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25/11/2012

La putain de l'Ohio d'Hanokh Levin


pere-fils.jpgCARTOUCHERIE de VINCENNES

THEATRE DE L'AQUARIUM

Route du Champ de Manoeuvre 75012 PARIS


(M° Château de Vincennes + navette gratuite Cartoucherie)


loc. 01 43 74 99 61


Pl. 20€ - T.R. 10 à 14€


jusqu'au 30 NOVEMBRE 2012


A 20h.30 du mardi au samedi

A 16h. le dimanche.


 

traduction : Laurence Sendrowicz (Ed.Théâtrales, Théâtre Choisi V, comédies crues)


mise en scène et scénographie : Laurent Gutmann

 

avec Guillaume Geoffroy, Eric Petitjean et Catherine Vinatier.

le vieux.jpg

 

 

100 shekels = le prix de la passe, en plein air, dans une arrière-cour. 

Hoyamer, le vieux mendiant qui voulait s'offrir une gâterie pour ses 70 printemps, trouve que c'est un peu raide et marchande. La pute qui est l'inverse de celle au grand coeur ne veut rien savoir : c'est 100 shekels ou rien ! La discussion va durer quelque temps ... C'est que le vieil homme a besoin de se rassurer, de se prouver qu'il n'est pas devenu une branche morte, privée de sève, il veut donc s'offrir ce dernier plaisir et finalement cédera, la pute empochera la somme car bien entendu, c'est payable d'avance. Ensuite, viendront les acrobaties debout contre un mur pour peu de résultat et le moins que l'on puisse dire c'est que la dame l'aide peu. Elle stigmatisera même ce cadavre qu'il a entre les jambes, ce qui n'arrangera rien, bien entendu.

Leur sort n'est pas plus enviable de part et d'autre. Kokotska commence à ne plus être de toute fraîcheur ce qui ne favorise guère les fantasmes quant au vieux clochard, disons qu'il faut avoir le coeur bien accroché pour se soumettre à son caprice. Constat d'échec. Le vieux voudra se faire rembourser et c'est alors que le fils arrivera, guère plus reluisant que son père en dépit des dizaines d'années en moins. Il a fallu beaucoup d'humour et un certain courage aux comédiens pour se montrer sous ce jour là ! Nouvelle discussion à l'issue de laquelle Fiston s'activera tout en déplorant la perte de cet argent qui devait logiquement lui revenir ... 

Anokh Levin s'ingénie à décrire sa vision de l'espèce humaine, peu réjouissante au demeurant. Ces êtres là sont incapables d'aimer fors le fric ! Pourtant chacun sait ce qui l'attend, la tombe à plus ou moins brève échéance et la perspective de repartir comme ils sont venus, absolument nus. Précisément, ne se contentant pas de montrer les âmes sans voiles, nous aurons droit à la vision du corps, se vautrant lamentablement dans la fange.

Pourtant ils ont tous un rêve qui les rend attendrissants, Hoyamer évoque une  putain sublime (celle de l'Ohio) qui offre ses charmes gratuitement en un lieu idyllique résumé par le " Just a dream " figurant au décor. 

En écho, Kokotska rêve de rencontrer un jour un touriste américain qui l'emmènerait avec lui et lui permettrait de se laver de toute sa vie actuelle dans une immense piscine en marbre.

Le fils, Hoyamal que l'on pensait le moins sympathique des trois face à son empressement d'hériter du pécule paternel va se révéler un gamin incompris, en quête d'un amour qu'il n'a jamais reçu.

Les pièces de cet auteur sont toujours construites un peu à la façon des poupées russes, on ne cesse de trouver autre chose derrière l'apparence, encore et encore.

Les trois comédiens jouent à fond cette partition pourtant difficile et méritent bien votre présence, vos rires et vos applaudissements. Essayez seulement de trouver quelqu'un pour garder les enfants à domicile ce soir là car ce n'est vraiment pas pour eux. Quant aux cathos coincés ... les quelques égarés n'auront qu'à sortir en se signant (du moins moralement) mais pas avant la fin ! Je n'en ai pas repéré un seul quoique il faille bien que de temps à autre, Tartuffe se justifie.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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(photos : Pierre Grosbois)

16:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent

12/11/2012

Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce

Lagarce-2.jpg


THEATRE de l'ETOILE du NORD

16, rue Georgette Agutte

75018 PARIS


(M° Guy Môquet)


loc. 01 42 26 47 47


Pl. 14€ - T.R. 10€ -

- de 30ans : 8€


 

A 21h. du mardi au samedi.


jusqu'au : 1er décembre 2012


Mise en scène : Serge Lipszyc


avec Cédric Appietto (Louis) - Marie-Ange Geronimi (la mère) - Nathanaël Maïni (Antoine) - Marie Murcia (Catherine) - Chani Sabaty (Suzanne) 


 

En son temps, Gide a résumé ce genre de situation en une seule phrase ...

Contrairement à son prédécesseur, Louis ne hait pas sa famille sinon pourquoi serait-il revenu ?  Il est et se sent différent d'eux, c'est tout. Cette différence faisait de lui tant qu'il était là " un vilain petit canard " mais en fait, pour exister, l'albatros a dû prendre son envol. Le voilà qui revient se poser avant l'ultime départ, celui qui mène vers un pays d'où l'on ne revient pas.

Voilà dix ans qu'il est parti, se contentant d'envoyer de loin en loin quelques cartes postales afin que le lien ne soit pas tout à fait rompu. Et il est là, à nouveau parmi ceux qui sont supposés être les siens : sa mère, sa soeur Suzanne, Antoine son frère et Catherine, sa belle-soeur. Les reproches directs ou indirects fusent de toutes parts. Il est venu pour parler et chacun se raconte sans s'inquiéter plus que cela de ce qu'il a fait de son côté, durant tout ce temps. 

Une sourde incompréhension toujours au bord de l'explosion couve entre les deux frères par trop différents. Antoine, lui est " normal " et ne s'est pas dérobé à ses obligations, il n'a pas fui, est resté un bon fils est un bon époux sachant faire face aux responsabilités alors que Louis ... Nous sommes très loin ici de l'accueil fait au fils prodigue dans la Bible ! L'atmosphère est pesante et les mots prononcés sonnent faux les trois quarts du temps. 

Quelques timides échanges entre Suzanne et Louis tourneront court et la mère prendra la parole, évoquant l'époque où l'on allait se promener tous ensemble le dimanche. C'est tellement ennuyeux tout ça que Catherine va finir par s'endormir.

Cette pièce n'est pas facile à jouer et le ton qui convient, difficile à trouver mais peut-être est-ce parce que nous avons tous connu quelqu'un qui ressemblait à Louis comme un frère jumeau, lequel avait envie de hurler et gardait le silence ?

Nous feignions alors de ne pas comprendre afin de ne pas mettre un nom sur le drame qui se déroulait sous nos yeux. Par le témoignage qu'elle véhicule, cette pièce est incontournable à qui veut regarder enfin la réalité en face.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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(Photos : Eric Cucchi)


11:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/11/2012

Une laborieuse entreprise de Hanokh Levin

Hanokh-1.jpg


L'ETOILE DU NORD

16, rue Georgette Agutte

75018 PARIS


(M° Guy Môquet)


loc. 01 42 26 47 47


www.etoiledunord-theatre.com


Pl. 14€ - T.R. 10€ - 30 ans : 8€


 

A 19h.30 du mardi au samedi

représentation supplémentaire

le samedi à 17h.

 

jusqu'au : 1er DECEMBRE 2012

 

Texte français de Laurence  Sendrowicz

paru aux Editions Théâtrales

 

Mise en scène : Serge LIPSZYC

 

avec Serge Lipszyc - Jérémy Lohier (accordéon) - Nathanaël Maïni et Marie Murcia.


Décor et scénographie : Sandrine Lamblin.



 

Nous sommes au domicile d'un couple marié depuis 20 ans.

Lit en milieu de scène. " Je suis un homme fini " déclare Yona Popokh qui en a plus qu'assez de l'existence qui est la sienne.

- " La vie conjugale, du mensonge, rien que du mensonge ... " dit-il au comble du pessimisme. Pas très galant (c'est un euphémisme) il n'hésitera pas à comparer son épouse à " un tas de viande ... avariée " (qui plus est ! ) Et pour commencer, il la réveille brutalement et en fanfare, lui faisant une scène." Vivre avec toi, j'en ai fait le tour. " Suit tout un chapelet d'aménités du même cru. Le salop parfait en pleine action. Plagiant Aznavour, il pourrait chanter " tu te laisses aller ... " mais non, le propos serait trop tendre encore. Léviva (cette fois, on n'a pas peur de Virginia Woolf) encaisse comme elle peut. Le ton monte et c'est alors que survient le voisin Gounkel à la recherche d'un comprimé d'aspirine. (de boules Quiès aussi ? ...) Yona prévoit toutes les réactions de Léviva et les anticipe. Forcément, depuis le temps qu'ils vivent ensemble ... et quand de guerre lasse, la dame lui dira qu'il peut s'en aller, ce dernier restera, bien sûr. Dans l'intervalle le tableau a été brossé et les poils du pinceau n'étaient pas en soie. Comme il est dit que la musique adoucit les moeurs, le musicien situé côté cour intervient de façon ponctuelle. Il leur arrive également à l'un comme à l'autre de pousser une ritournelle. Après tout, n'est-ce pas ce qui advient parfois dans la vraie vie ? 

Ca grince bien au pays d'Hanokh Levin et on se dit que pendant ce temps là, les gays veulent absolument se marier ... Au secours ! 

Il m'a semblé que Serge Lipszic avait versé du 3-en-1 dans les rouages et j'avoue m'être interrogée sur le bien-fondé de la démarche qui a le mérite il est vrai, de rendre le contenu plus digeste. En ce cas, pourquoi pas ?

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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14:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent