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02/12/2012

Mon général de Marcel Zang

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ART STUDIO THEATRE

120 bis, rue Haxo

75019 PARIS


(M° Télégraphe)


loc. 01 42 45 73 25


Pl. 12€ - T.R. 9€


 

A 20h.30 jeudi, vendredi, samedi



jusqu'au : 21 DECEMBRE 2012


 

Mise en scène : Kazem Shahryari

 

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avec : Alain Dzuam, Lélé Matelo, Odile Roig, Basile Siékoua, Paul Soka, Tadie Tuene



 

" Mon général " terme qui entraîne, (sous-entend) plus que la disponibilité, pour tout dire, l'adhésion. On accède là à une ferveur quasi bonapartiste.  

A de certains moments, les peuples sont dans l'attente d'un Sauveur et quand ils croient le reconnaître, ils sont alors capables de donner leur vie pour lui.

Augustin - " Gus " pour les intimes - vit sa vénération pour De Gaulle comme une sorte d'aliénation. Nous sommes en 1972, deux ans après la mort du général et ce camerounais est bien entendu allé rendre à Colombey les 2 Eglises, un dernier hommage à celui qu'il considère comme " le père de la Patrie. "  

Saïd, venu comme son nom l'indique d'Afrique du nord, et plus particulièrement d'Algérie ne partage pas cette admiration. Les deux hommes travaillent ensemble dans une France qui ne leur réserve que des emplois de second ordre. (dont personne ne veut pour tout dire) et ils restent transparents pour la majorité des français " de souche " comme on dit. Fidélité quasi inexplicable alors que en dépit du lourd tribut payé lors de la dernière guerre (et encore plus lors de la précédente) les combattants venus d'Afrique ont été écartés du défilé qui a suivi la Libération. Contrairement à l'époque actuelle, où nous sommes en panne de personnalité hors norme, les français des années 70 n'étaient pas unanimes pour célébrer De Gaulle. Pourquoi alors, la population noire lui restait-elle fidèle en dépit des méfaits du colonialisme ? C'est qu'au final,  le général pour eux symbolisait l'indépendance et Gus  passe et repasse le discours du grand homme inlassablement. Il lui prête même un pouvoir magique ... 

La générosité d'Augustin n'a pas de limites, sa naïveté aussi du reste car il distribue les billets qu'il peine pourtant à gagner avec une libéralité confondante. Suzy et Dillinger ne se privent pas d'en profiter !  

Kazem Shahryari a su capter l'âme de ces travailleurs immigrés qui transportent leur pays et leurs moeurs avec eux, trouvant refuge dans la danse, le sexe et l'alcool, sorte de philosophie qui leur permet de tout supporter sans perdre la bonne humeur qui les caractérise. Notre esprit cartésien peine parfois à les suivre mais nous ne pouvons que rester admiratifs face à ce qui nous est montré ici.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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17:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/11/2012

Richard III, simulation magistrale d'un mégalomane. (d'après) W. Shakespeare.

scene-epique_modifié-1.jpgThéâtre 13 / Seine

30, Rue du Chevaleret

75013 PARIS

 

(M° Bibliothèque F. Mitterrand)


Loc. 01 45 88 62 22


Pl. 24€ - T.R. 16€ - 

le 13 du mois, tarif unique : 13€


A 19h.30 : mardi, jeudi, samedi,

A 20h.30 : mercredi, vendredi,

A 15h.30 : dimanche.


 

jusqu'au : 23 DECEMBRE 2012


 

Adaptation et mise en scène : Jérémie Le Louët


avec Julien Buchy ( Clarence, le roi Edouard, la Duchesse) - Anthony Courret (Hastings, un assassin) - Jonathan Frajenberg (Buckingham, un assassin) - Noémie Guedj (Lady Anne) - Jérémie Le Louët (Richard) - David Maison (Rivers, Brackenbury) - Dominique Massat (Elisabeth) - et Stéphane Mercoyrol (Marguerite, Richmond)


 

S'attaquer à une oeuvre de Shakespeare n'a jamais constitué une mince affaire. Loin de tenter de se hisser au niveau de l'ouvrage écrit, la plupart de nos metteurs en scène a tendance à « ramener » la pièce à son propre niveau.

La distribution est énorme ? Qu'à cela ne tienne, on taille dans le texte tout en supprimant des personnages. Jérémie Le Louet n'a pas fait exception aux moeurs actuelles. Les costumes, trop riches si l'on respecte la vérité historique, seront dans la foulée remplacés par des costumes contemporains. Que le verbe ne s'accorde plus à l'époque constitue, si je comprends bien, un détail négligeable puisque les anachronismes viendront pimenter le tout. (un micro par exemple ?) Pardonnez ma ringardise mais quand je vois ce genre d'accessoire traînant sur un texte d'époque, j'ai envie de hurler !

Il faudrait être le dernier des béotiens pour ignorer que le théâtre shakespearien fut tout d'abord joué par des hommes mais le recours à deux travestis est une facétie dont on eut pu aisément se passer ; or Michel Fau a fait école et ce clin d'oeil lui est d'évidence destiné. Comme vous pourrez le constater, ce Richard III n'est pas laid et sa claudication plus voulue qu'effective. J'avoue que le physique de Jérémie le Louët m’incline à le voir davantage chez Federico Garcia Lorca plutôt qu'égaré en direction de ce personnage que Denis Lavant avait si totalement investi. D'aucuns m'objecteront que cette « lecture » peut se justifier à l’égard des scolaires qui du reste étaient nombreux dans la salle. Mais étudie-t-on vraiment la littérature en version expurgée ? Chacun sait que le grand Will excellait à faire passer ses spectateurs du rire aux larmes or ici, le ridicule le dispute souvent au tragique grandiloquent, caricature de ce vieil Odéon dont plus personne ne se souvient depuis belle lurette ! ... 

A côté de cela, il convient de saluer la beauté des lumières et de ce décor hors du temps. Un plus grand investissement en direction du travail sur le texte qui reste somme toute et ne l'oublions pas le fondement de l'action eut donc été préférable et souhaitable. Que la représentation durât deux heures  " sans entracte " était prudent  car et en dépit de tous mes principes, j'eusse risqué de prendre la tangente avant la fin. Grand Will, pardonne-leur car ils ne savent ce qu'ils font ... 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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(photos : Jean-Louis Fernandez)


 

10:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent

27/11/2012

au plus simple ... de Frédéric Tokarz

Ciné 13 Théâtre

1, avenue Junot

75018 PARIS


(M° Abbesses ou Lamarck Caulaincourt)


loc. 01 42 54 15 12


www.cine13-theatre.com


Pl. 26€ - T.R. 13 1 18€ (sauf week-end)

 

Du mercredi au samedi à 19h.30

dimanche à 15h.30


 

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Texte et mise en scène : Frédéric Tokarz

Scénographie : André Acquart


avec Cendrine Orcier, Elsa Pasquier, Philippe Hérisson, Renaud Danner


 

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Un couple, vivant ensemble depuis longtemps, n'ayant pas (encore) d'enfant, s'apprête à déménager, les cartons sont là pour en témoigner, le mobilier rudimentaire  également. En principe, l'avenir s'annonce sous les meilleurs auspices et pourtant un malaise plane ... Tiphaine est occupée à monter des blancs en neige, Benoit a invité un ami de longue date qui travaille avec lui or cette invitation n'est pas innocente. Il veut savoir ce qui se trame dans leur entreprise car pour tout dire, il est inquiet. Seulement voilà, il n'ose poser la question directement - formulée de cette façon, Alex (l'invité à venir répondrait-il, du reste?) non, il compte sur la chaleur de l'ambiance, sur l'alcool aussi pour obtenir le renseignement. Ca tombe bien puisque Tiphaine a également invité une amie, Emilie dont la présence aura beaucoup d'importance par la suite. Alors pourquoi cette idée saugrenue de faire passer les hommes pour ce qu'ils ne sont pas ? Celle d'intervertir les rôles ? ... Emilie n'en connaît aucun et victime innocente de la machination, elle deviendra malgré elle, le Deus ex machina qui déchirera le voile qui jusqu'alors masquait la Vérité.

C'est un théâtre de mots où chaque personnage s'exprime de façon volubile, Tiphaine un peu moins par rapport aux autres, peut-être parce qu'elle prévoit la suite et appréhende ce qui va se passer; le rôle n'est pas facile mais Cendrine Orcier s'en acquitte avec justesse et mesure.

Dans celui de la pièce rapportée, Elsa Pasquier est éblouissante ! 

Frédéric Tokarz ne cache pas que son maître à penser fut et reste Marivaux et si le mode d'expression est ici moderne, il n'en allie pas moins finesse et élégance. 

Servi par un physique avantageux, Philippe Hérisson fait preuve d'une présence scénique indéniable quant à Renaud Danner, le désarroi de son personnage force la sympathie du public, contribuant largement à faire oublier que nous sommes au théâtre, pourtant avec ce jeu de rôles, ce n'était pas garanti aussi n'ajouterai-je  qu'un seul mot : bravo ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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(photos : Gilles Bureau)


 

 

11:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent