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07/05/2013

Un compte rendu pour une Académie de Kafka

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THEATRE des MATHURINS

36, rue des Mathurins

75008 PARIS


(M° Havre-Caumartin)


Loc. 01 42 65 90 00


www.theatredesmathurins.com


Pl. 26€ T.R. 13€


du mercredi au samedi à 21h

dimanche à 15h.30

 

jusqu'au : 25 MAI 2013


 

Adaptation et mise en scène : Jack Garfein


avec Erik Stouvenaker et Hassam Ghancy


 

Par le biais de ses écrits, Kafka a soulevé de multiples questions.  Or il en est une que tout le monde se pose ou se posera un jour : l'espèce humaine descend-elle, oui ou non, du singe ? Que nous soyons savants ou simples curieux, la polémique suivra immanquablement. D'abord parce que l'idée dérange et nous n'aimons pas spécialement être dérangés. Pourtant, le sujet reste primordial pour qui veut essayer de comprendre ...

" Pierre le Rouge " alias Erik Stouvenaker a certes, belle allure !  L'homme est grand, athlétique, le poil noir et la voix mâle. Aucun signe de dégénérescence chez lui mais qu'est-il donc arrivé à son personnage ? 

Car il y a tout juste cinq ans, celui que vous avez sous les yeux était un singe (comment est-ce possible, allez-vous dire ?) lequel fut blessé, capturé, mis en cage et transporté sur un bateau. A partir de ce moment là, tous les efforts du captif tendront à échapper à l'inéluctable, entendez, le zoo. Pour cela, il n'y avait  qu'une  solution : la métamorphose. (Kafka est nous le savons, un expert en ce domaine) -

Tant pis pour ceux qui restent persuadés que les animaux ne pensent pas et sont seulement dirigés par l'instinct car en voici la preuve contraire. Le spectateur intrigué se laisse porter par la narration, ô combien vécue par l'interprète. Même les incrédules seront conquis, emportés par une telle implication, un tel don de persuasion et s'il existe encore d'irréductibles sceptiques, ces derniers seront pour le moins amusés. Comme cette pièce inspirée d'une nouvelle écrite par le grand auteur tchèque est très courte, non pas un mais deux épilogues s'imposaient. 

Nous bénéficierons alors du face à face : Erik Stouvenaker - Hassam Ghancy, deux beaux et bons comédiens qui concluront ainsi ce moment insolite avec en prime un extrait musical de Schubert prouvant s'il était besoin, que la musique adoucit les moeurs en élevant les âmes.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( Photos : David Jacques )


14:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

06/05/2013

C'est pas la fin du monde de Carlotta Clerici

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS


(M° Abbesses ou Blanche)


Réserv. 01 42 33 42 03


manufacturedesabbesses.com


Pl. 24€ - T.R. 13€


les jeudi, vendredi, samedi à 21h

le dimanche à 17h.


 

jusqu'au : 23 JUIN 2013


 

Texte et mise en scène : Carlotta Clerici


avec Anne Coutureau, Pierre Deny, Emmanuel Depoix, Sophie Vonlanthen



 

Ne jamais se fier aux apparences semble vouloir dire Carlotta Clerici en évoquant pour nous ce chassé-croisé de quatre personnages au sujet desquels on pourrait ajouter : " plus humains qu'eux, on meurt ! "

Cette société qui prenait ses aises confortablement installée dans un consumérisme galopant va devoir faire face à la réalité. Pour cela, il n'aura suffi que d'un deuil permettant à chacun de se remettre en question et si ce ne fut pas de plein gré, les péripéties se chargèrent du reste.

Nous découvrons Sophie (Sophie Vonlanthen) en visite chez ce couple ami avec lequel elle a conservé un lien quasi parental, puisque son amie Viviane est la soeur de son premier mari.

Sophie est écolo dans l'âme, du moins veut-elle s'en persuader tout en incitant les autres à la suivre en cette voie ... 

Viviane (Anne Coutureau) est le type même de la femme ancrée dans cette société de consommation qui ne peut se sentir à l'aise que si elle a tout à portée de main : la préservation de la maison de son enfance, un époux depuis 22 ans, 3 enfants et la possibilité de s'offrir tout ce qu'elle veut, quand elle veut ou à peu près.

Eric (Pierre Deny) ajoute à son élégante aisance naturelle, l'agitation de l'affairisme et à ce titre ne va pas tarder à être l'une des nombreuses victimes des spéculations boursières. 

Enfin, Thomas (Emmanuel Depoix) frère de Viviane - ex époux de Sophie - reste le marginal par excellence : musicien qui puise son talent dans l'alcool, irritant jusqu'à l'épuisement mais attachant en diable !

Ces quatre là se connaissent bien ou du moins en sont-ils persuadés.

De coups de théâtre en rebondissements, Carlotta Clerici peint ici les moeurs d'une société brusquement coupée des repères auxquels elle s'était habituée mais quand tout s'effondre, ne convient-il pas de tout réinventer ?

La pièce est drôle, les répliques font mouche et la mise en scène est d'une fluidité qui permet aux personnages de passer d'une situation à une autre,  avec aisance et naturel. Nous partageons là un excellent moment en leur compagnie à tous, sans exception aucune.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

C'est pas la fin du monde-0041.jpg


11:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/05/2013

De si tendres liens, de Loleh Bellon

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THEATRE DARIUS MILHAUD

80, allée Darius Milhaud

75019 PARIS


(M° Porte de Pantin)


Loc. 01 42 01 92 26


8 Représentations, les dimanches à 15h.


du 21 avril au 9 juin 2013


Mise en scène : Benjamin Castaneda


avec Françoise Levesque (Charlotte)


et Véronique Martin (Jeanne)


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Enfin !  une mère juive qui n'est pas caricaturale …

(théâtre et films en regorgent déjà)


Pièce intimiste par excellence qui relate les échanges entre une mère et sa fille quand le père n'est plus là.

Charlotte, la mère est interprétée intensément par Françoise Levesque tout en sensibilité, faisant preuve d'une incontestable présence.

C'est la mère idéale, belle et tendre que l'on devine blessée mais dont la pudique retenue suffit à tout justifier.

Pourtant, Jeanne sa fille (Véronique Martin) ne lui ménage pas les reproches parfois, à peine tempérés par ce petit sourire mutin. Sa mère encore jeune ne sortait-elle pas le soir, la laissant en tête à tête avec son doudou ? 

La topographie des lieux sert merveilleusement la pièce, devenant complice de ce qui nous est donné à voir, grâce à cette sorte d'espace en décrochage, (côté cour) qui deviendra la chambre dans laquelle mère et fille se succéderont. 

Les recommandations de l'une deviendront alors celles de l'autre, au fil des époques. La tendresse circule se justifiant dans les deux sens. 

Benjamin Castaneda (en fils aimant sans doute) a choisi avec soin les extraits sonores qui frisent l'anthologie en ce domaine précis.  La mise en scène est fluide et les deux interprètes parfaitement à l'aise dans leur rôle respectif. 

Un moment de tendresse à partager que certains ont connu et d'autres pas mais dans tous les cas, la satisfaction du spectateur de façon indéniable est au rendez-vous.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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07:34 Publié dans THEATRE | Lien permanent