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02/10/2012

Doris Darling de Ben Elton

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THEATRE du PETIT ST-MARTIN

17, rue René Boulanger

75010 PARIS


(M° Strasbourg-St Denis)


loc. 01 42 08 00 32


www.petitstmartin.com

& doris-darling.com


 

A 21h. du mardi au samedi

Dimanche à 16h.30

 

Adaptation et mise en scène,

Marianne Groves


avec Marianne Sergent, Amélie Etasse, Thierry Lopez, Eric Prat, François Siener.

 

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En attendant que le spectacle commence, la salle se retrouve face à un impressionnant univers aquatique ... allusion aux squales de la presse ? Toutes les suppositions sont permises. Musique d'attente puis D.D. (Marianne Sergent) fait son apparition dans une tenue pour le moins étonnante arborée par une femme qui n'est quand même plus une " minette. "  Silhouette néanmoins sculpturale, seul le chignon-pièce-montée surmonté d'un petit bibi ridicule, trahit l'âge de la dame. Mais ne fallait-il pas camper le personnage ? ... Dévastatrice elle est, la Doris Darling, foulée de grande tigresse sur un terrain de chasse, langue de vipère et projets assassins.

En rouge et noir, juchée sur des talons de 10 cm, sanglée dans une ceinture en vernis de la largeur d'un corset dont elle n'a nul besoin, on s'attendrait à la trouver au coin de la rue St-Denis. Vous l'avez compris, ce soir on ne fera pas dans la dentelle. Tous ses partenaires seront du même acabit, caricatures d'eux-mêmes et nous n'en aurons la logique explication qu'en toute fin de pièce. Dans l'intervalle, il va s'en passer des choses ! ... Le langage n'est pas particulièrement châtié (c'est un euphémisme)  et dans les rangs des spectateurs, ça glousse sec quand ça ne hoquette pas carrément de rire. C'est sans nuance " brut de décoffrage " mais ils déploient tous une telle énergie qu'on en oublie les excès pour être admiratifs. Et puis quoi, soyons fous pour un soir ! Le politiquement correct nous assomme assez tout au long de l'année pour que l'envie nous prenne de passer outre. C'est donc à une petite cure de folie pure à laquelle vous êtes conviés. Irrémédiablement coincés s'abstenir, tous les autres s'éclateront littéralement.


 Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

 

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11:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/09/2012

Volpone ou le renard de Ben Jonson

visuel-Volpone.jpgTHEATRE de la MADELEINE

19, rue de Surène

75008 PARIS


(M° Madeleine)


loc. 01 42 65 07 09


www.theatremadeleine.com


Pl. 54€, 44€, 34€, 17€


 

A 20h.30 du mardi au samedi

Matinées samedi & dimanche à 17h.


 

Adaptation: Nicolas Briançon et Pierre-Alain Leleu


Mise en scène : Nicolas Briançon.


 

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avec : Roland Bertin, Nicolas Briançon, Anne Charrier, Philippe Laudenbach, Grégoire Bonnet, Pascal Elso, Barbara Probst, Matthias van Khache, Yves Gasc.



 

Chaque adaptation est résolument conditionnée par l'époque à laquelle elle fut écrite. La sinistrose actuelle a de ce fait donné le ton aux soins conjugués de Nicolas Briançon et Pierre-Alain Leleu. Leur Volpone se situe sous le double signe du profit et de l'absence de scrupules. Aucune trahison puisque Ben Jonson disait déjà cela à l'époque mais peut-être avec un peu plus de brio et de légèreté ? 

Nous enregistrons d'emblée la noirceur du décor. En fait, le maître des lieux vit couché dans une salle des coffres dont il est l'unique propriétaire,  au dessus de laquelle planent les oiseaux de proie. On ne vante plus depuis longtemps le talent de Roland Bertin qui est ici un opulent Volpone malicieux au possible face à un Mosca (Nicolas Briançon) à la rigueur quasi presbytérienne. Etrange vision du personnage lequel risque d'en déranger certains ... 

Cette demeure est l'aimant de toutes les convoitises et les visiteurs ne savent que faire pour être agréable à leur hôte en lui offrant des cadeaux dans l'espoir d'un retour imminent. Car messire Volpone feint d'être à l'agonie afin de mieux duper son monde et ce, avec la complicité de Mosca, bien entendu. Mais " rira bien qui rira le dernier." Ben Jonson étant le contemporain et le rival de Shakespeare on pense au Marchand de Venise et la scène du procès vient conforter cette impression,Timon d'Athènes nous vient également à l'esprit. Ce dernier trop généreux paya sa prodigalité très cher tandis que la féroce cupidité de Volpone en fera la proie de plus canaille que lui. 

Assez subtilement des allusions sont faites à des événements actuels et le spectateur qui les capte au vol s'amuse du rapprochement. 

Tous les vices (éternels) sont ici représentés, avarice, convoitise, lubricité,  mari dévoyé qui offre son épouse pour servir ses intérêts ... ainsi va le monde et ce n'est pas près de changer si l'on se réfère à ce noir constat. 

Une mention spéciale pour Anne Charrier, comédienne de talent, ici dame de petite vertu mais de haute volée qui vient par son élégance, sa joie de vivre et sa fantaisie égayer un peu l'atmosphère chaque fois qu'elle paraît.  

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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(Photos : Bernard RICHEBE)


10:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent

27/09/2012

A peine un souffle de Anne Kellen

Aff.apeineunsouffle.jpgTHEATRE de la HUCHETTE

23, Rue de la Huchette

75005 PARIS


(M° St-Michel)


loc. 01 43 26 38 99


www.theatre-huchette.com


Pl. 25€, -25ans : 16€ -

 

 

Texte et mise en scène : Anne KELLEN


avec : Christophe ALLWRIGHT (L'autre)


 

Ceux qui aiment se poser des questions à l'écoute d'un texte, vont être servis. Noirceur énigmatique de l'affiche un tantinet dissuasive, explication différée, voire pari impossible. Qui est cet homme ligoté sur une chaise avec les yeux bandés, hurlant son désarroi ? Il se présentera lui-même avec abondance de détails et pourtant nous n'en saurons guère plus.

Où est-il ? ... Fût-il réellement kidnappé ? Serait-ce au contraire un petit jeu sado-maso auquel nous assistons ? Le mystère pour beaucoup restera entier.

Le personnage qui s'égosille sous nos yeux fait partie de la caste des gens aisés, des laborieux aussi (il précisera être sous pression 15 heures par jour.)

Une poignée de références nous vient alors à l'esprit en passant par la fâcheuse expérience du baron Empain, sans oublier les quelques films vus, romancés ceux-là qui traitaient de kidnapping à intention plus ou moins érotique.

Une voix off vient s'inviter et ce ne sera pas celle d'une femme comme on pouvait s'y attendre mais au contraire un beau timbre mâle et bien entendu mystérieux. A moins que ? ... Serait-ce la voix de Dieu autrement dit celle de sa conscience ?

Arrivée à ce stade de suppositions, j'ai envie de dire : " à vous de choisir " ...

Christophe Allwright réalise là une performance, c'est indéniable or certains risquent cependant de trouver l'épreuve insupportable. Le comédien étant seul en scène, un respect élémentaire nous conseillera de rester jusqu'au bout mais quelle épreuve ! Tant pour lui que pour nous. Ce moderne Prométhée excite pourtant notre curiosité ... alors quoi ? Métaphore allégorique de kidnapping d'une société tout entière ? Dénonciation d'un aveuglement coupable ? Secrète admiration invalidante ( ô combien ! ) de ceux qui en dépit du contexte parviennent à s'en sortir parce qu'ils foncent sans scrupules, les yeux fixés sur le but à atteindre ? ... 

Une seule évidence, mieux vaut ne pas s'en tenir à une lecture faite au premier degré mais allons nous au théâtre pour nous poser les mêmes questions que dans la vie ? Ce lieu ne serait-il plus destiné à nous changer les idées ? Il est permis de s'interroger. D'autant que lorsque nous sommes rivés à notre ordinateur qui nous ligote de façon virtuelle mais efficace, ne ressemblons nous pas à celui-là ? C'est peut-être la question qui dérange le plus et avouons le, nous aussi nous étions ligotés à ce texte ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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(photo LOT)


16:46 Publié dans THEATRE | Lien permanent