtres ou objets.
C'est tout une famille que nous allons découvrir avec son franc-parler, ses situations de crise, les quelques frictions parfois entre les uns et les autres mais qui ne seront jamais définitives.
Les comédiens prennent un évident plaisir à être les personnages qu'ils incarnent et aucun n'est en deçà du rôle qui est le sien.
Nous allons même découvrir un Ged Marlon (Patrick) d'une émouvante humanité et le rôle n'est pourtant pas facile ... Jusqu'à Otto cet ex-légionnaire dont le passé n'incite pourtant pas à la sympathie. Richard Sammel lui prête un visage de chevalier teutonique qui, n'en doutons pas attire irrésistiblement plus d'un regard de femme quand il est sur le plateau.
Julie Lucazeau vise carrément la performance avec ses multiples compositions de personnages tous plus présents les uns que les autres.
Il faut également nommer Lara Guirao qui est Marie-Sol sans laquelle le drame qui se voulait feutré en ce pays ensoleillé n'existerait pas, ce qui donne une dimension supplémentaire à la pièce et puis ... tous les autres : Georges Néri (coincé dans son fauteuil) et la maîtrise de  son jeu qui sonne toujours juste sans oublier bien sûr, Jean Jérome Esposito qui a lui seul résume le sort de beaucoup avec un fond inaltérable de gentillesse, sans tomber dans le misérabilisme.
Tous et toutes mènent cette pièce de haute main et quand au final on entend les accents de " Ay Carmela " on se dit que l'on voudrait être espagnol afin de joindre notre voix à la leur en une standing ovation, bien méritée.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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14:26 Publié dans THEATRE | Lien permanent