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25/03/2013

La vie de Galilée de Bertolt Brecht

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Théâtre le Lucernaire

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS


(M° N.D.des Champs, Vavin, St-Placide)


Réserv 01 45 44 57 34


Pl. 30 €, T.R. 25, 15 & 10€


Du mardi au samedi à 21h.30

dimanche à 17h.

(relâche le lundi et le 4 avril)


jusqu'au : 28 avril 2013

 

Mise en scène : Christophe Luthringer


avec : Régis Vlachos, Aurélien Gouas, Charlotte Zotto, Philippe Risler, Jean-Christophe Cornier


 

Certains évitent Brecht, le trouvant rébarbatif. Ceux-là devront réviser leur jugement après avoir vu la pièce mise en scène par Christophe Luthringer qui a réussi le tour de force de nous fournir la quintessence d'un texte d'une durée initiale de 4 heures ( ! ) limitant les 43 personnages initiaux à 5 interprètes hyper-actifs, virevoltants et drôles au possible, ce, sans trahison aucune; du reste le seul nom d'Eloi Recoing qui a signé la traduction éditée à l'Arche constitue à lui seul un gage de validité.

L'auteur initial ne saurait se déclarer trahi lui qui a prôné la distanciation au théâtre illustrée ici avec tant de brio. Les anachronismes sont de malicieux clins d'oeil, à ce titre nullement gênants, bien au contraire ! Nous voyons les personnages surgir d'un coffre comme des diables, abolissant ainsi le temps car la préoccupation humaine est toujours la même et si la Science grâce à des hommes tels que Copernic ou Galilée a effectué quelques pas en avant, les questions existentielles et métaphysiques demeurent identiques. C'est effectivement une " synthèse magistrale " à laquelle il nous est donné d'assister. Le tout est ludique, hilarant tout en restant respectueux du message politico-social que Brecht avait voulu. 

Une heure vingt de plaisir intense qui déclenche l'enthousiasme du public lequel de toute évidence ne se ferait pas prier pour revenir tellement ce qui nous est montré ici est jubilatoire. Inutile d'en dire plus, le bonheur est au Lucernaire, vous l'avez compris. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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08:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent

17/03/2013

Chiens d'amour de Véronique Boutonnet - (création)

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Bouffon Théâtre

28, Rue de Meaux

75019 PARIS


(M° Colonel Fabien / Jaurès)


Loc. 01 42 38 35 53


www.bouffontheatre.com


Pl. 10 à 16€


A 21h. jeudi, vendredi, samedi

dimanche à 17h.


jusqu'au : 30 Mars 2013


 

Mise en scène : Richard Arselin


avec Véronique Boutonnet et David Le Roch



 

Un couple, huis-clos.

Très rapidement, nous constatons que l'homme insiste pour obtenir des confidences, mettant en cause une " histoire " précédente. Il est troublant de découvrir à quel point certaines femmes défendent ceux qui les ont fait souffrir ... Mel, (l'époux) questionne tout en jouant par intermittence du piano ménageant ainsi de brèves accalmies. Sa femme, Marianne est crispée, peu désireuse d'en dire plus. Parfois, souvent même, on choisit d'oublier ce qui dérange ...

- " Je crois que je pourrais piquer une tête dans le soleil couchant, " constate cet Icare désabusé. En les écoutant, on se demande comment incompréhension et complicité peuvent cohabiter de la sorte et pourtant ! 

Lui est médecin. Elle, enseigne la littérature et ceci explique cela sans doute car l'homme va essayer d'ouvrir puis déchiffrer ce livre hermétiquement clos au moyen d'un scalpel. Aucun sadisme de sa part, il veut comprendre, un point c'est tout, mais l'insistance de sa démarche ne le met pas à l'abri d'un certain masochisme. Il souffre et a besoin de souffrir encore plus, puisqu'il veut tout savoir. Il faudra donc obligatoirement en passer par là.

Son épouse a eu précédemment un homme dans sa vie, lequel la battait et puis cette histoire terminée, une fois mariée avec lui - Mel, ici présent - elle a disparu un soir, en compagnie d'un invité durant 3 longues heures, il y a de cela 4 ans et c'est à ce moment précis que le drame a eu lieu. Depuis, chacun de son côté, ressasse encore et encore ... 

Certains vont au théâtre pour se distraire, d'autres pour essayer d'avancer. Mieux vaut cette fois appartenir à la seconde catégorie. 

Des nouvelles de Raymond Carver ont servi de trame à cette pièce écrite par Véronique Boutonnet qui joue ici le personnage de Marianne. Autopsie d'un couple pourrait-on dire si la volonté d'espérer n'était présente. Après certains événements, les êtres se séparent ou décident de repartir ensemble pour recommencer une autre vie mais pour cela il faut avoir au préalable tout dit afin qu'aucune question ne continue à poser problème. Les deux comédiens jouent cette partition difficile avec précision et sans excès superflu. Quant à la signification du titre, je vous laisse la découvrir sur place.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( photos : Jimy Phenix )


16:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/03/2013

La mort de Marguerite Duras d'Eduardo Pavlovsky

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

7, Rue Véron 75018 PARIS


(M° Abbesses ou Blanche)


réserv. 01 42 33 42 03


manufacturedesabbesses.com


Pl. 24€ - T.R. 13€


DU 3 MARS AU 24 AVRIL 2013


les dimanche, lundi, mardi, mercredi à 21h.


 

Traduction, Françoise Thanas


Mise en scène : Bertrand Marcos


avec Jean-Paul Sermadiras


et la voix off d'Anouk Grinberg



 

Il est arrivé à (presque) tout le monde de mesurer l'étendue de la solitude humaine face à la mort d'un animal. Toutes les questions existentielles se bousculent alors.

Qu'est-ce que la vie ? ... Qu'est-ce que la mort ? ... Stupidité de l'existence pour les non-croyants tandis qu'une lame de fond envahit l'esprit où tous les souvenirs se bousculent en vrac.

Un homme est là, face à un mur sur lequel une mouche agonise et afin qu'elle ne disparaisse pas dans le complet anonymat, l'idée lui viendra de la baptiser : Marguerite Duras. Ironie puissante, désespoir profond, solidarité de ceux qui se résignent à ne pas comprendre ... La démarche devient kafkaïenne tant  " La Métamorphose " s'impose à la mémoire.

La grande silhouette du comédien apparaît en contre-jour. Les lumières mettent de l'or dans ses cheveux désormais argentés, il se tient debout dans son grand pardessus sombre, les mains bandées car cet homme a fait de la boxe un exutoire. 

L'auteur, Eduardo Pavlovsky est psychiatre et à ce titre transforme le personnage en mouche de laboratoire pour le disséquer au scalpel. Aucune complaisance n'est à espérer ! Nous saurons tout, jusqu'à ce flirt hors de saison qui révélera de façon cruelle la décrépitude cachée de l'homme et la perversité ludique de la jeunesse qui constate en s'amusant. Le public rit alors pour cacher sa gêne, c'est sa façon à lui de se protéger de l'impact. Spectateur, si tu vas au théâtre pour te distraire, ce monologue n'est pas fait pour toi. En revanche, ceux qui aiment réfléchir au risque de conclure à l'inanité du passage imposé qui a pour nom  la vie, trouveront ici de quoi illustrer le fameux " cogito ergo sum. "  

Pour ma part, j'ai eu l'impression d'avoir involontairement violé un journal intime ce qui, il est vrai risque d'en exciter certains  ... Et puis si le texte dérange (c'est voulu, bien sûr) le comédien en revanche s'acquitte de sa mission avec brio, faisant preuve d'une présence indéniable et (faut-il le souligner en cette époque d'imprécision ?)  offre à nos oreilles conquises, un beau timbre de voix agrémenté d'une diction précise. C'est déjà ça. Quant à la mise en scène, le moins que l'on puisse dire est qu'elle est minimale et ne risque donc pas de reléguer le texte au second plan. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : LILI )


10:48 Publié dans THEATRE | Lien permanent