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14/02/2010

ALEXANDRA DAVID-NEEL, mon Tibet de Michel LENGLINEY.

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PETIT MONTPARNASSE

31, rue de la Gaité

75014 PARIS

(M° Gaité ou Edgar Quinet)

loc. 01 43 22 77 74

Pl. de 18 à 34€

du mardi au samedi à 21h.

Matinée le dimanche à 15h.

Mise en scène : Didier LONG

avec Hélène VINCENT et Emilie DEQUENNE.


Beau duo de choc !

Alexandra David Néel était indéniablement une femme de tête. Tout son parcours en témoigne. Par contre, si l'on en croit Michel Lengliney ce fut également à la fin de sa vie ( et sans nul doute avant ) une femme dont l'autoritarisme frisait le despotisme.
Car Louise, Eugénie, Marie David épouse Néel vécut durant les 101 années qui constituèrent son existence comme un homme, en décidant de tout. 
Par conséquent, se frotter à ce personnage relevait de l'exploit sportif.
Marie-Madeleine Peyronnet nommée ici, " Tortue "  partagea les dix dernières années de la vie de cette femme exceptionnelle et ce ne fut pas on l'imagine, de tout repos.
En revanche pour une jeune femme avide d'apprendre, il ne pouvait exister un être au monde qui soit plus apte à combler ses voeux. Engagée comme secrétaire, en 1959 elle demeurera auprès de ce bourreau admirable, jusqu'à la fin.
Elle restera dévouée au delà de la mort à celle qui prônait l'ivresse de n'obéir qu'à soi-même tout en se comportant en autocrate.
Hélène Vincent incarne cet être hors normes, aux dimensions mythiques avec une fougue absolument sidérante. Face à elle, Emilie Dequenne résiste, tout comme son personnage, cramponné à sa détermination d'être utile, sans pour autant abdiquer son autonomie morale.
Ce climat de tension pourrait sembler insupportable sans l'humour qui émaille le texte de bout en bout. La mise en scène de Didier Long rend le propos encore plus percutant et nous vivons les péripéties évoquées avec une fascination tout aussi admirative que celle à qui les récits s'adressent.
On assiste ici à un grand moment de théâtre servi par deux excellentes comédiennes. A voir ou revoir, bien évidemment.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photos : Lot)

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15:59 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/02/2010

La lutine (La dama duende) de Calderon

THEATRE de L'OPPRIME

78, rue du Charolais

75012 PARIS

(M° Montgallet)

Loc. 01 43 40 44 44

Pl. 16€, TR : 12€

Du mercredi au samedi à 20h.30

Matinée le dimanche à 17h.

jusqu'au 7 mars 2010.

Mise en scène et adaptation : Hervé Petit

(La pièce est publiée aux Editions de l'Amandier.)

avec Karim Abdelaziz, Charlotte Adrien, Caterina Barone, Béatrice Laout, Jean-Claude Fernandez, Jean-Marc Menuge, Antoine Roux.

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Les armoires servent généralement à cacher les amants, le rôle de cette armoire-vedette est ici un peu plus complexe mais ne sommes nous pas au Siècle d'Or ? ! ...
Cette comédie baroque nous parle des sentiments qui régnaient alors parmi la noblesse espagnole où la notion d'honneur était prioritaire. Une entorse à l'ordre établi et la main se trouvait promptement engagée dans la coquille de l'épée.
Autres temps, autres moeurs, autre langage aussi et celui de Calderon adopte facilement ce ton lyrique qui fit dire à Wagner que les tendances idéalistes de l'auteur étaient bien proches de l'opéra. Sans aller jusque-là il est évident que Pedro Calderon de la Barca avait une haute notion de l'art théâtral, transcendance qui s'est quelque peu perdue à l'époque actuelle. Tout le travail d'Hervé Petit  tend à nous rapprocher de cette perception et ce, sans emphase aucune.
Quant on connaît les convictions religieuses de l'auteur, le scepticisme de don Manuel n'en est que plus savoureux tandis que son valet Cosme fait plus que dépasser le stade de la superstition. Ce dernier est disons le, un franc trouillard caractéristique doublée d'une nette tendance à l'alcoolisme, état qui aggrave ses craintes.
Les hommes étaient les maîtres à l'époque et un frère était garant de l'honneur de sa soeur fut elle veuve ce qui n'empêchait nullement les gentes dames de mener à part leurs petites intrigues ... Cette histoire est de prime abord celle d'une fratrie doublée d'une amitié et parfois il advient que deux frères puissent tomber amoureux de la même femme. L'élégance et la beauté de dona Béatrice justifient du reste, amplement leur choix.
Karim Abdelaziz est un don Manuel tout à fait séduisant. J'ai déjà évoqué la beauté de Charlotte Adrien quant à Caterina Barone cette dernière est une Angela aussi active qu'efficace et nous souhaitons tout au long de la pièce que ses habiles hardiesses soient couronnées de succès.
Calderon respectant les formes classiques du théâtre, Isabelle (Béatrice Laout) sera donc la suivante de dona Angela mais l'impact du rôle n'aurait pas été moins grand si son costume avait été féminin ...
Il semble en effet que Caroline Mexme n'ait pas fait un choix précis de l'époque en ce qui concerne l'habillement et c'est peut-être un peu dommage car cela confère à l'ensemble un caractère un peu hybride. En outre, tirer l'épée avec un costume contemporain peut créer certains problèmes ... mais je chipote allez vous dire ?
Jean-Claude Fernandez qui apparemment a repris le rôle de Cosme n'a pas exactement une nature de comique ce qui ne l'empêche pas de s'acquitter avec un certain brio de la tâche, porté en cela par un texte savoureux. Le personnage fait penser au Sosie de Molière dans ses scènes de peur panique.
Les deux frères Jean-Marc Menuge pour don Luis et Antoine Roux en ce qui concerne don Juan illustrent bien les deux caractères de nobles d'âge différent, le premier entraîné par la fougue amoureuse et le second en pleine possession de la maîtrise de soi. De belles études de caractères par conséquent.
Il est seulement dommage que les lumières ne cadrent pas plus avec ce que l'on entend et une pénombre plus grande ajouterait de la crédibilité à l'action.
Nonobstant ces quelques petites réserves, chacun et chacune s'acquitte de sa tâche avec conviction et nous passons en leur compagnie une excellente soirée.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photos Nicolas Brackez)

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11:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/02/2010

Le mot progrès dans la bouche de ma mère sonnait terriblement faux de Mateï Visniec

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Théâtre du Lierre

22, Rue du Chevaleret

75013 PARIS

Réserv. 01 45 86 55 83

www.letheatredulierre.com

Texte de Mateï Visniec

Mise en scène : Jean-Luc Paliès.

avec Philippe Beheydt, Jean-Luc Paliès, Katia Dimitrova, Estelle Boin, Claudine Fiévet, Alain Guillo, Miguel-Ange Sarmiento

et la voix enregistrée de Mateï Visniec pour les didascalies.

Du 3 au 7 Février 2010 à 20h.30

& les 16 et 19 Mars 2010

Salle Jacques Brel à Fontenay-sous-Bois.


Quand il m'arrive de penser à Mateï Visniec, j'ajoute aussitôt mentalement, - " l'auteur qui a les titres de pièces les plus longs de tout le répertoire. "
Au départ, c'était une gageure, la première réaction étant : qui pourra jamais se souvenir de titres aussi longs ? C'était compter sans le talent de notre auteur car cela marche ! Certains d'entre nous sont même capables de les énumérer un à un en un long chapelet de rendez-vous qui ont frappé leur imagination. Finalement, la stimulation commence dès le titre car si un auteur ne méprise pas son public, c'est bien lui. La barre est mise très haut mais on y accède avec une facilité déconcertante tout simplement parce que le verbe fait mouche à tous coups !
La guerre des Balkans, Matteï Visniec nous en avait déjà parlé avec " Du sexe de la femme comme champ de bataille " il  revient sur cette période car malheureusement le sujet ne risque pas de s'épuiser. Ici, après un exode bien compréhensible, un couple de parents est de retour au pays et découvre la maison ravagée. D'autres ont été détruites complètement. Ils vont donc s'accrocher au peu qui leur reste. Que sont devenus les enfants ? Le fils est sans doute mort mais pour s'en persuader, pour " faire son deuil " comme on dit, encore faudrait-il retrouver le corps ? Alors le père creuse inlassablement, un peu partout. La fille, elle s'est exilée à Paris et a sombré dans la prostitution car il faut bien survivre ... Pour nous narrer tout cela, l'auteur utilise tous les modes d'expression envisageables, l'humour quand par exemple nous croisons ce travesti ... le mysticisme onirique quand nous voyons le fantôme du fils qui suit les parents qui ne devinent pas sa présence et la satire politique bien entendu.
Ce qui s'est produit là-bas c'est-à-dire à notre porte, l'apathie des peuples qui ont feint très longtemps d'ignorer ce qui se passait méritait que l'on revienne sur le thème. Ce que Mateï Visniec fait avec la puissance évocatrice que nous lui connaissons car il fallait que certaines choses fussent dites.
La mise en scène de Jean-Luc Paliès crée le support idéal pour nous permettre de voir ce que nous entendons. La pièce hélas est jouée durant très peu de temps sur le grand plateau du théâtre du Lierre mais sera reprise les 16 et 19 mars prochains à Fontenay sous Bois, salle Jacques Brel.
Souhaitons lui de se fixer en un lieu durant une période plus longue afin qu'un maximum de spectateurs puisse la voir et longue vie à la compagnie Influenscènes qui fête (déjà) ses cinq lustres.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photo : Eric Prat)

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11:21 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/02/2010

Je l'aimais de Anna Gavalda.

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THEATRE DE L'ATELIER

1, Place Charles Dullin

75018 PARIS

(M° Anvers)

Loc. 01 46 06 49 24

Du mardi au samedi à 21h

matinées : samedi à 17h.30

& dimanche à 16h.

Places : 39/34/25/15/8€


Adaptation et mise en scène : Patrice Leconte

avec Irène Jacob, Gérard Darmon, Noémie Kocher.


La notion de couple diffère t-elle au fil des temps ? ...

Sans doute.
Anna Gavalda relayée par Patrice Leconte nous en fait la démonstration par le biais d'une confrontation entre deux personnages, le troisième interprété fort élégamment par Noémie Kocher ayant ici valeur de fantôme idéalisé par l'absence.
Nous sommes à la campagne, dans une maison qui possède une longue et lourde histoire, l'un de ces lieux porteur de vécu.
Pierre (Gérard Darmon) y a emmené sa belle fille plaquée par son fils laquelle passe son temps à pleurer. Le père va jouer les consolateurs ce qui n'est pas facile mais qui mieux que lui, l'homme d'expérience pourrait expliquer l'inexplicable ?
Chloé (Irène Jacob) se cabre bien entendu, rejette même parfois sa rancoeur sur celui qui lui fait face en essayant patiemment de mettre quelque baume sur les plaies.

On s'endort quand on a trop confiance et les événements nous prennent au dépourvu ... Pierre va l'obliger à se restaurer et ce dans tous les sens du terme.
Pour cela, sans tricher, en prenant toute la culpabilité sur lui, il va raconter sa propre histoire car il a finalement fait exactement l'inverse de son fils, préservant son foyer pour vivre ce qu'il croyait n'être qu'une aventure en toute quiétude. Qui a tort, qui a raison ? Il est bien difficile de le dire.
C'est un huis-clos tumultueux auquel nous assistons.

Gérard Darmon est parfait dans ce rôle, Noémie Kocher apporte tout son charme à l'évocation de Mathilde quant à Irène Jacob sans doute la vie l'a t-elle préservée - ce dont nous ne pouvons que nous réjouir - mais son personnage m'a paru insuffisamment alimenté d'un vécu indispensable à l'interprétation.

Le théâtre se nourrit aussi de cruauté alors que la musique de scène qui se faufile entre chaque tableau tente d'adoucir le propos en l'enveloppant d'une subtile nostalgie.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/02/2010

PERTHUS de Jean-Marie Besset

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VINGTIEME THEATRE

7, Rue des Plâtrières

75020 PARIS

(M° Ménilmontant)

Loc. 01 43 66 01 13

Du mercredi au samedi à 21h.30

le dimanche à 17h.30

Pl. 24/19/12€

jusqu'au : 28 février 2010


Mise en scène : Gilbert Désveaux

avec Alain Marcel (Marianne) - Laurent Spielvogel (Irène) - Sylvain Dieuaide (Jean-Louis) - Brice Hillairet (Paul) -


Il existe un âge qui n'est plus tout à fait l'adolescence mais pas encore l'âge adulte et qui correspond à la période de tous les espoirs, des premières désillusions aussi. Jean-Louis et Paul ont cet âge là.
C'est le moment de la vie où l'on est le plus sujet à l'admiration et si on admire on aime forcément puisque l'on voudrait ressembler à l'autre, être l'autre ...
Période indécise où l'être humain, n'a pas encore fait choix de sa sexualité mais se cherche parfois désespérément. Cependant, il faut tenir compte de la société et de la famille en priorité. Ces deux garçons n'ont chacun visiblement, qu'une mère pour référence. Qu'il s'agisse de Marianne à la forte personnalité ou d'Irène, compréhensive jusqu'à l'abnégation, elles sont l'une et l'autre omniprésentes alors que les maris eux restent curieusement absents.
Il suffira de vacances aux sports d'hiver pour que les deux garçons déjà inséparables resserrent les liens qui les ont unis du premier jour. Il est difficile de se soustraire à une attirance ... Seulement voilà, les autres, toujours eux vont dénoncer la démarche et comme il arrive souvent en pareil cas, l'un des deux garçons va se réfugier dans la normalité, encouragé en cela par sa mère obnubilée par l'avenir de celui qui prend toute la place dans sa vie.
C'est une histoire criante de vérité qui nous est racontée là. Les deux jeunes comédiens font preuve d'une belle sincérité, quant aux deux mères qui en réalité sont des hommes, nos deux interprètes s'acquittent de la fonction avec dignité sans jamais sombrer dans la caricature et pour tout dire, ils sont excellents !
On aimerait rencontrer de tels êtres dans la vie où le plus souvent l'incompréhension reste le lot commun. Cette pièce est à voir et ce, à plus d'un titre.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.

(photos : Jacqueline Chambord)

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10:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent