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23/09/2015

AU DEHORS de Alain Ubaldi

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Théâtre de Belle Ville

 

94, Rue du Fbg du Temple

 

75011 PARIS

 

 

(M° Goncourt ou Belleville)

 

loc. 01 48 06 72 34

 

Pl.10€ à 25€

 

 

http://www.theatredebelleville.com/

 

 

 

 

A 21h15 le lundi

 

A 19h30 le mardi

 

 

jusqu'au : 6 OCTOBRE 2015

 

 

Texte et mise en scène : Alain UBALDI

 

avec Stéphane CHOUKROUN

 

 

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Ce spectacle en déroutera plus d'un et captivera les autres eu égard au thème évoqué : licenciement abusif, tristement d'actualité. Mais en voulant frapper les esprits Alain Ubaldi a choisi un prétexte excessif.

 

- " 10 minutes de retard. Licencié. Et la vie d'un homme se disloque " (fin de citation)

 

Quelque soit le poids qui pèse désormais sur le monde du travail lequel se précarise de jour en jour, il est difficile de concevoir qu'un licenciement puisse avoir lieu pour 10 malheureuses minutes de retard après 10 ans de " bons et loyaux services."

 

Faut-il en conclure qu'il n'existe plus aucun syndicat en France et que les prud'hommes ont depuis longtemps jeté l'éponge ? … En prenant le propos au pied de la lettre, on pourrait le croire. 

 

L'auteur a isolé un fait lui servant de prétexte à analyser une situation donnée.

 

En réalité, c'est l'excès de confiance qui crée le risque.

Cet homme jeune, au départ sûr de lui, se fiant à ses compétences a comme beaucoup contracté un crédit afin de s'offrir un appartement de 50m2, dette qui s'étalera évidemment sur quelques décennies et dans l'intervalle le personnage plane quelque peu en vivant ses rêves à tendance cinématographique.

 

Une fois pris au piège, il dénoncera " les dangers du bonheur " mais peut-on vivre sur ses gardes en permanence ?

Un collègue patiemment attendait son heure … Certains êtres sont capables d'afficher un profil bas durant des années pour mieux prendre une revanche dès la première défaillance.

 

 

C'est à ce moment précis qu'il faut s'affirmer, prouver qu'en dépit des coups du sort, on reste intact : toujours sur la brèche ! 

 

L'époque est cruelle, du jour au lendemain le travail faisant défaut, une vie peut basculer. Or si certains se construisent, s'endurcissent au fil des épreuves, d'autres baissent les bras pour ne plus jamais s'en sortir. C'est à cette lente dérive à laquelle nous allons assister.

 

La scénographie intrigue - Nous avons l'impression d'être face à un immeuble, la nuit avec ses fenêtres allumées, symbole de sécurité et par un curieux transfert nous devenons cet exclu qui regarde tout en se voyant lui-même encore à l'intérieur pour un temps alors qu'une trappe vient de s'ouvrir sous ses pieds.

 

Que faire en pareille circonstance sinon ressasser encore et toujours ? La folie le guette car enfin, pourquoi lui ? … 

 

En début de spectacle nous sommes confrontés à une voix off révélatrice de confusion. Le personnage s'est lui-même enregistré comme s'il voulait s'accrocher aux mots qui ne sont que la manifestation d'une cruelle et injuste sentence. 

 

Le couperet est tombé et il est là, avec toute cette énergie inemployée, désormais inemployable puisqu'il est convaincu qu'il n'y a rien à faire, que la fatalité a décidé de tout, une fois pour toutes. Pour se relever il faudrait que monte en lui une saine et belle révolte mais en est-il capable ? … Notre époque le peut-elle encore ? Il faut le souhaiter car il y a bien longtemps que nous ne fabriquons plus de héros.

 

Le contexte n'est pas spécialement réjouissant mais l'interprète est bien plus qu'intéressant et à lui seul, justifie amplement le détour.

 

Simone Alexandre

 

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09:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent