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22/05/2013

Je pense à Yu de Carole Fréchette

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Théâtre ARTISTIC ATHEVAINS

45, RUE Richard Lenoir

75011 PARIS


(M° Voltaire)


Loc.01 43 56 38 32


www.artistic-athevains.com


Pl. 30€ - T.R. 20€

-de 26 ans : 10€


mardi 2Oh, mercredi et jeudi 19h,

vendredi et samedi 20h30

samedi et dimanche 16h

Relâche le lundi


jusqu'au : 30 JUIN 2013


 

( Le texte est édité par Actes Sud-Papiers )


 

Mise en scène : Jean-Claude Berutti

assisté de Salomé Broussky


avec : Marianne Basler (Madeleine) -

Antoine Caubet (Jérémie) - Yilin Yang (Lin)


 

Pour un auteur qui a le talent de Carole Fréchette, il n'est pas étonnant que la lecture d'un simple entrefilet dans la presse quotidienne, suffise à déclencher l'écriture d'une pièce. 

Nombreux furent durant les années 60, les jeunes qui ne juraient que par Mao. C'était sans doute en quelque sorte, à leurs yeux, la réincarnation asiatique de Bonaparte et de ses idées révolutionnaires du début.

Une fois arrivé au pouvoir, les mentalités changent et le Grand Timonier ne fit pas exception à la règle. 

Carole Fréchette (avant que naisse le personnage de Madeleine) s'est intéressée à ce jeune contestataire chinois qui lors des événements de la Place Tiananmen lança des projectiles remplis de peinture rouge sur le portrait de Mao Zedong. Gaminerie qui lui valut d'être condamné à 20 ans de prison ! Il fut libéré 17 ans plus tard mais son esprit avait sombré dans l'intervalle ...

Maintenant, imaginez le Canada en février sous 40 cm de neige ... on reste alors chez soi, à lire ou ranger (ce qui visiblement inspire peu Madeleine) laquelle recherche sur internet des documents susceptibles de lui permettre d'approfondir le destin de ce malheureux Yu.

Deux autres personnages vont les jours suivants, faire leur apparition en ce lieu, tout d'abord Lin, la jeune élève chinoise qui est censée venir ici prendre des cours de français mais que Madeleine repousse à diverses reprises sous les plus fallacieux prétextes parce qu'elle veut rester seule, tout simplement.

Lin est aussi vive que Madeleine est repliée sur elle-même et les deux personnalités ne vont pas tarder à s'affronter.

Et puis, il y a Jérémie ce voisin ou presque " à 2 rues d'ici " (précisera t-il) lequel a incroyablement récupéré un colis pour elle ... Il reviendra plusieurs fois et nous assisterons alors à leurs échanges à tous. Rencontre de trois solitudes subitement réunies par un événement qui s'est produit il y a bien longtemps à l'autre bout de la planète. Cette pièce vient opportunément nous rappeler que nous faisons partie d'un tout.

 

Simone Alexandre

 

www.theatrauteurs.com

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(photos : Jean-Louis Fernandez)


16:23 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/05/2013

L'Histoire du Tigre de Dario Fo

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MANUFACTURE des ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS


(M° Abbesses ou Blanche)


Loc. 01 42 33 42 03


manufacturedesabbesses.com


A 21h les dimanche, lundi,

mardi, mercredi - Durée : 1h.


jusqu'au : 5 JUIN 2013


 

Adaptation : Toni Cecchinato, Nicole Colchat


Mise en scène et interprétation : Pierre-Marie Escourrou


 

Sur un espace aussi vide que celui des plaines chinoises après le passage des Seigneurs de la Guerre, quand ces derniers se prenaient pour les hordes d'Attila, (c.a.d. bien avant la Longue Marche) Pierre-Marie Escourrou aborde le sujet en nous narrant l'histoire-de-l'histoire ... du Tigre, lequel n'était pas de papier, bien que Dario Fo l'y ait couché. 

Napoléon clôtura sa carrière par la retraite de Russie tandis que Mao commença son ascension par la conquête à pied du pays. Pourtant la tâche fut aussi rude de part et d'autre, surtout pour la piétaille qui tombait comme à Gravelotte ... (oui, quand on parle de guerre, le temps est aboli alors au diable la chronologie !) 

Un soldat blessé, presque mourant, une jambe gangrenée, va - au prix d'un incroyable instinct de conservation - et après moult péripéties, trouver accidentellement refuge auprès d'une tigresse et de son rejeton. 

Mourant de faim (de trouille aussi) puis gavé de lait, il finira par reprendre des forces sous la langue cautérisante de l'omniprésente bestiole en question.

Qu'un auteur pour le moins anar' nous fasse vivre les péripéties guerrières d'un communiste bon teint, la démarche ne pouvait qu'être drolatique avec pour seul objectif : faire rugir le spectateur de plaisir. Force est de reconnaître, qu'on n'en est pas loin. D'autant qu'à quelques intonations soulignées par des mouvements d'épaules, j'ai cru revoir quelqu'un. Or, avec ses talonnettes cette Longue Marche vers le pouvoir n'était pas envisageable ! Aurais-je eu une hallucination ? Si m'en croyez, vous feriez bien d'aller vérifier sur place ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

 

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17:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/05/2013

Les tentations d'Aliocha d'après les frères Karamazov de F.Dostoïevski

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THEATRE de l'AQUARIUM

Cartoucherie de Vincennes

Rte du Champ de Manoeuvre

75012 PARIS


(M° Château de Vincennes puis

navette gratuite ou autobus 112)


Loc. 01 43 74 99 61


www.theatredelaquarium.com


du mardi au samedi à 20h.30

dimanche à 16h.


Durée du spectacle : 2h.30


jusqu'au : 24 MAI 2013


 

Traduction : André MARKOWICZ


Mise en scène : Guy DELAMOTTE


Adaptation : Véro DAHURON / Guy DELAMOTTE


 

Avec : Véro DAHURON (Grouchenka) - Catherine VINATIER (Katerina) - David JEANNE-COMELLO (Aliocha) -

Anthony LAIGNEL (Smerdiakov) - Gilles MASSON (Ivan) -

Timo TORIKKA (Dimitri)


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Qui ne connaît Dostoievski ne peut comprendre l'âme slave. Toute notre reconnaissance va donc à André Markowicz envers lequel nous sommes redevables de la traduction de l'oeuvre complète du grand auteur russe, parue chez Acte Sud.

On peut contester Tolstoï et certains ne s'en sont pas privés mais concernant Fiodor Mikhaïlovitch, la tâche est plus ardue, le personnage s'avérant beaucoup plus complexe. Car enfin, ces frères Karamazov ne sont-ils pas la seule et même image de leur auteur et de ses multiples facettes ? ( La référence à l'épilepsie ne sera du reste pas oubliée. )

Les psy ' affirment qu'il faut tuer le père ! Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre car on ne saurait écarter Smerdiakov bien qu'illégitime en cette fratrie. Tous - sans exception aucune - vont souhaiter la mort de Fiodor Pavlovich ce père riche, despotique et débauché mais un seul passera à l'action. Ensuite, le soupçon planera sur tous, car chacun d'eux est coupable, " de tout, envers tous." 

Et puis, tous - désirent Grouchenka, et vont se partager ses faveurs à des degrés divers ... la femme symbolisant la débauche sexuelle, le besoin de domination virile de chacun, sans excepter le pur Aliocha, par le biais duquel nous entrerons dans cette histoire compliquée au possible.

On ne loue plus depuis longtemps le talent de Véro Dahuron (Grouchenka) qui fait preuve ici d'un tempérament dévastateur.

Catherine Vinatier est Katerina, plus pondérée bien sûr, mais dont la présence scénique n'en est pas moins indéniable.

Les interprètes masculins ne seront pas de reste et nous entraîneront dans un tourbillon quasi indescriptible. Tout comme eux, on perd pied sur ce décor enneigé, on s'enivre en les écoutant ... Et puis, il y a cet écran et ces premiers plans qui prennent possession de notre esprit, jusqu'à l'hypnotisme. 

La pièce se joue seulement jusqu'au 24 mai alors faites vite, ne la laissez surtout pas passer et ce, que vous ayez lu ou non " Les Frères Karamazov " car adapter ce roman par ce biais particulier, loin d'être une trahison, nous permet d'aller au coeur du problème existentiel de ces âmes tourmentées.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com


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( photos Tristan Jeanne Valès )


 

15:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent