Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/08/2011

Lisbeths de Fabrice Melquiot

visuel-Lisbeth.jpg

MANUFACTURE des ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS

(M° Abbesses)

Loc. 01 42 33 42 03

jeudi, vendredi, samedi à 21h.

dimanche à 17h.

jusqu'au : 1er OCTOBRE 2011

 

Mise en scène : Manuel BOUCHART

avec Claude LALU et en alternance,  

Nadjina KHOURI ou Babette LARGO

 

Deux chaises et un lit grand comme un quai de gare.

Coup de foudre réel,réciproque et cependant raisonné. C'est le propre des passions froides.

L'auteur et par conséquent les comédiens s'adressent presque plus au public qu'ils ne dialoguent entre eux mais l'amour n'est-il pas une représentation que l'on se donne ? ...

Nous ne saurons jamais ce qui fut réel ou fantasmé, l'un et l'autre s'additionnant.

Pietr pourrait aussi bien être tombé amoureux de jumelles sans le savoir et les voir à tour de rôle ? Quid de cette mystérieuse cicatrice qui apparaît puis disparaît tout comme ce fils Karol qui existe, mord même, mutile et sera nié par la suite ...

Vous l'avez compris, le texte est onirique, la comédienne pétillante à souhait et son partenaire non dénué de charme.

Le spectateur attentif se pose quelques questions (beaucoup, même) et l'on ressort avec en tête la dernière phrase, poétique ô combien !

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

Lisbeths.jpg

photo : Pierre François.

 

Questions au metteur en scène.

manuel-bouchart.jpg

 

 S.A.  - Manuel Bouchard, si je ne m'abuse, il s'agit du deuxième texte de Fabrice Melquiot que vous mettez en scène, le précédent étant KIDS. 

- qu'est-ce qui vous a particulièrement attiré dans cette écriture ? ...

 

M.B. - C'est effectivement en cherchant un texte pour un groupe d'adolescents que j'ai rencontré l'écriture de Fabrice Melquiot. La vivacité des dialogues, l'humour fin, en alternance avec les tirades poétiques un peu étranges, mystérieuses, m'ont tout de suite séduit. J'ai ensuite pu vérifier que cette écriture est faite pour le plateau, pour être portée par des acteurs en montant KIDS. Mettre en scène un texte de Melquiot pour le Théâtre du Bocage est devenu une nécessité. Mon  choix s'est porté sur LISBETHS, un des textes les plus aboutis en ce qui concerne la construction narrative avec l'alternance des dialogues, des pensées oralisées et des discalalies dites par les personnages. Le chemin qui emmène le spectateur du réalisme au  fantasme me touche particulièrement.

 

S.A. - Il m'a semblé (vous me direz si je me trompe ...) que l'auteur joue de la distanciation entre ses personnages alors que leur situation est fusionnelle.

est-ce la raison pour laquelle vous avez voulu cette distance physique - visible - entre eux ? 

 

M.B. - La première question qui s'est posée à moi était : qu'est-ce qui se joue, qu'est-ce qui se dit? Il m'a semblé évident qu'il fallait mettre une distance entre le jeu et la parole, toute illustration aurait été redondante. Pour que l'imaginaire du spectateur puisse fonctionner, c'est pour moi essentiel, le décalage est fondamental entre l'image et le verbe. La relation fusionnelle qui se noue entre Pietr et Lisbeth doit rester une énigme, entre réalité et rêve.

 

 S.A. - La part autobiographique paraît évidente mais cependant une question se pose, Lisbeth ou les Lisbeths existent-elles vraiment ? 

 

 M.B.- Franchement, je ne sais pas. Il est probable que les thèmes abordés aient été très intimes à l'auteur au moment où il a écrit LISBETHS: la  rencontre amoureuse foudroyante comme on peut en rêver, l'engagement  dans le couple, la paternité à envisager, etc... Est-ce que chacun d'entre nous, homme, ne porterait pas en soi sa Lisbeth, un double identique  et autre? et on peut transposer à toute combinaison amoureuse. 

 

13:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/08/2011

AU BONHEUR DES HOMMES

 

bonheur-h.jpgLUCERNAIRE

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS

(M° N.D.des Champs)

Loc. 01 45 44 57 34

www.lucernaire.fr

 

Plein tarif : 30 €, Sénior : 25€,

 

Etudiants ou chômeurs : 15€ 

 

du 3 août au 9 octobre 2011

du mardi au samedi à 21h.30

& les dimanche 11/18/25 sept. & 2/9 oct. à 15h.

 

Cabaret Satirique et Musical

de Jean-Marie Lecoq et Clarisse Catarino.

Durée : 1h.25

avec : Véronique Ataly - Christian Gaïtch - Jean-Marie Lecoq

et le groupe " Djazz'Elles " Clarisse Catarino (accordéon) Eva Slongo (violon) Anne Gouraud-Shrestha (contrebasse)

 

Mis en appétit culturel par le titre, certains pourraient croire qu'il s'agit d'une parodie ou relecture de Zola, en fait il n'en est rien mais ce genre de clin d'oeil a le mérite d'attirer l'attention. C'est même n'en doutons pas pour cette raison qu'il fut choisi.

Nous sommes donc conviés à ce Cabaret satirique et musical à tendance tzigane du moins au démarrage ... et force est de reconnaître que ce groupe " Djazz"Elles " est bien talentueux. Trois musiciennes amusantes au possible ont vite fait de conquérir le public. La partie plus jouée en direction du texte sera assurée par un autre trio composé de Véronique Ataly, Christian Gaïtch et Jean-Marie Lecoq.

Certes, ce mode d'expression ne date pas d'hier et les chansons non plus - du moins dans leur forme initiale - car elles seront habilement détournées, politisées parce qu'actualisées.

Scènes de racisme ordinaire, contrôles de police et exploitation de l'immigré tout y passe et le public ravi que l'on dénonce l'inacceptable adhérera avec un enthousiasme que je qualifierai de libératoire.

Le rythme du spectacle est enlevé, les comédiens vont, viennent dansent et s'activent passant à la moulinette tous les travers de notre époque.

Où le discours commence à déraper un peu, c'est à partir du moment où les jeux télévisuels sont abordés car en dénonçant, mieux vaut éviter de faire pire. Celui-ci s'intitule " Questions pour un cageot " Inutile d'en rajouter tout est déjà dans le titre !

Descendons nous du singe ou bien du porc ? ... Même Darwin n'a osé trancher la question. Et après quelques diableries tout à fois excessives et caricaturales, le milieu hospitalier sera illustré pets foireux à l'appui. Etait-ce bien nécessaire ? ... A ces quelques fautes de goût près, le spectacle se laisse agréablement voir et la presque totalité des spectateurs repartira avec le sentiment de s'être bien " éclatée. " 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/07/2011

Molière sur le Divan d'après Molière et Freud

visuel-Moliere.jpgLUCERNAIRE

53, rue N.Dame des Champs

75006 PARIS

(M° N.D.des Champs)

Réserv.01 45 44 57 34

du mardi au samedi à 18h.30

jusqu'au : 27 AOUT 2011

 

Ecriture et mise en scène : Michelle Brûlé

avec Claire Chérel, Bruno La Brasca, Diana Laszlo, Edith Monteil, Paul Spera, Anaïs Tobelem.

 

Il fallait oser le faire ! soumettre Molière à la psychanalyse et commencer le spectacle en demandant au spectateur de s'endormir ... ces deux démarches là, sont pour le moins atypiques.

Masques blancs, incursions dans la salle, Alceste sur le divan (de vous à moi, il le méritait bien) certain personnage féminin fera même plus que friser la crise d'épilepsie ... bref, le spectacle se veut déjanté et cependant porte joyeusement à réfléchir. Car enfin, l'hystérie des vierges n'est elle pas tout simplement due à la perversion du père ? ... Je vous vois déjà vous insurger, aussi gardons nous de généraliser.

Dérapages verbaux, pour tout dire, propos assez verts, lapsus révélateurs (comme chacun sait) et tenez, tant qu'on y est, Gilles de la Tourette sera même mis à contribution. Pas lui, bien sûr mais ses symptômes. 

Dans la foulée, nous apprenons que " le mélancolique aime contre lui-même, ce qui le pousse à la passion " Fichtre ! Voilà qui explique tout (ou presque) surtout quand l'auteur affirme que pour le névrosé,  " la réalité psychique a plus d'importance que la réalité matérielle. " Vous m'en direz tant ! J'ai l'air de railler comme cela mais pour tout vous avouer, je me suis amusée comme une petite folle et tous les spectateurs présents ont fait de même. Les comédiens sont formidables faisant preuve d'une énergie et d'un rythme dynamisant. On prend un plaisir iconoclaste à les voir et entendre, bref - ne laissez surtout pas passer ce moment de pur bonheur en allant bien vite les applaudir. C'est simple, quand j'y repense,  j'en ris encore ... 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

Molière-divan.jpg


17:19 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Par la fenêtre, ou pas de Pierre Notte

fenêtre57.jpg

 

MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS

(M° Abbesses ou Blanche)

Réserv. 01 42 33 42 03

les jeudi, vendredi, samedi à 21h.

dimanche à 17h

jusqu'au : 31 Juillet 2011

Mise en scène de Antoine HUMBERT

avec Hélène Bélivier, Virginie Hallot, Antoine Humbert, Jérome Laborde, Maud Martinez, Laurent Narjot, Raphaëlle Spagnoli.

fenetre-69.jpg

Là, il faut que je prenne garde car avec un titre pareil et un prénom comme le mien votre servante pourrait passer par la fenêtre et comme c'est celle d'un train, gare à l'atterrissage !  Or, on en rencontre du monde dans ce train là.   

L'une est voleuse professionnelle et l'autre s'est fait chaparder son mari de façon définitive ...  " 33 ans et un kilo par an " constate l'une d'elles à une époque où l'on vit de plus en plus vieux, il va d'évidence falloir élargir les portes et pas seulement celles des transports en commun  ... Ce qui explique peut-être que l'apôtre Jean ait écrit l'Apocalypse à 70 ans ? Au delà, il n'eut plus été capable d'écrire, tant ses bras eussent été lourds. Mais d'où vient cette Vénitienne ainsi vêtue ?  Pour ne pas quitter la Bible, de Sodome ou de Gomorrhe ? Heureusement que deux jeunes gens sont là pour nous rassurer par leur seule présence et l'avenir se trouve  du même coup assuré car le spectateur a déjà moult inquiétudes à cause des lapsus morbides qu'il enregistre. Ici, chacun raconte son histoire sans écouter l'autre, exactement comme dans la vie. Pas étonnant après cela que le contrôleur s'évanouisse à tout bout de champ. Et la veuve qui veut  " se foutre en l'air " maintenant ! 

Voyage très agité mais six dans un compartiment la nuit, comment pourrait-il en être autrement ? Horreur !  voilà qu'il neige au mois de mai ! ... 

Vous l'avez compris, cette pièce est complètement déjantée. Nous nageons en plein surréalisme, ça s'agite, ça fait du bruit en ce Landerneau roulant, bref le délire est au rendez-vous et face à ces situations "abracadabrantesques", le spectateur glousse allègrement. C'est joyeux, rapide d'un esthétisme ébouriffant, bref, allez-y, vous ne serez pas déçus puisque Simone et compagnie vous le garantissent ... Absolument. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

fenetre-67.jpg


 

15:57 Publié dans THEATRE | Lien permanent

15/06/2011

La femme silencieuse de Monique Esther Rotenberg

THEATRE du PETIT HEBERTOT

78 bis, bd. des Batignolles

75O17 PARIS

(M° Rome et Villiers)

T. 01 42 93 13 04

Tarif unique : 15€

Du mardi au samedi à 21h.

Dimanche à 15h.

jusqu'au : 10 Juillet 2011

Mise en scène : Pascal ELSO

avec : Pierre-Arnaud JUIN - Corinne JABER - Olivia ALGAZI.

S.Zweig.jpg

1934 - Pluie d'orage. Stefan Zweig est dans son bureau londonien.
Arrivée de Lotte Altmann, nouvelle secrétaire choisie par son épouse, Friderike, laquelle a coutume de le soulager de tout ce qui ne constitue pas son travail d'écriture ...
L'homme frise le désagréable et ne se ravisera que lorsqu'il verra que confrontée à cet accueil, la jeune femme s'apprête à prendre la porte.
Nous découvrirons assez vite que la secrétaire en question, bénéficie d'une intelligence incisive, qu'elle connaît parfaitement l'oeuvre de l'écrivain pour lequel elle s'apprête à travailler, sans parler de sa connaissance non moins approfondie du Talmud. Bref, une assistante peu banale et dont le sort restera lié à celui de Zweig pour l'éternité mais l'un et l'autre ne le savent pas encore ...
Pour l'heure, il s'agit de s'atteler à l'écriture de cette biographie de Marie Stuart, vaste programme, l'auteur ayant provisoirement mis de côté, Erasme avec lequel il avait décidément par trop d'affinités, ce qui rendait l'approche quasi insupportable. Il y reviendra plus tard.
Monique Esther Rotenberg s'est imprégnée de ces Souvenirs d'un européen rédigés sous le titre " Le monde d'hier " ouvrage incontournable à tout fervent lecteur de Stefan Zweig et il faut bien reconnaître qu'elle réussit  à mettre dans la bouche du personnage principal, des mots incontestables.
Pierre-Arnaud JUIN qui s'est appliqué à ressembler le plus étroitement possible à celui qu'il est censé incarner, martelle un peu le texte (m'a t-il semblé) ce qui contraint Olivia Algazi à faire souvent de même mais peut-être n'était-ce que la conséquence d'une représentation jouée en matinée ? En revanche, Corinne Jaber qui est l'épouse du grand homme est absolument remarquable ! La mise en scène de Pascal Elso présente la fluidité qui convient et le décor est fort beau notamment sous ces effets d'orage. Tous les amoureux de Zweig sont invités à aller voir cette pièce, brillant hommage rendu à sa mémoire et rappel (concernant le titre) du livret que cet auteur écrivit pour Richard Strauss, opéra censuré par les nazis du fait de la judaïté involontaire mais réelle, du librettiste choisi.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

les-trois.jpg

(Photos : Xavier LAHACHE)

15:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent