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20/02/2018

DOM SGANARELLE de Jean-Philippe Ancelle

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THEATRE RANELAGH

 

5, rue des Vignes

 

75016 PARIS

 

 

 

(M° La Muette)

 

Loc. 01 42 88 64 44

 

Pl. 28 ou 32€

 

- de 26 ans : 10€

 

http://www.theatre-ranelagh.com/

 

mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 19h

 

le dimanche à 15h

 

jusqu'au : 8 AVRIL 2018

 

Interprété et mis en scène par,

 

Jean-Philippe Ancelle et Michel Pilorgé

 

avec la voix de Bernard LECOQ

 

 

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" Ce fut un triomphe ! " - petite phrase en vigueur dans le monde du spectacle, où les nostalgiques du passé abondent sans qu'il soit possible de savoir si le succès fut aussi grand qu'ils le prétendent. En tout cas, ils vivent avec ce souvenir là, qu'ils entretiennent jalousement en se disant,

- " puisque cela s'est produit, - demain : ce sera peut-être à nouveau possible ? "

Personne n'accepte de vieillir et les comédiens ( ne parlons pas de leurs partenaires féminines ! ) sont hantés par cette redoutable perspective. Ce métier plus que tout autre se construit sur la séduction et peu acceptent de reconnaître qu'on peut difficilement être et avoir été.

Pourtant, le théâtre est l'un des rares métiers qu'il est possible d'exercer tout au long d'une vie et presque jusqu'au pied du tombeau ...

Du reste, combien rêvent de mourir sur scène ? … Quel beau départ ce serait ! Même Molière quoiqu'on en dise n'y est pas parvenu puisqu'après son malaise, il fut transporté chez lui.

 

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Voilà donc nos deux comédiens - hier, c'est à dire 30 ans plus tôt - inoubliables Dom Juan et Sganarelle qui éprouvent le besoin d'un remake comme on dit au cinéma.


Oh ! certes ils sont un peu plus " enveloppés " que par le passé, leurs cheveux ont  blanchi mais l'expérience aidant et le coeur resté jeune, les voilà persuadés qu'ils joueraient sans nul doute encore mieux qu'ils ne le firent au moment de leur succès.

Mounet Sully ne joua t-il pas Ruy Blas jusqu'à un âge très avancé et sans doute était il conscient du problème évoqué ici puisqu'il écrivit en compagnie de Pierre Barbier ( au début du siècle dernier ) " La vieillesse de Don Juan " avouez que ça tombe bien !

Mais revenons à nos deux compères, un ami directeur de théâtre leur a pour une courte durée abandonné le plateau de son lieu, les voici donc à pied d'oeuvre.

Sganarelle qui parfois se prend pour Dom Juan est arrivé certes un peu en retard à la répétition déclarant avoir été retardé par une bombe dans le métro. Rassurez-vous cette dernière n'avait rien d'explosif étant résolument sexuelle.
 
" Vision fugitive et toujours poursuivie … ! "

mais le théâtre ne se nourrit-il pas d'auto-persuasion ?

Après quelques échanges de répliques, le monde moderne va reprendre ses droits de façon intempestive par le biais du téléphone portable que Dom Juan avait oublié d'éteindre et apparemment ce qu'il entend ne le réjouit guère ...

L'incident ne tardera pas à engendrer des confidences suivies de quelques réflexions sur l'état actuel du monde en général et du spectacle en particulier, lequel confronté au jeunisme ambiant aurait quelque peu tendance à poser problème, sans parler de cette télévision capable de transformer le dernier frimant en vedette auprès d'un public qui désormais gobe absolument tout.

 

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Nos deux comédiens et co-metteurs en scène ( Jean-Philippe Ancelle et Michel Pilorgé ) vont donc dire les scènes qu'ils jouèrent jadis ensemble sous les noms prestigieux de Philippe Leroy et Michel Claude en une prestation à huis-clos entrecoupée d'incidentes pour le moins actuelles ce, jusqu'au dénouement final que bien entendu, je vous laisse découvrir.

Une amicale voix off s'invitera en la personne de Bernard Lecocq tant il est vrai que la solidarité est indispensable au théâtre qui, comme chacun sait constitue une grande famille, parfois celle des Atrides mais c'est là une autre histoire qui n'a rien à faire ici.

Le théâtre du Ranelagh est l'écrin idéal pour ce genre de spectacle qui ne peut qu'être apprécié par les amoureux du répertoire et des comédiens présents ce, pour notre plus grand plaisir.




Simone Alexandre

 

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13:23 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/02/2018

L' affanchie de Pauline Moingeon Vallés

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Théâtre Les Déchargeurs

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet les Halles)

 

Loc. 01 42 36 00 50

 

Pl. de 10 à 26€

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

chaque jeudi et vendredi

 

 

jusqu'au : 2 MARS 2018

 

 

Mise en scène : Elise Touchon Ferreira

 

Texte et interprétation : Pauline Moingeon Vallès

 

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- Voix off multiples et variées …

 

puis arrive une grande fille blonde chargée d'un énorme carton.

 

Nous comprendrons très vite que l'objet en question n'est pas seulement visible mais lourdement symbolique. Car cette Alice qui nous arrive là ne vient pas précisément du Pays des Merveilles … Elle est jeune, belle et porteuse déjà, d'un lourd passé.

Pauline Moingeon Vallès a écrit ce monologue à partir d'observations, de témoignages mais également d'une implication autobiographique dont elle seule connaît la proportion.

Chaque être conserve sa part de mystère et nous ne saurions l'en délester.

A une époque ( la nôtre ) où le manque d'écoute - non au spectacle mais dans la vie de chaque jour - est plus flagrant que son absolu contraire, cet être ultra-sensible ne pouvait que vivre le calvaire parmi les autres, d'autant que le Destin ne l'a pas épargnée.

 

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Cette jeune femme malmenée par la vie va entre confidences et introspection tout nous dire … Sa mère ayant disparu bien trop tôt ( elle n'avait que 4 ans ) fut remplacée par une marâtre qui sous couvert de bienfaits transforma sa jeune existence en Enfer.

L'enfant privée de tendresse se réfugia alors d'un peu trop près de ce frère également adopté et le désarroi aidant tomba enceinte à un âge où il était fatal que le petit être à peine arrivé lui soit confisqué.

 

Pour couronner le tout, elle sera internée.

Cruellement drôle est cette scène où elle se met à la place du psy' dénonçant avec humour le comportement professionnellement distancié de ce dernier.

 

Qu'il s'agisse de son personnage ou de celui des êtres auxquels elle donne la parole, l'auteur-interprète fait preuve d'une parfaite maîtrise ; son jeu est habilement mis en valeur par Elise Touchon Ferreira dont l'efficace mise en scène est menée à un rythme soutenu.

 

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Il vous reste jusqu'au 2 Mars pour aller applaudir cette Affranchie et c'est un rendez-vous à ne surtout pas manquer, l'enthousiasme unanime des spectateurs en témoigne.




Simone Alexandre

 

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08:11 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/01/2018

La maladie de la mort de Marguerite DURAS

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THEATRE DES BOUFFES DU NORD

 

37 bis, boulevard de la Chapelle

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° La Chapelle)

 

LOC. 01 46 07 34 50

 

http://www.bouffesdunord.com/

 

Tous les jours sauf dimanche et lundi à 20h30

 

matinée le samedi à 15h30

 

jusqu'au : 3 FEVRIER 2018

 

Dans le cadre de la programmation

hors les murs du Théâtre de la Ville

 

Librement adapté d'après le récit de Marguerite Duras

 

Mise en scène : Katie Mitchell

 

Adaptation : Alice Birch

 

avec : Laétitia Bosch, Nick Fletcher et Irène Jacob

 

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Quand on pénètre en ce lieu ( Les Bouffes du Nord possèdent une ambiance qui diffère des autres théâtres ) ce qui surprend tout d'abord, c'est pour ce spectacle en particulier, l'éloignement du décor dans lequel va se dérouler l'action.

Au dessus de l'espace scénique figure un écran sur lequel les images en direct seront projetées en noir et blanc ce qui crée un effet supplémentaire de distanciation voulue.

La Femme ( Laetitia Dosch ) nous apparaît alors dans toute sa nudité présentant des petits seins d'adolescente marqués de trois grains de beauté avec ce visage adulte aux lèvres copieusement maquillées.

L'Homme ( Nick Fletcher ) lui a proposé contre rémunération de satisfaire ses exigences ... Il convient qu'elle se tienne à son entière disposition plusieurs nuits de suite, peut-être plusieurs semaines, voire plus ?

Il s'ensuivra un rapide marchandage : la moitié avant, le solde après. La somme est conséquente. Elle accepte. Le but ? Essayer. Quoi ? D'aimer. Curieuse démarche.
Jusqu'à maintenant, il en fut toujours incapable or la femme est-elle un bien de consommation ? Peut-on aimer quelqu'un que l'on achète, quelqu'en soit le prix ?

Le malaise s'installe … le spectateur réduit à l'état de voyeur attend la suite.

La soumission de cette esclave ponctuelle doit être totale. L'homme prend son temps jusqu'à en devenir inquiétant et se contente parfois de la regarder dormir. Quand il voudra la photographier, elle réagira mais le reste du temps reste passivement disponible.

Nous la voyons arriver chaque soir, prendre l'ascenseur ouvrir la porte pour le rejoindre,  prendre une douche, toujours seule car il ne saurait y avoir une quelconque complicité entre eux. Pour elle, c'est un contrat à honorer, point final. L'homme reste énigmatique.

 

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( photos : Stephen Cummiskey )



Cherche t'elle à le faire sortir de ses gonds en lui disant qu'il est atteint de la maladie de la mort ? Ou bien est-elle persuadée que l'expérience est vouée à l'échec ?
Il pensera un temps à se trancher les veines mais n'en fera rien.

Fidèle à elle-même, Marguerite Duras suggère sans conclure. C'est au lecteur ou au spectateur de faire avec, de compléter sa pensée sans nul doute embrumée par l'alcool ? On aime ou on n'aime pas. Les durassiens affectionnent l'imprécision croyant y déceler une forme de génie quelque peu maléfique et à ce titre intéressant.

Pour supporter cette curieuse démarche nous nous accrochons à la fois à la présence scénique bien que distanciée et à la voix d'Irène Jacob qui joue ici le rôle de la narratrice. Ce faisant le spectacle ne peut plus sombrer dans la vulgaire pornographie.

Aux images filmées en direct viendront s'adjoindre quelques extérieurs en différé, la femme traînant son passé avec elle. De l'homme nous ne saurons rien puisque c'est un mort-vivant. Son léger accent lui confère un charme que vient conforter une vague ressemblance avec Anthony Perkins, côté regard quand la caméra le scrute à son tour.

C'est un spectacle atypique, mené adroitement par Katie Mitchell mais qui nous laisse sur notre faim comme l'auteur le voulait sans doute ?




Simone Alexandre

 

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09:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent