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17/06/2013

A toi pour toujours, ta Marie-Lou de Michel Tremblay

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LE LUCERNAIRE

53, rue Notre-Dame des Champs

75006 PARIS


(M° Vavin ou N.D.des Champs)


Réserv. 01 45 44 57 34


www.lucernaire.fr


Du mardi au samedi à 19h.


jusqu'au : 6 JUILLET 2013


 

Adaptation et mise en scène : Christian Bordeleau


avec Cécile Magnet - Yves Collignon - Sophie Parel - Marie Mainchin

 

 

Dans l'obscurité, retentit la sonnette d'une porte d'entrée, puis les personnages vont apparaître par saccades, comme par le biais d'éclairs de flash or, chacun sait que les souvenirs s'impriment sur les photos prises ainsi (ou autrement) car c'est à un retour dans le temps auquel nous sommes invités de façon abrupte.  Michel Tremblay est un auteur à la puissante écriture et chez lui, les situations évoquées ont parfois, la force d'un boomerang. 

Deux couples vont apparaître sous nos yeux, le père, côté jardin et la mère, côté cour avec au centre, les deux filles lesquelles ne se sont pas revues depuis 10 ans.

Prises de becs pour le moins violentes et ô dérision ! (mais absolument pas par hasard) un tableau ressemblant à une enluminure, représente le Sacré-Coeur de Jésus : vision de sérénité sur fond d'orages.

Léopold le père, est alcoolique tandis que son épouse, Marie-Louise demande à la religion sinon de résoudre ses problèmes, du moins de l'aider à les supporter.  

Les deux soeurs sont aussi contrastées que leurs parents, l'une a hérité de la bigoterie maternelle et l'autre a pris ses cliques et ses claques pour se produire dans un quelconque " beuglant " situé sur la rive du fleuve, le St-Laurent.

Incompréhension totale de part et d'autre pour chaque génération. C'est le cirque ... la cage aux fauves !  Michel Tremblay passe la religion et la sexualité au rouleau compresseur et pour faire mal, ça fait mal mais on rit car le bougre a du talent.

Et puis il y a cette langue ... ces expressions imagées au possible et on constatera que même morts, certains peuvent être sacrément vivants ! Ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus car il faut absolument que vous les alliez découvrir - eux et leur histoire familiale.

Les comédiens sont tous formidables mais il faut ajouter une mention spéciale en direction de Yves Collignon dont les moyens d'expression sont exceptionnels. Aussi, croyez moi, ne perdez pas un seul instant, allez-y ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( Photos : Jules Pajot)

 

19:23 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/06/2013

Barbe-Bleue, espoir des femmes de Dea Loher

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THEATRE 13-Seine

30 rue du Chevaleret

75013 PARIS


(M° Bibliothèque François Mitterrand)


Réserv. 01 45 88 62 22


www.theatre13.com


 

Du 11 au 30 Juin 2013


PRIX THEATRE 13, jeunes metteurs en scène


Présentation publique des spectacles finalistes de la 8ème édition.


Mardi 11 Juin à 19h.30 et mercredi 12 Juin à 20h.30 - 1h.25 sans entracte


Traduction : Laurent Mulhelsen


Mise en scène : Alain Carbonnel

 

avec Clémentine Bernard (Tania) - Thibaut Corrion (Henri) - Virginie Gritten (Anne) - Dominique Jacquet (Eve) - Ophélia Kolb (Juliette) - Charlotte Ligneau (L'aveugle) - Sophie Neveu (Judith) - Aurélie Toucas (Christiane)


 

 

Si j'étais sexiste, je dirais que Dea Loher écrit comme un homme avec toute la puissance qu'on leur prête communément. Quelle ironie dans le titre ! ..."  espoir des femmes ", laissant supposer que chacune d'entre nous attend la mort de la main de celui qu'elle aime, à défaut d'en recueillir cet amour " au delà de toute mesure. " 

Tragédie comique ont dit certains et ce n'est pas faux car ce Don Juan malgré lui, fait plus que tenir ses promesses. Ne pouvant se contenter de la " petite mort " il apporte la grande, l'irréversible, la définitive, tout cela parce qu'un jour il s'est fait piéger par une femme alors qu'il dégustait tranquillement une glace sur un banc public. Ce fut le sorbet le plus cher du monde puisque toutes ensuite paieront la note. 

Charles Perrault hante le subconscient de notre vie adulte, rappelant que la curiosité peut se révéler meurtrière. Or n'est-ce pas ce sentiment qui nous porte à découvrir l'amour ? On veut connaître ... on veut savoir et surtout éprouver ! 

Thibaut Corrion est un Barbe-Bleue qui ressemble étrangement à Frédéric Barberousse. Logique allez-vous dire puisque l'auteur (e) est de culture germanique, Dea Loher étant née en Haute Bavière.

Ce anti-héros tue toutes les femmes qu'il rencontre afin de se venger peut-être de sa médiocrité, lui qui a longueur de journée s'agenouille aux pieds des clientes venues choisir des chaussures qu'il leur fait essayer avec des gestes empreints d'une obscure sensualité. L'amour est aveugle nous dit-on et aura le dernier mot après tous ces balbutiements meurtriers.

L'aspect noir de ce conte disparaît presque sous la brillance voulue de la mise en scène dont Alain Carbonnel nous gratifie et si la sonorisation est certes un peu envahissante, en revanche ce traitement devient salvateur car il nous protège de toute sinistrose. Une heure vingt cinq de fascination. Souhaitons que la pièce soit à nouveau jouée, afin que plus de spectateurs puissent en profiter.

Signalons au passage que lors de cette présentation première, la salle était pleine à craquer !

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com


Egalement au programme,


Vendredi 14 Juin à 20h.30 / Samedi 15 Juin à 19h.30

Hôtel Palestine de Falk Richter

Mise en scène : Fabio Godinho


Mardi 18 Juin à 19h.30 / Mercredi 19 Juin à 20h.30

Münchhausen, le spectacle, écriture collective dirigée par Julien Luneau

Mise en scène : Elsa Robinne


Vendredi 21 Juin à 20h.30 / Samedi 22 à 19h.30

L'Anniversaire d'après C.T.

Mise en scène : Johanna Boyé


Mardi 25 Juin à 19h.30 / Mercredi 26 à 20h.30

Love and Money de Denis Kelly

Mise en scène : Benoît Seguin


Vendredi 28 Juin à 20h.30 / Samdi 29 Juin à 19h.30

Alice

Texte et mise en scène : Anaïs Laforêt et Aïda Asgharzadeh

12:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/06/2013

Phèdre le matin

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La Maison des Métallos

94, rue Jean-Pierre Timbaud

75011 PARIS


(M° Couronnes)


les mercredi, jeudi & vendredi à 10h.

le samedi à 14h.30


jusqu'au : 29 JUIN 2013


Durée : 45 mn


 

Conception, écriture et mise en scène : Marie Piemontese


Interprétation : Isabelle Lafon, Anastasia Baraviera, Stéphane Marjan


Musique originale : Anastasia Baraviera



 

Quoique l'on fasse, où que l'on aille, tout nous ramène à l'écran et à internet et ce, ad nauseam.  Pourtant si l'on préfère aller au théâtre plutôt qu'au cinéma c'est bien parce que nous sommes persuadés que rien ne remplacera jamais la présence physique de l'acteur. Nous respirons en même temps que lui le même air, nos coeurs battent à l'unisson, ce que l'art de la projection ne saurait produire ... 

En outre, une représentation théâtrale a généralement besoin de la nuit pour que la magie s'opère tant sur scène que dans la salle.

Ici, l'approche est différente ... Phèdre n'est en réalité qu'un prétexte alors que c'est surtout une histoire obsessionnelle dont il est question. Une femme est amoureuse d'un jeune homme et comme elle se heurte à des interdits, (en subsisterait-il encore à notre époque ? ...) l'exutoire passera par la photographie. Cette Diane chasseresse va donc traquer sa proie chaque nuit, capturer son image et s'en repaître au petit matin. 

De cette forme d'intellectualisation amoureuse naîtra le texte en ce 21ème siècle où le besoin de l'autre s'exprime le plus souvent par des échanges virtuels. Hippolyte est ici un fantôme, une ombre qui passe sans jamais s'arrêter, porté par son insouciante jeunesse.

Ce personnage, " mi-prince, mi-princesse ", à la flagrante androgynie n'est en fait que la forme rêvée de l'amour éternel. Le schéma habituel de la tragédie classique est ici absent et le trio, Phèdre, Hippolyte, Aricie aura la consistance d'images qui passent comme cette projection sur les murs et même au plafond tant il est vrai que par internet (pardonnez la trivialité du propos) on s'envoie en l'air comme on peut ! " Autre temps, autres moeurs " - il y a quelques décennies, les metteurs en scène obligeaient les comédiens à adopter sur scène la position horizontale maintenant, les mêmes doivent passer par l'écran. Les modes d'expression se succèdent mais les textes restent fort heureusement et celui-ci mérite notre attention. Contrepoint réussi, la partition jouée au violoncelle qui, par une pointe de nostalgie, poétise le tout.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent