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14/10/2012

Regardez mais ne touchez pas de Théophile Gautier et Bernard Lopez

visuel-regardez.jpgLUCERNAIRE

Centre National d'Art et d'Essai

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS


(M° Vavin ou N.D.des Champs)


Loc. 01 45 44 57 34


www.lucernaire.fr


Pl. 30€, 25€, 15€, 10€


 

Du mardi au samedi à 21h.30

Matinée le dimanche à 15h.


 

jusqu'au : 18 NOVEMBRE 2012


 

Mise en scène : Jean-Claude PENCHENAT


avec Désiré Reniflard : Paul MARCHADIER - Don Melchior de Bovadilla : Damien ROUSSINEAU - Le capitaine don Gaspar : Alexis PERRET - Le comte de San Lucar : Samuel BONNAFIL - Dona Beatrix d'Asgtorga : Flore GANDIOL - Elisabeth Farnèse, reine d'Espagne : Chloé DONN / Jeanne GOGNY - Griselda : Judith MARGOLIN / Sarah BENSOUSSAN.



 

Heureuse initiative que celle qui consiste à remettre au goût du jour un auteur que certains d'entre nous auraient bien tort de croire :  " passé de mode " ...

Car, si le théâtre romantique eut de façon incontestable, son heure de gloire,  plus personne ou presque n'ose désormais s'y aventurer. On préfère au lieu de cela adapter des romans en les bricolant pour la scène, ce qui débouche le plus souvent sur le résultat que l'on sait.

Théophile Gautier se classe pourtant parmi les auteurs qui utilisèrent le mieux la langue française, richesse du vocabulaire, sens du rythme, autant de qualités faisant défaut à beaucoup de nos auteurs actuels et ici, c'est du Hugo en plus alerte ! ...

Ajoutez à cela la virtuosité d'un metteur en scène tel que Jean-Claude Penchenat et vous serez certains de passer l'une des meilleures soirées théâtrales de la saison (même si en cette période de l'année, j'ai l'air d'anticiper.)    

Nous sommes à la cour d'Espagne, le monarque régnant étant Philippe V dont l'épouse fut la Grande Duchesse de Parme. Or l'étiquette veut, qu'en dehors du roi (bien sûr) personne n'ait le droit de poser une main sur la reine, au risque de commettre un crime de lèse-majesté. Cet acte improbable étant passible de la peine de mort, que faire quand la reine victime d'un cheval emballé est en danger ? Ce sera le prétexte de l'action débouchant sur une foule de péripéties.

Amour, quiproquos mais également étude précise de caractères, tout y est.

Et puis, cerise sur le gâteau si je puis dire, les cabrioles de Désiré Reniflard qui nous présente le prologue, nous gratifie de didascalies ironiques tout en se glissant tour à tour dans le rôle du souffleur, du régisseur de sons ou de l'alguazil de service ajoutent encore à notre bonheur !

Difficile de vous les nommer tous mais sachez que Damien Roussineau en dépit de son personnage fort peu sympathique est fantaisiste à souhait et que la reine en la personne de Jeanne Gogny (le soir où j'y étais) nous offre sa beauté altière soulignée par un accent qui ajoute de la sensualité au personnage ce, de façon indéniable. 

Une excellente soirée en perpective vous attend donc au Lucernaire, courez-y vite ! Comment ? Vous n'êtes pas encore partis ! ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

reinetsuivantes.jpg

(photo : LOT)


 

19:43 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Regardez mais ne touchez pas (en images)

19:12 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/10/2012

La dernière bande de Samuel Beckett

Krapp.jpgTHEATRE de l'OEUVRE

55, rue de Clichy

75009 PARIS


(M° Place Clichy / Liège)


Loc. 01 44 53 88 88


www.theatredeloeuvre.fr


Pl. 30€ -26 ans : 10€


A 21h. du mardi au samedi,

Matinée le dimanche à 16h.


 

Mise en scène : Alain Françon


avec : Serge Merlin.



 

Certains écrivent leur journal, d'autres l'enregistrent. Question de choix mais si on y revient des années plus tard, l'effet boomerang est identique. 

Krapp est désormais un vieux monsieur, un peu moins combatif, un peu plus râleur qui entre deux épluchages de bananes éprouve l'impérieux besoin de se retourner sur ce que fut son existence. Adoptant la même démarche, qui se déclarerait satisfait ? ...

Krapp est presque un vieux gâteux, obsessionnel et alcoolique. Il vit dans cette sorte d'antre où la lumière brille par son absence, grommelle, s'agite, dévore ses bananes dont il jettera la peau n'importe où, quitte à (dans cette obscurité) se casser le col du fémur. Pour un peu, retrouvant nos réactions d'enfant on le préviendrait presque : " regarde où tu mets les pieds ! ... "  d'autant qu'il est myope. Serge Merlin était le comédien idéal pour ce rôle avec sa belle tête de patriarche tourmentée refusant la sagesse comme un constat d'échec. Sa haute silhouette est  un peu vacillante mais son personnage fait preuve encore de belles rages, qu'il retourne contre lui-même faute de vis à vis.

- " 39 ans, - dit-il en s'écoutant -solide comme un pont ... difficile de croire que j'aie jamais été con à ce point là ! " 

Cette relecture auditive révèle un tel décalage entre ce qu'il fut et ce qu'il est fatalement devenu ... Pourtant une petite lumière apparaîtra au coin de l'oeil quand il évoquera l'être aimé, maintenant disparu. 

Beckett fut sans nul doute l'auteur le plus admiré et le plus détesté du 20ème siècle et ce, pour les mêmes raisons. Une seule et même personne peut du reste passer par tous les sentiments le concernant. Il fut l'auteur d'avant-garde qui exalta l'adolescence de certains. Les mêmes devenus adultes le méprisèrent prétendant qu'il était passé de mode et ces mêmes là, une fois devenus plus vieux à leur tour, découvrent des échos à leur propre existence. De là à conclure que c'est l'auteur de tout une vie, il n'y a qu'un pas. 

Bizarre quand même, j'écoutais Beckett et croyais voir Cioran. tant il est vrai qu'en matière d'expérience, tout est dans tout et réciproquement.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

LA DERNIERE BANDE-(c)Dunnara MEAS.jpg

(photos : Dunnara Meas)


16:52 Publié dans THEATRE | Lien permanent