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18/09/2013

Homme et galant homme d'Eduardo De Filippo

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THEATRE 14 JEAN MARIE SERREAU

20, avenue Marc Sangnier

75014 PARIS


(M° Porte de Vanves)


Réserv. 01 45 45 49 77


Pl. 25€ - T.R. 18€

Lycéens, -26 ans, chômeurs : 11€


jusqu'au : 26 OCTOBRE 2013


Texte français : Huguette Hatem


Mise en scène : Patrick Pelloquet


avec : Jean-Marc Bihour - Jean-Jacques Blanc - Pierre Gondard - Hervé Gouraud - Thierry Lacour - Raphaëlle Lenglare - Yvette Poirier - Gwénaël Ravaux - Patricia Varnay - Philippe Vermulen.


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Enfin ! du théâtre, du vrai, avec des personnages hauts en couleurs, du rythme et un verbe enlevé, voilà qui nous console des plates adaptations de romans et autres nouvelles dont on nous gratifie à longueur d'année.

Théâtre dans le théâtre également puisque l'action est véhiculée par une troupe d'acteurs comme il en existait jadis, vivant chichement de leur métier mais le pratiquant avec passion au fil du temps et des tournées.

Nous sommes dans une station balnéaire où ces comédiens se produisent avec les moyens du bord lesquels ne sont pas somptueux. Alors on se débrouille du mieux que l'on peut, essayant de déjouer la vigilance du personnel de ce petit hôtel qui fait la guerre au linge étendu et aux repas concoctés en douce, en dépit des interdictions. 

Comment pourraient-il s'offrir le restaurant avec une recette semblable à celle de la veille, par exemple ? Les spectateurs allaient et venaient le long du promenoir, faisant peu de cas de ce qui se passait sur scène. 

Gennaro en sa qualité de directeur de troupe, se creuse les méninges pour trouver une solution. Une ultime répétition est mise au point sur place tandis que la tambouille se prépare d'une cuillère active ...

Les jeunes générations ignorent ce que fut le rôle du souffleur au théâtre et l'importance qu'il avait alors. Indispensable et cependant tarabusté, sans lui certains acteurs et non des moindres auraient connu maintes difficultés. Peut-être même ne se seraient ils jamais fait un nom ? Jean-Marc Bihour rend à cet emploi ingrat un posthume hommage par son jeu à l'intelligente subtilité. 

Jean-Jacques Blanc est truculent au possible et nous campe un Gennaro dévastateur et pas seulement pour ses poches de costume ! ...

La distribution est trop nombreuse pour que je les nomme tous, signalons toutefois l'aristocratique élégance de Pierre Gondard en comte Tolentano, la belle prestation de Thibaut Lacour amusant au possible dans son évasion en direction de la folie et surtout, la maestria avec laquelle Yvette Poirier campe ses personnages successifs de vieille dame cassée en deux ajoutée à la rigueur toute militaire de cette commissaire de police dépassée par les événements. 

La mise en scène de Patrick Pelloquet est active, enlevée, on rit de bout en bout et nous ressortons du théâtre en disant : " j'y retournerais bien ! ... "

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( photos : E. Lizambard )

 

13:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/09/2013

Et jamais nous ne serons séparés de Jon Fosse

THEATRE de l'OEUVRE

55, Rue de Clichy

75009 PARIS


(M° Pl. de Clichy)


Tél. 01 44 53 88 88


www.theatredeloeuvre.fr


A 20h.30 du mardi au samedi,

A 15h. le dimanche


Pl. 17 à 38€ -de 26 ans : 10€


 

Texte français : Camilla Bouchet et Marc Paquien

 

avec Ludmila Mikaël, Patrick Catalifo et Agathe Dronne


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Le temps d'une soirée, Jon Fosse par le biais de Ludmila Mikaël nous invite à partager la solitude d'une femme ...

Quelle différence y a t-il entre un abandon et un deuil ?

Pratiquement aucune, aussi ne saurons nous jamais si l'homme qu'elle évoque est mort ou parti en compagnie d'une autre, le résultat étant le même.

La pièce commence par un éclat de rire qui n'est qu'une forme de pudique sanglot.

Elle se persuade qu'il va venir, d'un moment à l'autre, que l'absence n'est pas définitive. Du reste tout est en place - comme avant - rien n'a changé, les meubles, les objets, cette vaisselle des jours de fête et ces très beaux verres, très fragiles ... Il va venir, elle s'en persuade, elle y croit.

Bel exercice de méthode Coué, traversé çà et là, de quelques doutes bien sûr, de quelques instants de lucidité, car son intelligence est intacte et puis elle se sait grande, forte et belle ! Pourquoi en ce cas, la vie l'aurait-elle vaincue ? 

La table est mise, une bouteille du vin qu'il aime, débouchée ... reste l'attente. 

Alors les images surviennent, les personnages prennent corps sous nos yeux et ce semblant d'explication nous est offert mais au final, n'expliquera rien.

Patrick Catalifo est l'absent omniprésent et Agathe Dronne, celle par qui tout est arrivé ?  

Ludmila Mikaël joue la sobriété, elle se veut rationnelle alors que le délire est bien présent et que les mots se répètent en boucle. Du reste, seul (e) ou accompagné (e) la vie ne se résume t-elle pas à une attente ?  

Je ne conseillerai peut-être pas cette pièce à ceux qui ont vécu ou vivent actuellement le même drame mais tous les autres peuvent bien évidemment y aller et même, y trouver du plaisir. Et puis en dépit de son pessimisme, Jon Fosse est un auteur mondialement reconnu, il est donc impossible d'ignorer cette pièce. Que vous aimiez ou non est ensuite une affaire personnelle mais interprétations et mise en scène sont irréprochables.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( photos : Pascal Victor )

 

16:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/09/2013

A flanc de colline de Benoît Moret

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THEATRE TRISTAN BERNARD

64, rue du Rocher

75008 PARIS


(M° Villiers - St Lazare)


Réserv. 01 45 22 08 40


Du mardi au samedi à 21h

le samedi en matinée à 18h.


Pl. de 15 à 35€

- de 26 ans : 10€

Tarifs réduits le mercredi.


Mise en scène : Julien SIBRE


avec, Benoît MORET, José PAUL, Didier BRICE et Caroline MAILLARD

 

 

COMEDIE LIBREMENT INSPIREE D'UNE HISTOIRE PAS VRAIE



 

Première pièce de Benoît Moret lequel ne fait pas dans la dentelle mais plutôt dans le filet de pêche, au moyen duquel il piège les spectateurs qui s'y tordent de rire.

Avant que les protagonistes arrivent, nous découvrons le décor, lequel semble sorti tout droit d'un Emmaüs côtier.

Les trophées de pêche envahissent les murs avec à l'avant-scène, côté cour, une énorme tête de mérou, horrifique au possible mais qui prouvera rapidement son hilarante utilité. 

Au centre, un immense canapé d'aspect crassouillard, sur lequel il sera hasardeux de s'installer vu le caractère pentu du sol et celui pour le moins aléatoire des cales dont il est pourvu. N'oublions pas que nous sommes à flanc de colline comme le titre l'indique.

Une sorte d'hurluberlu occupe les lieux en permanence, les proposant à la location de temps à autre, sans avoir pour autant l'intention d'en partir  ... 

Arrivée des locataires en question, pas très ravis de s'y trouver ensemble puisqu'il s'agit du fils puis du père, lesquels ne se sont pas vus depuis 25 ans. Reproches, règlements de comptes ... Mais que diable sont ils venus faire ici ? 

Toute la saveur de la situation réside dans les inepties du dialogue, dans les trouvailles de la mise en scène signée Julien Sibre.

- Didier Brice est ahurissant dans ce rôle d'amphitryon pour le moins insolite,

- L'excellent José Paul affiche le flegme confusionnel du mythomane décidé à tirer son épingle du jeu, à n'importe quel prix,

- Benoît Moret (l'auteur) est également le fils, joli garçon de surcroît, ce qui ne gâche rien.

- Caroline Maillard est une désopilante voisine, tandis que l'incontestable vedette de la pièce sera un énorme ours blanc (qui a chassé un couple de cigognes lesbiennes, donc vous ne pourrez pas les voir)  j'en passe, car la ménagerie ne se limite pas à cela !

Vous l'avez compris, c'est drôlissime et tombe à point nommé pour nous faire oublier les problèmes actuels. Après tout, on va bien au théâtre dans cette perspective, non ? ...

Mission accomplie !

 

Simone Alexandre

 

www.theatrauteurs.com

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( Photo : Fabienne RAPPENEAU )


13:23 Publié dans THEATRE | Lien permanent