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17/05/2018

LE QUATRIEME MUR d'après Sorj CHALANDON

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PARIS-VILLETTE

 

211, avenue Jean Jaurès

 

75019 PARIS

 

 

 

(M° Porte de Pantin)

 

LOC. 01 40 03 72 23

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

- 30 ans, étudiants : 12€

enfants de - 12 ans : 8€

 

http://www.theatre-paris-villette.fr/

 

du mardi au jeudi à 20h

vendredi à 19h

samedi à 20h

dimanche à 16h

 

(relâche le 21 Mai)

 

DUREE : 1h30

 

Jusqu'au : 26 MAI 2018

 

Adaptation et mise en scène : Julien BOUFFIER

 

Scénographie : Emmanuelle DEBEUSSCHER & Julien BOUFFIER

 

Création vidéo : Laurent ROJOL

 

avec : Yara BOU NASSAR, Nina BOUFFIER, Alex JACOB, Vanessa LIAUTEY

 

à l'image : Joyce ABOU JAOUDE, Diamand ABOU ABBOUD, Mhamad HJEIJ, Raymond HOSNI, Elie YOUSSEF, Joseph ZEITOUNY

 

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Comme chacun sait ( ou devrait savoir ) Antigone était fille d'Oedipe et de Jocaste.
Elle symbolisera éternellement l'idéal de pureté face à la corruption du pouvoir, préférant mourir plutôt qu'accepter ce qu'elle considérait injuste.

Faire coïncider tragédie antique et tragiques événements d'un monde dit moderne fut en son temps le but de Jean Anouilh à l'époque où la France était occupée …

Sorj Chalandon après Jean Genet & Oriana Fallaci témoigne à son tour des horreurs perpétrées au Liban en 1982 par les milices chrétiennes des Phalangistes dans les camps de Sabra et Chatila massacres encouragés secrètement par les autorités israéliennes, puissance occupante donc à ce titre garante de la sécurité des lieux.

Quand la pièce commence, Sam ( Samuel Akounis : metteur en scène grec d'origine juive ) comprenant qu'il lui reste peu de temps à vivre suite à un cancer généralisé a demandé à cette amie qui le visite chaque jour à l'hôpital de poursuivre à sa place la mise en scène de la pièce, ô combien symbolique qu'il avait projeté de monter en ce pays plongé dans la guerre civile avec une distribution choisie parmi les belligérants.

Cela tient de la mission impossible mais calquant son sens du devoir sur celui d'Antigone, l'amie acceptera. Elle devra également assurer le rôle du choeur antique seul personnage qui s'adresse directement au public tandis que tous les autres interprètes dialoguent entre eux.

 

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Or ce dialogue risque précisément de poser problème puisqu'il s'agit de faire cohabiter ceux qui sont en guerre car,

- Antigone est Palestienne et Sunnite,
- Hémon est un Druze,
- Créon un Maronite,

de plus grandes difficultés auront lieu avec les Chiites puis avec une catholique allergique aux kippas ...

Marwan, le chauffeur druze dont le fils Nakad doit interpréter le personnage d'Hémon véhiculera le nouveau metteur en scène afin d'obtenir les autorisations nécessaires tout en risquant sa vie chaque fois.

De péripéties en péripéties la date prévue arrive …


C'était compter sans la guerre bien entendu.

L'utilisation de vidéos est souvent dérangeante au théâtre. Cette fois, force est de reconnaître que non seulement elles sont remarquablement réalisées mais que de surcroît leur présence s'avère indispensable.

 

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( photos : Marc GINOT )



La musique et la voix d'Alex Jacob présent à l'avant-scène côté jardin lequel joue également le personnage de Sam tout au début, nous aide à supporter parfois l'insupportable en rappelant tout simplement que nous sommes au théâtre car nous pourrions aisément l'oublier tant nous sommes immergés dans l'action.

Ceux qui ne connaissaient pas encore le texte de Sorj Chalandon auront sans nul doute envie de le découvrir car on ne se détache pas facilement d'un thème comme celui-là ; vous constaterez alors que le personnage féminin du metteur en scène se nomme Georges dans le livre mais nous ne saurions blâmer Julien Bouffier de ce choix qui rappelle fort à propos que dans les guerres les femmes sont hélas, partie prenante en tant que victimes privilégiées ...




Simone Alexandre

 

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16:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/05/2018

STILL LIFE TODAY d'Emily MANN

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LES DECHARGEURS

 

3, Rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet)

 

LOC. 01 42 36 00 50

 

Pl. de 10 à 26€

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

du mardi au samedi à 19h30

 

jusqu'au : 19 MAI 2018

 

Adaptation et mise en scène : Pierre LAVILLE

 

avec : Manon CLAVEL, Antoine COURTRAY & Ambre PIETRI

 

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( photo iFou pr le Pôle Média )

 

 

Pièce-témoignage mettant en scène un Marine revenu d'Afghanistan qui peine à retrouver sa vie d'avant, entre son épouse ( enceinte ) et sa maîtresse …

L'homme a été deux fois blessé et traumatisé a désormais peur du noir et des feux d'artifice. Certaines images le hantent la nuit. Il ne parvient pas à se réinsérer dans la société civile où il est au chômage.

L'épouse ( Cheryl ) en dépit de ses efforts supporte difficilement la situation avec ce mari qu'elle ne reconnaît plus tandis que l'autre femme ( Nadine ) bien que militante pacifiste se veut positive et pour ce faire, idéalise le personnage.

Mark se définit non sans ironie comme " une nature morte " en référence à ces fruits frais qui étaient offerts aux combattants rescapés ; ce qu'il a vécu tourne en boucle dans sa tête ...

Chaque soldat pris dans l'engrenage ( conséquence logique de tout ce qu'il a vu, enduré, subi ) a tendance à se prendre pour un dieu vengeur ; les remords arrivent plus tard après le retour à la vie normale. Dans le feu de l'action, n'a t'il pas massacré ( il n'y a pas d'autre terme ) toute une famille, enfants compris et voilà qu'il s'apprête à être père !

- " Je casserais moi-même les deux jambes à mon fils pour lui éviter ça " dit-il.

Chaque personnage s'exprime face au public, presque les yeux dans les yeux car nous sommes tous concernés que nous le voulions ou non puisque nos impôts contribuent à financer les guerres. Nous refusons simplement d'y penser.

Un écran en fond de scène présente ponctuellement des images à la limite du supportable. tandis que ce survivant, ce fantôme de lui-même est là, face à nous avec sa culpabilité et son mal-être ...

Vous l'avez compris, ce n'est pas une pièce facile mais NECESSAIRE !
 
Impossible de condamner cet homme qui est lui aussi victime et pour toute la vie. Ce n'est pas lui qui a décidé de la guerre même si l'engagement dans Les Marines n'est pas tout à fait innocent …

Ceux que l'on nommait les vétérans du Vietnam sont identiques à ceux qui ont " fait " l'Afghanistan comme on dit. Mais rien que des bras armés, les cerveaux décideurs restant confortablement à l'abri. Le crime - hélas éternel - c'est la guerre, pas ceux qui une fois qu'ils y sont plongés se battent avec parfois trop de zèle car la peur au ventre, ils n'ont pas le choix.

Certains reprocheront sans doute le manque d'imagination concernant la mise en scène pour le moins statique avec pour la scénographie : 2 chaises, 1 fauteuil et un coffre-valise sur lequel Mark finira par s'installer en une vaine tentative de faire le point.

L'important est le texte traduit, adapté par Pierre Laville et le message qu'il véhicule afin que le " plus jamais ça " ne soit pas une phrase en l'air, ce dont il est permis - hélas - de douter en référence à l'actualité.




Simone Alexandre

 

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10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/05/2018

En attendant Bojangles d'après le roman d'Olivier Bourdeaut

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La Pépinière Théâtre

 

7, Rue Louis le Grand

 

75002 PARIS

 

 

 

(M° Opéra)

 

 

LOC. 01 42 61 44 16

 

 

Pl. de 20 à 34€

 

( moins de 26 ans : 12€ )

 

http://www.theatrelapepiniere.com/

 

Du mardi au samedi à 19 h

 

jusqu'au : 28 Juillet 2018

 

Adaptation et mise en scène : Victoire Berger-Perrin

 

avec Julie Delarme, Didier Brice & Victor Boulenger

 

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C'est l'histoire folle d'un amour fou, captée par les yeux d'un fils unique, explicitée grâce au diarisme d'un père qui notait tout, ne vivait que pour cet amour là, pour cette femme qui ne ressemblait à nulle autre ( pas même à elle ) puisqu'elle était multiple.

Le père en question arborait la même coiffure que ce cavalier prussien dont le portrait était accroché au mur et se révélait presque aussi original que son épouse.
L'homme chaque dimanche après-midi faisait de mini exercices de musculation, la pipe au bec, en écoutant du jazz, baptisant non sans humour cette pratique : " gym tonic " en référence à la boisson dont il alimentait ses pauses …

Il se prénommait Georges, quant à sa femme, celle ci avec sa complicité, changeait de prénom à tout bout de champ, sauf le lendemain de la St-Valentin où là, chaque année Georges et sa Georgette du jour, déjeunaient en un restaurant qui avait fait le plein la veille.

A domicile, un superbe oiseau exotique baptisé " Mademoiselle Superfétatoire " égayait le lieu de ses cris quand il ne dormait pas debout, la tête sous son aile. ( vous reconnaîtrez que c'est plus original que de posséder un chien ou un chat ! )

 

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Quand le père n'était pas à son travail où il s'activait tard pour pouvoir s'arrêter tôt - disait-il - le couple se lançait en une danse éperdue aux accents de Nina Simone et de son " Mister Bojangles "

Tout aurait continué ainsi dans le meilleur des mondes si une montagne de courrier jamais ouvert ne s'était accumulée avec toutes les conséquences qui suivirent.

La légère fêlure qui ornait l'esprit de l'épouse et mère devint peu à peu une crevasse puis un gouffre dans lequel elle sombra tout à fait jusqu'à se retrouver en un asile protecteur.

 

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( photos : Evelyne Desaux )

 


Père et fils lui rendaient régulièrement visite jusqu'à ce que la patiente décrète qu'elle était guérie et mette au point un scénario d'enlèvement auquel les deux hommes subjugués se prêtèrent.  Je vous laisse ici découvrir la suite de l'aventure …

Julie Delarme joue le rôle de la mère avec une irrésistible fantaisie tandis que père et fils à savoir Didier Brice et Victor Boulenger rivalisent de brio afin que le trio familial soit parfait.

 

C'est drôle, émouvant, bref à voir ou revoir puisque le spectacle perdure à La Pépinière, traversant de façon exceptionnelle trois saisons : hiver, printemps, été, la pièce restant à l'affiche jusqu'au 28 Juillet.




Simone Alexandre

 

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10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent