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07/02/2013

Moi, Caravage de Cesare Capitani


Théâtre Le Lucernaire

53 rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS


(M° Vavin - N.D. des Champs)


Tél. 01 45 44 57 34


Pl. 30€ - T.R. 25€ - 15€ - 10 €


 

du mardi au samedi à 20h.

le dimanche à 15h.

 

Mise en scène : Stanislas Grassian

Direction d'acteurs : Nita Klein

avec : Cesare Capitani et Laetitia Favart


 

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Ressusciter Le Caravage, le pari était ambitieux et pourtant Cesare Capitani y est parvenu au delà de l'envisageable. Regard de braise, visage tourmenté, habité tour à tour par l'exaltation ou la sensualité, le comédien incarne pour nous le génial inventeur du clair-obscur, lequel révolutionna tellement l'art pictural que l'on a nommé les diverses approches qui lui ont succédé : caravagisme. L'aventurier, le rebelle a donc fait école, lui qui voulait échapper à toutes.

Doublement impliqué dans ce spectacle dont il est l'adaptateur du livre de Dominique Fernandez " La Course à l'abîme " mais également l'interprète, le comédien évoque pour nous l'existence tumultueuse de ce génie de l'Art pictural italien.

Nous allons apprendre à quel point sa vie et son oeuvre furent imbriquées se nourrissant l'une-l'autre.

Pourtant il n'était pas facile de se vouloir libre comme il s'évertua à l'être, durant cette époque. Appréciant autant les hommes que les femmes Michelangelo risquait à tout moment de finir sur le bûcher puisque les méthodes inquisitoriales sévissaient sans relâche.  Son talent incontestable lui valut fort heureusement quelques protections mais il semble qu'un malin démon l'incitait à toujours rechercher le danger. Emprisonné, condamné à mort il ne trouva la survie que dans la fuite ...

Les circonstances réelles de sa fin demeurent mystérieuses mais il nous a laissé une oeuvre impressionnante dont nos musées peuvent s'enorgueillir.

Le comédien partage l'espace scénique avec les multiples interventions de Laétitia Favart, laquelle chante a capella tout en se glissant dans la peau de certains personnages qui ont traversé la vie du peintre. Un moment exceptionnel de théâtre que l'on savoure pleinement et dont on redemanderait encore et encore.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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(Photos : B. Cruveiller)


14:56 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/02/2013

Jonas de Christian Morel de Sarcus

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THEATRE DU NORD-OUEST

13, rue du Faubourg Montmartre

75009 PARIS


(M° Grands Boulevards)


Loc. 01 47 70 32 75


Pl. 23€ - T.R. 13€


www.theatredunordouetcom


 

Mise en scène : Paul-Antoine Veillon


avec, Antoinette Guédy, Jean-Dominique Peltier, Tristan Oudar


 

Une mise en scène consiste bien souvent à rendre visibles les didascalies que l'auteur a oublié d'écrire, tout le reste n'est que réappropriation, plagiat ou souvenirs inconscients. 

A contrario, il y a ceux (plus rares) qui savent lire un texte entre les lignes, fantasmer dessus, bref, le prolonger. 

Autre difficulté et non des moindres, la direction d'acteurs laquelle se nourrit d'expérience et de psychologie. Ensuite, que vogue la galère ! ...

Ici dans un noir absolu, une torche s'allume. Serions nous revenus dans les rues glissantes de Whitechapel ? Non, point de pavés humides mais un sol qui tangue dangereusement.

En fait, l'action se situe dans la cabine d'un paquebot en partance pour l'Amérique et l'occupant des lieux vient de s'extirper péniblement de sa couchette où il avait chu tout habillé. Alcool aidant, son verbe est haut ce qui ne va pas tarder à déclencher les protestations d'une autre voyageuse qui l'invective depuis le couloir. Quand la dame fera son apparition telle Mary Marquet entrant à La Mendigotte pour y scander la scène du songe d'Athalie à grand renfort de coups de canne, un temps dessoûlé notre homme (peu galant) fera remarquer que " ce n'est pas un lys fraîchement coupé ". Pas plus qu'il n'est un perdreau de la veille et les aménités iront bon train. 

Cette scène apocalyptique sera complétée par la présence épisodique du serveur irlandais plus au fait que les autres de la situation et qui complètement paniqué passera ses répliques au mixer. Habitude de préparer des cocktails, sans doute ? ...

Il convient de préciser que ce rôle habituellement joué par Tristan Oudar (absent) était repris par le jeune metteur en scène improvisé pour les besoins de la cause.

A croire que Christian Morel de Sarcus avait fait la navette entre le collège et Pont-aux-Dames pour mettre au point sa distribution. 

Un satisfecit cependant : la présence de Jean-Dominique Peltier très bien dans ce rôle de transfuge éméché abandonnant le domicile conjugal et son Alice maritale en emportant l'argent du ménage pour connaître enfin le Pays des Merveilles.

Quant à la pythonisse (Antoinette Guédy) dont la diction avait elle aussi des hauts et des bas, au moment de la conclusion, ceux qui se souviennent de la Voyante d'André Roussin pourront dire " à l'ouest rien de nouveau " mais pas au Nord-Ouest où un nouveau cycle a commencé le 4 janvier et se prolongera jusqu'au 23 juin prochain. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/01/2013

Ultime Dialogue de Charles André


Théâtre du MARAIS

37, rue Volta

75003 PARIS


(M° Arts & Métiers)


Réserv. 01 45 44 88 42


Du jeudi au samedi à 19h,

dimanche à 15h.


jusqu'au : 31 mars 2013


 

Mise en scène : Alexandra Royan


avec Michel Le Royer et Michel Chalmeau


 

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Décor monastique (et pour cause) une immense croix posée sur le mur du fond, un lit dont la tête fait immédiatement penser à un double prie-dieu, pas de draps, (on s'étonne presque d'y voir un oreiller) une simple couverture que l'on imagine rêche au possible, une table, des tabourets …

Un journaliste de renom est venu se réfugier ici sous le fallacieux prétexte d'interviewer ce moine qui est un ami perdu de vue depuis 20 ou 30 ans ?

Les membres de la communauté appliquent pourtant une stricte règle de silence mais ici dans cette cellule il n'en sera plus question, bien au contraire. L'échange s'avèrera même très verbeux et la démarche n'est pas surprenante car depuis le temps, les deux hommes ont forcément beaucoup de choses à se dire …

Gérald (le visiteur) est un homme d'action doublé d'un séducteur.  il est résolument agnostique. Son interlocuteur, le frère Jean, a choisi depuis longtemps le recueillement et l'ascèse. Les repères fondamentaux de l'un et l'autre se situent donc aux antipodes. Le journaliste a de fréquents malaises et ne tardera pas à avouer que ses jours sont comptés. Il a comme beaucoup la peur de ce qui va suivre alors que Jean est convaincu que la vraie vie se situe ailleurs, que l'existence ici bas n'est qu'une épreuve qui intervient en forme de parenthèse plus ou moins longue, avant l'accès à la lumière. Cette pièce est en fait destinée à soulever les questions que nous nous posons tous un jour ou l'autre. 

Ceux qui ont connu Michel Le Royer plus jeune sont toujours heureux de le revoir et de constater qu'il continue à se ressembler, sa " belle gueule d'ange " ayant juste avec le temps, pris un peu de patine.

Michel Chalmeau à la belle stature lui donne la réplique mais le soir où j'y étais m'a semblé préoccupé par le rythme plus que de raison.  Il faut dire que le rôle n'est pas facile ... N'importe, ce qui est dit ici mérite le détour et du reste, le public l'a chaleureusement prouvé au moment des applaudissements.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : Anne Gayan )

 

14:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent