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04/02/2011

Jacques a dit de Marc Fayet

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THEATRE de NESLE

8, rue de Nesle

75006 PARIS

(M° Odéon)

loc. 01 46 34 61 04

Pl. 20€ - T.R. 15€

du mercredi au samedi à 21h.

jusqu'au : 12 février 2011

 

Mise en scène : Massimiliano Verardi

avec Ivana Coppola, Fabrice Drouelle, Albane Duterc, Laurent Hallé, Réjane Kerdaffrec, Olivier Viné.

 

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" Jacques a dit " titre péremptoire pour une situation aux conséquences imprévisibles.
Jacques, c'est l'ami absent mais parfaitement omniprésent, (dans les esprits du moins)  lequel s'offre le luxe 20 ans après, de réunir du fait de sa seule volonté une bande de copains. " La bande du Val Fleury " car à toutes les époques les jeunes se sont rassemblés en petits groupes, histoire d'affronter un monde qui leur faisait peur. Alors on fait bloc, même si en interne on se chamaille, même si on doit gérer de petits conflits. De façon plus ou moins évidente et qu'on le veuille ou non, un meneur finit presque toujours par s'imposer. D'évidence Jacques était celui-là puisqu'au premier signe, les voilà à nouveau tous ensemble.
Au fil des ans, des couples se sont formés puis défaits car il y a souvent des histoires d'amour dans un groupe.
Marc Fayet a dressé ici de beaux portraits contrastés et vivants. Nous allons les découvrir un à un et constater que les apparences sont parfois trompeuses ...
La réunion a lieu dans l'appartement de Romain (Olivier Viné) dessinateur un peu maladroit, un peu borné aussi qui se rassure avec sa manie du rangement. Il ne tardera pas à constater que la règle s'applique aux objets mais pas aux humains.
Marie (Réjane Kerdaffrec) est sa patronne qui tout comme Jacques a une âme de chef et pratique sans vergogne le droit de cuissage. (certains connaissent les sièges éjectables avec elle, c'est le lit.)
Arrivée mouvementée de Victoire, ( surprenante Ivana Coppola ! ) une charmante hyper-sensible un peu fofolle qui se pique de psychologie tout en se livrant à un anthropomorphisme confusionnel.
Puis ce sera le tour du couple Lili-Jean-Jean (Albane Duterc - Fabrice Drouelle) lesquels vingt ans après vont remiser leurs diminutifs au rayon des accessoires périmés.
Nous notons au passage que les femmes se détestent chaleureusement et s'envoient çà et là quelques vannes, situation classique quand on s'est partagé les mêmes hommes.
Bertrand (Laurent Halle) cultive le retard comme quelqu'un qui désespère d'être désiré. La construction d'un puzzle se met en place au propre comme au figuré. Les esprits s'échauffent et le ton monte entrecoupé de situations scabreuses et parfois comiques).
La mise en scène de Massimiliano Verardi est vive, efficace et nous passons avec eux tous un excellent moment. La pièce est programmée jusqu'au 12 février mais après l'avoir vue, nous souhaitons très fort qu'une prolongation soit décidée car hautement méritée !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:11 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/02/2011

Les yeux d'Anna de Luc Tartar.

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L'étoile du NORD Théâtre

16, rue Georgette Agutte

75018 PARIS

(M° Guy Môquet)

loc. 01 42 26 47 47

www.etoiledunord-theatre.com

jusqu'au : 12 février 2011

mardi, mercredi, vendredi à 20h.30

jeudi à 19h.30

samedi à 16h. et 19h.30

Mise en scène et commande à l'écriture : Yamina Hachemi

avec Véronique Chiloux, Thomas Coux, Yamina Hachemi, Félix Pruvost, Laurent Richard.

 

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Etrange époque que celle dans laquelle nous vivons ...
Comme l'écrit très justement l'auteur,
-  " Grandir c'est se construire, c'est à dire choisir son camp : se noyer dans la masse ou cultiver sa différence. "
Anna est une jeune fille qui diffère des autres, son regard est étrange et par voie de conséquence, dérange tous ceux sur lesquels il se pose. Elle a les yeux vairon mais aurait pu aussi bien être noire dans un univers exclusivement blanc.
Certes, si au lieu de se faire poser un percing elle avait choisi de porter des lentilles de couleur sombre, peut-être cette tragédie n'aurait jamais eu lieu mais alors elle aurait accepté de se fondre dans la norme ...
Ce ne fut pas le cas, sa différence l'a tout naturellement rapprochée de Rachid que les autres lycéens rejettent également du fait de ses origines mais également parce qu'il est homosexuel.
Les parents eux, ne comprennent rien. La mère est toujours en quête identitaire, le mari submergé de travail ne fait plus attention à cette dernière, bref tout va mal.
Un tag en bas de l'immeuble précise " La sorcière, du balai " c'est d'Anna dont il s'agit : cette adolescente surdouée que les autres refusent d'accepter.
Et puis un jour, ce sera l'escalade, puis le drame.
En parfait accord avec le texte, la scénographie alterne onirisme frisant le fantastique et quotidien à la limite du dérisoire. Certains ne peuvent s'évader du sordide que par le rêve, encore faut-il ne pas rencontrer trop d'obstacles sur la route et la loi des séries guette chacun de nous.
Luc Tartar jongle en permanence avec humour, réalité et dénonciation de l'inadmissible servi en cela par des comédiens qui s'impliquent entièrement dans leur personnage respectif. Une pièce qui aurait pu se résumer par l'exploitation d'un simple fait divers mais à laquelle l'auteur donne une autre dimension.
La mise en scène de Yamina Hachemi convient parfaitement au texte, renforçant intelligemment ce dernier tandis que les lumières de Philippe Lacombe peaufinent le tout. Un très intéressant moment de théâtre !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : Philippe Fretault.

11:22 Publié dans THEATRE | Lien permanent

31/01/2011

Le crépuscule du CHE de José Pablo FEINMANN

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PETIT MONTPARNASSE

31, rue de la Gaité

75014 PARIS

(M° Gaité ou Edgar Quinet)

loc. 01 43 22 77 74

Pl. 32€ et 18€

collectivités : 22€

du mardi au samedi à 19h.

matinée dimanche à 15h.

www.petitmontparnasse.com

Attention : relâche les 5,6 et 8 février 2011

 

traduction et adaptation : Marion LORAN

mise en scène : Gérard GELAS

avec Olivier SITRUK, Jacques FRANTZ, Guillaume LANSON, Laure VALLES, François SANTUCCI.

 

Nous découvrons un ciel étoilé, symbole d'éternité tandis qu'en bas, les êtres s'agitent, se font la guerre, se massacrent mais les idéologies restent, certaines s'éclipsent un temps, puis reviennent ... 
Che Guevara est l'exemple type du héros révolutionnaire auquel plusieurs générations de jeunes ont voué un culte fervent. L'homme eut pourtant des détracteurs et les opinions le concernant s'affrontent encore de nos jours.
Pour les uns, ce personnage quasi christique, s'est sacrifié au nom de la Révolution, pour les autres, il n'aurait été qu'un vulgaire exécuteur de ceux qui s'opposaient à sa vision d'un monde idéal, ne reculant devant rien pour atteindre son but.
José Pablo Feinmann a eu cette idée géniale d'interview imaginaire sorte de pont jeté entre deux époques.
Nous sommes donc en Bolivie, à la Higuera, lieu où le Che fut assassiné.
Un journaliste du New-York Times a bénéficié d'une bourse accordée par la fondation Guggenheim afin de relater ce que fut la dernière nuit, afin d'imaginer les réponses que le révolutionnaire aurait fournies aux questions posées.
Olivier Sitruk, bien plus que crédible - visiblement habité par le personnage - s'avére d'une ressemblance troublante avec le héros.
Face à lui, représentant tout le gigantisme de l'Empire américain, Jacques Frantz et cette puissance exceptionnelle qui le caractérise sera tour à tour ce journaliste-historien venu apporter la controverse puis successivement, Fidel et Matthews ...
Il passe de l'un à l'autre personnage, faisant chaque fois rebondir l'action.
Son jeu nous " scotche " littéralement tandis que ses répliques l'opposent vigoureusement à celui qui nous préoccupe et dont le souvenir ne s'éteint pas dans l'esprit " des gens " comme on dit actuellement pour désigner le peuple.
Les retours en arrière n'ont rien d'invalidant pour le déroulement de la pièce, bien au contraire, car chaque fois la vivacité du texte nous permet d'adhérer complètement à l'action. La scène de l'exécution de Paredes, cet officier de Batista est peut-être un peu caricaturale mais rien ne nous permet de supposer que ce ne fut pas voulu car la mise en scène de Gérard Gelas est d'une redoutable efficacité.
Les chansons a cappella interprétées par Laure Vallès qui elle aussi incarne plusieurs personnages, tombent à point nommé pour ajouter une touche poétique en cet univers violent. Peu de pièces dégagent une telle intensité et cela n'est pas dû uniquement au thème mais de façon optimale à l'engagement des comédiens.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photo : LOT.

21:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/01/2011

Aimez-vous la nuit ? de Julien Séchaud.

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Théâtre Le Guichet Montparnasse

15, rue du Maine

75014 PARIS

(M° Montparnasse)

loc. 09 75 75 18 18

les dimanches à 15h.30

prochaines représentations,

30 janvier, 6 février, 20 & 27 mars,

3 et 10 avril, 15, 22, 29 Mai 2011

Mise en scène : Annie Vergne

avec Laurence Allainmat, Anne-Chantal Bourdillat, Ghislain Geiger, Julien Séchaud, Annie Vergne et la participation d'Isabelle Delage.

 

" Le soleil a rendez-vous avec la lune, mais la lune n'est pas là ... "

Nous connaissons tous cette chanson que reprendra tel un leitmotiv, cette femme plus très jeune, qui serre incroyablement un nounours sur son coeur.
Est-elle folle ? ... Qui est-elle ? ... Où sommes nous ?
Quelqu'un est couché à proximité enfoui sous une couverture.
Arrive une autre femme sorte d'assistante sociale, à l'allure décidée bien sûr, qui ne tardera pas à annoncer une visite ... Mystère !
En réalité nous sommes sur un quai de gare, désert à part ces quelques là, si on ajoute ce voyageur un peu inquiet qui attend désespérément qu'un train arrive ...  Mais un haut parleur annoncera ponctuellement des retards allant crescendo. Léa, c'est ainsi que se nomme la dame-qui-chante-et-parle-tout-le-temps, commence à sérieusement agacer le jeune homme.(Bruno).
Et puis il y a Mattias sorti de son sommeil ...
Une ambiance mâtinée de Sartre et de Beckett se met en place mais pas seulement.
Au fil des confidences livrées de plus ou moins bonne grâce, l'impression que ces personnages se trouvent dans une sorte de Purgatoire va peu à peu devenir évidente. Le spectateur constate alors que ce diable de jeune auteur le fait passer par tous les sentiments.
- Irritation : quand il ne comprend pas encore,
- Inquiétude : à force de se demander ce que tout cela signifie et quelle sera la suite ?
- Tendresse, voire émotion quand nous en saurons un peu plus et que deux êtres vont se retrouver ... (un temps.)
Mattias quant à lui est un inadapté à la vie.
Il ne la supporte pas, n'aspire qu'à retrouver le néant dont chacun est issu.
De tous, au final,  un personnage pourra dire " Le ciel peut attendre. "
Beaucoup d'humanité ressort de ce texte dont le caractère dérangeant ( car dans son sillage, nous devrons bien nous poser quelques questions à tendance métaphysiques ! ) ne saurait tuer la poésie.
Et puis, nous retrouvons Annie Vergne sur scène où elle se fait trop rare à notre goût et c'est un réel moment de bonheur. Ghislain Geiger (Bruno) reste parfaitement concentré sur son rôle et une parfaite symbiose entre tous devrait rapidement se mettre en place pour cette pièce qui ne fait que démarrer.
Beaucoup sortiront avec en tête un certain refrain pour le reprendre là où ils l'avaient laissé,

 " ... Et  le soleil l'attend."  

Ce qui tombe bien puisque en dépit du titre, la pièce se joue en matinée.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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13:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent