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02/09/2013

Docteur Glas d'après Hjalmar Söderberg

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MANUFACTURE DES ABBESSES

7, Rue Véron

75018 PARIS


(M° Abbesses ou Blanche)

 

Loc. 01 42 33 42 03


www.manufacturedesabbesses.com


du jeudi au dimanche à 21h


jusqu'au : 27 OCTOBRE 2013

 

 

Adaptation : John Paval


Mise en scène : Hélène Darche


avec Sofia Maria Effraimsson (Helga Gregorius)


& John Paval (Docteur Glas)



 

Certes, ces moeurs appartiennent à une autre époque, du moins aimerait-on en être persuadés ! Une femme mariée, élevée dans la religion - selon ses propres dires - va tomber amoureuse d'un autre que son époux lequel de ce fait est transformé en repoussoir.

L'action se déroule en Suède, à Stockholm, au début du vingtième siècle. Ce drame n'a donc rien de préhistorique. L'époux en question est un pasteur plus très jeune, plus très beau alors que par ailleurs ... 

L'épouse désemparée va s'ouvrir de ses préoccupations au médecin de famille et solliciter son aide. Les âmes bien pensantes s'offusqueront de la tournure des événements et pourtant, pourrions nous parier que ce cas fut et reste exceptionnel ? 

Le roman dont est issu la pièce fit un tel scandale à l'époque que son auteur dut s'exiler, le sacro-saint mariage et le devoir conjugal (sic) qui en découle se trouvant ici battus en brèche.

Il n'était alors pas question de concevoir qu'il puisse y avoir viol entre époux ... En outre Helga piégée par ses convictions religieuses et la société ne saurait envisager un bénéfique divorce. 

L'adaptation théâtrale est conçue de façon atypique et contrastée, alternant la narration puisque nous découvrons l'histoire par le biais de confidences, par la lecture d'un journal, le tout agrémenté de scènes pour le moins parlantes. 

John Paval est un extraordinaire interprète à la palette riche en multiples expressions, le tout agrémenté d'un accent qui ajoute de la saveur au texte sans pour autant nuire à sa clarté. Il n'y a pas de jeu plus mobile que le sien. 

Sofia Maria Efraimsson à l'expression plus retenue (forcément) illustre de façon poignante ce besoin de passion trop longtemps contenu ...

La mise en scène d'Hélène Darche est tout à la fois précise et fluide : un vrai bonheur ! 

 

Simone Alexandre

 

www.theatrauteurs.com

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( Photos : JC Nguyen )


09:34 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/08/2013

L'extravagant " mystère " Holmes !

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Théâtre TREVISE

14, rue de Trévise

75009 PARIS


(M° Cadet ou Grands Boulevards)


Loc. 01 48 65 97 90


www.theatre-trevise.com


A 21h.30 du mardi au samedi


Pl. 25€ - de 26 ans : 17€ (sauf le samedi)


jusqu'au : 14 Septembre 2013


 

Co-écriture : Christian Chevalier & Christophe Guillon


Mise en scène ; Christophe Guillon.



 

Qui n'a suivi les mirifiques aventures du célèbre Sherlock Holmes, accompagné de son fidèle Watson ? ...

Je ne parle pas du feuilleton banalisé que la télé nous sert depuis quelques temps et qui n'est qu'un insipide remake de la précédente réalisation.

Nous ne sommes pas près d'oublier l'élégance flegmatique de Basil Rathbone, ni les superbes décors de l'époque victorienne dans lesquels se déplaçaient nos deux héros.

De façon quasi inexplicable, le théâtre ne s'était pas emparé de ce thème ou tellement rarement que la démarche est passée inaperçue.

Voici une lacune comblée et de main de maître ! 

Ravis, nous renouons donc avec ces vieilles connaissances qui ont fait le bonheur de nos jeunes années. 

Sherlock disait - paraît-il - que rien ne lui faisait plus peur qu'une crise d'ennui aiguë. Ici aucun risque, les dialogues sont enlevés avec parfois quelques allusions coquines, mais toujours de façon habilement furtive (les oreilles juvéniles ne risquent rien) tandis que la mise en scène est brillante, active, digne d'un Zévaco ! 

Or, nous sommes chez Conan Doyle ne l'oublions pas, là où l'intrigue policière chauffe à blanc nos neurones. 

Bien évidemment, l'action se situe à la fin du 19ème siècle, un vol vient d'être commis à la Tour de Londres, d'où le célèbre diamant jaune dit " pierre de Mazarin " a disparu. Perdu au milieu du brouillard, un homme, une valise à la main cherche désespérément la gare pour se retrouver finalement à la morgue.

Tout Scotland Yard est sur les dents à commencer par le célèbre Lestrade et la compétition peut commencer entre lui, Sherlock Holmes et le Dr Watson. 

Emmanuel Guillon dans le rôle de Lestrade est absolument époustouflant ! (du coup, son prédécesseur télévisuel, paraît bien fade ...)

Marc Samuel est un solide Watson, tout à la fois viril et séducteur et là aussi, notre préférence ira à ce personnage qu'il campe efficacement.

Hélas, Philippe Huriet qui est le malheureux Richard Steppleton ne restera pas longtemps avec nous puisqu'il est exécuté dès la première scène mais nous aurons quand même le temps d'apprécier la précision de son jeu.

Christophe Guillon à l'impressionnante chevelure est le machiavélique comte Sylvius qui va donner du fil à retordre à nos deux amis. Sa grande silhouette fait merveille lors de duels tous plus surprenants les uns que les autres ! 

La touche féminine dans cet univers d'hommes est apportée par Agnès Jerlin, parfaite dans son personnage de manipulatrice manipulée. 

Quant à Sherlock, le rôle revient à Christian Chevalier au physique très british mais cela s'imposait, n'est-il pas ? 

Vite, ruez vous au Trévise, où cette sympathique équipe se produit jusqu'à mi-septembre et il serait plus que dommage que vous les laissiez passer !

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

14:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/08/2013

Mademoiselle Else d'après Arthur Schnitzler

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LUCERNAIRE

Centre National d'Art et d'Essai

53, rue Notre Dame des Champs

75OO6 PARIS


Réserv. 01 45 44 57 34


www.lucernaire.fr


Pl. 30€ - Séniors : 25€

- de 26 ans et chômeurs : 15€


Traduction : Henri Christophe


Mise en scène : Francine Wéber


avec Pauline Gardes en alternance avec Marion Servole,

Sophie Bricaire, Pauline Vaubaillon


Durée : 1h.30


 

Chaque auteur possède sa spécifique petite musique or je ne suis pas sûre que tous les metteurs-en-scène l'entendent, préoccupés qu'ils sont de fournir ce qu'ils croient être une lecture aussi originale que particulière.

J'avais en son temps vu Mademoiselle Else, mis en scène par Didier Long au Petit Théâtre de Paris et lui voue un souvenir reconnaissant pour ce qu'il fit en compagnie d'Isabelle Carré, illustration subtile, respectueuse du texte sans pour autant être anodine. Grâce à lui et à Saskia Cohen-Tanugi, les personnages du monologue prenaient vie.

Il y a plus longtemps encore désireux de nous faire entendre ce que nous étions peut-être incapables seuls de découvrir, Daniel Mesguich avait placé sur scène deux Hamlet, ici nous aurons droit à un " détriplement " de Mademoiselle Else. 

Je ne suis pas convaincue que cet éclatement du discours y gagne en profondeur ...

Certes, les comédiennes qui après tout sont là pour faire ce qu'on leur demande ne sauraient mériter de reproches. Elles font le maximum et sont très agréables à voir mais pour utiliser une expression à la mode, se situent forcément " à côté de la plaque " la profondeur d'analyse étant ici transformée en des réactions successives, ce qui en la circonstance est amusant mais franchement réducteur, le texte se transformant en farce et je ne pense pas que c'était l'objectif de l'auteur ! 

Pour tout vous dire, Arthur Schnitzler se situe en bonne place dans mon Panthéon personnel et je n'aime pas le voir soumis à des expériences de laboratoire. 

Je me suis donc retrouvée dans la situation du cinéphile qui s'apprêtant à savourer un Cassavetes, suite à une erreur d'aiguillage, hérite d'un Jean-Pierre Mocky !  

Il en faut certes, pour tous les goûts et la salle dont les travées étaient pleines semblait se réjouir ... combien auront ensuite l'idée de se rapprocher du texte initial ? Peu, sans doute et c'est bien là, à mes yeux, que le bât blesse. Ceux qui ne connaissaient pas les écrits de Schnitzler en auront forcément une idée fausse, les autres récupèreront ce qu'ils veulent bien y trouver car comme tout parti-pris, on l'accepte ou pas mais on a bien évidemment le droit d'en être séduit ce, d'autant plus que la réalisation est brillante, j'aurais mauvaise grâce de ne pas le reconnaître.

 

Simone Alexandre

 

www.theatrauteurs.com

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( Photos : Alejandro Guerrero )

 

 

10:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent