Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/05/2019

La Cagnotte d'Eugène Labiche

 

 

aff.cagnotte.jpg

 

 

LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame

des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 19h

 

dimanche à 16h

 

 

jusqu'au : 16 JUIN 2019

 

 

Mise en scène : Thierry JAHN

 

 

avec,

 

Meghan DENDRAEL, Xavier FAGNON, Thierry JAHN,

Christophe LEMOINE, Céline RONTE et Vincent ROPION

 

boxe.jpg

 

Labiche est un auteur prolifique et drôle, c’est un fait connu. « La Cagnotte » est une de ses œuvres les plus fameuses, c’est également connu et la version qui nous en est présentée actuellement au Lucernaire, jamais à court d’idées par la compagnie La Bigarrure vient le rappeler avec une fantaisie retenue, un peu hélas !...

 

Nous n’avons pas retrouvé, malgré l’entrain mis à nous montrer cette journée, qui est une sorte de descente aux enfers, d’une troupe d’amis soudée et somme toute assez paisible qui finit dans la plus extrême confusion des sentiments et des émotions, la folie que nous y trouvions jadis. Cela retranche beaucoup au plaisir.

 

A la vérité, ce n’est nullement le travail des comédiens et metteur en scène, Thierry Jahn, qui est en cause, mais bel et bien, et à notre grande surprise, le texte de cet Eugène, prénom générationnel s’il en fut ( Haussmann, Viollet le Duc… et Labiche donc, architecte d’un théâtre loufoque et maillon du genre que Courteline et Feydeau suivront).

 

La-cagnotte.jpg

 

Air du temps ou morosité passagère, la description des provinciaux, et ce mot désormais déplait à nombre de nos concitoyens qui y voient une connotation péjorative, préférant au joli mot de « province, » connoté Ancien Régime, celui, assez affreux de « région »   qui fleure sa république et sa pesante administration, mais passons…, cette description donc ne nous a pas paru sympathique, ni, à fortiori, prêtant à rire.

 

Cette assemblée de notables, tous un peu vaniteux, tous un peu sots, finasseurs et bêtas, de la Ferté-sous-Jouarre en goguette à Paris, avec son lot de poncifs éculés tant à propos des provinciaux que des citadins de Paris nous a semblé dater furieusement et ne pas, au fond traduire quoi que ce soit de notre époque.

 

Labiche aurait vieilli, Labiche n’aurait pas franchi les barrières du temps !
Cette révélation nous a presque foudroyés tant jusqu’alors nous trouvions à cet auteur des qualités intemporelles majeures et presque moliéresques, en dépit d’un goût modéré pour le sieur Poquelin, dans sa description des caractères humains.

 

Dans l’espace presque clos et naturellement restreint de la scène , en l’occurrence celle du théâtre Rouge du Lucernaire, nous avons eu le sentiment que la troupe n’avait pas l’opportunité de déployer pleinement les ailes de la dinguerie de Labiche.

 

la-cagnotte-der.jpg

( photos : Shawn BERDAH )

 

 

La montée vers le désastre ne s’apprécie pas, et les mots nous semblent être téléphonés tant nous les percevons par avance, un peu comme les automatismes de Sacha Guitry, qui a surtout eu quelques foudroyances certes remarquables, mais bien moins nombreuses que ce que sa réputation prétend. Mais on ne prête qu’aux riches.

 

Quoi qu’il en soit, c’est un spectacle enlevé qui permet, pour celles et ceux, bienheureux car alors, il leur reste de belles découvertes à faire, qui ne connaitraient pas Labiche que cette « Cagnotte » qui se joue et se dépense jusqu’au 16 juin prochain.


Frédéric Arnoux ©

10:18 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/05/2019

Moâ, Sacha ! de Christophe Barbier

aff.Moa-Sacha.jpg

 

 

POCHE-MONTPARNASSE

 

75, bld. du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse)

 

LOC. 01 45 44 50 21

 

Pl. de 10 à 35€

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

chaque mardi et mercredi à 21h

 

 

jusqu'au : 10 Juillet 2019

 

 

d'après l'oeuvre de Sacha GUITRY

 

spectacle conçu par Christophe BARBIER

 

 

avec Chloé LAMBERT, Pierre VAL et Christophe BARBIER

 

Guitry-les3.jpg

 

Guitry, quel personnage fabuleux !

 

Il est impossible d'être indifférent à son endroit, soit il fascine, soit il agace et il en fut toujours ainsi de son vivant comme aujourd'hui.

 

Souvent décrié, taxé de misogynie, lui qui disait,

- " Hmm ! ...je suis contre les femmes, tout contre "  fut l'homme qui collectionna les mariages.

 

Dans sa tombe au cimetière Montmartre reposent à jamais trois hommes, son frère aîné, Jean - décédé en 1920 - son père Lucien en 1925, lui même en 1957.

Lana Marconi sa dernière épouse, devait les rejoindre en 1990 ...

 

Le père Lucien fascinait Alexandre dit Sacha jusqu'à l'obsession. Pourtant être le fils d'un grand acteur n'a jamais été un sort enviable. Or, un siècle plus tard le fils est plus connu que le père !

 

Christophe Barbier a pour Sacha Guitry une admiration analogue à celle que Sacha nourrissait pour celui qui refusait de lui abandonner son nom à la scène et l'avait contraint à adopter le pseudonyme de Jacques Lorcey ...

 

Seuls ceux qui sont dépourvus de générosité pensent qu'admirer est une faiblesse alors que bien au contraire ce sentiment est porteur de transcendance.

 

Avec habileté, l'homme à l'écharpe rouge nous fait donc partager cette attirance qu'il a pour le grand homme.

Par ce spectacle, il le convoque en quelque sorte au tribunal de l'Histoire et se fait son avocat car n'en doutez pas l'accusé se tirera de cette mauvaise passe avec les félicitations du jury et même, pourquoi pas une couronne de lauriers.

 

secrétariat.jpg

 

Prétendre vouloir incarner ce personnage relevait pourtant de la gageure. Beaucoup d'entre nous connaissent leur Guitry par coeur, ils ont cette voix particulière au rythme traînant dans l'oreille et vouloir essayer de la copier eut certes été une erreur.

 

Pour évoquer son idole ( n'ayons pas peur des mots ) Christophe Barbier n'avait à sa disposition qu'une robe de chambre en velours écarlate et une paire de lunettes, sans oublier le texte bien sûr et les nombreuses saillies

( verbales ) du Maître.

 

Prévoyant les critiques et pour bien les désamorcer, notre concepteur de " Moâ Sacha " a mis en pratique la technique de Cyrano, se mettant en mesure de dire,

- " je me les sers moi-même avec assez de verve ! ..."

se déclarant non comédien professionnel et sans illusion aucune quant à l'étendue de son talent.

 

C'est ce qui s'appelle tirer l'échelle au nez et à la barbe des éventuels malfaisants.

 

Pierre Val sera successivement le juge d'instruction puis Lucien Guitry, Sacha lui-même et bien d'autres encore … Il passe sans transition d'un personnage à l'autre avec une incroyable rapidité.

 

Chloé Lambert sera toutes les femmes et se révèle époustouflante du début à la fin.

 

séduction.jpg

( photos : Pascal GELY )

 

 

Merci à Christophe Barbier d'avoir eu l'idée puis l'envie de mettre au point cet hommage auquel par notre présence nous ne pouvons que nous associer.

 

Je recommande tout particulièrement son livre " Le monde selon Sacha Guitry " paru chez Tallandier lequel happe le lecteur au point de risquer la nuit blanche s'il s'y plonge en fin de soirée, tant il nous captive.

 


Simone ALEXANDRE

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

10:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/05/2019

Melle Camille Claudel à partir de la correspondance de Camille Claudel

aff.MelleCClaudel.jpg

 

 

MANUFACTURE DES ABBESSES

 

7, rue Véron

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Abbesses)

 

LOC. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

https://www.manufacturedesabbesses.com/

 

Lundi, mardi, mercredi à 21h

 

Dimanche à 20h

 

 

Mise en scène et interprétation,

 

Sylvie Adjedj-Reiffers

 

Melle-C.Claudel-1.jpg

( photos : L.Girard - C.Lavigne )

 

 

Nous collectionnons les Camille Claudel depuis quelque temps aussi faut-il se garder de la moindre comparaison, les approches du thème étant légèrement différentes.

 

Ici, la scénographie s'est voulue minimale : une collection de feuilles blanches suspendue à deux fils ( oui, il y a des termes que l'on ne prononce pas au théâtre ) par des épingles à linge, permettant à la comédienne d'y faire figurer les dates auxquelles les événements relatés se sont produits. Pour seuls accessoires, un siège rudimentaire et une bassine contenant le plâtre destiné aux oeuvres à venir ...

 

C.Claudel-h1.jpgL'action est donc centrée sur le personnage qui nous intéresse. Parfois une voix off ( exclusivement féminine ) interviendra ce, même quand il s'agit d'Auguste Rodin. Mais n'est-ce pas cette même femme qui a lu toutes ces lettres à elle destinées ?

 

Camille est un personnage en avance sur son temps donc, objet de scandale en une société d'un catholicisme étriqué.

 

A l'époque le pseudo rêve (sic) de toute femme était de se marier et de faire des enfants. Certes, l'élève de Rodin a souhaité épouser le Maître et peut-être fut-elle quelquefois enceinte ? Jehan Rictus l'a prétendu et son frère Paul fera état d'un avortement survenu peu avant la rupture avec Rodin mais la réelle descendance de Camille Claudel est son oeuvre artistique c'est pour elle et par elle que sa vie se justifie.

 

Dans ce but, elle est prête à remuer ciel et terre et bien sûr, les obstacles sont nombreux car sa famille ne l'aide guère, bien au contraire.

 

Rodin, reconnaissait son talent certes, mais à condition de le situer par rapport à lui, au second plan.


C.Claudel-h2.jpgQuant à son frère … le grand croyant ( ! ) il y aurait beaucoup à dire …

C'est donc une femme, une artiste qui se dresse, seule face à une société hostile, cherchant désespérément à être reconnue et à vivre de son Art, ce qui n'a jamais été facile surtout à cette époque.

 

Elle devra par conséquent faire face à la solitude, au manque d'argent et à la maladie conséquence des privations mais folle ? … Camille Claudel ne l'était vraisemblablement pas.

 

C'était tout simplement une passionnée qui en liberté travaillait douze heures par jour avec acharnement, ce qu'elle fit jusqu'à l'épuisement de ses forces.

Une décision arbitraire la tiendra enfermée durant trois décennies ...

 

Sylvie Adjedj-Reiffers seule en scène nous restitue tout cela grâce à cet hommage, ô combien mérité par cette artiste exceptionnelle qui fut dévorée par son talent.

 


Simone ALEXANDRE

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

 

 

10:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent