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10/06/2012

Démangeaisons de l'Oracle - Florent Trochel.

Oracle.jpgTHEATRE PARIS-VILLETTE

Parc de la Villette

75019 PARIS


(M° Porte de Pantin)


loc. 01 40 03 72 23


www.theatre-paris-villette.com


jusqu'au : 14 juin 2012


lun, mer, sam 19h30

mar, jeu, ven. 21h

 


Texte, réalisation et mise en scène,

Florent Trochel


Interprètes sur scène : Hugues Dangréaux, Fleur Sulmont, Eric Feldman


Interprètes du film : Hugues Dangréaux, Fleur Sulmont, Jean-Jacques Simonian, Sylvain Julien, Emmanuel Matte, Marie Piemontese


Musique : Olivier Mellano


 

Florent Trochel nous propose ici un spectacle complètement atypique alternant adroitement cinéma et théâtre. Certains objecteront que d'autres ont déjà conjugué ces deux modes d'expression mais pas de cette façon, pas avec une telle imbrication et un résultat aussi convaincant.

Ici, le temps est aboli, l'espace oscille entre souvenirs et instant présent entre fantasmes et réalité.

Nous plongeons tout d'abord dans l'univers d'une déchetterie, c'est le premier paysage apocalyptique, nous en rencontrerons un autre, un peu plus tard ... 

Oedipe Werner était le directeur de cette entreprise qu'il quitte à l'instant même et non sans regrets, laissant tout ce qui fut sa vie derrière lui. 

Il perdra un document en route et l'une de ses employés va courir après lui pour le lui rendre. Puis, il y aura l'agression. Double ! Il en résultera une cécité pour lui et une brusque clairvoyance. Oedipe ressemblera désormais à Tirésias.

Venezia, cette jeune fille, demi-soeur d'un délinquant qui était peut-être l'agresseur (?) puisque tout s'est déroulé si vite qu'elle n'aurait pu le reconnaître, va souhaiter que ces deux êtres se rencontrent et pas seulement physiquement car elle est convaincue qu'ils ont quelque chose en commun.

Le frère est un personnage peu recommandable alors que Werner qui fut sans nul doute un homme d'affaires redoutable a désormais la tête dans les étoiles.

Il collectionnait les papillons rares et en a emporté un, d'un bleu superbe dans une boîte ajourée ... Ils vont tous les trois partir vers un lieu improbable qui s'avérera un endroit désertique jonché de pierres et où rien n'éclôt en dehors de la perception de l'inéluctable.

Ce spectacle requiert toute l'attention du spectateur, lequel ne tarde pas à être happé par cette succession de situations elliptiques évoquées sans ordre chronologique, lesquelles nous condamnent à l'intelligence, démarche peu usitée actuellement. A voir et revoir pourquoi pas, afin de s'en repaître ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

Démang.oracle.jpg

- photos : Fred KIHN -


16:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/06/2012

Jeanne d'Arc l'Egérie de Charles VII de Danièle Léon

aff.Jeanne.jpgTHEATRE PROSCENIUM

2, passage du Bureau

niveau : 170, rue de Charonne

75011 PARIS


(M° Alexandre Dumas)


Loc. O1 40 09 06 77


Pl. 15€ - T.R. 10€


Prochaines représentations,


samedi 2 juin à 19h

& dimanche 3 juin à 15h.



ensuite, du mercredi 3 octobre au samedi 6 octobre à 19h.

le dimanche 7 octobre 2012 à 19h.


avec Lise Martin, Brice Berrier, Danièle Léon, Nicolas Luquin, Simon Caillaux, Pierre Fichet.


 

J'ignore quelles sont exactement les convictions religieuses de l'auteur mais il est évident que Danièle Léon a choisi d'évoquer le thème sans s'éloigner de la version classiquement officielle. Ici, nulle place à la moindre polémique, le texte est bien écrit et les références historiques incontestables. 

Tout auteur désire voir ses pièces jouées quitte à s'acquitter soi-même de la tâche or il est rare que l'on soit tout à la fois auteur, metteur en scène et interprète à valeurs égales. 

Cinq comédiens dont deux comédiennes devront se partager 13 personnages sans grande métamorphose physique ce qui nuit un peu à la crédibilité de ce qui nous est montré. 

C'est ainsi que passer de Charles VII auquel Brice Berrier ressemble peu, à l'évêque Cauchon (même de dos) en passant par Jean Pasquerel ne favorise pas la crédibilité du comédien qui n'avait pas besoin de ce surcroît de handicap.

On comprend que Lise Martin n'ait pas voulu sacrifier sa superbe chevelure pour quelques représentations mais bien qu'une comédienne ait affiché une démarche identique à l'écran il y a peu, l'usage du catogan est postérieur à l'époque ... A ce détail près, la comédienne s'acquitte de son rôle (Jeanne) de façon satisfaisante

Deux interprètes se détachent du lot, à savoir Simon Caillaux dont la stature domine la distribution et au parler juste, de même que Nicolas Luquin l'un et l'autre ayant à charge d'incarner chacun quatre personnages.

Les lumières sont habiles et la musique remarquablement choisie. 

Vous l'avez compris, le seul défaut de ce spectacle par rapport au texte est de ne pas posséder une distribution suffisamment importante mais il est vrai que le petit plateau du Proscénium n'aurait pu les contenir tous. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

Jeanne.jpg

(photo : Romain Dauphin-Meunier)


20:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/05/2012

Les larmes amères de Petra von Kant de Rainer Werner Fassbinder

PVK-1.jpgATHENEE - LOUIS JOUVET

4, Square de l'Opéra

75009 PARIS


(M° Opéra ou Havre-Caumartin)


loc. 01 53 05 19 19


www.athenee-theatre.com


A 19h. le mardi,

A 20h. du mercredi au samedi,

A 16h. le dimanche.


jusqu'au : 9 JUIN 2012

 

Mise en scène : Philippe Calvario


avec Maruschka Detmers (Petra von Kant) - Joséphine Fresson (Sidonie von Grassenabb, amie de Petra) - Julie  Harnois (Karine Thimm, amour de Petra) - Odile Mallet (Valérie von Kant, mère de Petra) - Carole Massana (Marlène, factotum de Petra) - Alix Riemer (Gabrielle von Kant, fille de Petra) 


 

Dire que la perception que nous pouvons avoir d'un texte quarante ans plus tard est complètement différente de celle de la création aurait valeur de lieu commun.

Contrairement à ce que j'ai lu sous la plume de quelqu'un qui du reste n'a pas eu la conscience professionnelle de rester jusqu'au bout ... Philippe Calvario n'a pas trahi Fassbinder car si ce dernier avait vécu plus longtemps, lui qui témoigna d'une certaine marginalité à son époque, il y a fort à parier qu'il aurait allégrement suivi les évolutions en cours ...

Comment s'étonner que l'on découvre en début de pièce un bel éphébe dans le lit de Pétra ? La bisexualité existe et celle de Fassbinder était notoire alors conclure que le personnage principal (Pétra) est censée n'aimer que les femmes est aussi inepte que réducteur. Et puis il y avait ce faisant un double clin d'oeil à " Querelle " et aux mannequins sexy de Jean-Paul Gaultier, qui donc pourrait s'en plaindre ? 

Le sur-jeu aussi voulu que cocasse de Carole Massana fait bien entendu penser à une certaine comédienne que Pédro Almodovar distribue très souvent. (Vous découvrirez aisément à qui je fais allusion.) C'est drôle tout simplement et ne réduit en rien le caractère dramatique de la situation. 

La puissance d'expression de Maruschka Detmers, sa beauté sculpturale font merveille dans ce rôle au point de nous faire presque oublier Margit Carstensen au jeu plus feutré (comparativement). On ne peut juger d'une situation passionnelle confortablement installé dans un fauteuil que si l'on est soi-même capable de tels élans. Donner l'impression que l'on est ivre est un exercice difficultueux (ô combien !) et la comédienne nous offre ici toute la palette de ses possibilités.

Vous avouerai-je que le personnage de Karine et son côté godiche intéressée m'a toujours mise mal à l'aise ? Ici, nous découvrons une vraie contestataire et c'est tant mieux pour le rôle. 

Bref, vous l'avez compris, j'ai littéralement adoré cette version de la pièce qui va déclencher des passions contradictoires ce qui finalement est le meilleur hommage que nous pouvions rendre à son auteur !

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

PVK-couleurs.jpg

crédit photos © COULONJOU-GENTIL

16:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent