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03/02/2013

Jonas de Christian Morel de Sarcus

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THEATRE DU NORD-OUEST

13, rue du Faubourg Montmartre

75009 PARIS


(M° Grands Boulevards)


Loc. 01 47 70 32 75


Pl. 23€ - T.R. 13€


www.theatredunordouetcom


 

Mise en scène : Paul-Antoine Veillon


avec, Antoinette Guédy, Jean-Dominique Peltier, Tristan Oudar


 

Une mise en scène consiste bien souvent à rendre visibles les didascalies que l'auteur a oublié d'écrire, tout le reste n'est que réappropriation, plagiat ou souvenirs inconscients. 

A contrario, il y a ceux (plus rares) qui savent lire un texte entre les lignes, fantasmer dessus, bref, le prolonger. 

Autre difficulté et non des moindres, la direction d'acteurs laquelle se nourrit d'expérience et de psychologie. Ensuite, que vogue la galère ! ...

Ici dans un noir absolu, une torche s'allume. Serions nous revenus dans les rues glissantes de Whitechapel ? Non, point de pavés humides mais un sol qui tangue dangereusement.

En fait, l'action se situe dans la cabine d'un paquebot en partance pour l'Amérique et l'occupant des lieux vient de s'extirper péniblement de sa couchette où il avait chu tout habillé. Alcool aidant, son verbe est haut ce qui ne va pas tarder à déclencher les protestations d'une autre voyageuse qui l'invective depuis le couloir. Quand la dame fera son apparition telle Mary Marquet entrant à La Mendigotte pour y scander la scène du songe d'Athalie à grand renfort de coups de canne, un temps dessoûlé notre homme (peu galant) fera remarquer que " ce n'est pas un lys fraîchement coupé ". Pas plus qu'il n'est un perdreau de la veille et les aménités iront bon train. 

Cette scène apocalyptique sera complétée par la présence épisodique du serveur irlandais plus au fait que les autres de la situation et qui complètement paniqué passera ses répliques au mixer. Habitude de préparer des cocktails, sans doute ? ...

Il convient de préciser que ce rôle habituellement joué par Tristan Oudar (absent) était repris par le jeune metteur en scène improvisé pour les besoins de la cause.

A croire que Christian Morel de Sarcus avait fait la navette entre le collège et Pont-aux-Dames pour mettre au point sa distribution. 

Un satisfecit cependant : la présence de Jean-Dominique Peltier très bien dans ce rôle de transfuge éméché abandonnant le domicile conjugal et son Alice maritale en emportant l'argent du ménage pour connaître enfin le Pays des Merveilles.

Quant à la pythonisse (Antoinette Guédy) dont la diction avait elle aussi des hauts et des bas, au moment de la conclusion, ceux qui se souviennent de la Voyante d'André Roussin pourront dire " à l'ouest rien de nouveau " mais pas au Nord-Ouest où un nouveau cycle a commencé le 4 janvier et se prolongera jusqu'au 23 juin prochain. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/01/2013

Ultime Dialogue de Charles André


Théâtre du MARAIS

37, rue Volta

75003 PARIS


(M° Arts & Métiers)


Réserv. 01 45 44 88 42


Du jeudi au samedi à 19h,

dimanche à 15h.


jusqu'au : 31 mars 2013


 

Mise en scène : Alexandra Royan


avec Michel Le Royer et Michel Chalmeau


 

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Décor monastique (et pour cause) une immense croix posée sur le mur du fond, un lit dont la tête fait immédiatement penser à un double prie-dieu, pas de draps, (on s'étonne presque d'y voir un oreiller) une simple couverture que l'on imagine rêche au possible, une table, des tabourets …

Un journaliste de renom est venu se réfugier ici sous le fallacieux prétexte d'interviewer ce moine qui est un ami perdu de vue depuis 20 ou 30 ans ?

Les membres de la communauté appliquent pourtant une stricte règle de silence mais ici dans cette cellule il n'en sera plus question, bien au contraire. L'échange s'avèrera même très verbeux et la démarche n'est pas surprenante car depuis le temps, les deux hommes ont forcément beaucoup de choses à se dire …

Gérald (le visiteur) est un homme d'action doublé d'un séducteur.  il est résolument agnostique. Son interlocuteur, le frère Jean, a choisi depuis longtemps le recueillement et l'ascèse. Les repères fondamentaux de l'un et l'autre se situent donc aux antipodes. Le journaliste a de fréquents malaises et ne tardera pas à avouer que ses jours sont comptés. Il a comme beaucoup la peur de ce qui va suivre alors que Jean est convaincu que la vraie vie se situe ailleurs, que l'existence ici bas n'est qu'une épreuve qui intervient en forme de parenthèse plus ou moins longue, avant l'accès à la lumière. Cette pièce est en fait destinée à soulever les questions que nous nous posons tous un jour ou l'autre. 

Ceux qui ont connu Michel Le Royer plus jeune sont toujours heureux de le revoir et de constater qu'il continue à se ressembler, sa " belle gueule d'ange " ayant juste avec le temps, pris un peu de patine.

Michel Chalmeau à la belle stature lui donne la réplique mais le soir où j'y étais m'a semblé préoccupé par le rythme plus que de raison.  Il faut dire que le rôle n'est pas facile ... N'importe, ce qui est dit ici mérite le détour et du reste, le public l'a chaleureusement prouvé au moment des applaudissements.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : Anne Gayan )

 

14:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/01/2013

Riviera d'Emmanuel Robert Espalieu

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PETIT MONTPARNASSE

31 Rue de la Gaité

75014 PARIS


(M° Gaité ou Edgar Quinet)


loc. 01 43 22 77 74


www.petitmontparnasse.com


Pl. 32€ - T.R. 18€

Collectivités : 26€


du mardi au samedi à 21h.

matinée dimanche à 15h.


 

Mise en scène, Gérard Gélas


avec Myriam Boyer (Fréhel) - Clément Rouault (Maurice Chevalier) - Laure Vallès (Paulette)


 

Fréhel, une légende qui faisait dire aux anciens quand on s'enthousiasmait pour Piaf ...

- " mais tu n'as pas connu Fréhel ! "

Car cette chanteuse fut en ce début de vingtième siècle, le fer de lance de la chanson réaliste alors que les talents ne manquaient pas à l'époque qu'il s'agisse de Damia et même de Mistinguett avec laquelle Fréhel avait un compte à régler ...

Pour parler du personnage, Emmanuel Robert Espalieu a sélectionné l'amour que la chanteuse eut pour Maurice Chevalier. En réalité son talent se nourrissait de ses déboires sentimentaux car elle fut plusieurs fois abandonnée pour une autre artiste ce qui était doublement difficile à vivre pour elle ... 

L'idée géniale fut de confier ce rôle à Myriam Boyer laquelle transcende toujours ce qu'elle interprète tout en respectant le réalisme de situation. 

Pièce créée en Avignon, mise en scène par Gérard Gélas lequel possède l'art et la manière de mettre en valeur les comédiens qu'il dirige.

La môme Pervenche qui eut la chance exceptionnelle de croiser un jour la route de la Belle Otéro avant de devenir Fréhel est représentée ici en toute fin de vie usée par la drogue et l'alcool, hantée par le souvenir du jeune Maurice Chevalier avec lequel elle eut une courte aventure dont elle aurait ensuite traîné la nostalgie ? ... Prétexte à évoquer ce que fut sa carrière sous le regard compassionnel mais non moins admiratif de Paulette, une chanteuse en herbe qui dans la foulée, bénéficiera de ses conseils. Ici, chacun se tire parfaitement de sa partition si je puis dire, Myriam Boyer est époustouflante (une fois de plus) Clément Rouault réussit à camper l'élégance dégingandée d'un Maurice Chevalier de 20 ans. Quant à Laure Vallès cette dernière sait être cette Paulette, humaine et attentive.

A voir même si nous n'apprenons pas grand chose de supplémentaire concernant le personnage central mais pour le plaisir de l'évocation d'une grande chanteuse jouée par une grande comédienne.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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Photo : Manuel Pacual


16:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent