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17/02/2017

DARIUS de Jean-Benoît Patricot

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THEATRE DES MATHURINS

 

36, Rue des Mathurins

 

75008 PARIS

 

 

 

(M° Havre-Caumartin)

 

Loc. 01 42 65 90 00

 

http://www.theatredesmathurins.com/

 

Pl. de 16 à 36€

 

tous les jours sauf dimanche & lundi à 19h

 

matinée le dimanche à 16h

 

 

Mise en scène : Anne BOUVIER

 

 

avec Clémentine Célarié et Pierre Cassignard

 

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C’est à un joli moment de théâtre auquel le Théâtre des Mathurins vous convie, avec la pièce de Jean -Benoît Patricot, « Darius ».


C’est le prénom, perse et conquérant, du fils de Claire, que Clémentine Célarié incarne avec une délicatesse, une élégance, une allure étonnantes de justesse et d’émotion.

Et ce jeune homme de pas encore vingt ans, affligé d’une maladie dégénérative, est le centre de la vie de sa mère, scientifique reconnue, qui met tout en œuvre pour que son fils retrouve, en dépit de la perte irrémédiable de ses moyens et facultés, le souvenir de ses sensations passées.


Pour cela, elle contacte Paul à qui Pierre Cassignard, impeccable de justesse, apporte ce qu’il faut de virilité, c’est-à-dire une mosaïque de micro-faiblesses agrégées qui donnent l’illusion de la solidité, créateur de parfums, veuf et, comme on dit, reclus dans sa province, ayant cessé toute activité.


Pourtant, pour Claire peut être, pour Darius certainement, il reprendra peu à peu son travail et créera, à la demande, des odeurs susceptibles de faire revenir Darius dans son passé.

 

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Rien n’est difficile comme d’évoquer une sensation, visuelle,

( que savons-nous vraiment de la perception des couleurs ? - les travaux de Michel Pastoureau sur ce sujet sont passionnants et nous apprennent beaucoup ), ou olfactive.


Car il est bien certains que ce qui charme certains déplaira à d’autres.  C’est bien là un des thèmes de cette pièce subtile et fine, où l’impalpable est mis en avant, où la subjectivité est acteur central.


A aucun moment nous ne voyons Darius, qui est désincarné, mais présent, tout comme les odeurs que Paul élabore pour lui, afin de lui permettre de continuer à vivre, fût-ce à reculons, parce que cette vie sans avenir doit être maintenue et suspendue à ce fil que Claire-Ariane déroule jusqu’à son terme.
Au travers des sensations retrouvées de Darius, c’est la vie qui reprend le dessus pour Paul.

 

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Dans une mise en scène sobre et fluide, avec une économie de moyens qui sied parfaitement à l’atmosphère somme toute assez poétique du texte, Anne Bouvier donne à voir et à entendre deux personnages qui se croisent et communiquent au travers d’écrits, dont les rapports changent progressivement, et l’on perçoit peu à peu cette évolution, de l’échange initial au partage final.


Il n’est pas anodin que ce soit l’orgue à parfum qui occupe la scène d’un bout à l’autre du spectacle, car c’est, suggérée, une musique qui nous et proposée, la petite musique continue de la vie, et de ses épreuves, ses joies et ses déceptions, ses espoirs et ses rechutes.
La palette, que l’on dit chromatique, de l’orgue participe grandement de cette complexité tant elle est vaste, et c’est ce champ immense du ressenti qui est ouvert devant nous.

 

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( photos : Richebé )

 


Autour des sens, Jean Benoît Patricot nous propose un texte léger, très contemporain, délicat et somme toute assez captivant.
Servi par deux interprètes à l’unisson, tant leur jeu se répond, tant nous les percevons sur la même longueur d’onde, l’auteur ne peut que se réjouir.


Pour nous, ce n’est pas ce sentiment que nous retenons en sortant, mais bien plutôt une émotion réelle, et le sentiment, mais est-il partagé ?, d’avoir rencontré trois belles personnes.
Parce que le théâtre , c’est fait aussi pour émouvoir et réfléchir, « Darius » vous y convie, il faut aller applaudir Pierre Cassignard et Clémentine Célarié.



Frédéric Arnoux ©

 

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11:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/02/2017

BIG FREEZE ( Thermodynamique de l'amour )

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LA REINE BLANCHE

 

2 bis, passage Ruelle

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° La Chapelle)

 

Loc. 01 40 05 06 96

 

http://www.reineblanche.com/

 

Pl. 15€ - T.R. 10€ - Groupe : 8€

 

du mardi au samedi à 20h45

 

jusqu'au : 25 FEVRIER 2017

 

 

Ecrit et mise en scène  par Thomas Poitevin

 

Inspiré des écrits de François Roddier, Vincent Mignerot,

Trinh Xuan Than, Hubert Reeves

 

Avec les comédiens,

 

Guillaume Arène, Andréa Brusque, Lucrèce Carmignac,

Amaury de Crayencour, Ophélie Legris, Thomas Poitevin

 

Oriane Dioux ( journaliste scientifique )

et Fabio Acero ( astrophysicien )

 

Son et Lumière : Ludovic Champagne

 

 

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Le Théâtre de la Reine Blanche, lieu dirigé par une physicienne ( Elisabeth Bouchaud ) présente le plus souvent des spectacles atypiques parfois déroutants pour les non initiés mais toujours intéressants et résolument actuels.

Seul reproche, les pièces programmées restent peu de temps sur place et le bouche à oreille n'a pas toujours le loisir de s'exercer ; or vu le nombre de théâtres parisiens, le risque est grand de passer à côté, à moins de faire preuve d'une grande vigilance et pourquoi pas, d'un certain favoritisme.

Pour l'heure, le lieu affiche du 14 au 25 février : BIG FREEZE ( thermodynamique de l'amour ) et coïncidence bénéfique,  le mardi 14 correspondant à la St-Valentin, le public prévenu fut d'autant plus nombreux à prendre le chemin qui mène à la Salle Marie Curie, située au premier étage dudit théâtre.

Pour les besoins de la cause, la salle fut aménagée en rectangle ouvert sur un espace décoré de rectangles bleus cernés de blanc, sur lesquels cinq sièges acrobatiques étaient posés, le tout complété par deux micros sur pied puisque nous allions alternativement passer du jeu théâtral à des plages de vulgarisation scientifique, le tout restant suffisamment ludique pour les profanes.

Avant que le spectacle commence, un membre de l'équipe vient chaleureusement serrer la main des premiers arrivants en les remerciant d'être venus. C'est certes, un peu racoleur mais nous y fûmes néanmoins sensibles.

Un message destiné à ceux qui visiblement n'ont pas appris à éteindre leurs téléphones portables ... suivra et après nous avoir souhaité " une bonne entropie " la pièce commencera par l'arrivée des deux premiers personnages.

Comment le thème a t'il dérivé en direction de la description du couteau utilisé par Ravaillac ? Je ne saurais vous le dire, cet enchaînement reste pour moi un mystère alors que l'image était frappante.

 

Brusque cyclone, retrouvailles téléphoniques et houleuses d'une mère et de sa fille puis non moins brusque évocation de Sadi Carnot ( pas le président mais son oncle ) ce qui nous amènera tout naturellement à l'invention de la machine à vapeur et à l'explication de son fonctionnement.

Comme le spectacle a pour mission de rester ludique quelque soit le sujet évoqué, une " artiste sonore " - terme bien parlant pour désigner une chanteuse - ouvrira quelques parenthèses en un paradoxal " décrochage-charnière. " Une démonstration apparemment fusionnelle entre l'encre et l'eau nous sera alors proposée.

Suivra une scène de barbarie hautement bourgeoise et familiale, laquelle fera exploser l'hypocrisie en mille morceaux. Ah ! le pouvoir de l'argent …

Une volcanique scène opposant un chirurgien des yeux, son patient et l'épouse hystérique de ce dernier portera le climat à son paroxysme et l'hilarité du public à son apogée.

 

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Enfin, nous assisterons au mariage de François et Juliette et la mariée en profitera pour régler ses comptes avec ce frère envahissant mais j'en ai déjà trop dit aussi vous laisserai-je découvrir la suite qui n'est qu'une succession de " big-bang "  ...

Vous l'avez compris, l'intensité est grande et le " théâtre de papa " remisé du même coup aux poubelles de l'Histoire !

Certes, ceux qui contrairement à moi ont bénéficié d'une formation scientifique profiteront d'autant plus des interventions de notre physicien de service ( Fabio Acero ) accompagné d'Oriane Dioux ( journaliste scientifique ) tandis que les autres se réjouiront tout simplement aux accents de cette comédie moderne, sorte d'état des lieux de nos névroses existentielles.

Par son caractère insolite, ce spectacle valant réellement le détour - faites vite - je ne saurais trop vous encourager à y aller.




Simone Alexandre

 

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09:22 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/02/2017

ENSEMBLE de Fabio Marra

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PETIT THEATRE MONTPARNASSE

 

31, Rue de la Gaité

 

75014 PARIS

 

 

(M° Gaité ou Edgar Quinet)

 

loc. 01 43 22 77 74

 

Pl. 32€ - T.R. 18€

 

Tous les jours sauf dimanche & lundi à 21h

 

Matinée le dimanche à 15h

 

 

http://www.theatremontparnasse.com/

 

 

Ecriture et mise en scène : Fabio Marra

 

 

avec : Catherine Arditi, Sonia Palau, Floriane Vincent

et Fabio Marra

 

 

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Décor austère, évoquant une existence dénuée de tout luxe superflu. Entrent deux personnages, la mère : Catherine Arditi et le fils : Fabio Marra ; le comportement de ce dernier ne laisse pas place au doute, il y a visiblement problème ...

Nous apprenons qu'ils ont dû transférer leur humble mobilier au 7ème étage, là où les loyers sont moins chers et il n'y a pas d'ascenseur, bien sûr. Miquélé ( le fils ) qui aide sa mère à porter les provisions prétend avoir cassé les oeufs !
 
Comment fonctionne exactement un esprit " malade " ? L'explication n'est pas aisée même pour les spécialistes.

Nous ne tarderons pas à faire la connaissance de la soeur, Sandra : Sonia Palau - qui refait brusquement son apparition après 10 ans d'absence. Reproches justifiés de la mère …

L'histoire de cette famille va peu à peu se révéler à nous.
 
Mère et fille sont en complet désaccord concernant ce fils et frère handicapé. Isabella la mère, entièrement dévouée à cet être qu'elle protège s'oppose à Sandra qui voudrait que son frère soit placé dans un établissement spécialisé.

 

Le père est mort depuis longtemps dans des circonstances que nous devinons dramatiques, peut-être même est-ce la cause de l'état mental du fils ?

Il faut une certaine dose de compréhension pour ne pas condamner la fille qui a fui le domicile familial afin de se préserver mais comment l'en blâmer ?


Cela semble du reste lui avoir réussi : elle s'est forgé une belle situation et contrairement à ses frère et mère ne manque pas d'argent.

Elle vient annoncer son prochain mariage et invite sa mère à assister à la cérémonie à condition que Miquelé ne soit pas là. Elle a honte de ce frère qu'elle considère comme un boulet  …

 

 

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Vous l'avez compris, le thème n'est pas facile et pourtant on rit tout au long de la pièce tant le sujet est habilement traité - sans dérision aucune bien sûr - avec tendresse, humour et humanité.

L'auteur-metteur en scène interprète Miquélé en une superbe composition.  
Il n'est plus nécessaire de faire l'éloge du jeu toujours parfait de Catherine Arditi qui du reste ne joue pas mais vit littéralement les personnages qu'elle incarne.

Floriane Vincent est Claudia que nous découvrirons en deux temps lorsqu'elle se présentera à la recherche d'un emploi puis ensuite quand les circonstances lui auront finalement permis d'exercer le métier pour lequel elle se destinait.
La comédienne apporte une joyeuse fantaisie à son personnage et contribue ainsi à créer une atmosphère plus légère et surtout ludique vis-à-vis de Miquélé.

Le rôle le plus ingrat est sans nul doute celui qui est dévolu à Sonia Palau qui fait ici preuve d'une belle autorité mais pas seulement  ...

Vous l'avez compris la symbiose est complète entre les quatre comédiens et cette pièce constitue un beau message d'amour en direction de ceux que certains se refusent à assumer, persuadés qu'il y a  ( aussi ) " des maisons pour ça. " 

Certains textes tendent à rendre ceux qui les lisent ou les entendent plus humains, amour et tendresse sont ici - sans mièvrerie aucune - au rendez-vous.




Simone Alexandre

 

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11:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent