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23/07/2012

Les Bonnes de Jean Genet

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LE LUCERNAIRE

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS


(M° N.D.des Champs)


Réserv. 01 45 44 57 34


www.lucernaire.fr


du mardi au samedi à 18h.30


jusqu'au : 1er Septembre 2012



 

Pour être sans doute, la plus jouée de toute l'oeuvre de Jean Genet, cette pièce n'est pas la plus aisée tant les personnages sont complexes.

Serge Gaborieau et Armel Veilhan ont ici joint leurs efforts pour nous fournir leur vision de ces Bonnes nettement plus jeunes que celles qui inspirèrent l'auteur.

A peine sorties sinon de l'enfance, du moins de l'adolescence, Claire et Solange aiment se travestir et vouent à Madame l'admiration que seule peut engendrer l'inexpérience. Amour chargé de haine puisque leur condition sociale souligne la cruauté du sort. D'autant que si Madame est bonne pour elles, celle-ci ne se prive pas de les humilier en leur offrant des tenues somptueuses dont elle n'a plus rien à faire mais qu'elle leur reprendra ensuite ...

Les humiliations vont donc s'additionner, jusqu'à ce que la coupe peu à peu déborde. Viendra alors la machination. On peut à peine leur en vouloir ... elles sont si jeunes, témoignant de tant de vie confisquée ! 

Ici, le discours politique prend donc le pas sur la psychanalyse et c'est un choix délibéré. Le décor même est signifiant puisque se voulant zen, les deux lits pourront être assimilés à deux pierres tombales qui une fois rapprochées se couvriront de fleurs symboliques.

Les gants de caoutchouc ne seront pas nécessaires pour étrangler Claire, puisque la tisane empoisonnée négligée par Madame, remplira son office transformant le crime en suicide.

Les deux comédiennes, Marie Fortuit et Violaine Phavorin apportent leur fraîcheur et leur enthousiasme aux personnages des Bonnes tandis qu'Odile Mallet dans le rôle de Madame est sidérante de perfection.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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photo : Julien CAUVIN


10:38 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/06/2012

Oleanna de David Mamet

Oleanna-h.jpgLUCERNAIRE


(Centre National d'Art et d'Essai)


53, rue Notre Dame des Champs


75006 PARIS


Loc. 01 45 44 57 34


www.lucernaire.fr


du mardi au samedi à 20 heures


jusqu'au 1er Septembre 2012


 

Auteur du texte français : Pierre Laville


Mise en scène : Patrick Roldez


avec Marie Thomas et David Seigneur.


 

Huis clos entre un professeur et son élève. Confrontation houleuse avec basculement du pouvoir. Carole semble complètement introvertie, elle cherche ses mots, se dévalorise en permanence. John, brillant enseignant sur le point d'obtenir une promotion l'a convoquée après lui avoir communiqué le livre qu'il a écrit, sur lequel il voudrait recueillir son point de vue. Elle prétend ne pas en avoir, être complètement dépassée, n'avoir rien compris.

Le téléphone ne cesse de retentir et il est question de l'acquisition d'un terrain et de la maison idéale que l'homme pense pouvoir s'offrir dès que sa promotion sera officielle. Pourquoi s'intéresse t-il autant à cette jeune étudiante ? Tout simplement parce qu'il croit se reconnaître en elle et il voudrait lui permettre de brûler les étapes qu'il a péniblement franchies. Aveu imprudent qu'il va payer très cher !

David Mamet a l'art de disséquer les relations humaines, de mettre à nu ce que l'on a coutume de cacher, comme les complexes par exemple ...

Tant que cette étudiante voyait le Maître sans faille elle ne pensait pas s'attaquer à lui mais il va délibérément lui indiquer son tendon d'Achille, faute impardonnable aux yeux de quelqu'un qui a une revanche à prendre.

On s'étonne de la patience de l'homme et de la perversité hargneuse de l'élève et pourtant, combien de faits divers analogues ont durant ces dernières décennies vu le jour ?

Le pouvoir des associations féministes, un puritanisme galopant, tout concourt à faire le lit de ce genre de situation. 

Les deux comédiens incarnent parfaitement les personnages et les spectateurs se trouvent happés par le drame auquel ils assistent, à cette manipulation qui les indigne tandis qu'une petite voix perverse leur souffle que les non-dits existent et viennent parfois troubler les meilleures consciences.

Une pièce très intelligente ce qui ne saurait nous surprendre venant de cet auteur.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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15:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/06/2012

Le Fond de l'ère effraie de Bruno Coppens

Bruno-Coppens.jpgLA PEPINIERE-THEATRE

7, rue Louis Le Grand

75002 PARIS


(M° Opéra)


loc. 01 42 61 44 16


Pl. 29€ et 19€


du mardi au samedi à 19h.

 

Mise en scène : Eric de Staercke


Textes et interprétation,

Bruno Coppens


pianiste-comédien : Pierre Poucet

 

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Qu'y a t-il de pire que de confondre un artiste avec un autre ? … 

Sans doute de lui déclarer naïvement,

-" ma mère aime beaucoup ce que vous faites ! "  

Pour le coup, véner il est, l'artiste en question ... 

Lui dont les répliques fusent à la vitesse de l'éclair, assommé, il n'a même plus le réflexe de répliquer,

- " ça prouve au moins que moi, je perdure ! " … 

Non, le moral dans les chaussettes il se traînera jusqu'au bar où il sait retrouver un copain afin de solliciter une thérapie de comptoir.

Cinquante balais ! brusquement notre homme réalise qu'il ne va pas tarder à dévaler l'autre versant de la montagne. C'est du moins ainsi qu'il perçoit les choses en la circonstance, alors histoire d'emprunter le remonte-pente, il utilisera les mots.

Calembours, contrepèteries, il fera feu de tout bois afin de prouver qu'il a encore du souffle. Inutile de chercher à noter un bon mot sur le bloc ouvert à cet usage, le stylo ne serait pas assez rapide car trois autres formules à l'emporte-pièce ont déjà traversé l'espace : scène-salle avant que la phrase en question soit notée.

Et on se dit immédiatement : " mais où va t-il chercher tout ça ?

Riton, le barman qui a compris qu'il n'était pas près de fermer, s'installera au piano, ce qui nous permettra de constater qu'en plus, Bruno Coppens sait chanter et bien.  Du coup, un piano à queue succédera au piano droit. Faut c' qui faut, n'est-ce pas ? Indubitablement, il y a du Raymond Devos et du Bobby Lapointe chez cet homme là !

Comme il sollicite le public, on peut même ajouter que certains soirs ce dernier a plus ou moins de talent et pour lui, ce n'est qu'un exercice d'équilibriste de plus. 

Enfin, et pour conclure,  si cet humour est belge, tout comme le célèbre petit bonhomme … il pisse dru. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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(Photos : LOT)


15:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent