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16/09/2013

Et jamais nous ne serons séparés de Jon Fosse

THEATRE de l'OEUVRE

55, Rue de Clichy

75009 PARIS


(M° Pl. de Clichy)


Tél. 01 44 53 88 88


www.theatredeloeuvre.fr


A 20h.30 du mardi au samedi,

A 15h. le dimanche


Pl. 17 à 38€ -de 26 ans : 10€


 

Texte français : Camilla Bouchet et Marc Paquien

 

avec Ludmila Mikaël, Patrick Catalifo et Agathe Dronne


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Le temps d'une soirée, Jon Fosse par le biais de Ludmila Mikaël nous invite à partager la solitude d'une femme ...

Quelle différence y a t-il entre un abandon et un deuil ?

Pratiquement aucune, aussi ne saurons nous jamais si l'homme qu'elle évoque est mort ou parti en compagnie d'une autre, le résultat étant le même.

La pièce commence par un éclat de rire qui n'est qu'une forme de pudique sanglot.

Elle se persuade qu'il va venir, d'un moment à l'autre, que l'absence n'est pas définitive. Du reste tout est en place - comme avant - rien n'a changé, les meubles, les objets, cette vaisselle des jours de fête et ces très beaux verres, très fragiles ... Il va venir, elle s'en persuade, elle y croit.

Bel exercice de méthode Coué, traversé çà et là, de quelques doutes bien sûr, de quelques instants de lucidité, car son intelligence est intacte et puis elle se sait grande, forte et belle ! Pourquoi en ce cas, la vie l'aurait-elle vaincue ? 

La table est mise, une bouteille du vin qu'il aime, débouchée ... reste l'attente. 

Alors les images surviennent, les personnages prennent corps sous nos yeux et ce semblant d'explication nous est offert mais au final, n'expliquera rien.

Patrick Catalifo est l'absent omniprésent et Agathe Dronne, celle par qui tout est arrivé ?  

Ludmila Mikaël joue la sobriété, elle se veut rationnelle alors que le délire est bien présent et que les mots se répètent en boucle. Du reste, seul (e) ou accompagné (e) la vie ne se résume t-elle pas à une attente ?  

Je ne conseillerai peut-être pas cette pièce à ceux qui ont vécu ou vivent actuellement le même drame mais tous les autres peuvent bien évidemment y aller et même, y trouver du plaisir. Et puis en dépit de son pessimisme, Jon Fosse est un auteur mondialement reconnu, il est donc impossible d'ignorer cette pièce. Que vous aimiez ou non est ensuite une affaire personnelle mais interprétations et mise en scène sont irréprochables.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( photos : Pascal Victor )

 

16:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/09/2013

A flanc de colline de Benoît Moret

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THEATRE TRISTAN BERNARD

64, rue du Rocher

75008 PARIS


(M° Villiers - St Lazare)


Réserv. 01 45 22 08 40


Du mardi au samedi à 21h

le samedi en matinée à 18h.


Pl. de 15 à 35€

- de 26 ans : 10€

Tarifs réduits le mercredi.


Mise en scène : Julien SIBRE


avec, Benoît MORET, José PAUL, Didier BRICE et Caroline MAILLARD

 

 

COMEDIE LIBREMENT INSPIREE D'UNE HISTOIRE PAS VRAIE



 

Première pièce de Benoît Moret lequel ne fait pas dans la dentelle mais plutôt dans le filet de pêche, au moyen duquel il piège les spectateurs qui s'y tordent de rire.

Avant que les protagonistes arrivent, nous découvrons le décor, lequel semble sorti tout droit d'un Emmaüs côtier.

Les trophées de pêche envahissent les murs avec à l'avant-scène, côté cour, une énorme tête de mérou, horrifique au possible mais qui prouvera rapidement son hilarante utilité. 

Au centre, un immense canapé d'aspect crassouillard, sur lequel il sera hasardeux de s'installer vu le caractère pentu du sol et celui pour le moins aléatoire des cales dont il est pourvu. N'oublions pas que nous sommes à flanc de colline comme le titre l'indique.

Une sorte d'hurluberlu occupe les lieux en permanence, les proposant à la location de temps à autre, sans avoir pour autant l'intention d'en partir  ... 

Arrivée des locataires en question, pas très ravis de s'y trouver ensemble puisqu'il s'agit du fils puis du père, lesquels ne se sont pas vus depuis 25 ans. Reproches, règlements de comptes ... Mais que diable sont ils venus faire ici ? 

Toute la saveur de la situation réside dans les inepties du dialogue, dans les trouvailles de la mise en scène signée Julien Sibre.

- Didier Brice est ahurissant dans ce rôle d'amphitryon pour le moins insolite,

- L'excellent José Paul affiche le flegme confusionnel du mythomane décidé à tirer son épingle du jeu, à n'importe quel prix,

- Benoît Moret (l'auteur) est également le fils, joli garçon de surcroît, ce qui ne gâche rien.

- Caroline Maillard est une désopilante voisine, tandis que l'incontestable vedette de la pièce sera un énorme ours blanc (qui a chassé un couple de cigognes lesbiennes, donc vous ne pourrez pas les voir)  j'en passe, car la ménagerie ne se limite pas à cela !

Vous l'avez compris, c'est drôlissime et tombe à point nommé pour nous faire oublier les problèmes actuels. Après tout, on va bien au théâtre dans cette perspective, non ? ...

Mission accomplie !

 

Simone Alexandre

 

www.theatrauteurs.com

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( Photo : Fabienne RAPPENEAU )


13:23 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/09/2013

Le Misanthrope de Molière

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LA CIGALE

120, boulevard de Rochechouart

75018 PARIS


(M° Pigalle)


Réserv. 01 48 65 97 90


Pl. de 12€ à 37€


du mardi au samedi à 20h.30

dimanche à 16 heures


Relâche, dimanche soir et lundi


jusqu'au : 19 SEPTEMBRE 2013

 

Mise en scène : Michèle ANDRE


Décor : Vincent PAROT et Philippe ANDRE


Costumes : Jean-Jacques DELMOTTE


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avec : Jonathan BIZET (Acaste) - Hugo BRUNSWICK (Dubois) - Arnaud DENIS (Alceste) - Catherine GRIFFONI (Arsinoë) - Jules HOUDART (Basque) - Laetitia LABURTHE-TOLRA (Célimène) - Sébastien LEBINZ (Garde de la Maréchaussée de France) - Hervé REY (Clitandre) - Stéphane RONCHEWSKI (Oronte) - Jean-Laurent SILVI (Philinte) - Elisabeth VENTURA (Eliante)


 

Le sobre décor tout en drapés est très beau mais nous ne tarderons pas à déplorer le caractère un peu triste des costumes. Les diverses Célimène que nous avons connues dans le passé rivalisaient d'élégance alors qu'ici les costumes féminins frisent la pruderie et même si l'époque était celle du jansénisme, ce dernier n'avait tout de même pas envahi les salons ! Cette stylisation est bien entendu, voulue afin de bien appuyer le fait que notre coquette était veuve mais les hommes ne seront pas de reste (au diable les perruques ! au diable les rubans ! ) en revanche cuirs, clous et chaînes s'invitent de façon pour le moins orientée ...

Voilà pour l'aspect extérieur de la pièce.

Passons maintenant à l'esprit. 

Arnaud Denis est un Alceste plus ombrageux qu'atrabilaire et si son personnage l'incite parfois à quitter ce curieux " self-contrôle " qui est le sien (pardon Molière pour l'utilisation de cet anglicisme dû sans doute au fait qu'une certaine scène m'a rappelé Othello). les éclats de notre Misanthrope restent rigoureusement calibrés.

En fait, la pièce commence un peu mollement et ne trouvera le ton et le rythme espérés qu'à l'arrivée d' Oronte (le public ne s'y trompe pas, le saluant d'emblée par un joyeux accueil) Philinte raisonne un peu trop, ce qui nuit à la légèreté apparente du rôle et la confrontation Célimène - Arsinoë n'a pas la savoureuse perfidie requise ...

A ces quelques détails près, le texte (rassurez-vous) est respecté et de ce fait, passe honnêtement la rampe. Certes, mes oreilles ont inopinément chaussé une paire d'alexandrins de 11 pieds chacun mais ceux ci auront épargné les oreilles profanes et n'étaient sans doute qu'incidents d'un soir ? …

N'importe, il est toujours utile de réviser ses classiques et il fut de plus méchante réalisation que celle-là, allez-y donc et laissez vous porter car, je ne doute pas un instant que la plupart d'entre vous ne ressorte du lieu, avec pleine et entière satisfaction. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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(Photos LOT)


16:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent