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13/06/2011

Comédies tragiques de Catherine Anne (Création)

Théâtre de l'Est Parisien

159, avenue Gambetta

75020 PARIS

Réserv. 01 43 64 80 80

(M° Pelleport,St-Fargeau, Gambetta)

jusqu'au samedi : 25 JUIN 2011

Mise en scène : Catherine Anne

avec Thierry Belnet, Fabienne Lucchetti, Damien Robert, Stéphanie Rongeot.

 

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Notre esprit potache inscrivait jadis sur les brochures du CID ... " (re) tragi-comédie aux pommes ! Ici, Catherine Anne s'amuse à téléscoper comique et tragique et la rencontre des deux, fait des étincelles tout au long du spectacle. Ceux qui sont dans la salle en témoignent à mesure.
Quand la pièce commence, on pourrait presque se croire à l'Odéon en 68.
Enfin, pas tout à fait quand même, car les revendications ne sont plus les mêmes. Les temps ont changé bien sûr. Jadis, on était fier d'avoir un enfant surdoué, maintenant on s'inquiète et on l'oriente vers le psy.
Hier, on avait des plans de carrière, maintenant le parcours professionnel est un champ de mines et il faut prendre garde de ne pas séjourner trop longtemps dans un trou. " Père, maîtresse, honneur, amour " ... ne sont plus que souvenirs véhiculés par la voix de Gérard Philippe, les " nobles et dures contraintes " ayant disparu pour être remplacées par l'idolâtrie dont bénéficient les dieux actuels : Argent, Rentablilité, Ordre. Ce dernier étant imposé mais sans repères ... Les colonnes que l'on érige désormais ne sont plus que saucissonnades zébrées, pouvant tout juste servir de piédestal à un vieil acteur dépassé, le ton actuel en vigueur étant via télé, celui du tiroir-caisse.
Rassurez-vous, le ton de la pièce est un peu plus joyeux que cela, beaucoup plus même, car je n'ai fait que vous fournir l'action en filigrane. A vous d'aller sur place afin d'en savoir plus.
Quatre comédiens pour 32 personnages, qui passent de l'un à l'autre avec une évidente jubilation. En dépit du triste constat qui est fait de notre société, on s'amuse, on rit de ces mésaventures que l'on ne connaît que trop. Bref, nous passons un excellent moment, c'est drôle, grinçant, violent et on aime !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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(photos : Hervé Bellamy)

14:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/06/2011

Emilie du Châtelet : Discours sur le Bonheur.

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THEATRE du LUCERNAIRE

53, rue N.Dame des Champs

75006 PARIS

(M° N.D.des Champs)

Réserv. 01 45 44 57 34

www.lucernaire.fr

DU 25 MAI au 2 JUILLET 2011

du MARDI au SAMEDI à 18h.30

Mise en scène : Béata NILSKA

avec Edith VERNES et Sylvain BEGERT

 

" J'ai perdu un ami, un grand homme, qui n'avait que le défaut d'être une femme " (Voltaire à Frédéric II de Prusse, à la mort de Madame du Châtelet)

Chaque époque a les personnalités qu'elle mérite or l'autre " grand homme " de ce XVIIIème siècle, ne l'oublions pas, se nommait Catherine II, impératrice de toutes les Russies, preuve que cette envergure exceptionnelle était dans l'air du temps mais revenons à cette marquise qui nous préoccupe.

Gabrièle Emilie du Châtelet est une " femme savante " au sens noble du terme, la première à s'être intéressée à la physique qu'elle considérait comme " la reine des sciences " et à qui nous devons la traduction du célèbre " Principia " de Newton.

C'était également une grande amoureuse et elle voua une passion sans limites à Voltaire dont elle partagea la vie durant plus de 10 ans, lequel la délaissa pour une jeune actrice. Elle en souffrit terriblement et c'est sans doute ainsi que ce " Discours sur le Bonheur " est né.

" Tout ce qui ne tue pas, renforce " déclarera Nietzsche un siècle plus tard. Or comme être passionné est plus la conséquence d'un tempérament que des circonstances, à peine son livre terminé, Madame du Châtelet s'éprendra  d'un jeune officier (Saint-Lambert) dont elle sera enceinte, ce qui causera sa mort à l'âge de 42 ans.

N'avait-elle pas écrit : " Avoir des passions, c'est la seule manière d'être heureux. Il est donc à désirer d'être susceptible de passions, et je le répète encore : n'en a pas qui veut "

Edith Vernes est une Emilie du Châtelet assez pondérée, m'a t-il semblé, en fonction de ce que nous connaissons du personnage ...
Son partenaire, (Sylvain Begert) muet mais à la figuration très intelligente apporte une note subtile de fantaisie par le biais de ces déplacements qu'il effectue avec cette démarche toute particulière qui ne saurait passer inaperçue.

La mise en scène de Béata Nilska est tout à la fois sobre et efficace.
Le texte quant à lui est à découvrir ou se remettre en mémoire, c'est selon.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : Claire SHWARTZ

17:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/06/2011

20 Novembre de Lars Norén

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 THEATRE DU NORD-OUEST

13, rue du Fbg Montmartre

75009 PARIS

Loc. 01 47 70 32 75

www.TheatreDuNordOuest.com

voir dates et heures sur le site en question.

 

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Traduction : Katrin Ahlgren

L'Arche est éditeur et agent théâtral du texte présenté

Mise en scène : Georges Bécot

avec Jim Bauer (un héros) - Ghassane Farid (le jeune homme) - Thomas Huguenin (un héros)

 

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20 Novembre (2006) la date est évocatrice, surtout pour les allemands puisqu'il s'agit de l'un de ces épouvantables faits divers dont Lars Norén nous reparle afin de nous éclairer sur les raisons réelles ...
" Comment peut-on en arriver là ? " diront la plupart d'entre nous.
Pourtant le drame n'est pas exceptionnel, il s'en est même produit d'identiques à des endroits divers de la planète durant ces dernières années. Il y a donc forcément un motif. Or, l'exclusion, le mépris de l'autre débouchent immanquablement sur la violence. Nous avons mis dans la tête de tous ces jeunes qu'ils devaient obligatoirement décrocher des diplômes afin de " réussir " comme on dit. Ils ont découvert depuis pas mal de temps qu'il n'en était rien, qu'on les avaient catapultés dans une société bouchée, voire pourrie. Alors la révolte ne suffit plus, certains désormais passent à l'acte. La haine, il ne leur reste plus que cela, leur tient chaud au coeur, avant que le pire se produise.
Un comédien seul en scène, assis par terre, la tête penchée, abrité par sa capuche va se lever, se faire reconnaître et jouer à la grenade dégoupillée en nous prenant à témoins, en nous mettant directement en cause car c'est bien cela que nous méritons, nous les assis qui regardons vivre mais surtout crever les autres. Ce jeune a perdu tout espoir que ça s'arrange.
" I hate " dira t-il et ses yeux de braise nous le confirment. Puisqu'aucun espoir n'est possible, puisque sa vie ne vaut rien, il a décidé d'en finir et c'est pour bientôt mais surtout pas seul car ce serait trop injuste. Notre inertie ne nous rend-elle pas complices de tout ce qui se passe ? ... Le jeune comédien qui s'exprime ainsi devant nous, les poings serrés est accompagné de façon ponctuelle par deux partenaires dont l'un est musicien ce qui parfois permet de détendre imperceptiblement l'atmosphère. Ils n'ont pas encore grande expérience les uns et les autres mais s'impliquent pour et par ce texte subversif que le spectateur réceptionne au creux de l'estomac comme s'il s'était égaré sur un ring. C'est bien cela, le théâtre de proximité, non ? ...

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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10:22 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/05/2011

Tino Caspanello : Mer

THEATRE de l'ATELIER

1, Place Charles Dullin

75018 PARIS

(M° Anvers)

Loc. 01 46 06 49 24

www.theatre-atelier.com

Pl. de 10 à 30€

du mardi au samedi à 21h.

dimanche à 16h.

traduction du sicilien : Bruno et Frank La Brasca

texte publié aux Editions Espaces 34

Mise en scène : Jean-Louis Benoit

avec Léa Drucker et Gilles Cohen

 

La pièce évoque le problème de l'incommunicabilité entre les êtres, laquelle n'exclut pas toujours ceux qui s'aiment ...
Lui est allé par une nuit noire au bord de la mer en prétextant qu'il voulait pêcher alors qu'il n'y a aucun poisson. Sans doute voulait-il tout à loisir penser à elle - loin d'elle - car l'éloignement peut rapprocher  en permettant de mesurer l'importance que l'autre tient dans sa vie.
Elle ne comprend pas et le cherche, le questionne à coup de banalités auxquelles il répond de façon évasive. Certains couples tuent leur amour à force de paroles maladroites et d'autres le noie dans un océan de non-dits. Malheureuse, se croyant imcomprise, elle revient sans cesse sur ses pas pour le relancer. Bref, elle fait tout ce qu'il ne faut pas faire jusqu'au point de l'agacer. L'homme s'est verrouillé dans le silence et elle insiste pour l'en faire sortir. " Moi je t'appelle toujours même quand je ne le fais pas. " finira t-elle par avouer. Léa Drucker est touchante de désarroi avec sa demande d'amour que rien ne peut combler. Gilles Cohen a toutes les pudeurs de l'homme qui ne veut pas se livrer, muré dans son statut de mâle qui cherche à se préserver. Toutes les générations sont porteuses de couples tels que celui-là. Il ne suffit que d'un déclic pour qu'enfin les mots soient dits réciproquement or par lassitude, les couples se séparent avant, parfois.
Les deux comédiens sont excellents mais sur le plan théâtral le spectateur se sent un peu frustré, attendant que quelque chose enfin se produise qui tarde à venir ... Le théâtre sans action ou presque est-il encore du théâtre ? Les questions que l'on se pose au sortir de la pièce abondent et celle là en fait partie.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/05/2011

Scènes de chasse en Bavière de Martin Sperr

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du fbg. Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

loc. 01 47 70 32 75

Pl. 23€ - T.R. 13€

www.TheatreDuNordOuest.com

 

Mise en scène : Nicole GROS

avec : Marie-Véronique RABAN, Isabelle DESALOS, Muriel ADAM, Jeanne CARRE, Stéphanie TRUONG, Laétitia BERTHEUIL, Jeff ESPERANSA, Ludovic COQUIN, Julien LIFSZYC ou Guy BOURGEOIS, Frédéric MOREL, Jean MARZOUK, Jack GALLON, Franck DELAGE, Gérard CHEYLUS.

 

Martin Sperr situe ce fascisme ordinaire en milieu rural au lendemain de la dernière guerre mais ne nous leurrons pas, il existe encore actuellement.
Certains faits divers se déroulant en banlieue n'ont rien à lui envier.
Bien sûr, ce n'est pas par hasard si les personnages vivent dans ce petit village de Bavière où l'ordre est personnifié par le bourgmestre et le curé. Ici, tout le monde se connaît, s'épie - comme il se doit - et les commérages vont bon train mais n'en est il pas toujours de même dans nos petits villages français ? ... Ces êtres vivent en autarcie et malheur à celui ou celle qui diffère des autres ! Une veuve ne saurait héberger deux hommes sous son toit... Une mère ne peut que condamner l'homosexualité de son fils ... et une fille peu farouche est forcément ce que Daudet nommait dans son Arlésienne " une roulure ! " Peu importe la somme de sentiments complexes que chacun peut secrètement nourrir puisqu'il faut se conformer à un modèle préétabli et dans le cas contraire, la curée n'est pas loin. Certes, l'absence de culture est un terreau sur lequel poussent les réactions extrêmes mais nous savons combien il serait utopique de cantonner ces inconvénients à une seule strate de la société. La différence inquiète et déchenche chez la plupart d'entre nous un phénomène de rejet.
Cette pièce est âpre, son climat violent. Nicole Gros a mis au point une mise en scène parfaitement efficace, utilisant adroitement toutes les possibilités fournies par l'espace scènique. Les interprètes investissent  leurs personnages, et nous pourrions presque oublier que nous sommes au théâtre, tant ce à quoi nous assistons est réel et le résultat optimal. 

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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19:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent