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02/05/2019

Tchekhov à la folie : La demande en mariage et l'Ours, d'après Anton Tchekhov

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POCHE MONTPARNASSE

 

76, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse)

 

 

LOC. 01 45 44 50 21

 

Pl. de 10 à 35€

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

du mardi au samedi à 19h

 

dimanche à 17h30

 

 

jusqu'au 14 JUILLET 2019

 

 

Traduction : André MARKOVICZ et Françoise MORVAN

 

( texte paru chez Acte-Sud, collection Babel )

 

Mise en scène : Jean-Louis BENOIT

 

avec,

 

Evelyne BAYART, Manuel LE LIEVRE et Jean-Paul FARRE

 

 

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La demande en mariage et l'Ours sont comme chacun sait deux pièces en un acte que Jean-Louis Benoit a judicieusement rassemblées sous le titre générique,

" Tchekhov à la folie " car si l'on cachait le nom des personnages, la seconde histoire pourrait fort bien paraître la suite de la précédente alors que ce sont deux vaudevilles champêtres ( en réalité deux farces ) où le grotesque le dispute à la violence rustique des instincts terriens.

 

Dans " La demande en mariage " nous pénétrons dans la demeure de Tchouboukov Stepan Stepanovitch

( Jean-Paul Farré ) ; sa femme l'ayant quitté, il vit désormais en compagnie de sa fille Natalia Stepanovna

( Emeline Bayart ) laquelle est d'évidence en âge de se marier.

 

Survient un voisin propriétaire terrien lui aussi : Lomov Ivan Vassilievitch ( Manuel Le Lièvre ) endimanché des pieds à la tête et visiblement fort embarrassé par la démarche qui est la sienne.

 

Pourtant l'accueil du maître des lieux est chaleureux à l'excès " mon mignon, mon ange, mon bijou, mon charmant et ainsi de suite " … sont les termes dont il abreuve le visiteur lequel n'en est pas plus à l'aise pour autant !

 

L'objet de la visite ayant été formulé, le père ravi par ce qu'il vient d'entendre, s'éclipsera au profit de sa fille à laquelle il laisse malicieusement la surprise de la découverte …

 

Ce n'est certes pas l'amour fou qui a incité Ivan Vassilievitch a effectuer cette démarche, il n'a rien d'un amoureux transi et ne sait de surcroît, comment s'exprimer.


Par ailleurs, la promise accordée d'emblée par le père prouvera rapidement qu'elle bénéficie d'un sacré caractère !

 

Au cours de la conversation un conflit va naître puis un second tout cela sans que notre homme ait pu formuler sa demande qui devient de plus en plus inexprimable.
Le ton va rapidement monter, le prétendant friser la crise cardiaque.


A vous de découvrir la suite ...

 

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( photos : Victor TONELLI )

 

 

Seconde pièce, " L' Ours " et toujours trois personnages.

 

Elena Ivanovna Popova ( Emeline Bayart ) veuve inconsolable,
- son serviteur : Louka ( Manuel Le Lièvre ) lequel a troqué sa perruque pour un béret,
et Grigori Stépanovitch Smirnov à court d'argent et quasiment au bord du suicide. ( Jean-Paul Farré)

 

L'homme est venu réclamer un remboursement de dette contractée par le défunt.

 

Les personnages féminins dans ces deux courtes pièces sont ce que l'on désigne par le terme " maîtresse-femme " les hommes en revanche paraissent assez dépourvus de caractère. Là aussi, un conflit va rapidement naître, la veuve acceptant de rembourser mais à son heure et ne se laissant nullement impressionner par l'urgence exposée.

 

Smirnov bien décidé à ne pas repartir sans l'argent va donc occuper les lieux.
Or cette femme l'impressionne au plus haut point, il va même en tomber littéralement amoureux. Ce n'est plus

" La mégère apprivoisée " mais son absolu contraire.

 

Les comédiens encouragés sans nul doute par le metteur en scène jouent " la bride sur le cou " et ce, jusqu'à l'excès. Emeline Bayart surtout, laquelle pour reprendre l'expression consacrée n'en fait pas des tonnes mais des mégatonnes, carrément.

 

Jean-Paul Farré donne libre cours à sa fantaisie laquelle est presque sans limites.
Seul, Manuel Le Lièvre s'autorise plus de subtilité.

 

Conséquence ? Le public adore !

 

J'avoue qu'un peu surprise au début, voire dérangée, je me suis peu à peu laissée prendre à ce triple jeu d'autant que la comédienne prouve s'il en était besoin qu'elle peut elle aussi doser savamment son interprétation grâce au personnage de dame Popova.

 

Tous les supposés excès slaves sont là, étalés sous nos yeux. Il semble même que le " chantre des crépuscules " ait choisi ici la lumière ardente ! C'est donc un Tchekhov inhabituel que vous allez découvrir, lequel fait bien plus que mériter le détour aussi n'hésitez pas : ALLEZ-Y ! ...

 


Simone ALEXANDRE

 

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10:56 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/04/2019

L'ECRAN DE MAX de Cécilia MAZUR

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STUDIO HEBERTOT

 

78bis, boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

(M° Villiers / Rome)

 

 

LOC. 01 42 93 13 04

 

https://www.studiohebertot.com/

 

Mercredi & Samedi à 17h

 

Durée : 1 heure

 

Mise en scène : Tony HARRISSON

 

avec Titouan LAPORTE ( Max )

 

Nadège PERRIER ( La mère de Max )

 

Guy AMRAM ( Le père de Max )

 

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Au Japon, on désigne l'état dans lequel a sombré Max,

" hikikomori " ou la vie cloîtrée choisie par quelques adolescents vivants en retrait dans leur chambre, ce qui vaut toujours mieux qu'un seppuku car moins définitif !

 

Or ici, c'est l'addiction à internet et aux jeux vidéo que Cécilia Mazur a voulu dénoncer.

 

Chaque adulte se souvient de cette période difficile de l'adolescence laquelle se manifeste le plus souvent par le rejet de la société qui lui est imposée.

 

Cette fois le problème est plus complexe car loin de rejeter son époque, Max y adhère complètement en utilisant la technologie offerte ; c'est juste que son comportement est excessif.

 

Un accident de sport, un échec amoureux et il n'en faut pas plus pour qu'il referme le cercle sur lui.

Si ce phénomène comportemental n'était pas aussi répandu on pourrait conclure que les conditions familiales en sont responsables.

 

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Un père qui est presque toujours absent, qui travaille même le dimanche - c'est du moins ce qu'il dit - et la mère qui forcément se pose des questions, sombre peu à peu dans l'alcoolisme …

( à chacun sa tentative de sortie ! )

 

En semblables circonstances nous avons toujours tendance à accuser les victimes, à les taxer de manque de volonté, or en agissant de la sorte, nous nous préoccupons des effets et non de la cause.

 

Maintenant, faut-il accuser Alan Turing d'être à l'origine des troubles actuels ? … L'homme a payé assez cher le droit d'être tranquille.

 

En réalité, les addictions ( il en existe de toutes sortes et il serait inutile de les énumérer ) ne correspondent qu'à une fuite ( non en avant ) mais plutôt à une plongée face à une situation qui dépasse qui en est l'objet. Ici, le caractère ludique de la chose en aggrave l'emprise et de ce fait, les conséquences.

 

Les adultes sont ils plus sages que leurs enfants ? Certes non ! Il ne suffit que de les voir chaque jour, avancer sur les trottoirs de nos villes, le smartphone en main, les yeux rivés sur l'écran, de faire le compte d'occupants de la voiture du métro où l'on se trouve lesquels agissent presque tous de même sorte. C'est purement et simplement consternant.

 

Chaque soir au théâtre, une annonce n'est-elle pas nécessaire pour conseiller aux spectateurs d'éteindre cet engin de malheur pendant la représentation ? Et certains persistent à ne pas en tenir compte ...

 

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Nous sommes devenus esclaves de la technologie qui nous est présentée comme un progrès irréversible et je doute que les débats qui sont organisés en fin de spectacle soient susceptibles de nous aider à y voir plus clair en un monde où d'invisibles décideurs se veulent maîtres de nos destins.

 

Si au moins ce spectacle pouvait amener certains à réfléchir … " Indignez vous " conseillait Stéphane Hessel - non, réveillez vous tout simplement. Ces trois comédiens aidés de l'auteur et du metteur en scène vous aideront peut-être à y parvenir ? C'est en tout cas une pièce à voir.

 

 

Simone ALEXANDRE

 

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13:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/04/2019

TRAITS D'UNION de Murielle MAGELLAN

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La Manufacture des Abbesses

 

7, Rue Véron

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Abbesses)

 

LOC. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

Jeudi, vendredi, samedi à 21h

Dimanche à 17h

 

( Relâche le : 26 Avril )

 

jusqu'au : 19 MAI 2019

 

Durée : 1h15

 

https://www.manufacturedesabbesses.com/

 

Mise en scène : Marie-Caroline MOREL

 

avec par ordre alphabétique,

 

Jean-Pierre COUTURIER : Philippe Rochant

Alexis GOURRET : David Karrer

Marie-Caroline MOREL : Christina

Johanne RICARD : Marthe Dorval

 

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Si je n'avais lu que Marie-Caroline Morel signe là sa première mise en scène, sans doute aurais-je été un peu plus sévère car il ne s'agit ici que de déplacements constitués pour la plupart en entrées et sorties. L'expérience lui apprendra sans nul doute à ajouter une touche personnelle afin de créer une atmosphère plus significative.

 

En revanche, à l'écoute de la pièce, nous sommes immédiatement persuadés que l'auteur ( auteure, autrice, comme vous voudrez ) connaît parfaitement bien le milieu de l'édition. Cette jungle, diront certains …

 

Ici, le problème est double car pour appartenir à ce cercle hyper étendu et néanmoins fermé, s'ajoute une autre difficulté bien contemporaine hélas, qui est celle de l'accession au travail ( quelqu'il soit ) par la jeune génération, laquelle peine désormais à s'intégrer.

 

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Pour être accepté, il convient d'avoir fait ses preuves or la société ne le permet pas. Ce n'est pas seulement l'ascenseur qui est en panne mais les portes d'entrée qui sont condamnées.

 

Le terme " secrétaire " étant passé de mode, nous allons dire que Christina ( Marie-Caroline Morel ) - nécessité faisant loi - est l'assistante de plusieurs auteurs et va mener de front une triple activité. Elle joue de surcroit les documentalistes, en particulier pour Marthe Dorval

( subtile Johanne Ricard ) qui travaille à l'élaboration d'un roman dont le thème est celui du retour de flamme …

( amoureuse, bien sûr.)

 

Jean-Pierre Couturier quant à lui est Philippe Rochant auteur reconnu de tous mais passablement désabusé, lequel cultive avec application un cynisme destiné à s'autoprotéger.

 

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( photos : Sébastien LECLERCQ )

 

 

Alexis Gourret est David Karrer, un jeune poète, en proie à toutes les difficultés bien que son talent soit salué par tous ceux qui l'ont lu. Le problème est bien évidemment de trouver un éditeur ce qui, la première fois relève du parcours du combattant. Dommage que le jeune comédien ait tendance à surjouer mais fort heureusement le déroulement de l'action l'aidera à être de plus en plus mesuré.

 

Il y aura de nombreux rebondissements et je me garderai bien de vous dire comment tout cela finira car l'auteur nous présente une belle étude de caractères portée par un suspens habilement mené. Aussi, vous savez ce qu'il vous reste à faire ? ...

 


Simone ALEXANDRE

 

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( Pour ceux qui voudraient en savoir plus, d'autres pièces de Murielle Magellan furent commentées en son temps par THEATRAUTEURS : " Pierre et Papillon " & " L'Eveil du Chameau " pour ce faire il ne suffit que d'emprunter le moteur de recherches mis à disposition )

 

 

 

 

11:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent