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22/10/2012

Voyage, Voyages ...

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MANUFACTURE des ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS


(M° Abbesses ou Blanche)


Loc. 01 42 33 42 03


manufacturedesabbesses.com


Pl. 24€ - T.R. 13€ -


- les jeudi, vendredi, samedi à 21h.

Matinée le dimanche à 17h.


 

d'après le roman de LAURENT GRAFF 

(Editions Le Dilettante)


Adaptation : Fred Bianconi


Mise en scène : PANCHIKA VELEZ


avec FRED BIANCONI

 

 

Un homme seul, forcément célibataire puisqu'il repasse. (Vous connaissez beaucoup d'hommes mariés qui repassent leurs vêtements, vous ?) 

Il dépose  soigneusement sa veste sur un valet de nuit et commence à nous faire part de ses projets de voyage. Du reste, il vient de faire acquisition d'une valise d'un rouge rutilant qui par voie de conséquence apporte une tache joyeuse en ce décor neutre au possible. Car cet homme curieusement ancré, vit un peu comme l'oiseau sur la branche, persuadé qu'il va prendre son envol. Il a un métier, certes - nous apprendrons un peu plus tard lequel - mais il vit surtout avec un seul dessein en tête, un seul rêve : partir !  ... n'importe où mais loin. En prévision il se fera même administrer tous les vaccins possibles et imaginables jusqu'à s'en rendre malade.

Il convient de préciser qu'il habite à Caen, ville qui est (selon lui) " la championne des villes tristes " Sans avoir mauvais esprit on se demande s'il ne penserait pas exactement la même chose où qu'il soit. En guise d'éclairage, il possède une immense mappemonde qu'il consulte régulièrement. Pour rompre sa solitude, son voisin, Pascal l'invite parfois à s'évader en sa compagnie au moyen d'une technique bien précise. C'est ce qu'il nomme : " vivre ! " Voilà pour l'amitié. 

Côté amour ou ce qui s'y apparente, cet homme entretient une liaison avec une asiatique mariée bien sûr, ce qui fait qu'il ne s'attarde pas trop sur les sentiments préférant évoquer des détails aussi intimes qu'érotiques. C'est la seule façon dont il pimente un peu sa vie mais tout a une fin et un jour la dame disparaîtra de sa vie. 

Parvenu à l'âge de 52 ans (n'ayant toujours pas bougé) il constatera avec satisfaction que le temps n'a pas de prise sur lui. En revanche, il enterre les autres très facilement surtout si ce sont des personnages en vue. C'est sans nul doute sa façon de se consoler du fait qu'il ne se passe jamais rien dans sa vie.

Je ne vais certes pas vous raconter la suite mais sachez que la fin constituera un moment privilégié qui nous consolera de la neutralité apparente du propos tant il est vrai que porter un roman à la scène, surtout par le biais d'un monologue reste une hasardeuse initiative. Le public paraissait cependant enthousiaste. Sans doute certains se reconnaissaient ils ? ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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(Photos : LOT)



13:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent

17/10/2012

Le Tableau de Viktor Slavkine


L' Art Studio Théâtre

120bis, rue Haxo

75019 PARIS


(M° Télégraphe ou Porte des Lilas)


Réserv. 01 42 45 73 25


www.artstudiotheatre.org


( Pl. 12€, T.R, 9€ )


les vendredi & samedi à 20h.30


jusqu'au : 3 NOVEMBRE 2012


 

Traduction : Simone Sentz-Michel


Mise en scène : Kazem Shahryari


avec Benoît Lavoisier et Paul Soka


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Mettre toute son âme dans un tableau, ses espoirs et sa désespérance, c'est le lot de tout artiste. A la limite, cela ne peut être raconté et l'art abstrait fait cela très bien.

Ensuite, celui qui regarde aime on pas, s'y retrouve ou non.

Pour évoquer agréablement un tel sujet, le comique s'impose voire le clownesque l'un et l'autre constituant une sorte de pudeur puisqu'il est ainsi permis d'aborder ce qui dérange ... agréablement.

Ici, nous pénétrons dans la chambre 343. Fichtre ! à défaut d'être un grand hôtel, le bâtiment est vaste. Nous découvrons un homme qui visiblement s'habille, est encore en caleçon mais pressé de sortir sans doute (?) a déjà mis son chapeau.

De l'anachronisme naît le comique de situation. Quelqu'un va le déranger, porteur de chapeau lui aussi mais comme il vient de l'extérieur, c'est logique. Son comportement le sera moins. Que vient-il faire au juste ? Jouer aux devinettes au moyen du classique " chaud et froid " ? Car il s'agit de trouver un objet qui se trouve dans la pièce. Tous les enfants ont fait ça et derrière ce qu'il convient de découvrir, se trouve toute une histoire ... 

Viktor Slavkine a traversé l'ère soviétique, ses non-dits obligatoires, à fortiori ses dérisions. Le metteur en scène Kazem Shahryari qui comme chacun sait est un exilé était mieux placé que tout autre pour extraire la quintessence de cette pièce.

Il s'est acquitté de la démarche avec élégance, ses interprètes dansent parfois le texte ce qui donne un caractère aérien à un thème qui pourtant est lourd de signification tant il est évident que le seul remède au désespoir se nomme poésie. Et puis, les clowns ne sont ils pas à leur façon des métaphysiciens ? 

 

Simone Alexandre

www.théatrauteurs.com

 

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12:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/10/2012

La rose tatouée de Tennessee Williams

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THEATRE de l'ATELIER

1, Place Charles Dullin

75018 PARIS


(M° Anvers)


Loc. 01 46 06 49 24


www.theatre-atelier.com


Pl. 39€ - 33€ - 26€ - 15€ - 10€


 

A 21h. du mardi au samedi,

matinée le samedi à 16h.


 

Texte français : Daniel Loayza


Mise en scène : Benoît Lavigne


 

avec Cristiana Reali, Rasha Bukvic, Léopoldine Serre, Monique Chaumette, Grétel Delattre, Estelle Doré, Bérangère Gallot, Jean-Yves Gautier, Martin Loizillon, Sandrine Molaro, Sophie Nicollas, Nicolas Pujolle, Herrade Von Meier.



 

L'action se déroule en Louisiane, dans un quartier d'immigrés venus de Sicile. Chez elle, la belle et élégante Sérafina s'évente tout en clamant son amour passionnel pour Rosario tandis qu'une vieille voisine essaie de lui vendre des poudres aux vertus aphrodisiaques dont le couple n'a d'évidence, nul besoin.

Serafina avec sa volubilité latine raconte alors cette histoire de transfert de tatouage qui fut le signe annonciateur qu'elle portait un enfant en son sein.

Dehors, les voisines jacassent comme des pies ...

Entrée d' Estelle aussi blonde que Sérafina est brune laquelle vient lui passer commande d'une chemise (la maitresse de céans est couturière) et apporte un coupon de soie sauvage digne de celui à qui elle destine le présent. 

Et puis brusquement, ce sera le drame, Rosario conduisait un camion chargé de contrebande dissimulée sous l'officielle cargaison de bananes et voulant échapper à un contrôle de police s'est tué dans l'accident. Désespoir de l'épouse.

Sérafina telle une moderne Cornélie refusera de se séparer des cendres de celui qu'elle aimait, au grand dam du prêtre qui désapprouvait déjà l'incinération et vit désormais recluse. Comme un malheur n'arrive jamais seul, elle a perdu l'enfant qu'elle portait. Aussi restera t-elle ainsi, durant trois longues années, prostrée, n'honorant plus les commandes de vêtements, se négligeant elle même.

Durant tout ce temps, sa fille a grandi bien sûr mais la mère intransigeante l'empêche de vivre à son tour jusqu'à ce que la vie reprenne ses droits en force tant pour l'une que pour l'autre ...

Cristiana Reali est l'interprète idéale pour ce rôle de femme volcanique et Raha Bukvic est plus que bien dans celui du camionneur de charme lequel se glisse habilement dans la peau tatouée d'un revenant.

Incroyablement cette pièce fut rarement jouée, pourtant c'est du meilleur Teennesse Williams débouchant sur un inhabituel optimisme, le tout porté par une mise en scène tonique, rapide et menée de main de maître par Benoît Lavigne. (13 comédiens, quand même ! ...)

On se réjouit donc, d'autant que, pour qui oriente bien ses choix ou tout simplement a de la chance, cette rentrée théâtrale est riche de magnifiques moments.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

 

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(photos : ARTCOMART)

 


13:52 Publié dans THEATRE | Lien permanent