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10/02/2013

Nuit d'été de David Greig et Gordon Mcintyre

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS


((M° Abbesses ou Blanche)


Loc. 01 42 33 42 03


www.manufacturedesabbesses.com

 

jeudi, vendredi, samedi à 21h,

dimanche à 17 h.

 

Traduction : Dominique HOLLIER


Mise en scène : Nicolas MORVAN


avec Patricia THIBAULT et Renaud CASTEL

 

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Un grand lit en milieu de scène et deux oreillers, il n'en fallait pas plus pour que le décor soit planté. Un peu plus tard, les spectateurs découvriront, côté cour, une table de café où aura lieu la rencontre : Bob-Hélèna et côté jardin, se situera l'endroit où vit cette dernière mais en attendant, musique ! (de petits intermèdes ponctueront l'action de temps à autre) ... et puisqu'ils sont musiciens tous deux, chacun s'emploiera à gratter son instrument à cordes.

Petite chanson introductive ... 

Généralement, ce sont les garçons qui abordent les filles dans un lieu public mais cette fois, ce sera l'inverse. 

Héléna lasse d'attendre quelqu'un qui ne viendra pas, décide de le remplacer par ce petit malfrat qui lui, attend les clés d'une voiture volée ... Faut-il préciser qu'elle est avocate ? Simple coïncidence car avant tout, c'est un homme et une femme lesquels ne vont pas tarder à se connaître dans le sens biblique du terme. 

Hilarante, la scène du lit ! C'est même l'un des meilleurs moments du spectacle et le public de s'esclaffer. Le parler est direct et on n'y va pas par quatre chemins. Surtout Héléna, dont le langage n'est pas particulièrement châtié. Il est vrai que c'est une femme libérée et qu'elle entend le prouver. En réalité, Bob est beaucoup plus tourmenté qu'elle, un tantinet anxieux et assez timide aussi.

Je ne vais certes pas vous raconter toutes les nombreuses péripéties engendrées par cette rencontre et si vous voulez connaître la suite … vous savez ce qui vous reste à faire. 

Maintenant, que vous dire des comédiens ? J'ai eu l'impression que Renaud Castel avait appris le métier d'acteur sur le tas. Il lui arrive parfois d'avaler le texte à toute allure alors qu'à d'autres moments il est d'une parfaite justesse.

Quant à Patricia Thibault, (légère et court vêtue) avec elle " ça déménage ! " aidée en cela par une façon bien à elle de camper ses longues jambes sur scène mais comme elle est loin de jouer comme un pied, nous n'en dirons pas plus et puis on se souvient de son interprétation d'Eva Braun en ce même théâtre, ce qui rend la comédienne d'autant plus intéressante à nos yeux. L'écriture est moderne, les situations résolument d'actualité et si nous sommes loin de la construction théâtrale à laquelle nous étions jusqu'alors accoutumés, le fait n'est pas exceptionnel en ce lieu qui vise souvent un mode d'expression à tendance anglo-saxonne, auquel le public adhère de plus en plus.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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avec : 

20:45 Publié dans SPECTACLE MUSICAL, THEATRE | Lien permanent

07/02/2013

Moi, Caravage de Cesare Capitani


Théâtre Le Lucernaire

53 rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS


(M° Vavin - N.D. des Champs)


Tél. 01 45 44 57 34


Pl. 30€ - T.R. 25€ - 15€ - 10 €


 

du mardi au samedi à 20h.

le dimanche à 15h.

 

Mise en scène : Stanislas Grassian

Direction d'acteurs : Nita Klein

avec : Cesare Capitani et Laetitia Favart


 

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Ressusciter Le Caravage, le pari était ambitieux et pourtant Cesare Capitani y est parvenu au delà de l'envisageable. Regard de braise, visage tourmenté, habité tour à tour par l'exaltation ou la sensualité, le comédien incarne pour nous le génial inventeur du clair-obscur, lequel révolutionna tellement l'art pictural que l'on a nommé les diverses approches qui lui ont succédé : caravagisme. L'aventurier, le rebelle a donc fait école, lui qui voulait échapper à toutes.

Doublement impliqué dans ce spectacle dont il est l'adaptateur du livre de Dominique Fernandez " La Course à l'abîme " mais également l'interprète, le comédien évoque pour nous l'existence tumultueuse de ce génie de l'Art pictural italien.

Nous allons apprendre à quel point sa vie et son oeuvre furent imbriquées se nourrissant l'une-l'autre.

Pourtant il n'était pas facile de se vouloir libre comme il s'évertua à l'être, durant cette époque. Appréciant autant les hommes que les femmes Michelangelo risquait à tout moment de finir sur le bûcher puisque les méthodes inquisitoriales sévissaient sans relâche.  Son talent incontestable lui valut fort heureusement quelques protections mais il semble qu'un malin démon l'incitait à toujours rechercher le danger. Emprisonné, condamné à mort il ne trouva la survie que dans la fuite ...

Les circonstances réelles de sa fin demeurent mystérieuses mais il nous a laissé une oeuvre impressionnante dont nos musées peuvent s'enorgueillir.

Le comédien partage l'espace scénique avec les multiples interventions de Laétitia Favart, laquelle chante a capella tout en se glissant dans la peau de certains personnages qui ont traversé la vie du peintre. Un moment exceptionnel de théâtre que l'on savoure pleinement et dont on redemanderait encore et encore.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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(Photos : B. Cruveiller)


14:56 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/02/2013

Jonas de Christian Morel de Sarcus

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THEATRE DU NORD-OUEST

13, rue du Faubourg Montmartre

75009 PARIS


(M° Grands Boulevards)


Loc. 01 47 70 32 75


Pl. 23€ - T.R. 13€


www.theatredunordouetcom


 

Mise en scène : Paul-Antoine Veillon


avec, Antoinette Guédy, Jean-Dominique Peltier, Tristan Oudar


 

Une mise en scène consiste bien souvent à rendre visibles les didascalies que l'auteur a oublié d'écrire, tout le reste n'est que réappropriation, plagiat ou souvenirs inconscients. 

A contrario, il y a ceux (plus rares) qui savent lire un texte entre les lignes, fantasmer dessus, bref, le prolonger. 

Autre difficulté et non des moindres, la direction d'acteurs laquelle se nourrit d'expérience et de psychologie. Ensuite, que vogue la galère ! ...

Ici dans un noir absolu, une torche s'allume. Serions nous revenus dans les rues glissantes de Whitechapel ? Non, point de pavés humides mais un sol qui tangue dangereusement.

En fait, l'action se situe dans la cabine d'un paquebot en partance pour l'Amérique et l'occupant des lieux vient de s'extirper péniblement de sa couchette où il avait chu tout habillé. Alcool aidant, son verbe est haut ce qui ne va pas tarder à déclencher les protestations d'une autre voyageuse qui l'invective depuis le couloir. Quand la dame fera son apparition telle Mary Marquet entrant à La Mendigotte pour y scander la scène du songe d'Athalie à grand renfort de coups de canne, un temps dessoûlé notre homme (peu galant) fera remarquer que " ce n'est pas un lys fraîchement coupé ". Pas plus qu'il n'est un perdreau de la veille et les aménités iront bon train. 

Cette scène apocalyptique sera complétée par la présence épisodique du serveur irlandais plus au fait que les autres de la situation et qui complètement paniqué passera ses répliques au mixer. Habitude de préparer des cocktails, sans doute ? ...

Il convient de préciser que ce rôle habituellement joué par Tristan Oudar (absent) était repris par le jeune metteur en scène improvisé pour les besoins de la cause.

A croire que Christian Morel de Sarcus avait fait la navette entre le collège et Pont-aux-Dames pour mettre au point sa distribution. 

Un satisfecit cependant : la présence de Jean-Dominique Peltier très bien dans ce rôle de transfuge éméché abandonnant le domicile conjugal et son Alice maritale en emportant l'argent du ménage pour connaître enfin le Pays des Merveilles.

Quant à la pythonisse (Antoinette Guédy) dont la diction avait elle aussi des hauts et des bas, au moment de la conclusion, ceux qui se souviennent de la Voyante d'André Roussin pourront dire " à l'ouest rien de nouveau " mais pas au Nord-Ouest où un nouveau cycle a commencé le 4 janvier et se prolongera jusqu'au 23 juin prochain. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent